I. POINT
Quoiqu'il n*y ait aucun lieu oii Keu ne puisse être a«loré, puisqu^il n*y en a aucun qu'il ne remplisse de son adorable présence; cependant il n'a jamais été véritablement bo* Doré et servi dans les premiei^ temps que par une certaine société d'hommes, qui, faisant un corps de religion à part, croyoient ce qu'il leur disoit , et qui , gouvernés par des chefs qui étoient instruits de sas volontés, observoient de point en point la loi et les . cérémonies qu'ils avoient reçues. O ! que le prophète roi connoissoit bien la nécessité et la vérité de ce culte ^ quand il s'écrioit dans les pieux transports de son zèle : Je vous louerai , Seigneur , et j'annoncerai votre nom à mes frères ; mais ce sera au milieu de Tas^ s,emblée de votre peuple que je vous louerai : ISitncîabo nomen tuum fratribus meU ; in medlo ecclesiœ laudabo te. Je publierai avec toute la joie de mon cœur ^ que vous êtes grand; mais afin que cet hommage de ma bouche et ce sacrifice de mon ame vous soient agréables, je vous les rendrai à la compagnie et dans rassemblée des justes : In concilio Jus* forum et congregaHone. Ainsi parloit David convaincu de cette grande vérité , que l'honneur et l'adoration qu'on doit à Dieu ne
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peuvent se reudre que dans la vraie religion, et parmi cette sainte société d'hommes qui font profession de suivre exactement ce qu il leur a prescrit pour en être honoré. Aussi ce pieux prince ne voulait iendre ses vœux au Seigneur , comme il le dit lui même , qnVn présence de ceux qui le craignent , attri« buant à ce religieux culte la protection qu'il recevoit du ciel et Taccomplissement de ses prières: aussi estimoit-il heureux celui qui^ bien loin de s'arrêter dans la voie des pé" cheurs , et de s'asseoir dans une chaire infectée de peste , mettoit toute son alTectioa en sa loi , et la méditoit nuit et jour : aussi souflTrit-il patiemment les sanglantes railleries des peuples incirconcis qui se moquoient de sa piété , protestant hautemeut que 9 quoi qu'il lui arrivât, il ne se trouvemit jamais dans les assemblées de ces hommes de sang , des noms desquels il ne se souviendroit pa9 même , aimant enfin uniquement et par-des5U9 toutes choses , la beauté de la maison du Seigneur et le lieu où réside sa gloire.
Tel ctoit le zèle de ce pieux roi pour la religion de ses pères. Il l'ainioit, il l'honoroit, il la gardoit inviolablement jusque dans les moindres cérémonie^ ; et 9 comme dit S. Ambroise, elle lui tenoit lieu de toutes choses. Elle étoit la lumière de ses yeux, la règle de ses actions , l'ame de ses conseils»'
4 1 4 ^our le XXIF. Dimanche n*objct de ses plus tendres affections et de SÊ jalousie même. Cétoit elle qui le consoloit dans ses disgrâces, qui le soutenoit dans ses foiblesses , qui le conduisoU et qui le dirigcoit dans toutes ses entreprises. Ali!
que n'eût- il pas fait s'il eût eu one religioo aussi parfaite que la nôtre? Et par coMoséquent que ne devons nous pas faire pour honorer celle où la providence nous a fait naître? Il n'avoit que l'ombre des choses, et nous avons la vérité ; il n*avoit que la lettre qui tue , et nous avons l'esprit qui Tiviffe. Sa religion et sa foi lui avoient été apportées par des serviteurs que Dieu avoit envoyés à ses pères ; et le Fils de Dieu y vpxQ son Père fious a donné pour Sauveur, a été l'auteur de la notre. Dans sa religion, on servoit Dieu par des actions extérieures^ et peu lui rendoient le culte véritable qu'il mérite ; et dans la nôtre , ce sont des actions intérieures , un sacrifice raisonnable et saint: dans sa religion , c'étoient des ablutions corporelles et des cérémonies légales; et dans la nôtre , c'est une justification spirituelle et un renouvellement de l'homme tout entier.
Par ce principe il s'ensuit , qu'autant qu'elle a été instituée pour honorer Dieu , autant elle a été établie pour sanctifier les hommes; et C'est par cette seconde raison que je dis qu'il n'y a rien qui nous touche de plus près,ni qui mçrite mieux. noVve xfe\^.
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IL POINT
Plusieurs religions ont partagé le monde ; mais de "toutes ces religions il n'y a que la nôtre^ qui soit sainte , et qui fournisse les vrais nioyens de se sanctifier. Che« les païens , ce n*est que confusion ; chez les hérétiques , ce n'est qu'aveuglement ; chez les juifs, ce n'est que grossièreté; et par conséquent nulle de ces religions ne peut nous sanctifier. Les païens reconnoissent plusieurs dieux, et par -là c'est une religion fausse ; elle est même si bizare , qu'ils ne conviennent entr'eux ni du nombre ni du pouvoir de leurs divinités. Les hérétiques et les schismatiques reconnoissent le vrai Dieu, taais ils ne le connoissent qu'à demi ^ et quoiqu'ils conviennent avec nous de certaines vérités , cependant , comme sur d'autres points, ils aiment mieux sowtenîr opiniâtrement leurs erreurs que les corriger, ils sont séparés de notre communion , et en même temps hors de la voie du salut. Les juifs reconnoissent le vrai Dieu ; mais comme ils ne connoissent pas J. C. son Fils, qui leur a • été envoyé ; et comme leur religion ne devoit subsister que jusqu'à sa venue, ce n'est plus chez eux que les moyens de sanctification se trouvent. Il n'y a que la reli-
4 1 6 Tout h XXIV. Dimanche gion catholique qui ait cet avantage. Elle seule a la vertu de sanctifier ceux qui vivent sous ses lois. Elle leur donne à tous le pouvoir de participer aux grâces de Dieu qu'elle renferme , et dont il Ta rendu comme Téconome. Puis donc , M. F. , que nous avons le bonheur d*ctre élevés dans une religioa si sainte, si pure, si féconde en grâces, si comblée de bénédictions , et si jalouse V?
notre salut , nous devons au moins avoir autant de zèle pour l'honorer et la défendre, c]ue les païens, les hérétiques, les schismdtif^ues et les (uifs en oui pour soutenir la leur. De quel zèle ne devons -nous pas être embrasés pour la conservation et l*honneur d'une religion, qui n'est ni fausse ni superstitieuse , comme celle des païens , ni aveugle ni erronée, comme celle des hérétiques ^et des schismatiques , ni temporelle et passagère comme celle des juifs; pour l'honneur et lu conset^vation d'une religion, qui semble être toute consacrée à nos usages par la grandeur des mystères qu'elle honore, par la majesté des cérémonies qu'elle célèbre, par la vertu des sacremens qu'elle distribue > par la force des exemples qu'elle propose, par la certitude des vérités qu'elle révèle t par la sévérité de la morale qu'elle prêche, par l'abondance des grâces qu'elle contient) ^ar le bon ordre de tous les états qu'elle
erle?
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Dieu nous l'a donnée pour notre sanctification ; et hors d'elle , il n*y a point dq salut à espërer. Mais cette sanctification eit attachée à Tamour et au zèle que nous aurons pour elle. Avec cet amour et ce zèle de la i^igioQ , il n*y a point de tentations que nous ne surmontions , de pièges que nous n'évitions, de péchés que nous n'ayons en horreur, de respects humains dont nous ne tripfnphions , de menaces que nous ne méprisions, d*attachemens que nous ne rompions , de vertus que nous ne tâchions d'acquérir, et de biens que nous ne nous efforcions de faire. En un mot, avec cet amour et ce zèle de la religion, toutes les voies de notre salut nous sont ouvertes ; et sans ce zèle, elles nous sont fermées. Car pouvonsnous nous sauver , sans aimer Dieu? Pouvons-nous aimer Dieu , sans aimer la religion» dans laquelle sa miséricorde nous a élevés?
Pouvons-nous aimer cette religion, sans la»
défendre, et nous assujettir en toutes choses. k ses lois! Aimons donc, M. F. , aimons unemère qui nous aime tant ; ne soyons pas si ingrats que d'abandonner celle qui nous recherche tous les jours dans nos écarts avec:
tant d'empressement et de bonté. Rendonslui, autant que nous pourrons, amour pouramour, protection pour protection , zèlet pour zèle. Ne souffrons jamais que des enr-
4i8 Pour le XXIV. Dimanche fans dénaturés la déshonorent , ni qae de mauvais serviteurs Toutragent C*est là noti-e devoir.
Mais hélas! M. F., combien peu s'en acquittent! Ne peut- on pas assurer que, si Thonneur de notre sainte religion est le plus digne objet de notre zèle, la plupart d*entre nous y sont presque toujours insensibles? Qu'il feroit beau voir uo chrétien châtier l'insolence d'un libertin , aiTeter le cours des désordres publics, venger la querelle de Dieu par de secrètes corrections et de fortes remontrances, quand il a l'autorité en main, dans ces conversationfi où l'on se fait un cruel plaisir de déclamer contre le gouverpement de l'Eglise , et de tourner en ridicule la pieté des gens de bien ; dans ces jeux, où la rage d'avoir perdu son argent, fait vomir aux joueurs d'horribles blasphèmes; dans ces sociétés où ces jeunes libertins ne disent que des phrases équivoques, des paroles ouvertement impures, et des chansons pleines d'iirévérence ! Qu'il feroit beau voir des fidèles zélés fermer la bouche à l'impiété des uns , réprimer Temporteraenl et les blasphèmes des autres, ramener ceux qu'ils pourroient, à leur devoir ,-86 séparer de ceux sur lesquels ils n'auroient d'autre droit qu« celui que la familiarité et l'amitié leur donqe , quand ils les trouveroient incorrigil)les et
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endurcis! Mais j'en atteste ici vos consciences: où sont ces chrétiens zélés ? Et vous-mêmes êtes- vous de ce nombre? Oui, vous, qui êtes si délicats , quand on dit quelque cliose qui; peut noircir voti*é réputation: oui, vous, qui traitez avec tant de rigueur un domestique , quand il vous sert mal, ou qui vous choque;* oui, vous, qui ne pouvez souffrir un enfant qui pèche contre les règles de la civilité et du respect, avez- vous la même délicatesse et la même sensibilité , quand Dieu est outragé en votre présence ? Hélas ! vous dissimulez les injures que lui font ces libertins que vous souffrez en votre compagnie ; trop contens de vous-mêmes , pourvu que vous n*ayez point de part à leur impiété , voifs écoutez froidement ce qu'ils disent, vous vous savez même bon gré de n'être pas libertins comme^eux, et vous croyez aimer votre religion en ne la déshonorant pas. Direz vous qu'un mari aiâie sa femme , quand on lui fait de sanglans affrons , et qu'il les dissimule? Direz- vous qu'un sujet aime son prince^ quand on conspire contre lui, et qu'il se contente ^e n'être pas du nombre des conjurés ? Direz-vous qu'un serviteur aime son maître, quand il ost indifférent aux mauvais trailemens qu'on lui fait? L'amour n'est jamais uiuet, ni indifférent à ce qui le touche; et ^omme k zèle est c« qu'il y a de plus vif.
420 Pour le XXIV. Dîmanclie de plus aident et de plus impatient dans Tainour, jugez quel zèle vous avez pour votre religion , quand vous vous taisez et que vous vous souciez peu de la défendre* -
Je voudiois bien, dites-vous, avoir Vassurance de prendre en main la cause de Dieu et de ma religion ; mais la crainte de ni*attirer des ennemis, l'appréhension de donner lieu à des railleries, et de déplaire à dfS gens dont j'ai besoin, ou dont je provoquerois la haine ^ me ferme la bouche et m*cmpeche de parler. Maudite crainte, l'emporteras- tu toujours sur les plus puissans devoirs : Et sera- 1- il dit que pour ne pas déplaire aux hommes , on se souciera peu de plaire â Dieu ? Ah ! M. F. , quelle reconnoissance témoignerons - nous à Dieu pour tant de faveurs que nous en recevons, si nous rougissons de prendre son • parti , quand un libertin loffense ?. Nous mangeons tous les jours son pain, nous sommes à ses ga^es, nous vivons de ses lai gesses, nous n'avons de crédit et de richesses qu'autant (}u'il nous en donne ; et , ingrats que nous sommes , la crainte de déplaire à de viles créatures , nous eropéchtra de défendre notre créateur, notre bienfaiteur, notre protecteur, notre père!
Prenons donc , chrétiens , des sentimens plu> dignes du nom que nous portons. Que
id
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la gloire du Seigneur soit le principal objet de notre zèle; aimons-nous de courage dans une cause si juste; châtions sévèrement les impies; arrêtons le cours de leur libertinage, si nous le pouvons ; si nous n*avons pas Tautorité nécessaire pour les châtier, reprenons* les sévèrement; retenons-les dans leur devoir; si ces moyens nous manquent encore, pleurons leur malheur , et demandons au ciel leur conversion ; gémissons sans cesse des pertes que la vraie religion fait chaque jour au milieu de nous ; efforçons-nous de dédommager le Seigneur des outrages qu'il reçoit par un redoublement d'hommages, d*amour et de ferveur. Ce zèle honorera Dieu, et nous sanctifiera nous-mêmes; et le Seigneur nous trouvant ûdèles à tous nos devoirs, nous dira d'entrer dans sa joie.
Second sujet. Sur la crainte de Dieu.
V^*EST ici, M. F., pour la seconde fois de l'année que lEglise nous parle du jugement dernier, pour nous apprendre sans doute que nous ne devons jamais perdre de
vue les jugemens de Dieu dans toutes les actions de notre vie. Mais comme l'utilité de cette méditation consiste principalement à exciter dans nos cœurs cette crainte sain-
4^2 Pour le XXIV. Dimanche taire , qui est le commencement « aussi bien que la consolation de la sagesse; elle nous met devant les yeux ces signes effroyables qui doivent être les avant-coureurs du jugement universel , le soleil ol>scurci , la lune éclipsée, les puissances du ciel ébranléeg, la mer faisant un bruit épouvantable par l'agitation de ses flots, la consternation universelle de la nature, et le souverain juge qui descendra da ciel accompagné de ses anges, et tout brillant de gloire et de majesté, pour prononcer l'arrêt décisif de l'éternité de tous les hommes. Voilà donc le grand sujet de nos réflexions; voilà ce qui doit nous pénétrer d'une crainte salutaire et d'un tremblement continuel; voilà ce dont nous nous entretiendrons aujourd'hui, pour nous conformer aux vues de l'Eglise. Je dis donc qu'il n'est rien pour nous de plus nécessaire et de plus utile que de nous pénétrer de la crainte de Di(^u, d'avoir toujours devant les yeux la crainte de Dieu. Voyons en pr«raier lieu les motifs qui doivent nous l'inspirer ; en second lieu , les avantages qu'elle ne manque jamais de nous procurer; en troisième lieu, la confiance dont elle doit toujours être accompagnée. Donnez quelques momens d'attention à une matière si importante.
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NoTHE religion, M. F. , est une religion d'amour. et de charité; car la loi que Dieu porte dans sa main, est une loi toute de feu, dit l'Ecriture : In manîbus ejus ignea les. Mais ce seroit une fausse et dangereuse spiritualité, que celle qui voudroit nous faire envisager la crainte des jugemens de Dieu comme un motif indigne de notre religion, trop au-dessous de nous , plus propre à dégi'ader qu'à soutenir la piété chrétienne, et peu capable de se concilier avec la confiance et l'amour; ce seroit, dis-je, ulie fausse spiritualité que celle qui refuseroit de regarder la crainte comme un don de Dieu, et comme un mouvement de son esprit, et qui, sous prétexte de conserver à la charité ses prérogatives et ses droits sur le cœur de Dieu , excluroit de notre sainte religion la crainte du Seigneur et de ses jugemens. Anathéme a cette pernicieuse doctrine de nos frères errans; nos Ecritures ne l'ont point connue, et la sainte et sacrée tradition de nos pères l'a constamment proscrite.
Ouvrons leS Psaumes de David; nous y trouverons à coup sûr le parfait modèle des ^ntimens^ dont nous devons être pénétres-
42^ IPour le XXIV. Dimanche envers le Seigneur ; dans l'une de st& plus belles et de ses plus fréquentes prières^ percez mes cliaii^ de votre crainte, ô mon Dieu f s^ëcrioit ce pieux roi ; parce que ^e suis saisi de la frayeur de vos jugemens: Confiât timoré tuo carnes meas ; à ^udiciis enim iuis iimuu C'est le prophète par excellence qui parle ainsi, M. F. , ce prophète, dont les cantiques saints ne respirent que l'amour le plus vif et le plus tendre pour le Dieu de son cœur, c'est celui-là même qui demande que ses chairs soient percées de crainte ; et la crainte dont il veut être pénétré, n'est pas seulement la crainte de déplaire ou la crainte des enfers, mais même la crainte des jugemens redoutables préparés aux transgresseurs de la loi. Il la demande h Dieu, cette crainte; et la raison qu'il a de la demander, cVst qu'il en est déjà saisi de frayeur: A judiciis enlm iuis timui.
Craignez , nous dit J. C. , l'auteur et le consommateur de notre foi , craignez celui qui peut livrer et l'anie et le corps à la torture du feu qui ne s éteint point, Timele eum ifui potest et corpus et animam perdere in ge/iennam. Ce divin Maître ne balance point à nous proposer la crainte, comme un motif naturel du courage avec lequel nous devons arraclier l'œil et couper le bras qui nous scandalisent j parce qu'il vaut mieux enti^er
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dans la vie n'ayant qu'un bras et qu'un œil 5 que d'être jeté dans les feux éternels en eu ayant deux. Quoi! M. F., devenus ses disciples^ nous rougirions de nous exciter a des sentimens auxquels il nous a exhortés Jui-même? Nous négligerions de nous pé^ nétrer de cette crainte salutaire, qui a tant de part à la conversion du cœur, et cohséqueuiment à rafTaire du salut ! Loin de nous une spiritualité si mal entendue, etc.
Les pécheurs ne font tant d'efforts pour affoiblir en eux l'impression de la crainte, que parce qu'ils ne peuvent douter de l'ascendant qu'elle auroit sur leurs cœurs.
Mais cette crainte des jugemens de Dieu doit être le prix de la foi qui l'inspire. La foi e^t.le commencement du salut, le fondement et la source de toute justice. Elle nous découvre à la fois et nos devoirs et nos désoinires , notre excellence et notre corruption , ce que nous avons reçu de Dieu et ce que nous sommes devenus par nousmêmes, ce que nous devons être et ce que nous ne sommes pas, les récompenses qtii nous attendent , et les châtimens qui nous menacent, mVis sur-tout que nous pouvons sortir du malheureux état, où nous sommes, par la grâce et par la rédemption de J. C.
La crainte est donc une suite naturelle de la foi; car comment,, lorsqu'on a la foi «
3 26 Tour le XXIV* Dimanche pourroit-on ne pas craindre les horrible^ cbatimens que méritent et notre conuptiori et nos désordres ? Mais ces châtimcDS ne sont ni le seul ni même le principal oVjët que la foi propose : J. C. Sauveur et Réconciliateur des hommes est celui qu'elle envisage plus que toute autre chose , comme l'objet aimable et consolant que Dieu nous a proposé, dit TApôtre, afin qu'il fût propitiation pour nos pèches dans son sang.
Ainsi toute crainte de Die,u, qu*on supposeroit dépouillée d*un mouvement d'espérance, ne sauroit jamais être la crainte qu'inspire la foi chrétienne, la seule q^ii soit capable de conduire Thomme au salut La crainte est comme un premier ébranlement, qui se termine à tourner Thonmie du côté de l'espérance. Une ame abattue par la crainte des jugemens de Dieu, cherche de quoi soulager l'inquiétude qui l'agite :
elle cherche avec empressement une ressource au malheur qui la menace. Or, la même foi qui l'a jetée dans la crainte, lui propose les grands motifs de confiance qu'elle doit avoir en Dieu par Jésus-Christ.