I. POINT
Dans le premier point, on posera pour principe , qu'il n'est point de chrétien qui ne convienne que l'on doit se préparer à la
1 66 . Pour le XV. Dimanche mort, et que ceux qui refusent absolument de s'y préparer, ne peuvent espérer de mourir heureusement. Mais voici l'erreur presque généralement répandue dans le christianisme : on se persuade que rien ne piesse,' on se flatte de s'y disposer dans un âge plus avancé, ou tout au moins aux approches de la mort.
Or, je dis , M. F. , que rien n'est plus pressant que de nous préparer à la mort; et qu'il n*est aucun de nous qui ne doive s'y disposer incessamment. Pourquoi ? Pour deux raisons que je vous prie de bien écouter. La première, c'est que rien n'est plus dangereux que de négliger de se préparer à la mort; la seconde, que rien n est plus consolant que de s'y disposer sans cesse. (On développera ces deux motifs. )
Non , M. F. , rien n'est plus dangereux que de négliger de se préparer à la mort Kisquér son salut, risquer des biens im* n^enses, des biens éternels ; s'exposer a mourir dans le péché mortel , mourir en réprouvé ; n'est - ce pas le danger le plus à craindre ? C'est celui que courent les chrétiens qui négligent de se disposer s^ la mort Kien de plus certain , les livres saints , le témoignage des saints pères , la raison même et l'expérience en sont autant de preuves incontestables. Qui peut entendre sans effroi les menaces réitérée^ que le Seigneur fait jdans
après la Pentecôte. 167
l'évangile à ceux qui oublient leur dernière heure !
Ici on citera quelques passages des mieux choisis ; par es. celui du serviteur paresseux , qui se disoit à lui-même: Mon maître tardera à venir; je puis faire à présent ce qui me pla^^a ; celui des vierges folles ; et l'avertissement que le Sauveur donna à ses Apôtres, de se tenir toujours prêts , de peur qu'ils ne fussent surpris par le souverain juge. Prenez garde , M. F. , c*est la vérité même qui parle , et sa parole s'accomplira infailliblement. Que déclare-t-elle? Que ceux qui oublient la mort, qui ne veillent pas sans cesse, seront sui*pris; que le divin époux les exclura des noces célestes ; qu*il les désavouera pour les siens; qu'il les fera jeter , comme de mauvais serviteurs , dans un lieu oti il n'y aura que pleurs et grincemens de dents.
Cest là une vérité de foi dont il ne nous est pas permis de douter.
Ah ! M. F. , quand il n'y auroit rien à craindre pour nous que la perte du ciel, d'un bonheur infini , ce seroit déjà une extrême imprudence de s'exposer à cette perte | mais s'exposer au souverain malheur , à mourir en réprouvé , ne seroit-ce pas le comble de l'aveuglement? Mourir en réprouvé, mourir dans le péché mortel , dans la disgrâce de son Dieu , dans lesclavage du démon , être
1 68 T^our le XV. Dimanche condamné au feu de Tenfer, est-il un mal plus à craindre ? Mourir en réprouvé! âmes justes, ne frémissez- vous pas à cette pensée? Et vous , pécheurs ; fussiez - vous aussi endurcis que Pharaon, aussi superbes qu'Antiochus , aussi impies que Balthazard , y serez- vous insensibles? Ces rois, tout méchans, tout idolâtres qu'ils étoient , treniblèrent , lorsqu'ils se virent sur le point de tomber £ntre les mains du Tout-puissant ; ils s'humilièrent , ils implorèrent sa miséricorde; et vous chrétiens , éclairés des lumières de l'Evangile, vous négligeriez de vous préserver du malheur qui est prêt à fondre sur vos têtes criminelles ! Ah ! si vous différez encore, peut-on croire que vous avez la foi ?
On rapportera ici la comparaison d'un homme qui attend chaque jour la décision d'un procès où il s'agit de son honneur , de ses biens et de sa vie; on en fera l'application aux pécheurs; on les fera raisonner avec eux-mêmes: Je suis ce pécheur , cette pécheresse dont J. C. parle dans !*évangile ; c'est moi qu'il avertit , qu'il menace d'une mort malheureuse., si je ne m'y prépare pas;' si je ne me défais pas de mon habitude criminelle; si je ne quitte pas ce commerce défendu, cette occasion du péché , etc., je mourrai impénitent ; c'est là ma croyance.
Si vous teniez ce langage, M. F., pourriez-
vous
après la Pentecôte* 169
vous difTérer un moment à mettre ordre à votre conscience ? Mais , ô aveuglement déplorable ! au lieu d'écouter Toracle de la vérité, les pécheurs aiment mieux prêter Toreille au père du mensonge, qui leur fait entendre qu'il n*y a rien à craindre , qu'ils auront toujours assez de temps pour se préparer à la mort; il tâche de les séduire, les uns par Tespérance d'une longue vie , les auties par Texemple de quelques pécheurs, qui , après avoir mal vécu , ont donné , avant la mort , des signes de pénitence.
On détruira ces prétextes, tant par Tautorîté de TEcriture , que par celle des saints pères et des docteurs. Voyez la Guide des pécheurs, chap. 25. du premier livre, qui cite le I. chap. des Proverbes; et plusieurs passages de S. Augustin, S. Ambrçise, S.
Isidore, S. Jérôme, S. Grégoire. S. Eusébe rapporte que S. Jérôme étant près de mourir, prononça cette terrible sentence: De cent mille hommes qui ont toujours mal vécu, à peine s'en trouve-t-il un qui mérite que Dieu lui fasse miséricorde; ce que je sais, et ce que Texpérience m*a appris. Mais quand Tautorilé manqueroit , la raison et l'expérience ne sufSsent-elles pas pour nous persuader de la témérité présomptueuse des chrétiens qui espèrent de bien mourir, sans s'y être préparés pendant la vie ?
Tomc.iy. ^ H
170 Pour le XV. Dimanche
En efTet, on ne meurt qu'en une de ces trois manières; i.^ ou d'une mort tout à fait subite , dans un naufrage , sous les ruines d'une maison, dans un combat, etc.; a.^ d'une mort moins précipitée, mais toujours prompte, d'une maladie violente, d'une fièvre qui laisse à peine la présence d'esprit , et qui, dans l'espace de quelques heures, ou tout au plus de quelques jours, réduit aux dernières extrémités ; 3.® ou bien d'une mort lente , précédée d'une maladie assez longue pour avoir le temps de penser à 6oi , et pour mettre ordre à ses affaires.
Un très -grand nombre de chrétiens sont «enlevés ou subitement 5 ou en si peu de temps, qu'^ peine peuvent-ils mettre quelque ordre k leurs affaires temporelles. Or, il est évident que mourir ainsi, après avoir vécu dans le péché , c'est mourir en réprouvé , ou tout au moins avec, une crahite trop bien fondée de son salut.
Vous ne voudriez pas sans doute , M. F. , éprouver l'un ou l'autre de ces genres de mort ; néanmoins vous avez tout sujet de vous y attendre ; et il y a bien peu d'apparence que le Seigneur^ après une vie criminelle, vous envoie , avant la mort , une maladie qui vous laisse tout le loisir de vous y disposer, et de recevoir les sacremens avec cbute la préparation qu'ils exigent Mais
près 7a Pentecôte. 178
igerio trit. ( Sap. 4* ) S'il a le
J préparer plos prochainetncnt
bon des sacremens , il ne né-
|>Oar purifier de plus ea plue
, c'est alors qu'il goûtera le
chrétienne ; il veconootti-a
expérience, coml)iea il est
Hoir prf.'vcnii le moment de la
disposant de bonne heure.
; citer quelqae exemple; ^flrcjr.
t^ qui dUoit à son ame: Egrt'
çuid dubilas? On demnn-
|teurs , s'ils ne souhaitent pAs
lette consolation, et on con-
iÇiat donc en prendre les
nsiste la préparation à la moi~t 7 l'expliquer en peu de mots, ; celte inâtruction ; n'en perdez i plaît.
) le monde, sur la manière
rar à la mort, Une erreur qui
il^ns pernicieuse, que celle qui
Jfiécessité (le h préparation. On
Lgénéralement une fausse idée ;
jrej^firdeiit comme Extrêmement
1 ennuyeuse ; les autres s'ima-
'elle est très- aisée, et qu'il suffit
luni des sacremeiis de l'Eglise, avant
■«ortir du motnle ; la seule ctiosd
17^ Pour le Xr. Dimanche une mort malheureuse, autant les justes oot^ ils sujets d'espérer une mort précieuse. Lé?
saintes Ecritures, les saints pères, la raisoi^ même, éclairées des lumières de la foi W confirmée par Tespérance, concourent à ndii| le persuader. * *
On prendra, dans les textes qu*on a cit^t ci-devant, ce qui est dit en faveur du seH viteur vigilant , et des vierges sages , sur lël* quels textes on fera quelques rétlexions. Esirfl rien , M. F. , de plus agréable à entendre pour un chrétien fervent, que cette pro^ messe de J. C^ Beat us ille serpus^ etc. Amem ùico vohis super omnîa lena sua cônsiiluel nmu Cest sur la parole d'un Dieu , qu'un joste attend une bonne mort ; aussi toutes ïéà vierges sages qui s'étoient préparées , entrèrent-elles avec leur divin époux dans h salle des noces. Que signifie cette parabole j sinon que tous ceux qui auront vécu daiù une vigilance continuelle et qui auront prà-i tiqué les bonnes œuvres de leur état, recevront la récompense réservée aux élusf
Les saints pères sont unanimes sur ce point. On ne peut pas mourir mal , dit S, iAugwstin , quand on a bien vécu : Non poiesi rnàlè mori^ qui benè çîxeriL ( On en viendra à Inexpérience. ) Si le juste est enlevé par une mort subite, sa mort ne laissera paa 4' être sainte: Jus fus y si morte prœoccupalus
m mprès la Pentecôte* 173
mfmùj ÎM rrfrigerio erit. ( Sap. 4 ) S'il a le Staips de s*y préparer plus prochainement H jHT la réception des sacremens , il ne nem g%era rien pour purifier de plus en plus F la conscience ; c*est alors qu'il goûtera le faint d'une vie chrétienne ; il reconnoîtra . pÊT Sà propre expérience , coml)ien il est consolant d*avoir prévenu le moment de la mort, en s*y disposant de bonne heure.
On pourra ici citer quelque exemple; ;9jr/'j:. de S. Hilarion , qui disoit à son ame : Egrc^ itrc^ anima mea ^ quid dubitas? On demandera aux auditeurs, s'ils ne souhaitent pas ae procurer cette consolation, et on condora qn*il faut donc en prendre les moyens.
En quoi consiste la préparation à la mort ?
Je vais vous l'expliquer en peu de mots ^ avant de finir cette instruction : n*en perdez rien^ s'il vous plaît.
U règne dans le monde, sur la manière de se préparer à la mort, une erreur qui o'es^pas moins pei^icieuse, que celle qui regarde la nécessité de la préparation. On s'en forme généralement une fausse idée J les uns la regardent comme extrêmement difficile , triste et ennuyeuse ; les autres s'imaginent qu'elle est très- aisée, et qu'il suffit d'être muni des sacremens de l'Eglise, avant que de sortir du monde; la seule chose
i 74 ^^r Je XV. Dimanche
qu'ils craignent, c'est d'en être privés. Detrompez-vous , chrétiens ; vous avez déjà vu quelle joie et quelle cons(^làtion il y a à se disposer à une sainte mort Rien n'est capable d'atlrister ceux qui y pensent sérieusement, et la grâce leur en adoucit la difficulté ; et quand elle seroit encore plus grande que vous pouvez vous le persuader, il faudroit s'y résoudre, puisqu'il n'y va de rien moins que de notre salut, ainsi que }e vous l'ai fait voir dans la première réflexion.
Quelle est donc cette préparation ? Consiste- telle seulement à recevoir, avant la mort, le saint viatique et le sacrement de l'extrême - onction ? Non , M. F. , ce n'est point en cela précisément qu'on doit la faire consister. Plusieurs les reçoivent dans leur dernière maladie, et ne laissent pas de mourir en réprouvés; comme, au contraire, plusieurs sont dans le ciel, qui néanmoins en avoient été privés à leur dernière heure. Comment donc, direz -vous, peut-on se préparer certainement à une bonne mort?
Nous ne pouvons le mieux apprendre que de la bouche du Sauveur. Qu'exige-t-il de ses serviteurs ? La vigilance ? Vigilate ; (?winibus dica: çigîlate. (Marc. i3. ) Veillez, je le dis à tous ; heureux les serviteurs que le maître trouvera veillans; soyez comni«
après la Pentec&te. 178
gens qui attendent leur maître, afin de B oiivrir dès qu'il viendra et qu*il heurtera ; s'3 arrive à la seconde ou troisième le, c'est-à-dire, selon S. Grégoire, dans ^onesse ou dans un âge plus avancé, et kl trouve dans cet état, ces serviteurs* umi heureux. Que nous veut faire en- ^Iwbe le Sauveur par cette vigilnnce ? Rien l'jptre chose qu'une bonne vie, exempte de
rlié, et qui soit un exercice continuel bonnes œuvres. On mettra ici un détail pour les différentes conditions et les diflférens Hges des auditeurs.
Voilà encore une fois , M. F. , la véritable, li solide et même l'unique préparation A «De CDort chrétienne ; J. C. ne nous a eningné que celle-là; quiconque ne prend ps ce moyen, se (latte en vain de mourir liiatement Le prenez - vous , M. F. , ce moyen? L'avez- vous pris jusqu'à présent?
Si vous l'avez négligé, réparez au plutôt votre faute par une sincère pénitence ; si \oas avez le bonheur de marcher dans cette vigilance si recommandée dans T évangile, persévérez-y courageusement; ne cessez d'en demander la grâce au Seigneur; xxiez des saintes pratiques que vous donnent les maîtres de la vie spirituelle, pour* s'assnn»r uae vie heureuse ; recevez souvent, et avec de saintes dispositions, les sacremens de
1 7 6 Tour le XV. Dimanchf% péDÎtence et d'eucharistie ; mettez , de bonne heure, ordre à vos affaires temporelles; en un mot, vivez de telle sorte, qu'en quelque temps et à quelque heure que le Seigneur vienne vous appeler, il vous trouve prêts : Esfote paraiL C'est la grâce que nous devons sur-tout demander dans le sacrifice que nous allons offrir. Demandons-la à J. C.
et par l'intercession de la sainte Vierge.
Fasse le ciel qne nous nous en rendions dignes , et que nous entendions tous , au moment de la mort, ces consolantes paroles:
Courage, serviteur bon et fidèle, etc.
Sçcond sujet. De la mort de Vame par le péchés et de la résurrection spp^ rituelle.
iuUM appropinquaret partœ cmiatisy ecce <fe* functus , etc.
On pourra tirer un exorde de ce qui aura été dit Tannée précédente sur la pensée de la mort L'histoire que nous venons de lire , M. F. , c'est la résurrection d'un jeune homme , mort depuis peu de temps , et que l'on portoit au tombeau , lorsque le Sauveur du monde étoit sur le point d'entrer dans une petite ville de la basse Galilée , nommé? iîaïm; je vous ai instruits, les années der*
après la Pentecôte* 177
nières, des raisons qui ont engage îEglise à nous la mettre devant les yeux. Elle veut nous porter à penser sérieusement à la mort et à nous y préparer en tout âge ; elle souhaite modérer la crainte que nous en avonâ tous naturellement , et même nous la faire désirer. Mais ce n-est pas encore là toute l'iostroction qu« l'on peut tirer du spectacle qu'elle nous rappelle en ce jour 4 un objet plus triste, représenté par ce jeune homme porté au tombeau, doit nous occuper, et faire le sujet de nos plus sérieuses réflexions. Quel est- il cet objet? Cest une ame qui a perdu depuis peu la vie de la grâce par le pécbé mortel , qui est ensevelie dans les ombres de la mort, et qui est près de périr pour l'éternité: tel est le sens spirituel et moral de notre évangile , sur lequel je vais vous entretenir. Nous en parcourrons toutes les parties ; vous y verrez tout à la f^is, et Tétat misérable d'un pécheur qui ^t privé depuis peu de la vie de la grâce, ^ ce qu'il doit faire pour y ressusciter.
Fasse le ciel , que ceux d'entre vous , ^ui ont eu le malheur de tomber dans cette ïûort spirituelle, recouvrent aujourd'hui la ^le précieuse qu'ils ont perdue; les âmes fidèles qui m'entendent , trouveront aussi de 4^oi s*instiuire et s'édifier.
1 78 Pour le XV. Dimanche
L POINT-
Tous les miracles qae le Sauveur a opé« tés durant sa vie. M* F., ne sont pas seulement une preuve convaincante de sa divinité, nous y trouvons encore bs images sensibles des diiTérentes maladies dont nos âmes peuvent être attaquées ^ aussi-bien que les remèdes que nous devons employer pour nous en guérir. S. Augustin parlant des trois iQOils que le Sauveur a ressuscites, savoir, la fille du juif chef de la synagogue , le )eune homme fils de la veuve de Naïm , et Lazare, sont la figuré de trois espèces de pécheurs. Les premiers . sont ceux dont le péché est intérieur, représentés par la fille du chef ' de la Synagogue , que J. C. ressuscite dans la maison même où elle venoit de mourir ; les seconds , sont ceux dont le péché s'est manifesté au dehors , et qui sont déjà comme ensevelis dans le tombeau de leurs passions, le jeune homme de Naïm en étoit la figure ; enfin les derniers sont les pécheurs invétérés, qui croupissent depuis long-temps dans des habitudes vicieuses , et Lazare en étoit une image: c'est particulièrement de la seconde espèce de pécheurs que j'ai à vous parler aujourd'hui. Ecoutez là- dessus S. Ambroise dans son commentaire
après la Pentecôte» 179
hrl'evangile de ce joan nous sonitned morts, ce saint père , et comme renteiMiK'^i uo tombeau , ]oi*sque le feu d*unc pasmimodérée nous dévore , ou lorsque nous MDiDes dominés du vice de la paresse spi- , qui est comme la glace de noire F| ou par rattachement aux choses ter* 9 ou enfin par ^égarement ou l'aveugbnent de notre esprit. Ce sont là comme 'lll iostrumens de notre sépulture : Ht suni (mais nostri portitores.
Ici on fera le détail des difTérentes per- «moes sujettes aux passions désignées par ceux qui portoient le jeune homme en terre.
Cest vous, jeunes gens, qui entretenez dans vos âmes et qui communiquez aux autres ■ne passion déshonnête; c*est vous, dis- je, ^ le Sauveur a voulu instiuire par leniracle de ce jour. Vous paroissez morts, anx yeux des anges; vous êtes, pour ainsi £re, dans un tombeau. Et quel est ce tcmsbeau? Ce sont, répond S. Ambroise y vos Joceurs dépravées, c'est votre malice, votre perfidie , ce sont vos discours qui exhnient une odeur de mort, et qui infectent ceux qui vous entendent : Quis iste est tumulus tuustf GuMur esi undè çerba morlua proftruntur.
On expliquera cette pensée aux auditeurs^ qui sont comme insensibles aux vérités dit salut , qui ne pensent presque qu'aux choses* de la terre, qui ne sélèvent presque jamais V42i^
I So Pour le Xy. Dimanche le ciel ; et spécialement ceux qui, par \i discours et leurs exemples peroicieux, soi^ à leur prochain une source de damnatioi
Quoi de plus triste y M. F. , qu'on tel n est d'autant plus déplorable, que qui y sont réduits, ne se mettent point peine d'en sortir ; semblables à un enveloppé dans un drap et sans mouvi ils dorment sur le bord de l'enfer des y et des semaines entières: n'est-ce point 1 l'état de qu'elqu'un , et peut-être de plusieaiî de ceux qui m'écoutent ? l'Eglise, comm nne bonne mère, en gémit; et c'est ici nM seconde circonstance du miracle de notre évangile , qui mérite d'être remarquée. Ctittfi mère qui étoit une veuve , et qui n'avoit que ce (ils, est l'image de l'Eglise, qui pleure sur chacun de ses enfans qui viennent
II perdre la grâce; et particulièrement soi les jeunes gens, qui, après avoir marché pendant un ceitain nombre d'années dans U chemin de la vertu , après avoir donné dès exemples d'édification, viennent à scandaliser par leur libertinage ; elle prie pour leur conversion dans la sainte messe et les antres oflices; elle veut que leurs pasteurs les avertissent, qu'ils n'oublient rien pour les faire vivre chrétiennement ; elle souhaite qu'à l'exemple de cette tendre mère de l'évangile, ils accompagnent leurs prières de ssânts géjcaissenTiens ; qu'ils invitent toutes les âmes
après la Pentecôte* i8i
les de lear paroisse à se joindre à eux ^ obteoir la vie de la grâce à ceux qui sont privés. Hélas ! M. F. , nous n*avons trop sajet de vous appliquer ce trait it Hiistoire évangélique.
r Idie pasteur ouvrira son cœur, et se réjmàtL en invitations tendres et vives en ■JBK temps , soit aux pécheurs , soit aux lÈÈU fustes; aux uns, pour cesser de pé« Aer; aux autres, pour aider par leurs prié* itt , leurs avis et leurs corrections , et faire lentrer dans la voie du salut ceux qui s*ea lont écartés.
Mais en vain travaillerons-nous à votre eraversion, pécheurs, si vous ne répondez ft» aux soins charitables que nous prenons de vous ; laissez-vous donc toucher , et apprenez par ce que le Sauveur fit pour ressusciter le jeune homme de notre évangile, ce que vous avez à faire pour recouvrer la grâce que vous avez perdue.
IL POINT
Que fit le Sauveur pour ressusciter le jeune homme qu'on portoit en terre? Plein de compassion sur l'état de cette mère désolée, et beaucoup plus sur celui du jeune homme , il approcha et toucha le cercueil :
ceux qui le portoient en terre, s'écartèrent;
1 82 Tour le XV. Bimanche Jésus adressant la parole au mort , lui 'dil Jeune homme, levez-vous, )e vous l'ordonna h l'instant le mort se lève; il reg;arde ceux qui sont autour de lui; il commi à parler; mais son plus grand emp sèment est de remercier son bienfaiteur | étant sorti du cercueil, il vient se prosteiw Ber à ses pieds: le Sauveur le présente loi^ même à sa mère, et le lui rend plein èl vie.
Remarquez, M. F. , dans toutes ces dé* marches , ce qu*un pécheur doit faire pour ressusciter spirituellement. Il est nécessaire que J. C. s'approche de lui , qu'il le touche par sa grâce > et qu'il lui fasse sentir l'horreur de son péché ; mais aussi il faut que le pécheur lui-même cesse de s'éloigner de son Dieu , qu'il ouvre les yeux à la lumière de la grâce, qu'il produise dans son cceui des mouvemens d'une sainte componction.
Je l'ai dit, il faut cesser de s'éloigner de Dieu. Si ceux qui portoient ce jeune homme, ne se fussent point arrêtés , le Sauveur ne l'eût point touché, et ne lui eût point rendu la vie. Arrêtez-vous aussi, pécheurs, arrêtez le cours de vos passions; gardez- vou! de continuer ce commerce dangereux, Ai fréquenter telle maison , telle compagnie qui a été pour vous une occasion de mort etc. C'est au commandement du Sauveur
après la Pentecôte. i83
Il en obéissant à sa parole, que ceux qui
bnt le jeune homme, s*arrétèrent , et
le jeune homme lui-même recouvra
1^ ne ? Audito igitur Dei t^erbo , dit S. Am-
kraÎK, stekrunt acerbi iltius fimeris porti^
Cm aussi en entendant la parole de Dieu, Il en lui obéissant avec fidélité , que vous RDtrerez dans l'amitié du Seigneur: Ab hoc s^pKciro te libérât Chrisfus ^ ajoute !e même père; Ab hoc tumulo surges^ si audias perbum IkL Oo 9*étendra sur la nécessité d*entendre h parole de Dieu, et sur les fruits qu'elle doit produire.
Vous ientendez , pécheurs , cette divine
.parole : le Seigneur vous parle aujourd'hui
|ir notre bouche; jeunes gens, le Seigneur
fOQS ordonne de vous lever ; de sortir de
h servitude du péché , de quitter ce liber-
1 fioage dont nous sommes les tristes témoins;
Téusterez-vous à la voix du Tout- puissant ?
Eadurcirez-vous vos cœurs ? Persévérerez-
vom plus long-temps dans vos désordres ?
Ah! je vous en conjure, donnezrnous des
marques d'une vie chrétienne , dans vos
regards , dans vos discours , dans toute votre
conduite. Quelle joie ne causerez-vous pas à
l'Eglise votre mère ; quelle consolation à
vos païens et à toute la paroisse , à tous
ceux pour qui vous avez été un sujet de
1 84 ^our le XV. Dùnanche scandale I L*ëvangi1e nous apprend qae ' résurrection du jeune homme causa, da^ tous ceux qui rapprirent, une sainte frayea^ et les engagea à bénir Dieu du miracJ' qu'il avoit opéré ; le bruit s'en répandit àdOi toute la Judée et dans les pays circonvobins't c'est ce qu'opérera votre conversion ; tout ]m monde en rendra grâces à J. C. Peut-ttro^ votre exemple en retirera-t-il plusieurs die^ leurs égaremens: Unius enim exemplo , conclut S. Ambroise • plwrimi corriguntur , lawda^ bunt etiam Deum qai ianta nobis renudia t4^ iandœ mortis indulserit.
On finira par souhaiter que tout oect s'accomplisse à l'égard de tous les pécheurs de la paroisse. Prions tous ensemble, M. F.^ durant le sacrifice que nous allons ofiîir; prions instamment J. C. d'opérer paimi nous ces miracles de conversion. Il le fera^ ai nos prières sont accompagnées d*une vive confiance; nous aurons soin de l'en louer, d'exalter ses divines miséricordes ; nous non^ attacherons de plus en plus à son service 9 afin de nous rendre dignes de la récompense qu'il a promise à sesi fidèles servi* teui^.
après ta Pentecôte* i8&
\Shxidème sujet. L'esprit du Chris*
tiamsme*
XttàTK]
ls de ce jour est tirée du 5. cha* Ifbvde la lettre aux Galates; elle contient faocoup d'instructions très-salutaires; un pBtear ne peut trop la méditer.
l'épttre que nous venons de lii*e, M. F.|
raiferme des avis si importans, que j'ai cru
ponvoii^ mieux vous instruire, qu*ea
WOB en faisant la lecture, et en>vous en
èMmant l'explication. C'est la suite de la
iJrttre de S. Paul aux Galates, que l'Eglise
fit lire à la messe dimanche dernier;
itez attentivement ce que je vais voua en
( On en lira la version , et on en dira
sommaire. )
Cette épitre , M. F. , e^t , comme vous le }Wjez 9 un détail des points les plus impor»
de la morale chrétienne ; c'est une le-f fûa qui intéresse les fidèles , et qui est pour (DOS les âges et toutes les conditions. Je vous ai parlé , dans d'autres instructions, de la nécessité où nous sommes de vivre selon l'es*^ prit du christianisme ; nécessité absolue , sans quoi nous ne pouvons prétendre d'avoir part avec J. C; nécessité universelle , nul de nous qui en soit excepté ; nécessité perpétuelle ^
i86 Pour lé XV. Dimanche elle est pour tous les jours et pour tous les. temps de notre vie. Mais quels eu sont les principaux caractères, et à quoi pouvons-nous connoître que nous possédons cet esprit du christianisme ^ que nous vivons et que nous marchons selon cet esprit? C*est, M. F. , ce que je vais tâcher do vous expliquer en parcourant notre épître.
L'Apôtre S. Paul y dépeint les vrais chrétiens par la charité qui les caractérise , par leur douceur et leur humilité , par le soin qu'ils prennent de pratiquer des bouMs œu* vres, et 'de faire du bien à tous, et particulièrement à leurs frères chrétiens sans se lasser jamais* ( On reprendra en détail chacun de ces articles. )
ï.*^ Si nous vivons selon Tesprit, dit S.
Paul , marchons selon Tesprît; gardons-nous bien de nous attaquer lès uns les autres , ou de porter envie à nos frères; ne cherchons point une vaine gloire , ni à être estimé des hommes , ni de l'emporter sur les autres ; la véritable charité n*est point curieuse ; elle ne conteste point; elle se réjouit dubiend*au« trui comme du sienf propre ; elle évite tout ce qui pourreit faire peine au prochain, les railleries , les paroles piquantes , les procès , les disputes, cpii , pour Tordinaire , ne viennent que d'un fond d'orgueil. On ne manquera pas d'attaquer ici le vice de l'envie , qui
après \a Pentecôte* 187
B*esl qae trop commun dans les paroisses , et que très- peu de personnes se reprochent. Où parlera contre les hommes processifs , contre les semeurs de divisions, etc. on leur fera bien entendre que rien n*est plus contraire à^ Tesprit du christianisme , que cet esprit d*envie et de division, puisqu'il détruit la charité fraternelle qui nous fait aimer le prochain comme nous>mémeâ, et' qui inspire l'union et la paix k un chacun.
2.^ Mais en quoi particulièrement l'Apôtre S. Paul veut-il que nous exercions la charité? Ecoutez-le s en expliquer, M. F. Si quelqu'un a'est laissé surprendre jusqu'à commettre quelque faute, vous qui êtes des gens spirituek, donnez-lui de bons avis dans un esprit de douceur; prenez garde chacun à vous» de peur que vous-mêmes ne so)'ez aussi tentés; portez les fardeaux des uns des autres , et par-là vous accomplirez la loi de J- C. Vous voyez , M. F. , le précepte de la correction fraternelle ; ce ne sont pas seulement les pères et les mères, les maîtres et les mattresses , et généralement tous les supérieurs, qui y sont obligés ; mais encore tout chrétien doit reprendre son frère qui tombe en quelque péché , lorsqu'il peut le faire utile- . ment Mais comment doit il faire cette correction ? Est-ce dans la colère , avec aigreur , avec un zèle amer et rebuUnt 7 Non , dit
1 88 Pour le XK Dimanche l'Apôtre j c'est ayec douceur, avec bonté^^ avec une chanté compatissante , se souvenant qull est p«cheur ou qu'il peut le devenir.
Ici on fera sentir aux pères et mères , aux maitres et maîtresses , combien ils s'éloignent de cette règle dans les corrections qu'ils font à leurs enfans et à leurs domes^ tiques; quil s'en faut bien qu'elles partent d'une véritable chaiité! Ayez nn amour chrétien pour vos enfans et vos domestiques , vous retrancherez de vos corrections tous les défauts qui s'y rencontrent presque toujours, et qui vous rendent souvent plus coupables que ceux que vous prétendez corriger. Aimez , dit là'dessus S. Augustin , et dites tout ce que l'amour vous inspirera; on n'entendra de votre bouche ni malédiction , ni impréca«tion, ni aucune sorte de mauvaises pardles:
DHîge , et die quod çoles ; nullo modo mcAedk*' ium erit quod speciem maledkti somniet. C'est pourquoi ce saint recommande de n'entreprendre jamais aucune correction , que nous n*ayions auparavant examiné devant Dieu, si c'est pour sa gloire et pour le salut de nos frères, que nous voulons le fairew O ! M; F. , que- de péchés ne retrancherois-je paâ de cette paroisse , que de scandales, si \% ponvois vous inspirer cet esprit de douceur dans vos corrections! Je sais qu'il faut oser quelquefois d'une sainte sévérité ; mais et
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doit être, dit S. Grégoire, de la sévérité d'un père qui veut se faire aimer, et non pas d'un tigre qui ne cherche qu'à se faire craindre. Rentrons en nous-mêmes , M. F. , et pensons à ce que nous sommes , et aux fautes que nous pouvons commettre. L'esprit de notre divin maître est un esprit de douceur ; c'est la grande leçon qu'il nous a faite et qu'il veut que nous apprenions de lui. Pour lai pratiquer , comme il l'a ordonné , soyons humbles comme lui: c*ést le troisième avis que nous donne S. Paul dans son épUre.
3.^ La source de la plupart des fautes que nous commettons , sur-tout envers notre pro^ ehain , c'est Torgueil ^ qui , nous donnant trop bonne opinion de nous-mêqdes, et nous faisant désirer d'être au-dessus des autres , nous porte à l'envie, au mépris, à la dureté, aux paroles piquantes et à une infinité d'ac. tlons contraires à la charité. Comment tarir cette source ? En nous humiliant au-dedans de nous*mêmes et au dehors: se persuader qu'on est quelque chose , dit S. Paul , c'est se tromper ; quiconque se connoit bien , se méprise , et convaincu qu'il n'est rien de luimême , qu'il n'a de son propre fonds qu'ignorance et que malice, il ne se préfère pas à son frère qu'il voit tomber en quelque faute. La connoîssance qu'il a de sa foiblesse, le porte à la douceur et à la^ patience ; en con*
IQO pour h XV. Dimanche sidérant les chûtes d'autrui , il se dit à luimême : J'en puis faire autant , et si je ne le fais, c'est à la grâce que j en suis redevable; loin de m'en enorgaeillir , |e dois m*hamilier devant Dieu ^ et toujours marcher avec crainte et tremblement ; je serai examiné non par rapport à mon prochain , mais par rapport à moi-même ; chacun portera son pi opre faideau au tribunal du Seigneur ; chacun recevra selon le bien ou le mal qu'il aura fait : Unusquisque onus suum portabiL Je dois donc faire attention , non à ce que font les autres , pour me justifier devant Dieu , mais à ce que je suis moi - même devant lui; en cela seul que je manquerois de charité envers mes frères , et que je ne supporterois pas leur^ défauts, Dieu trouveroit de quoi me condamner , parce que je n'aurois pas accompU sa loi ; car la loi chrétieime , dit S. Augustin , ne peut s'accomplir sans cela.
On fera faire ici un examen aux auditeurs 9 et on leur demandera s'ils ont suivi cet avis si recommandé dans les saintes Ecritures 9 de se supporter les uns les autres avec humilité , avec douceur , avec patience et avec charité : Cum omni humilitaie et mansueiudine f cum patieniiâ ^ supportantes inmem in charitate. ( Eph. 4- ) Q*i6 pensez-vous de voua-mêmeSf M. F. , dans la comparaison que vous en faites avec le prochains^ Ne vou3 croyci-v^us
après la Pentecôte* i^f
pas plus justes que lui ? Ne le condamnez* vous pas intérieurement'/ Ne vous applaudissez- TOUS pas pour quelques bonnes œuvres que vous pi^tiquez , pour quelques vertus que vous croyez avoir acquises , et que vous n'apercevez pas dans les autres? Réprimons 9 clu^étiens, ces jugemens et ces sentimens; souvent ce qui est grand aux yeux des hommes ^ est abominable aux yeux de Dieu; mettezvous toujours au dernier rang: c'est là le vrai moyen d'être toujours pleins de charité et de douceur.
Ne laissons pas néanmoins de pratiquer des bonnes œuvres le plus que nous pourrons : c'est le dernier avis par lequel S. Paul conclut sa lettre. Faisons, dit -il , le bien | tandis que nous avons le temps ; et ne cessons de le faire : Ergà dàih tempus habemus ^ operemur bonum. Faisons-en à tout le monde , principalement à ceux qu'une même foi a rendus, comme nous, enfans du Seigneur; commençons par ceux qui composent avec noQs une même famille; époux , enfans , domestiques ;" mais ayons soin de le faire en vue de Dieu et pour lui plaire ; n'envisageons point notre propre gloire ; ne cherchons point à passer pour vertueux: c'est là, dit S. iér rôme , le foibie et comme la passion générale des personnes de piété , qui ont renoncé à toutes les auti^es. Vice extrêmement
îga Pour le XV. Dimanche dangereux, et qui se glisse imperceptiblement dans les meilleures actions ; vice infiniment funeste, et qui prive Tbomme du mérite qu'il pourroit aisément acquérir. Ne vous' y trompez pas , continue le même père , on ne se moque pas en vain de Dieu; Thomme ne moissonnera que ce qu*il aura semé ; si nous ne sommes que du vent, si noiis. ne faisons le bien que pour une fumée de gloire mondaine , nous ne recueillerons que le mépris et rindignation de Dieu. Ceci, M. F., regarde principalement les personnes qui se piquent de dévotion : on peut bien en imposer aux hommes ; mais le juste juge démêlera les intentions secrètes, et il ne récompensera que ce qui aura été fait pour lui.
Voilà , M, F. , les principales marques auxquelles nous pourrons juger, vous et moi, si nous agissons dans Tesprit du christianisme. Considérons -nous bien dans ce portrait; il faut s*y regarder souvent ; c'est pour cela que nous vous le présentons de temps à autres , selon que l'Eglise nous en fournit l'occasion; faites-y de sérieuses réflexions pendant la sainte messe ; connoisses^; "" vos défauts ; travaillez à les détruire ; el pour vous y animer , n'oubliez pas le motif que S. Paul vous y propose. Ne cessons, dit-il, de faire le bien, pendant le peu de temps que nou3 avons à rester ici -bas; notre récom-.
pense
' aprè^ la Pentecôte* i qS
est assarée; le jour est marqué; il ne
pas à venir; il commencera , mais il
lioira pomt; jamais nous ne cesserons de
Br le fruit de ce que nous aurons fait
Dbu: Tempore eaim suo metemus non dê^
peut encore terminer cette instruction ■De des paroles , par lesquelles S. Paul hi-même : Videie ^ualibus litteris scripsi meé manu. Faites bien réflexion à cet n de l'Apôtre : Quicumque hanc regulam sejMermt^ pax super iUos. Quiconque suivra 'JOUt règle du christianisme que je viens de imcrire y éprouvera la paix et la tran-
rité de la conscience , il ressentira les efde la miséricorde de Dieu dans le texips A dans l'éternité.
le XVI* dimcuiche après la Pentecôte*
Prmkr sujet. Sur la sanctificaUon des dimanches et des fêles*
Si licet sabbato curare ? Est-il permis de guérir les malades le jour du sabbat ? (Luc. 14. )
Après vous avoir exhorfé , un des dinanclies précédens , à servir le Soigneur et ï le servir lui seul, il est de mon devoir de Tom IF. I
1 94 P^^^ ^^ XVI. Dimanche vous instruire de la manière dont vous dè^ vez Vhonorer les jours qui lui sont spécialement consacrés , je veux dire , les dimanches et les fêtes: l'évangile de ce jour m'en fournit l'occasion. Il y est rapporté que le Sauveur étant allé diner chez un des principaux pharisiens, le jour du sabbat , on observoit toutes ses actions , on prenoit garde sur-tout s'il ne faisoit rien contre la loi qui ordonnoit de s'abstenir en ce jour de toute oeuvre servile. Jésus qui étoit parfaitement instruit des desseins de ses ennemis, ayant aperçu devant lui un homme hydropique , demanda à ceux qui étoient présent , s'il étoit permis de guérir un malade le jour du sabbat: Si licet sabbato curare ? A quoi les pharisiens n'ayant pas voulu , ou plutôt n'ayant su que répondre , il guérit le malade et le renvoya. Pourquoi , M. F. , Jésus-Christ fît-il cette .question aux pharisiens? Doutoit-il qu'il lui fût peiinis de pratiquer les œuvres de miséricorde pendant un jour de fête ? Nullement , c'étoit pour confondre les pharisiens qui Taccusoient malicieusement de violer le jour du sabbat, parce qu'en ce jour il opéroit des miracles; c'étoit aussi pour leur apprendre que ce n'est point, comme ils se limaginoient , par une molle oisiveté, que Ton sanctifie les jours de fêtes, mais plutôt par des œuvres de religion cl de miséi icorde.
Mprès la Pentecôte* 195
Instruclîon des plus importantes et même nécessaire pour chacun de vous. Très -peu de chrétiens qui remplissent Pobligation de la sanctification des dimanches et des fêtes, dans Joute son étendue; un très-grand nombre profanent indignement ces saints jours; au lieu d'honorer le Seigneur , ils le déshonorent; au lieu de se sanctifier , ils se rendent plus coupables ; ils attirent sur eux et sur la paroisse les vengeances divines.
Que n'ai-)e, M. F., le zèle des prophètes et l'éloquence des docteurs de l'Eglise, pour vous détourner de la violation des dimanches et des fêtes , et vous engager à les passer dans la suite plus saintement! C'est ce que j'entreprends avec le Recours du Seigneur. Tous les chrétiens doivent apporter une attention particulière à accomplir le précepte de la sanctification des dimanches et des fêtes : preïï^ler point. Qui sont ceux qui pèchent contre ^ précepte , et comment doit * on y satisfaire ? second point.
Y a-t-il un précepte absolu et rigoureuk ^e sanctifier les dimanches et les fêtes? Oui, M. F. , nous n'en pouvons douter. Quant au dimanche , il est constant que c'est pour tous ies chrétiens une obligation de le sanctifier.
I q6 Pour le Xf^L Dimanche Déjà le Seigneur ayoit fait à son peuple, dans l'ancienne loi, un commandement exprès d'observer le sabbat. (On rapportera ici les paroles du texte sacré. ) Or , le dimanche , dans la nou\'e1Ie loi, a succédé au sabbat, en mémoire de la résurrection de J. C arrivée le dimanche ; nul chrétien qui soit dispensé de l'observer religieusement. Pour oc qui est des fêtes ' instituées en l'honneur des dlfférens mystères de Notre Seigneur, de la Sainte Vierge et des saints , l'Eglise , par le pouvoir qu'elle a reçu de Dieu, nous a fait une loi de les passer dans les exercices de la piété. Loi , obligation , que toutes soites de motifs nous obligent de remplir, et qui méritent de notre part une attention particulière , soit que nous Içs envisagions du côte de Dieu que nous devons honorer et remercier, soit que nous les regardions du côté de nous-mêmes , je veux dire , de notre sanctification et de notre salut. On reprendra ces subdivisions.
Oui, M. F. , le précepte de la sanctifi-t cation des dimanches et des fêtes, est de tous les préceptes un de ceux dont le Seigneur a le plus à cœur l'observation , parce qu'il . y va davantage des intérêts de sa gloire; aussi institua-t-il autrefois lé précepte, du sabbat avec des expressions remarquables , ordonnant qu'on s'en souvint et qu'on les grayâ
après la Pentecôte. 197
bien dans sa mémoire. Il les réitéra dans plusieurs occasions par Moyse et plusieurs autres prophètes, promettant mille bénédictions à ceux qui y seront fidèles , et ména- Çîint des plus sévères cliâtimens ceux qui le ransgresseront. Quel zèle ne fit-il pas paroître contre ceux qui osèrent le violer? ( On ci* tera l'histoire tragique rapportée au i5. ch. des Nombres. ) Pourquoi Dieu se servit - il d'une telle sévérité? Pour imprimer dans Tesprit des juifs charnels une crainte religieuse de sa justice, et leur faire éviter les moindres profanations des jours qui lui étoient consacres. De là cette exactitude scaipuleuse avec laquelle les juifî» observoient le sabbat et les autres jours de fêtes qui leur étoient comniandées.
U est vrai que les chrétiens vivant sous nne loi de douceur , d*amour et de grâce , ne sont pas tenus , comme les juifs , à Tobservance servile des dimanches et des fêtes, 90e l'on ordonne de célébrer ; néanmoins ils ne sont pas moins obligés qu'eux à les passer saintement. Que dis - je, leur culte doit être plus spirituel et plus parfait. Pourquoi ? Pai'ce qu'ils sont plus éclairés et mieux instruits des grandeurs de Dieu , et plus com- Ués de ses bienfaits que ne l'ont été les juifs* Et quoi de plus juste, que d'employer ces saints îoors \k honorer le Seigneur d'une ma*
198 Four le XVL Dimanche nière spéciale! Il nous laisse tout le restt du temps pour vaquer aux a0aires temporelles , il ne se réserve qu'un jour dans chaque semaine y et que quelques autres dans le cours de Vannée: est-ce trop exiger? H étoit sans doute en droit d'en demander davantage ; mais , pour s'accommoder à notre foiblesse, il veut bien se contenter de ceux que lei Apôtres et l'Eglise nous ont déternoiinés; ne seroit-ce pas une injustice extrênie de les lui refuser? Ne serions-nous pas bien ingrats, si nous lui en refusions une partie pour la donner au HBonde^ à nos plaisirs ou à nos affaires.
Le dimanche est appelé par excellence le jour du Seigneur; honorons-le donc en ç»
jour plus qu'en tout auti'e; rendons-lui ce que nous lui devons à tant de titres. Les . fêtes pai ticulières que nous célébrons 9 pendant l'année , sont établies ou en l'honneur, des mystères de N. S., ou de sa sainte mère, ou en l'honneur des saints les plus recommandables dans l'Eglise; n'étoit-il pas bien convenable qu'il y eût des jours spécialement destinés à rendre grâces à Dieu ûes différons bienfaits que nous en avons reçus par J. C son fils ; d'honorer et de remercier L Ciu lui-même , la sainte Vierge et les saints qui ont été et qui sont encore les ins* tiumens dont Dieu s'est^ servi pour faire écl»*
après la Pentecôte* 199
ter sa gloire et opérer notre salut ? On mo-* ralisera sur cette première fin des dimanches et des fêtes.
En avez-vous été bien persuadés, M. F. 9 de cette première fin de l'institution , etc. 't ISt'avez-vous point été en cela semblables aux ]vàh qui regardoient Iç sabbat précisément comme un jour de repos , sans se mettre en peine de rendre à Dieu le culte qu*il demande? Détrompez-vous aujourd'hui, et n'oubliex jamaia que les dimanches et les fêtes ont été principalement institués pour rendre homniage à la majesté divine,* et s'occuper à des actes de religion.
La peoQnde fin que Dieu et TEglise se sont proposée , c'est la sanctification et le salut des c^irétiens. Oui , M. F. , quand Dieu nous <)rdopne de sanctifier les dimanches et les fêtes , c'est autant .pour notre propre avan* ^e que pour sa propre gloire, et c'est afin c[u^ nous ayions, dans chaque semaine, un jo^r où., dégagés de toute afiection séculière, ^yas ne pensions qu'à notre affaire la plus iftiportante, et que nous nous disposions à jpe repos dont le repos du dimanche est la figure.
Quand l'Eglise nous ordonne la sanctification des fêtes ^ ce n'est pas seulement pour que nous nous acquittions , dans ces saints jours, de nos devoirs de religion, elle veut
joo Four le XV !• Dimanàhe encore nous faire ressentir les fruits de notre rédemption dont elle nous rappelle la inémoire ; et dans les fêtes instituées à Thonnear de la Mère de Dieu , ou des saints , elle se propose de nous faire renouveler notre dévotion envers la Reine du ciel , aussi bien qu'envers les saints qui méritent de notre part une plus grande vénération, afin que , méditant leurs vertus et implorant leur protection ^ nous nous excitions à suivre les exemples qu'ils nous ont donnés, et que nous obtenions de nouvelles grâces , pour marcher sur leurs traces. Que d'avantages , M. F. , ne tireroien pas les fidèles , s'ils entroient dans des vues si saintes ! Ils répareroietit , chaque dimanche, les fautes de Ja semaine précédente ; ils se disposeroient à passer plus chrétiennement celle qui commence ; ils se puri%roient, aux principales fêtes, des moindres péchés par une exacte confession ; ils se nourriroient de temps en temps , à la sainte table , du pain des forts ; ils s'instruiroient de leur religion ; il^ s*en rappelleroiept les maximes | soit en entendant la parole de Dieu, soit par de saintes lectures; ils examineroient soigneu* sèment leurs consciences et leurs progrés dans la vertu j en un mot, ils se sanctifieroient et assureroient leur salut On confirmera ceci par Texpétience des bons et ides mauvais pa<roissiens.
après la Pentecôte* 3oi
Qui sont les chrétiens les plus édifians?^ Ne sont-ce pas '{ etc. Au contraire , qui sont eeux dont la vie est déréglée , qui sont le scandale et l'opprobre de la religion, et le plus juste sujet de nos larmes? Ne sont-ce pas les profanateurs des saints jours? etc.
Consultez - vous vous - mêmes , âmes justes; quand est-ce que vous vous sentez plus portées à Dieu , plus ferventes dans son v service? N'est- ce pas quand vous passez les dimanches et les fêtes dans des œuvres saintes? Alors votre foi s'augmente ; votre e^érance se fortifie ; votre charité s'enflamme , etc. Je dis plus , et je ne crains point de le dire , rien lie contribueroit plus à la gloire de Dieu et au renouvellement de la piété ; rien ne ttiultiplieroit plus le nombre des élus, que ^ digne célébration des dimanches et des fêtes.^ Trouvez le moyen de les faire sanctifier, vous donnerez bientôt à l'Eglise vine nouvelle face ; les pécheurs quitteront leurs désordres; les justes augmenterout €n vertu ; chaque famille sera réglée ; les^ pères donneront à leurs enfaiis une saint« éducation , et les enfans respecteront leurs^ pères; les maîtres veilleront sur leurs domestiques, et leur laisseront le loisir de va(jaer en ces jours au culte de Dieu ^ et à lempropre sanctification ; la charité , la paix et l'union régneront parmi les fidèles ; chacoai'
ao2 Tour le XVI. Dimanche remplira^ avec fidélité, les devoirs de sonr état
Voilà, chrétiens auditeurs « les fins excellentes que Dieu et l'Eglise se sont proposées en instituant les dimanches et les fêtes. Mais y réfléchit-on ? Ici on s'adressera aux chefs de famille 9 aux jeunes gens; on leur demandera s'ils n'ont point cru que les jours de fêtes étoient destinés soit à faire certains voyages pour leurs affaires domestiques , soit à prendre des divertissemens profanes; on aura soin d'avertir les supérieurs, c'est-àdire, ceux qui sont chargés de faire observer les lois du prince et de l'Eglise, du zèle qu'ils doivent avoir pour procurer la sanctification des jours de fêtes; on animera tous les auditeurs à correspondre aux vues 3aintes qui ont porté le Seigneur et les premiers pasteurs à ordonner à tous les fidèles de sanctifier certains jours, et à réparer par leur piété la profanation qu'ils en ont faite jusqu'à présent ; on les menacera de la colère de Dieu, s'ils continuent à les profaner.
Voulez- vous donc, chrétiens, vous garantir de ces maqx et vous attirer les bénédictions du Seigneur? Accomplissez exactement le précepte delà sanctification des fêtes? Evitez, avec soin tout ce qui est défendu; ne négligez aucune des bonnes œuvres qui yous
sont prescrites. Je vais vous en idstruii^e^ en vous montrant de combien de manières on transgresse le précepte des dimanches et des fêtes, et par quelles actions on doit y satisfaire.
IL POINT
Le zèle dont chaque fidèle doit être aiiimë pour honorer le Seigneur, pour obéir à l'Eglise , et assurer son propre salut , devroit , ce semble , les déteiminer à se réunir tous ensemble, pour passer chrétiennement les dimanches et les fêtes. Cependant rien de plus commun que la profanation de ces saints jours; on diroit, à voir la conduite de plusieurs, qu'ils ont formé le même dessein que ces impies, dont, parle le prophète , qui vouloient abolir, tous les jours de fêtes: Quiescere faciamus mnes dies festos Dti à terra. ( Ps, 73. ) Ils ne mettent presque plus de différence entre les jours- ordinaires et les jours consacrés spécialement au culte du Très-Haut. Les uns, par un esprit d'intérêt, s'occupent ou font occuper les autres aux œuvres serviles; plusieurs, livrés à l'oisiveté, ne cherchent qu*à prendre leurs plaisirs.
U est constant que les œuvres serviles, c'est-à-dire, etc. sont interdites en ces saint3 jours»' ( On rapportera les paroles du pré*»
3o4 Tour le XVI. Dimanche cepte du sabbat. ) Et quoique, à cet ëgarJ, la loi du dimanche ne nous oblige pas si étroitement que les juifs, l'Eglise néanmoins a toujours interdit à ses enfans les ouvrages qui les détournent du service de Dieu ^ tels que sont ceux de la campagne , etc. les actes publics de la justice , les foires ^ les fnarcbés, etc. €t cela^ dit S. Aug^istin, aBn qu'ils oublient toute affaire temporelle les |ours de fêtes, et qu'ils n'aient soin que de vaquer au culte divin.
Je sais qu'il est des cas où l'Eglise , comme une bonne mère, permet certains ouvrages pressans, après avoir dévotement entendu la sainte messe ; mais combien ne se trouve-t-il pas de chrétiens , qui , sbbs une vraie nécessité, s'occupent à des ouvrages défendus, et quelquefois même avec scandale î ( Ici on fera un détail convenable à la paroisse où l'on parlera. )
Ah ! M. F. , faudra-t-il vous confondre par l'exemple des hérétiques , qui s'abstiennent SI religieusement des œuvres serviles les jours de dimanches? Que n'ai-je autant d'autorité que l'illusti'C Néhémias en eut autjefois à Tégard des juifs, qui profanoient le jour du sabbat? Ecoutez comment il leur parloit, et les reproches qu'il faisoit, h celte occasion , & ceux qui en étoient 1^ chefs. (U faut lire I^ i3. ciu d'Ësdxaa, livi
après la Pentecôte* 3o5
^^t âepms le i5. i^. jusqu'au 23. H faudra p^^jJKn faire valoir ce trait d'histoire. ) Peut- , chrétiens, n'étes-vous point coupables ce premier désordre ; mais ne donnez^ ion point dans un autre ? Ne vous livrezioDi pas, les jours de fêtes, h une moHe êUfeté ? Ne les passez-vous pas presc[ue iMit entiers dans l'amusement et le plaisir?
On s'adressera aux jeunes gens de l'un et de l'antre sexe, aussi bien qu'aux chefs de familles ; on n'oubliera pas d'avertir les femmes 9 qui souvent emploient une partie de ces jours à la médisance*
Quoi donc , M. F. , Dieu et l'Eglise ne vous ont-ils interdit les œuvres serviles en ces saints jours, que pour vous reposer, irons amuser, vous divertir? Eest-ce donc Ik sanctifier son temps? (J|u*appelle-t-on sanctifier un jour? (On l'expliquera par les saints canons, par les saints pères, et par S« Thomas. )
Mais que dirai- je de ces malheureux c&rétiens, qui choisissent les jours de fêtes pour contenter leurs passions ? Que dirai- |e de ces cabaretiers qui sont ceux dont le démon se sert pour. etc. qui donnent retraite aux coureui^ de nuit ? etc. De quels péchés ne se rendent -ils pas coupables? Péchés conti'e la religion, péchés contre l'obéissance due à l'Eglise et aux Princes (em-^
ao6 Pour le XVL Dimanche porels » qui tant de fois ont défendu la profanation des saints joui^ , la fréquentation des cabarets, les danses, les jeux de hasard ^ et autres divertissemens semblables; péchés enfin de scandale, par les mauvais exemples qu'ils donnent, et la perte de quantité d'ames dont ils sont la cause. Âh ! dit S. Augustin , melius est arare çuàm sdltare ; il vaudroit beaucoup mieux labourer la terre, que dfii pécher ainsi les jours de fêtes. Vous ne voudriez pas vous occuper à des œuvres serviles, et vous ne craignez pas de vous livrer à des oeuvres criminelles en elles^ mêmes, ou au moins très-dangéreuses.
Sentez , M. F. , toute Tindignité d'une telle conduite, ne vous exposez plus à la vengeance divine. D'où pensez - vous que «viennent tant de fléaux publics , tant de calamités qui vous accablent ? C'est principalement des péchés qui se commettent les saints jours de, etc. L*on peut dire, et ceci devroit vous faii^e frémir, que des
jours du Seigneur plusieùi^ en font des jours du démon; on y saciifie à des. idoles de chair, à ses propres passions, et non pas au vrai Dieu; à peine entend - on ,< comme il faut , une basse messe. Eh ! M.
F. , où ferez- vous donc paroître votre reli* gion, si vous ne la marquez pas dans des jours destinés à en faire une profession pu*.
après la Peniecàte» 20f
blique? Je ne prétends pas néanmoins vous interdire toute récréation, il en est d'honnêtes et de permises: mais se persuader que les excès de table, la fréquentation des cabarets, les entretiens suspects , les veillées nocturnes , et les danses sur -tout avec des personnes de différent sexe, soient des plaisirs penuis; c'est une eiTeur des plus grossières et des plus pernicieuses.
On pourra insister davantage sur ce point, et rapporter quelques passages de S. Chrysostôme, S. Jérôme, S. Augustin, et même des lois des empereurs : Dies festos majestati Altissimi dedkatos nullis volumus voluptatibus oc^ cupariy disent les lois impériales. A quoi doit-on donc employer ces sains jours? Dans des œuvres saintes , M. T. C. F. ; voilà ce que signifie cemot Saxtctitisr: Ea enim di-cuntur sancificari in lege ^ dit S. Thomas, quœ divino evlii appHcantur.
Voilà comment ont parlé les conciles et les pères. Or, entre ces œuvres , la première , et qui est d'un précepte rigoureux, c*est d'entendre dévotement la sainte messe.
On ne peut y manquer par sa faute, sans commettre un péché considérable. Mais remarquez qu'il ne suffit pas d*y être présent de corps, il faut y joindre Tattention de l'esprit et la dévotion du cœur. Car à quoi serviroit la présence corporelle , si
2o8 Tour h XVI. Dimanche l*on n'y ajouloit le culte intérieur ou l'adoration en esprit et en vérité? O, combien de personnes , sur-tout parmi les jeunes gens,' manquent en ce point essentiel ! C'est à TOUS , pères et mères , à y veiller , afin que ceux qui sont confiés à vos soins s'acquittent de ce devoir. ( Ici on doit recommander l'assistance à la messe de paroisse, et avertir de l'obligation oh sont les fidèles de venir entendre la parole de Dieu les dimanches et les fêtes solennelles. )
Les autres bonnes œuvres, par lesquelles on peut se sanctifier en ces jours, sont les actions propres à honorer Dieu , à nous sanctifier, et à sanctifier le prochain; c*est pour cela qu'on chante les vêpres pour célébrer tous ensemble les louanges divhies; on ne doit point s'en dispenser sans raison légitime. La prière, la lecture, l'instruction des ignorans, les entretiens de piété , la fréquentation des sacremens, la visite des pauvres et des malades, sont autant de moyens de satisfaire au précepte de Dieu et de l'E-' glise. C'est à chacun en particulier à examiner lesquelles de ces bonnes œuvres lui conviennet davantage. On ne peut ti*op sur-' tout vous exhorter à rendre de fréquentes visites à notre Seigneur dans le S. Sacrement; à vous exercer dans des actes de foi, d'espérance et de charité; à réfléchir
après la Feniecàte. 209
^^fpr vous-mêmes; à examiner en qael état
votre ame ; à gëmir snr vos fautes pas-
, et à former de saintes résolutions pour
»ir. En an mot, M. F., il faut, dans
saints jours , ranimer notre religion
Dieu, et le zèle de notre propre
Avaiït de finir, on conjurera les auditeurs iFexaminer devant Dieu de quelle manière ib ont passé jusqu'à présent les jours de files. Hélas! peut-être n*y en a-t-il pas un seol ob vons ayez fidèlement rempli le commandement du Seigneur; demandez -lui en pardon» et n'oubliez jamais ce que lui même a recommandé si expressément. Souvenez-vousen, pères et mères, nudtres et maîtresses; souvenez- vous- en , enfans et domestiques ; sonvenez-vous-en , vous à qui Dieu a donné quelque autorité au-dessus des autres: que de bénédictions n'attirez-vous pas sur vous «I sur tout ce qui vous appartient ! Après avmr célébré saintement , en cette vie, les /ours institués en mémoire du repos du Seigneur 9 vous vous rendrez dignes de jouir avec lui du repos éternel.
a 1 o Pour le XVL Dimanche
Second sujet» Sur tAmrice.
Homo quidam hydropicus frai aniè illum; il y avoit devant Jésos un hon^me hydropique.
Nous venons de lire , M. F. ^ dans l'évangile de ce jour, une guérisop miracu*»
leuse opérée par le Sauveur en faveur d'un homme hydropique , qui lui fut présenté un jour qu'il mangeoit chez un pharisien.
Nous avons déjà dit, en d'autres occasions , que les différentes maladies du corpa représentoient les maladies de notre amçjr et que le Sauveur, en les guérissant, voulait nous apprendre ce que nous avons à faire pour nous préserver des différeps vices dont les maladies corporelles sont la figure, et pour nous en guérir, quand nous avons eu le malheur d'en contracter quelques-uns. , Or, M. F., qu'est-ce que nous représente cet homme attaqué d'ydropisie? & Augustin nous répond que c'est l'image d'un avare, d'un homme attaché aux biens de la terre; et comme un hydropique est travaillé d'une soif continuelle ; de même l'avare désire sang cesse d'amasser du bien, sans jamais être content de ce qu'il possède: vice ex»
trémement opposé au christianisme, contre
après la Pentecôte 211
el notre divin Maître s*est élevé avec ce; vice néanmoins très commun paimi riches et les pauvres , dont les jeunes mêmes ne sont pas exempts ; il attaque -tout les vieittards qui s'«n laissent donâr ; vice enfin que presque pei^onne ne m reproche , dont on ne s'accuse point dans h tribaiial de la pénitence, et qui damne ju très-grand nombre de chértiens.
Je ne puis me dispenser , M. F. , de vous «n parler dans la chair de vérité; écoules attentivement ce que }e vais vous en dire; je n'oublierai rien pour vous en inspirer une sainte horreur ; je tâcherai de vous en guërir, si vous y êtes sujets; et de vous en préserver , si vous en êtes exempts. Tout chrétien doit extrêmement craindre le crime de l'avarice : cest la première réflexion.
Quels en sont les remèdes ? c*est la se* conde.
On feroit bien d^adresser une petite prière à J. G. , en le suppliant de déraciner ce vice de nos cœurs, pour y placer la pauvreté -d'esprit