‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de Toul (volume 2)Chapitre 7 sur 35 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

DAifs le premier points on rappelleroit combien, le salut est désirable , puisque c'est h première et la plus importante de toutes les affaires; on montreroit ensuite c[ue c'est la moins désirée ; on le prouveroit aisément par l'exemple des mondains même , lorsqu'ils désirent de réussir en quelqu'une de leurs affaires. A-t-on un procès de grande conséquence ^ on y pense presque continuellement ; on en est occupé par-tout, et jusque dans le lieu saint : on ne parle presque d'autres choses; on cherche des défendeurs, etc.

On pourroit fournir encore quelque autre exemple, d'un homme qui veut acquérir de la science.

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Or 5 est-ce ainsi que Ton désire le sa' lit Hélas ! on n'y pense presque pas : on n'en sait pas l'importance ; on ne s*instruit pas des moyens d'y réussir ; à peine assiste-t-on de temps en temps à quelques discours de piété; en un mot , on n'a qu'une volonté générale de se sauver ; mais une volonté vague» une volonté imparfaite , et qui est plutôt une velléité qu'un désir sincère: une volonté bornée à certains moyens qu'on veut prendre , sans être résolu d'en embrasser d'autres qui sont nécessaires ; c'cst-à dire , qu'on veut tout cela et qu'on ne le veut pas.

On fera l'application aux auditeurs , et on leur proposera l'exemple du prophète roi 9 qui désire si ardemment d'accomplir la loi de Dieu : Concupiscit anima mea , etc* ( Ps. 83. ) On leur dira de demander à 3. C. un vrai desir du salut. Mais prenez garde, M. F., de tomber dans la négligence à l'égard de cette grande affaire: c'est la seconde cause de la perte de plusieurs.

IL POINT

Dans le second point, on montrera qu'on ne peut , sans beaucoup de peine , réussir dans une affaire aussi difficile que celle du salut , c*est ce qui rebute une infinité de gens qui désirent d'ailleurs très- ardemment de se

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sauver, négligence de tout âge et de tout état. On parcourra la vie des jeunes gens, des chefs de famille et des personnes avancées en âge, des riches et des pauvres qui font les uns et les autres très-peu pour S€ sauver. On recourra au témoignage de la conscience des auditeurs ; on leur dira de se demander à eux-mêmes: Cin laborof s'ils travaillent avec autant de ferveur à leur salut qa'à leurs affaires temporelles; s'ils souffrent autant pour le Sîdut que pour le monde; ou pUitôt s'ils supportent avec patience et pour Dieu toutes les peines attachées à leur condition ; s*ils ont soin de profiter de tous ks moyens du salut que la leligion leiu* fournit. Avouez , M. F., dira-t-on, que jusqu'à présent vous avez négligé votre salut; que vous ne l'avez pas même véritablement désiré ; le voulez- vous à présent , le voulez-vous trèssincèrement ? Ecoutez et pratiquez ce que je vais vous dire en finissant, i.^ Pensez-y tous les matins , et rendez - vous compte à vousmêmes tous les soirs de ce que vous avez fait pendant le jour pour vous sauver, a.*^ Faites profit de tout pour le salut , des biens et des maux de cette vie. 3.^ Souff'rez tout pour le salut , et dites-vous souvent à vousmêmes , que vous n'êtes ici que pour vous sauver ; et que , quoi que vous fassiez, quoi que vous souffriez , vous ne pouvez trop faire

1 64 Tour . le XV. Dimanche ni trop souffrir pour assurer votre salut EHstîmo qubd non sunt condignœ passiones hujus temporis. ( Rom. Ô. )

Le XV. dimanche après la Pentecôte.

Premier sujet. De la préparation à la

mort.

CuM appropinquaret ( Jésus ) porïœ cmiafis , eccè defunctus efferebatur filius unicus mairis suœ : et hœc çîdua êraf. Comme Jésus approcfaoit de la porte de la ville , on portoit un mort au lieu de la sépulture ; c'étoit un fils unique 9 dont la mère étoit veuve.

Le premier objet que nous présente l'évangile de ce jour, c'est un mort, c'est un jeune homme, fils unique d'une femme veuve, que l'on porte au tombeau , et que Jésus rencontra , lorsqu il entroit avec ses disciples dans une petite ville de Galilée appelée Na'im. Que prétend l'Eglise, en nous mettant devant les yeux ce spectacle lugubre ; et à quoi veut-elle nous porter? 11 est aisé de le comprendre. Cette vue d'un jeune homm#, d'un fils unique enlevé à la^ fleur de son âge, fait naître naturellement en nous la pensée de la mort , et doit engager tout chrétien à s*y

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préparer incessammeDt : préparation dont je me propose de vous entretenir. Peut-être que ce sujet ne plaira pas à plusieurs attachés aux biens périssables de la terre , amateurs des plaisirs du siècle, idolâtres de leur corps, et qai ne se trouvant pas en état de paroitre devant Dieu , effacent de leur esprit , autant qu'il leur est possible , le souvenir de ce dernier moment qui les dépouillera de tout ; ils n'entendent qu'avec peine les ministres de l'Evangile les entretenir sur cette matière:

aveuglement aussi déplorable qu'il est pernicieux.

11 est, M. F., de notre devoir de vous en faite prévenir les funestes suites ; il est de votre plus grand intérêt d'aimer à être instruits de la préparation à la mort; ce sujet m'est commun avec vous , M. F. , sentons-en les uns et les autres toute l'importance. Il faut nous préparer à la mort , chrétiens auditebrs , et nous y préparer incessamment:

vous en verrez les motifs dans un premier point. Comment devons-nous nous y préparer ? ce sera le second.

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