I.) Enfin, loi de grâce; parce que la grâce
«st le propre effet de la loi nouvelle , et
qo'elle y est beaucoup plus forte que dans
lai loi ancienne qui ne donnoît pas par
èOe-même la grâce , et oti on ne la recevoit
qae parles mérites anticipés de J. C. le Sau«
veuF de tons les honune^
A quoi se réduisent donc les obligation»
que nous impose la loi nouvelle ? Principaleineot à trois chefs, qui sont la foi , la charité et la réception des sacremens. Ce «ni là les trois choses que le Sauveur recommanda à ses Disciples ^ et' à tous ceux qui Youdroient embrasser le christianisme , de croire en lui, de l'aimer par-dessus tout; et le prochain pour Tamour de lui ; enfin de recevoir les sacremens qu'il a inslilués, et ^écialement la divine Encharislie. Je ne vous dirai rien aujourd'hui de ces deux premiers devoirs ; j'en ai traité ailleurs; et j'aurai encore occasion de vous en parler durant le cours de Tannée. Nous nous arrêterons à ce qu'il ordonna, lorsqu'il établit et confirma le nouveau Testament. Que fit-il en la dei^ liière cène qui est l'époque et le jour fixé ^e l'institution du grand sacrifice, qui est Tome IL G
ï46 :Pour le IF'. Dimanche le propre de la loi de grâce? Il prit dupài;i etc. et il dit à ses Disciples de faire ce qu'il venoit de faire en mémoire de lui. C'est C€ que l'Eglise a soigneusement observé jusqu'à présent; et eUe ordonne à chaque fidèle de remplir le précepte du Sauveur, en célébrant tons les ans la mémoire de cette grande action de J. C. et de se préparer à manger dignement son sacré corps , et boire son sang précieux. Nous vous avons proposé , M. F., l'année précédente , les motifs qui doivent vous porter à vous disposer au plutôt à la communion Paschale, ( On les rappellera en peu de mots, et on conjurera les auditeurs d'être plus exacts et plus fervens que Vannée dernière. On leur mettra devant les yeux l'exemple des Juifs qui se rassembl oient de toutes les parties du monde à Jérusalem, pour y célébrer la Pâques. Us y venoient même encore en d'autres temps de l'année. ) Quoi donc , M. F. , aurons-nous moins d'ardeur pour la véritable Pâques de J. C. qu'ils n'en avoieot pour celle qui n'étoit que la figure de la nôtre ? Vous disposerez-vous avec moins de ferveur à manger le vrai Agneau de Dieu , qu'ils ne se préparoîent à manger l'Agneau Paschal ?
Que chacun de vous fasse donc, dès ce jour, la résolution de se préparer à la comj^union paschale avec plus de ferveur que
de Carême* i^'j
Tannée précédente. ( On renouvellera quelques-tins des avis que l*on aura donnés au commencement du Cai^ême, ou aux dernières Pâques. On conclura son instruction en exhortant les auditeurs à renouveler avec J. C. l'alliance qu'il a bien voulu faire avec eux, en les admettant au nombre des chrétiens ; et on leur dira de prier J. C. pendant le sacrifice de la messe, où le sang du nouveau testament est encore r^;>andu d'une manière mystérieuse , de les fortifier pour s'acquitter plus parfaitement de tous les devoirs que leur impose le christianisme, particulièrement du devoir paschal. En finissant , on donnera des sujets et des plans d'instruction pour ce dimanche. )
On croit devoir avertir les Pasteurs et tous ceux qui - sont chargés de l'instruction des peuples , qu'il convient de leur dire quelque diose vers la mi- carême , de la manière de continuer la sainte quarantaine. On peut voir là-dessus une courte exhortation dé S. Ambroise à son peuple, c'est son sermon quatriènie, Pro Dominicd quarté Quadragesimœ ^ il commence par ses mots: ^gUe grattas ^ fratres , dmnœ pielati qum nos ad médium Quadragesimœ perduxit incolumes. Tout ce discours mérite bien d'être lu. Il parle pour ceux qui se sont acquittés de leur devoir jusqu'alors , el pour ceux qui l'ont transgressé ; il pressé ces derniers de se convertir de tout leur cœur,
î48 Pour le Dlmanclie
et de profiter de ce discours pojar s'attirer la bénédiction que méritent les vrais discipleji Àt J. C. On rappellera encore à la mémoire des auditeurs 9 la vie pénitente du Sauveuc au désert , et l'obligation où sont les chrétiens de l'imiter, sur-tout durant Fc Carême. La ferveur de sa pénitence , diia-t-on, ne 66 ralentissoit pas par la longueur du temps, fl jeânoit pour nous , il souffroit pour nous , comment oserions-nons ik>u8 plaindre tie la longueur du Carême?
i\\\ 'ii'iiiiMi'mif iiii' Il jj Mjjii. iiji'!!.i ; ij! H^iuiat.
LE dimanche; de la passion.
^çisà donner aux peuples, want leprône*
T oici J ]VÏ. F. , le temps paschal qui s'approche , il commencera le dimanclie des Hameaux , et finira le dimanche de Quasimodo inclusivement. Dès l'entrée du Carême, je vous annonçai le précepte de la communion annuelle , et je vous déclarai , par ordre de l'Eglise , que tout fidèle , qui a atteint lâge <le discrétion, étoit obligé de se confesser, au moins une fois l'an , à son Curé ou à nn autre Prêtre approuvé de l'Ordinaire , el de communier à Pâques dans sa paroisse , sous peine d'être interdit pendant sa vie de l'entrée de l'église , et privé de la sépulture *pi'ès sa mort.
de la Passion* 149
Afin qiic personne ne puisse ignorer une loi si sainte, qui n'est proprement que la détenninatioa de celle de J« C. je suis oLligti de répéter aujourd'hui la publication de l'crdoDoancé du Concile de Latran. La voici 9 éconlez-la avec le i*€fspect et l'attention qu'elle mérite. Sou-veoez-vous que c'est l'Eglise, \\ qui vous devex le respect et l'obéissance, qui vous parle. Que tout fidèle de l'un et de l'autre sexe , dit ce saint Concile , tenu l'an 121 5^ sous le Pdpe Innocent III, que tout fidèle étant parvenu à l'âge de discrétion , confesse ^ul fidèlement ses péchés à son propre Prêtre , au moins une fois l*an ; et qu'il reçoive avec respect au moins à la fite de Pâques^ le sacrement del'Ekicharistie; ai ce ii^est que, stiivant Tavis de ton propre IVétre f pour quelque cause raisonnable , il jugeât qu'il dât s'en abstenir pendant quelque temps ; autrement que lentrée de l'église lui soit défendue pendant sa vie , et qu'après sa mort , il soit privé de la sépulture chrétienne* Telle est , M. F., la loi de l'Eglise, qui est an des préceptes que chaque fidèle doit sa* voir , exprimée en ces termes: Ton Créateur recevras au moins à Pâques faambleinent. Il est de mon devoir de vous disposer k le bien remplir. Le Sauveur disoit anti'etbis à ses disciples , qu'il avoit désiré depuis long-temps de manger avec eux le banquet eucharistique;
i5o Pour le Dimanche
il ne désire pas moins de nous recevoir k la sainte table, il veut que nous nous mettions en état de nous y présenter. Cest-là, M. F. , mon unique dessein dans Texhortation que je vais vous faire en ce jour. Mais avant que de la commencer, je dois vous donner deux ayertissemens. Le premier regarde le Prêtre , à qui le précepte vous oblige de vous confesser; le second, le temps et le lieu de votre communion paschale.
Quoique le Concile de Latran déclare que tout fidèle doit se confesser à son propre Prêtre , il vous est cependant libre, M. F. , et nous vous le permettons volontiers , de vous adressera tel confesseur qu*il vous plaira, pourvu que ce soit à un Prêtre approuvé de l'Ordinaire. Je vous exhorte àle^bien choisir, et à faire pour votre ame ce que vous feriez pour votre corps. Si vous étiez malades , vous choisiriez sans doute , entre plusieurs j^médecins , celui que vous croiriez le plus en état de vous bien guérir. Je vous conseille encore de vous adresser à celui que vous souhaiteriez avoir pour confesseur au temps de votre mort. Je serai prêt d'entendre tous ceux qui voudront s'adresser à moi ; mais conune il arrive de temps en temps des raisons pour s'adresser à d'autres qu'à son Pasteur, je ferai ensorte d*avoir quelques confesseurs étrangers , le plutôt qu'il me sera possible. ( Si on peut eu
de la Passion* i5i
avoir dms le couranC de la semaine ^ on en avertira les paroissiens. )
Remarquez qu'il faut bien choisir ces confesseurs étrangers : qu'ils soient tels , qu'ils poissent réparer les confessions sacrilèges que Ton auroit faites au Pasteur , et qu'ils ne laissent aller à la sainte table ^ que ceux qui en seroient véritablement dignes.
La seconde chose dont j*ai à vous avertir ^ c'est que l'on peut satisfaire au devoir paschal dès dimanche prochain; je vous invite à ne pas différer. Souvenez-vous cependant qa'il vaut mieux différer sa commuoion , que de s'exposer au danger d'une communion sa* crilège , en s'approchant trop tôt de la sainte table. C'est pour cela que le Concile de Latran , en ordonnant à chaque fidèle de conununier \ Piques , ajoute , si ce n'est que suivant l'avis de son propre Prêtre, il jugeât qu'il dût s'en abstenir pendant quelque temps. Vous savez d'ailleurs , que c'est dans votre église paroissiale que vous devez recevoir la communion , et que vous ne pouvez la faire hors de votre paroisse, sans la permission de votre Pasteur.
S'il y a quelques autres avis à donner , on les ajoutera aux précédens. Comme si la communion des en fans doit se faire le dimanche des Rameanx , on fera sentir aux pères et mères lem* devoir à cet égard ; on leur commandera
12^2 Tour Te Dimanche
de prier pour leurs enfans , de leur faire^ comprendre la grandem* de l'action qn%.
doivent faire> de les envoyer saigneusement au catdchisme pendant la semaine , de }ôs exhorter à se bien confesser , de leur &ife prat:c[uer et de pratiquer pouif eux quelques bonnes œuvres ^ et enfin de ne les pas Icûsser approcher de la sainte table, s'ils ne reconaoissent eux-mêmes en eux une pïeté suffisante , et la disccétioa n^^ssaire pour une 91 grande action:.
Il y a des paroîsses^ où lea Pasteurs n^ad»
mettent aucun enfant à la communion , que les pacens n^en aient auparavant rendu un bon témoignage. Cet i^age n'étant pas général y quoiqu'il soit utile, il ne paroit pas que l'on doive y af>treiiidre les parens^mais seidement les y inviter; c'est au Pasteur lui-même à connoitre 3cs agneaux aussi bîeiif que ses brebis.
A^is aux Pasteurs^
E dimanche , qui est le cfnquième du Carême , est appelé le dimanche de la Passion , parce que l'Eglise nous y remet devant les yeux la Passion de J. C. Depuis la Septuagésime jusqu'à présent, elle souhaite que \éi chrétiens méditent et imitent la vie pénitente
de la Passion» i53
dn Sauveur au désert ; qu'Us gémissent ric
leur captivité et qu'ils soupirent après lt*iir
délivrance des misères de la vie , et sur-tout
du péclié. C'est la fin de l'institution dos
sept dimanches qui s'écoulent depuis la Sep-
toagésime jusqu'au dimanche de Li pnssio.i.
Car le dimanche de la Septnagésinie est
le septième avant celui - ci. En ce jour ,
cette tendre mère nous annonce cette vci ité y
que J. C. nous a procurée par sa mort; pour
cela , elle fait chanter l'hymne , VejfUa rrfffs
frodeunt^ et elle quitte la couleur violette ,
pour prendre la couleur rouge. £n un mot y
kiio qu'elle se proposé dans celte quinzaine ,.
et d'honorer spécialement la Passion du Sau-
Tear , et d'engager les fidèles a s'en occuper
plus souvent et plus attentivement que dans-
tout le reste de l'année ; de les animer par
cette considéi'atio» à- contirtuer leur posii-
fence , à bien finir le temps du Carême , et
à se préparer plus prochainement à la grande*
fête de Pâques.
Pour suivre l'esprit de l'Eglise, iF faut qu'iTU' Pasteur exhoite ses paroissiens à faire, de la Passion desT^-C. le sujet de leurs fjéqutfnt<*s réflexions durant cette quinzaine : ce pouriolt être y une année , la matière de vSon prônc; L'évangile et l'épîlre lui fourniront aa*iei d'îuitres sujets très-conveuable.i . et même nécessaii;es à traites dans ce dimauciie, et p'U'lit:»^-'
i54 Pour le Dimamhe
lièrement le sacrilège^ou Tindigne commimioiL n en pourra parler à ToccasioD de ce qui est dit dans Tévangile , de la conduite des Juifs qui voulurent lapider J. C. lorsqu*il les coinbloit de ses biens. Dans Tépltre du jour , saint Paul y décrit la grandeur du sacrifice de la croix , il en fait voir Texcellence et la vertu : troisième sujet non moins important que les précédens.
L*objet principal du Pasteur en ce dimanche, doit être de donner une plus vive horreur d'une communion sacrilège. Elle né sont, hélas ! que trop communes dans le christianisme, et quelques soins que Ton prenne pour en faire connoître la grièveté , il ne laisse pas de se trouver plusieurs Judas ! Ce crime est si énorme , qu'il doit exciter tout le zèle d'un minisit e du Seigneur. Il doit mettre tout en œuvre pour l'empêcher autant qu'il est en lui ; et il seroit bien coupable , si par son silence ou sa négligence à préparer ses instructions, il étoit la cause de quelques communions indignes. Ce qu'il dira en ce jour, tendra à donner une crainte efficace d'une mau"* vàise communion , il pourra aussi représenter les heureux effets d'une communion faite avec les dispositions requises.
Quoiqu'on ait déjà traité de la Passion , le dimanche de la Quinquagésime, on peut encore le faire en celui-ci, en la proposant sous
de ta Passion. i55
ime autre vue. Rien ne devroit être plus
familier aux chrétiens qae le souvenir des
souflBrances de notre divin maître ; saint
François Xavier recommandoit aux Prédi*
catenrs d'en mêler quelque chose dans tous
leurs discours* Mais s*il est un temps où il
soit à propos et même nécessaire d*en rappeler
la mémoire aux fidèles ^ c*est dans celui-cL
On ne peut mieux entrer dans les dispositions
de l'Eglise , qu'en portant ses enfans à ne
passer apcun jour de cette quinsaine^ sans
s*en occuper.