‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de Toul (volume 2)Chapitre 18 sur 35 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

- Enfin, à cet exemple de l'amour d'un Dieu ses enuemis , ajoutons ses promesses et menaces. Quelles sont ses promesses , F. ? Les voici: Pardonnez , et on vous onnera : Dimîttite et dîmilfeminL Se peut-il mini plus grand avantage? Vous avez oiFensé weAUe fois le Seigneur ; vous ne pouvez le nier» Rappelez-vous les emporfemens et les désordres de votre jeunesse , les excès et les vijâstîces d'un âge plus avancé , Tinsensibilité et rimpënitence d'une longue vieillesse ; écoutez les avis de votre conscience justenteat alarmëe. Avez - vous satisfait à la justice 'divine pour tant de péchés ? Où sont vos œuvres de pénitence? OCi sont vos pnères, vos (eûnes et vos aumônes ? Quelle ressource vouft resle-t-il donc ? Ah ! M. F. , Dieu ne demandepas que vous versiez votre sang^comme 1rs martyft ; que vous mouriez au monde, comme les HQAchorètes ; il vous demande seulement quevous pardonniez à vos ennemis. A cette coùdition , il vous promet le pardon de vos crimes iDiàiiitife et dimîtieminL Oui, pçcheure, quelques crimes que vous ayiez commis , si vous pardonnez îi vos ennemis, vous pouvez dire à Dieu avec une sainte liberté: J*ai fait ce que vous m'avez ordonné , faites ce que Tome IF. Q

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vous m*avez promis; j'ai pardonaé, c*est à

vous à me pardonner^?

Mais peut-être que ses menaces feront sur vous plus d'impression que ses promesses.

J. C. dans la parabole de notre évangile , nous apprend le soft qui nous attend , si nous ne pardonnons pas du fond du coeur à ceux qui nous ont ofTene^ës: nous serons livrés nous - mêmes à d'impitoyables bourreaux, jusqu*à ce que nous ayons satisfait à la justice divine. Est-il rien de plus effrayant ! Point de miséricorde pour celui qui n'aura point usé de miséricorde envers ses frères:

Judicium sine mîsericordiâ ilîi qui non fecit misericordlam. Âh ! si vous étiez assez malheureux pour conserver de la haine dans votre cœur , ne devriez-vous pas craindre , en récitant Toraison dominicale, de prononcer contre vous un arrêt de mort ? Ne devriezvous pas vous apercevoir que, semblable à un furieux, vous vous percez le corps de votre propre épée ? Oui , vindicatif cruel , sais-tu ce que tu demandes à Dieu , quand, avec la haine dans le cœur, tu récites cette prière? Pardonnez-nous comme nous pardonnons ; c'est-à-dire, je ne veux pas , mon Dieu , que vous me pardonniez , parce que je ne veux pas pardonner à mes ennemis, et par conséquent je ne veux point de votre grâce; je ne vous reconnois plus pour mon père;

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je renonce à votre royaume* Voilà , vindicatif, les malheurs que tu attires sur toi.

Ah ! M. F. , refuserez-vous d'obéir à un Dieu qui vous ordonne d'aimer vos ennemis , d'imiter un Dieu qui aime tendrement ses ennemis , de mériter les grandes récompenses que Dieu promet à ceux qui aimeront sincèrement leurs ennemis ? Allez donc , au sortir de cette instruction , allez leui' donner le baiser de paix , et vous réconcilier pour toujours avec eux , afin que par ce pardon que vous donnerez à vos ennemis , vous engagiez le Seigneur à vous accorder le vôtre et la grâce du cieLj

Le XXIL dimanche après la Pentecôte*

Premier sujet. Sur nos des^oirs envers nos

Souverains.

}ui B nous étonnons pas , M. F. , si J. C. , pour nous inculquer plus eflicacement une soumission parfaite à 1 autorité souveraine , joint les exemples aux leçons. Tous les joui s de sa vie sont marqués au coin du respect, de Tobéissance et de la fidélité envers les puissances de la terre. La manière dont il tranche aujourd'hui les questions captieuses

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f]ne lai font ses ennemis sur lés droifi de l'emperear , me foanrit une occasioQ bien p^fitrelle de vons entretenir des deTcms ies sujets envers les sonTerains; deToirs ansn in* portans sans doute qae la sabordioation dd enfaas envers leurs pères , des serviteurs envers leurs maîtres , qui fait souvent la ma* ticre de nos discours ; devoirs sacrés de la religion, qui réunit dans un seul et même précepte l'obligation de rendre à notre Dieu, et à notre souverain , ce que nous leur devons ; Rediile ergb que sunt Cœsaris , Cœsari , el quœ sunt Dti , Deo.

Ce n'est pas , M. F. , qu'il vous faille des leçons dobéissance , d*amour et de fidélité:

tout français apporte ces vertus en naissant, il le3 suce avec le lait, il les nourrit par Tézemplé. de ses pères. Je ne veux que donnera ces vertus le mérite , trop rare peut-être parmi vous , d'avoir leur source dans la religion. Que nous demande donc la religion pour ceux à^ qui Dieu a remis le sceptre de la puissance ? Le voici : leur rang et leurs titres foment l'étendue des devoirs qu*elle impose à ceux qui sont assujettis à leur autorité. Or , qu^est-rce qu'eât le prince pajr rapport \ nous , et que sommes-nous par rapporta lui? Nous sommes, 1,® une famille dont il est. le père ; a.® un peuple dont il est le maître ; 3.^ un état dont il est le souverain. Il est le père de

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ks sujets ; donc il a droit à leur amour et leur fidélité. Il est le maître de ses sujets , 3nc il a droit à leur vénération et à leur 39pect» Il est le souverain de ses sujets ; donc L a droit à leur soumission et k leur obéis- Buce. Nous devons aimer sa personne* respecter sa majesté 9 et obéir à son autorité.

C*est ici 9 M. F. , une matière qu'on ne vous a peut-être jamais suffisamment développée dans la chaire de vérité: mais comme elle n'en est pas moins importante, j*ai tout lieu d*espérer que vous y donnerez l'attention la plus soutenue.

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