Personne ne peut scivir deux maîtres
C'est le divin Pasteur lui-même qui nous parle, M. F. ,.dans l'évangile de ce joui;; ces paroles , que vous venez d'entendre , renferment une des plus importantes leçons
^44 Tour le XIJ^. Dimanche qu'il ait données aux hommes dans le discours qu'il fit pendant sa vie évangélique, en présence d'une mullltude innombrable.
Ce discours qui est un pVécis de sa morale, l'Eglise nous le rappelle de temps en temps dans les dimanches qui s'écoulent depuis la Pentecôte jusqu'ici. Elle veut que nous vous expliquions avec • soin la sainte doctiiTie qui y est contenue , et j'ai tâché de satisfaire à ses intentions. On pourra rappeler ici, en peu de mots, les sujets qu'on aura traités ks 1.5. et 7. dimanches.
Heureux^, M. F. , si vous avez conservé dans vos cœurs et mis en pratique, <7e que vous avez entendu; mais qu'il est à craindre que plusieurs ne se soient relâchés dans le service de Dieu; qu'ils ne l'aient abandonné, pour suivre leurs passions ; ou du moins qu'ils ne se soient partagés entre Dieu et le monde. Hélas ! M. F. , c*est ce qui n*est que trop commun ! On prétend allier l'amour de Dieu et l'amour des richesses, des plaisirs et des honneurs du monde; on veut être en même temps à l'un et à l'autre de ces maîtres ; erreur extrêmement injurieuse à Dieu, et qui perd une infinité d'ames.
Je tâcherai aujourd'hui , de vous en préserver en vous faisant sentir l'obligation indispensable où nous sommes de servir Dieu, et de le servir lui seul. Nous verrons en
premier
après la peotecéte. î4îi
premier lieu ce qui nous oblige à servir le Seigneur; nous examinerons ensuite pourquoi nous le devons servir lui seul.
On adressera à J. C. une courte prière, pour annoncer dignement sa parole , et pour obtenir aux auditeurs la giâce de bien comprendre et de mettre en pratique, l'oracle divin qu'on va leur expliquer.
L POINT
On commencera ce premier point, ea posatit un principe, pris des raisons qui obligent les hommes a rendre service à d'autres hommes. Difierens motifs peuvent engager les hommes à rendre service à ceux avec qui ils vivent ici-bas ; dans les uns , c'est la gloire qu'ils se procurent , en servant les princes et les puissans du monde ; dans les autres, c'est Tintérêt personnel qu'ils y trouvent; les enfans sei'vent leurs parens par reconnoissance , et par un sentiment que la raison et la foi leur inspirent ; les amis rendent service à leurs amis, par la douceur et l'agrément qu'ils goûtent dans les liens de l'amitié; enfin, il en est qui servent paçnécessité et par le devoir de leur état. Or, M. F. , tous ces motifs doivent nous engager à nous dévouer au sei-vice de Dieu, j.^ Il n'est rien de plus grand ni de plus glorieux j Tome ri. G
i46 Pour le XIV. Dimanche ^P rien de plus juste ni de plus indispensable; 3.^ rien de plus doux ni de plus avantageux. ( On reprendra par ordi-e ces trois motifs. )
Quelle gloire pareille à celle qui est attachée au service du Seigneur? S*il est glorieux de servir un grand monarque ; si on tient à honneur , d*exercer dans les palais des rois, les moindres offices; si Ton voit tous les jours les sujets des princes, et même les plus distingués 9 se faire gloire d'exposer leur vie pour leur service; combien plus les hommes doivent-ils mettre leur honneur et leur gloire à servir le Roi des rois? Gloria magna est sequi Dominum, ( Eccli, 3. ) Ici on donnera quelque idée de la grandeur de Dieu et de la bassesse des créatures , quelque distinguées qu^elles puissent être.
Pour vous faire connoître , M. F. , la noblesse et Texcellence du service de Dieu, il faudroit pouvoir vous expliquer ce que c'est que Dieu même, et ce que les créatures sont à son égard. H est, dit S. Jean dans son Apocalypse, ch. 17., le Seigneur des seigneurs , et le Roi des rois : Dominus do»
minurum est , et Rex regum. Toute grandeur , toute puissance viennent de lui : Per me reges régnant,», per me principes imper ant. ( Prov. 8. ) C'est lui qui, par un seul acte de sa volonté, a tiré ce monde- du néant: Dixit , et facia
après la Pentecôte. 147
sunf. Cest lui qui , avec trois doigts , tient suspendu toute la masse de la terre: Appen^' dit tribus digîtis molem terrœ. ( Isa. 4o. ) Toutes les nations sont devant lui comme si elles n'étoient pas: Omnes genfes quasi non sint^ ik sunt coràm eo. ( Ibid. ) On choisira queK qu'antre passage dans ce même chapitre d'Isaïe, ou en quelque autre endroit de TE* criture, qui exprime les perfections de Dieu^ et son excellence intinie au-dessus de ce qu'il y a de plus grand ici-bas.
Comment, M. F., pourrions- nous refuser de servir un si grand maître? Ne lui sommesnous pas infiniment obligés , de ce qu'il veut bien nous recevoir au nombre de ses serviteurs , lui qui y ëtant infiniment heureux par lui-même, n*a pas besoin de nos services? La reine de Saba après avoir vu la magnificence du palais de Salomon , après avoir été témoin de la sagesse de ce grand prince, s'écria: Heureux sont vos serviteurs; qu'ils sont honorés d'être 4ans votre maison ! Beaii serd tui^ qui assistant coràm te omni t empare. ( î. Par. 9. .) N'avons-noufl pas bien plus sujet de nous féliciter d'être au service d'un maître, dont la naissance , la puissance et la majesté surpassent infiniment celle de tous les rois qui ont été, qui sont, et qui seront? Mais qui ne sera pas sui^ris, qui ne gémira pas de l'aveuglement de la
1 48 Pour le XIV. Dimanche plupart des hommes , qui sont insensibles à cet honneur, et qui préfèrent une gloire vaine et passagèje; je veuxdii^e, la gloire de servir leur créateur ;, qui , pour plaire aux maîtres de la terre , ne craignent pas de déplaire au maître du ciel et de la terre; qui Tabandonnent entièrement ^ pour s'attacher à une foible créature, qui n*a d*autre pouvoir que celui que le créateur lui a confié ? Comprenons donc , M. F. , qu'il n'y a point en ce monde de gloire plus solide, ni même de véritable gloire , que celle des fidèles serviteurs de Dieu; Gratia^ et honor ^ et pax àmnî operanti bonum. ( Rom. 2. ) Ce sont ceux , qui , dans tous les siècles , ont reçu les plus grands honneurs. On pourra mettre quelque exemple de Tancien et du nouveau testament. En eOet personne ne mérite plus d*être honoré , car comme il n'y a , à proprement parler , rien de grand que Dieu, on ne peut aussi être véritablement grand, qu'en s'appliquant à le servir.
Mais si ce premier motif ne fait pas assez d'impression sur nous , laissons - nous du moins toucher par celui de la justice et du devoir.Est-ilrien de plus étroit, de plus pressant que les titres qui nous obligent à servir Dieu, soit que nous le considérions en lui-même, soit que nous l'envisagions par rapport à nous?
Quand même, par une supposition impôs-
(après la Pentecôte. i49
sible y nous n'aurions rien reçu de lui , son
être seul et ses perfections infinies exigeroient
tous nos services; nous ne pourrions les lui
disputer , sans une injustice criminelle ; nous
devrions même lui rendre, s*il étoit possible,
des hommages infinis; bien plus, il ne pour*
roit pas ne point exiger nos services. Mais
à n6 considérer le Seigneur, que selon les
rapports que nous avons avec lui dans
l'ordre de la création, de la conservation,
de la rédemption et de la sanctification ,
que de raisons n*avons - nous pas de nous
dévouer entièrement à lui ? ( On expliquera
ces difTérens titres, qui nous attachent au
service de Dieu. )
Souffrez , M. F. , que je vous rappelle
aux premiers principes de votre raison, et
aux élémens de votre foi. Qui vous a
créés et mis au monde? N'est-ce pas la
main toute - puissante du Seigneur qui a tiré
du néant tout ce vaste univers , et qui l'a
créé pour votre propre utilité et pour vous
mettre en état de le servir ? Pourquoi vous
a-t-il donné l'être ,' le mouvement et la
vie ? Pourquoi cette ame raisonnable qui
est faite à son image, sinon pour vous en
servir à sa gloire ? C'est par cette connois'
sance , cette réflexion sur lui-même , qui
S. Augustin s'excitoit autrefois à bénir et à
louer l'auteur de son être: Redii ad me^
ï 5o Tour le XIV. Dimanche et inlrad in me. Je me suis demandé \ moi-même : Qui es-tu ? Et je me suis répondu: Je suis un homme raisonnal)le et mortel ; et celui qui S'est trouvé tel , s'est incontinent tourné vers Dieu»
Du bienfait de la création passons à celui de la conservation ; il n'est pas moindre , il est même , en un sens , plus considérable que le premier, puisque c'est comme une création continuelle ; et nous sommes autant obligés au Seigneur, de ce qu'il veut bien nous conserver avec tout ce qui est dans le monde , que s'il nous créoit , et que s'il créoit de nouveau le monde à chaque instant. ( On ne manquera pas de faire former aux auditeurs les sentimens que cette considération doit naturellement produire; on leur fera sentir l'énorme ingratitude de ceux qui ne pensent presque pas plus à Dieu, que s'ils s'étoient donné l'être eux-mêmes. ) Ne pourroit on pas faire ce reproche, ^ue Dieu adressoit autrefois à ce prince superbe, qui méconnoissoit toute la puissance du créateur: Eccfi ego ad te </ui dicis: Meus est flu" çius , et ego feci memeiipsum* Ponam- frœmtfn in maxillis iuis , et projictam te in desertum , el scient omnes quia ego Dominus. ( Ezec. 29. ) On n'en vient pas , à la vérité , à cet excès d'aveuglement , que de nier un Dieu créateur et conservateur; mais ne se comporte-t-on
I €près la Pentecôte. i5i
^^hjjSm comme si on n'en connoissoit point, et ^U «ne tout ce bel univers ne fût TefTet que ^^^ileflnne cause nécessaire et insensible, qui ne '^ 3 jKonaDde de la part des hommes aucune rc- S eoDOoissance ? Je vous le demande, M. F., ^ V MV croyez- VOUS obligés au Seigneur pour ^MUtnqcC'û vous a donné, pour les élémens ^^iBjBÏl conserve 9 afin d'entretenir votre vie? '^mhts animaux et tout ce que vous voyez, JHfDDt-ils pour vous un sujet de vous élever
■ i JDîea? N*ea faites-vous pas au contraire la
■ nadère de vos péchés ? O aveuglement dé- I pbrable ! ô ingratitude digne des plus se- I vères châtimens !
I Pour vous convaincre de plus en plus I de Tinjustice de ceux qui négligent le service } dn Seigneur , remettez- vous devant les yeux le bienfait inestimable de la rédemption et de la sanctification : S. Paul s'en servoit autrefois, pour exhorter les premiers fidèles à se consacrer au service de Dieu. Le Seigneur vous a acquis , leur disoit-il , au prix de son sang: EmpU es fis magno prelio\ glorifie^le donc comme il le mérite. ( Ici on relèvera l'excellence de ce bienfait ) Quels biens il nous a procurés ! De quels maux il nous a délivrés ! Je ne fînirois point, M., P., si je voulois détailler les bienfaits dont vous êtes redevables à la bonté divine ; cependant je ne puis omettre de vous rappeler
iSz Pour le XI F. Dimanche les récompenses et les avantages qui sont réservés au service que nous rendons à notre divin maître ; récompense dès cette vie , par les soins qu'il prend de nous; récompense dans le ciel , où il nous établit sur tous ses biens : nouveau motif de nous dévouer au Seigneur.
Pour expliquer ce motif, on ^e servira de ce que Moyse et Josué dirent autrefois aux Israélites, lorsqu'ils les exhortèrent à servir le Seigneur : Semeiis Domino Deo çesfro , ut benedicam panibus tuis et açuis ( Ex. aB. ) Beatus populus , cujus Dominus Deus ejus. ( PsaL 143. ) On montrera que ceux-là seuls peuvent être heureux , qui servent le Seigneur ; ensuite on fera faire quelques réflexions* Y avez-vous jamais pensé à cette foule de raisons qui nous obligent à nous dévouer au Seigneur? etc. Vous convenez sans doute d« l'obligation de servir Dieu , et peut-être vous êtes- vous persuadés que vous la remplissiez} mais, dites-moi, quels services avez - vous rendus à votre Dieu? Tout voire culte ne s'est-il pas borné à quelques prières récitées à la hâte le matin et le soir, à une messe que vous avez entendue les jours de fêtes, peut-être sans respect et sans dévotion ?
Est-ce donc là servir Dieu comnie il le mérite, c'est-à-dire, comme le maître sou- -tfjçraiii des anges et des hommes ? Penseriez*
après la Pentecôte* i53
Vous qu^un domestique se fût acquitté de son devoir , s'il n*eût pas plus fait pour sou xnaitre, que vous avez fait pour Dieu? Croyezvous donc que le Seigneur se contente d*un tel service? Cest Terreur qui vous a séduits )usqu*à présent, et dont je vais tâcher dé ^ous détromper, en vous faisant voir que nous ne devons servir que Dieu seul: c'est le sujet du second point.
IL POINT
Les mêmes motifs qui nous obligent de servir Dieu, nous imposent aussi Tobligation de le servir lui seul : rien de si formel dans ies saintes Ecritures ; Moyse le déclare expressément au peuple juif de la part de Dieu ; Josué répéta le même ordre, et fit promettre à ce peuple , qu'il ne serviroit jamais que le Dieu qui les avoit tirés d'Egypte. ( On citera ici la réponse que le
Sauveur fit au démon, qui lui proposoit de se prosterner devant lui. ) En effet , puisque
le Seigneur est notre maître, notre unique mattre , en tout temps et en tout lieu , ne lui devonsonous pas tous nos services, et ne seroit - ce pas lui faire injure, que de lui en refuser la moindre partie ? Vous me direz sans doute , qu'il nous oblige lui même à servir les mfdtres de la terre ,
ï 54 ^our le XIV. Dimanche qu'an sujet doit servir son prince , nn enfant son père et sa mère, un ami, etc.
Oui, M. F., nous devons rendre nos services à nos supérieurs, à nos amis , à tous nos frères; Dieu le veut ; il nous en fait un commandement exprès ; mais en tout cela nous ne devons avoir d'autre vue que de le servir lui seul ; ensorte que , remarquez bien ce que je vais vous dire , nous ne devons jamais rendre aucun service à qui que ce soit, au préjudice de celui que nous devons à Dieu , et tous les services que nous rendons aux autres, doivent se rapporter à celui du Seigneur.
Qu'est - ce donc que servir Dieu seul ?
Oest, i.o ne rien faire contre lui ; 2.^ le servir par préférence à tout autre ; 3.o servir notre prochain par rapport à lui , parce qu'il le veut et comme il le veut. On donnera de l'étendue à cette explication; on fera voir quelle injure font à Dieu ceux qui l'offensent pour servir leur prochain; on montrera l'injustice d'une infinité de mondains , dont le cœur est divisé , qui sont tantôt à Dieu, tantôt au monde; on repré- $entera aussi aux inférieurs de quel avantage spirituel ils se privent , en n'envisageant pas l{i volonté de Dieu dans les services qu'ils rendent à leurs supérieurs; on inspirera à tous les auditeurs de s'examiner eux-même
après ta Pentecôte* i55
Est-ce Dieu seul que vous servez^ leur dirat-on? Ne peut-OQ pas vous faire le reproche que le prophète Elie faisoit autrefois aux israélites : Usquequb claudicatis in duos partes ? Si Dominus est Deus , sequimini illum : si autem Baal^ sequimini illum. ( 3. Reg. i8. ) Cette histoire mériteroit d'être rapportée au long : elle fourniroit uu beau champ de morale.
Que prétendez- vous donc? Ne savez-vous pas que Ton ne peut servir deux maîtres, dont les maximes et les services sont incompatibles, qu'il faut nécessairement renoncer à l'un des deux; vouloir plaire à l'un et à l'autre, c'est déplaire à tous les deux. Dieu demande indispensablement de ses serviteurs une pureté parÊiile, une exacte tempérance, un cœur humble et détaché des biens créés, une vraie charité , etc. Le monde a des maximes toutes contraires ; l'amour du plaîsiis^, la mollesse, la sensualité, l'impureté même y sont autorisés; l'orgueil, l'ambition, la vanité forment le caractère des mondains; les richesses sont l'idole presque universelle;, la siniplicité, la bonne foi, la droiture et¥ sont bannies , etc. Après cela comment accorder le service de ces deux maîtres? Quelle folie de s'imaginer qu'on peut plaire à \u\\ et à Vautre! Non, non, on ne le peut; dès.
qu'on veut servir le monde, vivre selon seSi
1 56 Pojit le XIF. Dimanche
lois /selon ses maximes, Dieu nous rejette
de son service.
Cependant est-il rien de plus commun, M. F. , que cette alliance monstrueuse de ces deux services? On auroit honte de renoncer entièrement à la religion , on ne voudroit pas passer sa vie dans les derniers dérèglemens; mais aussi on ne veut pas servir uniquement le Seigneur. Que fait-on? On cherche un tempéirament ; on veut allier le monde avec Dieu , la conscience avec les passions , Bélial avec J. C. ; le matin à l'église , et le soir dans des parties de divertissemens: prétention chimérique , il faut tout un , ou tout autre ; Dieu . demande tout notre cœur ; ne le lui pas donner tout, c'est ne lui rien donner; c'est un maître qui nous veut tout entiei* ; car quiconque n'est pas pour moi , dit le Sauveur 9 est contre moi; Qui non est mecum^ confra me est; et gui non colligit mecum^ dispergit. ( Luc. ii. )
Eh, quoi ! M. F., un Dieu aussi grand que le notre , ne mérite-t-il pas bien tout iiotre cœur? Notre cœur est - il trop grand pour en retrancher une partie à Dieu ? Malheureuse division , la plus funeste à l'homme! Dimum est cor meum^ dit un prophète , nunc Interibunt. ( Osée lo. )
Renoncez donc , M. F. , renoncez dès à présent à tout ce qui est contraire au ser-
après la Pentecôte. 167
TÎce de Dien ; offrez-vous à lui , pour le servir uniquement ; envisagez-le dans tout ce que vous ferez, et dans tous les services que vous rendrez aux hommes» En un mot, n*ayez foiml d'autre Dieu que lui.
On finira par quelque beau trait tiré du ABOtéronome ou du livre de Josué. Rien de plus propre à frapper les auditeurs. On leur proposera sur-tout, ou de servir le Seigneur, ou de servir le démon^ le monde et leurs passions. Il faudra lire attentivement le ch. a4* du livre de Josué; on racontera de quelle manière il rassembla tous les israélites en présence du Seigneur. Après leur avoir fait le ^tail des biens qu'ils en avoient reçus , Nunc €rgàj leur dit- il , tîmete Vominum , et semte ei perfecto corde aique verissimo : sîft autem maïum 9obb çidetur ut Domino serviatis^ opiio vobis âatur : eligite hodiè quod placet , etc. Je ferois îniore , M. F. , à vot re religion , de vous croire moins attachés ^i notre Dieu que le paiple d'Israël ; tous s'écrièrent qu'ils vouioient servir le Seigneur , et qu'ils n'en serviroient point d'autre : Absit à nabis ut reiinguamus Dominum^ Domino Deo nostro sememus , et obedientes erimus prœceptis ejus.
Renouvelez donc aujourd'hui votre consécration au service du Seigneur ; que chacun de vous le fasse durant le saint sacrifice; uiùssez-vous à J. G. qui s'offre sans
1 58 Four le XlV* Dimanche cesse à Dieu son Père pour vous ; mais gardez-vous bien de rétracter dans la suite votre ofirande; servons-le dans la sainteté et la justice tous les jours de notre vie ; afin que nous nous rendions dignes de le servir plus parfaitement durant toute Téternité.
Second sujet* Sur V importance du salut.
V^OMME ce sujet est le plus • important de la morale , on pourroit le partager en plusieurs prônes ; car il est impossible de le traiter à fond dans un seul entretien. Après en avoir fait voir l'importance et la nécessité, on en montreroit la, possibilité et en même temps la difficulté; la possibilité , par le grand nombre de moyens que Ton a pour y réussir; la difficulté , par le grand nombre d'obstacles qui en empêchent le succès, et qui sont cause que le plus grand nombre, même parmi les chrétiens, y échouent malheureusement. Le texte seroit : Quœriie primùm regnum Dei , eic. Le royaume de Dieu est le salut , il faut le chercher premièrement et avant toute autre chose , personne qui ne puisse obtenir ce royaume; qui ne puisse réussir dans l'affaire du salut ; mais aussi c'est une affaire dont le succès est incertain , et où il est dif^
it
après la Pentecôte» i59
feile de réussir : c*est sur quoi je me pro-
^ ?*■ pose de vous entretenir. Travaillons à notre
5 ^^liiht, M. F., et travaillons-y avec confiance;
^m 1 n'est aucun de nous qui ne puisse se sau-
.^ m tcr:premier point. Travaillons à notre salut;
larûavaillons-y avec tremblement; le salut
estime affaire incertaine; et il n'est personne
ioe puisse se damner : c*est le second point.