‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de Toul (volume 2)Chapitre 13 sur 35 · Tome IV- . . M · texte numérisé non relu

Tome IV- . . M

266 Pour le XVIII. Dimanche

Oa fera réfléchir les aaditeurs, et on les exhortera à s'examiner eux-mêmes. N'est-ce point votre portrait que je viens de tracer, jeunes personnes qui m'écoutez ; vous qui ne vous réjouissez que dans les plaisirs et les àmusemens du monde , pour qui les offices divins n'ont que de l'ennui ; vous , cbeis de famille , qui dérobez à peine à vos afiaires temporelles queFques momens dans une semaine, pour réciter à la hâte quelques prières, et pour assister à une basse messe ? Ecoutez la malédiction que le Seigneur prononce contre ceux qui le servent d'une manière si indigne de sa souveraine majesté : Maiedictus qui facii opus Dei negligeuter. ( JereoL 4^*

Maïs si le vice de la paresse est si blâm'^ble en lui-même , il n'est pas moins pernicieux dans ses suites. Que peut produire le dégoût des choses spirituelles , sinon toute sorte de mauvais efièts ? On peut bien loi appliquer ce que dit le Saint-Esprit de rhonune paresseux: Per agrwn hominis pigri transivii et eccè tofum repleverant urticœ; (Prov. i4. ) j'ai passé par le champ du paresseux, et je l*ai trouvé tout en friche.

Telle est l'a me du chrétien attaqué du vice de la paresse : elle est destituée de toutes les ver lus, par conséquent de bonnes œuvres. Ce n'est pas tout, les vices y entrent les

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après les autres; la paresse en est la ;elle enfante sur-tout la pusillanimité »

Scouragement et quelquefois même le nr , souvent Tindignation contre ceux Lent à la veilu , enfin l'oisiveté qui rdre tout Le temps, et qui enseigne sorte de maladies. Enfin , M. F. , il peu de vices qui damnent aussi infailli^ it que celui - ci , d'autant plus qu'il (le celai qui en est dominé ; sur - tout pas des passions violentes, il se croit i^^ parce qu'il n'est pas méchant ; quel iab-je , dît-il ? A la vérité je ne fais pas bien , mais je ne fais toit à personne* ^'H faudra réfuter ce prétexte dont les pa* iiaoL s'autorisent , et leur faire sentir que I sentence du serviteur paresseux «st déjà meée ; que quiconque ne fait pas valoir talent qu'il a reçu de Dieu , doit s'attendre être jeté , pieds et mains liés , dans les tàièbres de l'enfer ; et que lorsque nous omettons en choses importantes nos devoirs gâiéraux ou particuliers, nous sommes en état de damnation. Après qu'on aura rapporté qoelques textes de TEcriture, où cette vérité est clairemient exprimée, Inutîlem servum ejîcife^ #fc ( Matth. 25. ) on [pressfBr^ vivement les auditeurs de sortir de cet état de paresse où ibsont réduits: Usquequh y piger y dormies?

{ Prov. 6. ) Lisez tout cet endroit, Svrge , qu^

3-72 JPowr îe XVII L Dimanche .,que )e viens de vous prescrire , et plusieurs autres que l'Esprit de Dieu lui suggérera.

Il en est de la paralysie de Tame , comme de celle du corps; il ftut des gens experts et savans pour guérir l'un et Tautre. Ne différez pas j chrétiens , à mettre la main à Toeuvre ; votre mal est grand, mais il n'est pas sans remède ; le Seigneur vous parle par notre bouche ; si vous différez à lui obéir , votre maladie s'augmentera , et \ovt& périrez. Hélas ! il ne vous reste peut-être que quelques jours pour remporter le prix d'une gloire immortelle , voulez-vous donc la perdre par votre paresse? Où seroit votre prudence, si , pour éviter une peine passagère , vous perdiez des biens infinis , et vous vous atti* jiez des supplices éternels ?

En finissant , on recommandera aux auditeurs de travailler , dès ce jour même, à la guérison de leur ame, en réfléchissant sur ce qu'ils viennent d'entendre , en priant J. C. de faire en leur faveur un miracle de sa toute -puissance , en assistant au reste de l'office avec plus de religion qu'ils n'ont fait jusqu'ici, et en donnant dans la suite des marques de la ferveur chrétienne. Pour vous, aiïles justes et ferventes, prenez garde de vous relâcher , continuez vos prières pom* la conversion des chrétiens négligens, bénissez-le 9L Texemple de c^s peuples dont il est parlé

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dans révangile; bénissez-le du pouvoir qu'il a donné aux hommes de guérir les plaies de nos âmes; tâchez de croître tous les jourg dans son amour ; vous vous rendrez dignes de le voir et de Taimer durant toute Téternité.

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Second sujet. Sur les jugemens témércdre$»

KyUM vidissef Jésus cogifaiiones eonim , dixîl : Ut çm'd cogUaiis maïa in cordibus çestris ?

Matth. 9.

Cest la réponse que le Sauveur du monde donna autrefois à des personnes mal inten* tionnées , qui l'accusoient en eux-mêmes de blasphème pour avoir dit à un paralytique, qui lui fut présenté , qu'il lui pardonnoit ses péchés. Qui peut, disoient-ils en eux-mêmes^ remettre les péchés , si ce n'est Dieu même ? Cet hoollne blasphème , en s'attribuant ce pouvoir. Mais Jésus pénétrant le fond de leur coeur , leur reprocha le jugement téméraire qu'ils formoient sur son compte ; pour leur prouver qu'il avoit véritablement le pouvoir de remettre les péchés , il commanda au paralytique de se lever , d'emporter son lit , et de s'en aller dans sa maison; ce qu'il fit ât l'instante

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Nous trouvons', M. F. , dans cet évangile, une preuve ties plus évidentes de la divinité de J. C. : il est bien consofant pour nous de savoir qu'il a pénétré le fond des coeurs , qu'il a remis les pécbés, et qu'il a opéré des miracles par s» pi'opre vertu, ce qiri ne peut convenir qu'à on Dieu. Réjouissonsnous d'avoir de telles preuves de ce que la foi nous enseigne ; adorons-le comme vrai Dieu et vrai homme ; mais aussi profitons des leçons qu'il nous a faites; apprenons f]^ la réponse qu'il donna à ceux qui pensoient' mal de lui, apprenons, dis- je, à ne jamais juger témérairement notre prochain, à interpréter toujours ses actions en bonne part , autant qu'il sera possible : c'est à quoi je viens vous exhorter dans cet entrelien, oit je me propose de vous parler du jugen^ent téméraire.

Je vous montrerai dans un premier point, combien le jugement téméraire est contraire aux droits de Dieu et à la charité chrétienne; vous apprendrez ensuite combien ses effets sont funestes; *de - là, vous conclurez combien vous devez craindre un péché dont on se fait si peu de scnipule dans le monde; sur lequel les personnes même, qui font profession de piété , s'aveuglent souvent, et que peu de personnes se reprochent»

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Pour parler sur cette matière avec précision et avec l'exactitude de la saine théologie, il faut lire S. Thomas, secundd secundœ^ quest, 60. art. 2. 3. et 4* ^^ Pasteur apost tom. 2. dans Texplication du huitième commandement de Dieu; Bourdaloue, tom. 3.

pour le vendredi de la 5. semaine. Le pèie Nepveu fait là -dessus des réflexions trèsjustes, tom. 3. de ses Pensées pour le ii.

Septembre. •»

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