I. POINT
Cs ii*est pas ici un Moyse qui nous intioM les ordres du Seigneur, ni les Anges qui nous annoncent ses volontés; mais c'est lé Dieu de Moyse et des Anges qui nous parle lui-même: Egô autem dico (H)bis: DiligUe inimicos çestros ; je vous ordonne d'aimer vos ennemis. Pesez bien, M. F., la force de ces paroles: Ego^ c'est moi, qui suis votre Maître, votre souverain, votre Dieu; moi 9 qui ayant sur vous une autorité ab* solue, puis Vous commander tciut ce qui me plaira. Dico ; je vous le dis et vous l'ordonna Ce n*eàt pas ici un simple conseil , mais un commandement indispensable que je fais ; et à qui ? Vobis ; à vous, qui êtes mes créatures, à vous qui dépendez de moi entièrement, à vous qui ne respirez et ne subsistez que par moi. Diligiie ; aimez. Je ne vous ordonne pas seulement de ne pas haïr , de ne pas faire du mal , mais d aimer et
358 Tour le XXL Dimanche de faire du bien; et à qui? A vos ennemis. /«^ micos vestros ; Vos ennemis, quels qu'ils pinsMnC être, quelque injure et quelque tort qu'ils vooi aient fait ; en un mot, tous sans en excepier aucun. Voilà l'ordre de Dieu. Or, M. F., quoi de plus juste que d'obéir à celui à qui tout obéit ? Dixit et fada sunt.
Vous direz peut-être qu'il est dur d'aimer ses ennemis, et difficile de vouloir du bien à des gens qui ne cherchent qu'à nous perdre et à nous faire du mal: cela est vrai : mais ce n'est pas à vous d'examiner le joug du Seigneur, pour le secouer, s'il est pesan(. C'est Dieu qui vous l'impose; c'est à vous à baisser vos têtes supeii>e8 pour vous y soumettre. D'ailleurs n'en ordonne-t*il pas autant à vos ennemis? Ne vous plaignez donc pas; mais adorez plutôt l'infinie miséricorde du Seigneur. Quelle tranquillité n'éprouveroit - on pas, si on gardoit exactement une si sainte loi ! on ne vcrroit plus parmi les chrétiens d'inimitiâ, plus de divisions dans les familles, plus de bruit entre les voisins, plus de disseptions et de troubles dans la société , plus de procès, plus de chicanes, plus de querelles, plus de vengeances. Nous verrions au contraire ces siècles fortunés de la primitive Eglise, oh les fidèles ne faisoient qu'un cœur çt ^^^**ine ame, et où ils s^aimoient jusqu'au
après la Pentecôte* 359
point de vouloir donner leur vie les uns pour les autres. Plaignez- vous après cela d'une loi dont les fruits seroient si doux*
IL POINT
Mais l'exemple d'un Dieu qui pardonne ^ doit lever vos difficultés ; c'est à cet exemple que je vous rappelle , chrétiens , puisque vous fiiites profession d'imiter le Dieu que vous adoret. Vindicatifs qui m'écoutez , parcourez des yeux le monde entier , vous y verrez les preuves les plus signalées de l'amour de votre Dieu pour ses ennemis. Voyez comme il fait lever son soleil sur les médians comme sur les bons: voyez avec quelle patience il attend le pécheur pour lui pardonner ; considérez les grâces qu'il vous a accordées dans le temps que vous étiez ses ennemis , quoiqu'il pouvoit TOUS punir à l'instant; souvenez- vous que par votre baptême, d'enfans de colère que vous étiez 9 il vous a reçus pour ses enfans chéris ; rappelez - vous ces momens précieux , où , après avoir violé les sermens solennels d'être toujours à lui , au lieu de vous abandonnei*^ et de vous punir, comme il étoit en droit de le faire , il vous a rappelés à lui ; il vous a attirés au sacrement de pénitence , pour vous laver de vos iniquités dans son sang.
Que vous dirai- je de plus ? Faut-il vous rap-
36o Pour le XXL Dimcmchc peler encorele miracledeson amour consommé pour vous /Eh bien! voyez-le, votre Diço, entre les mains des bouri eaux , livré à iaécrables déicides ; voyez son saint nom Idaiplièmé par tant de bouches sacrilèges, M pieds, ses mains, son côté percés, sa têtt coui*onnée d'épines ; voyez-le attaché à oa infâme gibet. Appela-t-il les foudres et ks tonnerres pour se venger de ses ennemis?
Ouvrit - il les trésors de sa fureur ^ pour les punir du plus horrible des attentats? Non 9 M. F. , mais il versa sur la croix jusqu*à la dernière goutte de son sang, pour le pardon de ses bourreaux et le salut de tous les hommes , il employa les demiei-s momens d€ sa vie à prier pour ses ennemis et à demander leur grâce.
C'est à vous 9. chrétiens, élevés à l'abri de la croix de J. C , instruits de ses mystères » persuadés de sa religion , comblés de ses faveurs , nourris de son sang, à vous rendre les imitateurs de sa générosité et de sa clémence. Que les occasions de servir vos ennemis vous paroissent précieuses 9 puisque vous achetez par -là celle d'inûter votre &vin Maître , etc.
m. POINT.
après la PentecôU 36 1