II. PRONE
Sur la Communion sacrilège»
A Communion sacrilège est un sujet qu*on ne doit pas omettre en ce jour. Il faut toujours en parler , ou expressément , ou dans le cours d'une instruction sur une autre matière , telle que seroit celle de la Passion. 11 convient de le traiter , au moins de temps
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-en temps , ex professa ; et il B'cst point d prône oh le zèle du Pastt.ur doive éclatH davantage, que dans celui de Tindigne coitf inunion. Tvëvangile de ce jour conduit natale rellemcnt à parler de ce crime , il est tire dll chapitre huitième de Tévangile selon S. J^MH L'évangile que vous venez d'entendre, !■ F., contient l'histoire d'un entretien quej|| Sauveur eut avec les Juifs , quelques avant sa Passion. Il savait le dessein qa*j avoient formé de le mettre à morW( il montre qu'ils sont inexcusables , qu'il ne li a prêché que la vérité, que sa conduite éj irréprochable. Qui de vous , l«ur dit-i pourra me convaincre de péché; et si TOUS dis la vérité , pourquoi ne me croyoi| vous pas ? Si vous étiez les vrais enfans dll Dieu , \^us écouteriez les paroles de Die^j A cela que répondirent les Juifs? vous ne pourrez l'entendre , M. F. , sans en être saÎM •dliorreur; ils l'accaJjlent d'injures, le trai« tant de Samaritain , c'est-à-dire, d'apostat; ils le nomment même un démoniaque. Jésag ayant ajouté qu'il cloit plus ancien qu'Abraham, leur patriarche, qu'il éloit avant ■qu'Abraham fût fait, c'est-à-dire, de toute éternité , ils en vinrent jusqu'à vouloir le Japider. ( Ceci arriva dans le temple de Jérusalem. ) Jésus ne se déroba à leur fureur ^'en se cachant , c''est-à-dire , en se rendant
invisible ,
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îmvîsible, et passant ainsi au milieu d'eux , en sortant du temple. Vous êtes sans doufe indignés , M* F. , de la conduite des Juifs à |1* égard de Jésus, autant que vous êtes édifiés de la conduite de Jésus à Tégard des Juifs. Mais le croirez- vous? Et plût à Dieu qu'il ne fût vrai I Les chrétiens agissent euvers J. C d'une manière encore plus horrible eX plus cruelle. H est , ce Dieu sauveur, il est parmi eux, il est réellement dans nos temples, non pas seulement pour les instruh^e , mais pour leur donner sa propre chair à manger et son propre sang à boire ; et néanmoins , chose détestable ! il se trouve des chrétiens, plusieurs même, qui ne rougissent pas de Toutrager dans le sacrement de son amour, de lui insulter, de le traiter de la manière la plus indigne , en le recevant avec une conscience criminelle ! Ah ! M. F. , comment nos entrailles pourroient-elles n'être pas émues du zèle le plus ardent, contre une action si monstiiieuse ? Âh! que n'ai-:je toute l'éloquence des plus grands docteurs , toute l'ardeur des Chérubins, pour vous faire un juste portrait de Tindigue communion , et vous en donner toute l'horreur qu'elle mérite ? O mon Jésus, il s'agit ici de votre gloire, il s'agit de vous épargner les outrages les plus sànglans , et de détourner de dessus meg Miditeurs vos châtimens les plus rigoureux 5 lonu IL H
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donnez à votre parole une force nouvelle; mettez dans ma bouche des expressions toutes de feu , et préparez vous-mêmes ceux qui vont m^entendre , à profiter de ce que j*ai à leur dire de la part de J. C. De tous les sacrilèges, il n'en est point qui soit plus à craindre que celui d'une indigne communion, pour deux raisons que je vais vous développer ; écoutez-les attentivement. La communion indigne est, de tous les sacrilèges, le plus énorme en' lui-même et par sa nature; c'est le plus odieux dans ses circonstances; c'est enfin le plus funeste dans ses suites. En combien de manières le commet-on, et comment faut-il s'en préserver? C'est tout ce qui fera la matière de cet entretien.