‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de ToulChapitre 19 sur 39 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

Le sacrifice est un acte de la vertu de religion , par lequel iin Prêtre légitime offre à Dieu une chose sensible qu'il consacre et qu'il détruit , en quelque manière , en son honneur. Le sacrifice est essentiel à la vraie religion, parce que c'est un hommage qui est dû essentiellement à Dieu, pour reconnoître son souverain domaine sur les créatures, pour satisfaire à sa justice, le remercier de ses bienfaits et obtenir de sa bonté les biens dont on a besoin. Aussi y a-t-il eu de

igo Pour le Dimanche

tout temps des sacrifices. (On dira quelque chose des sacrifices de la loi de nature et de la loi écrite.) Mais qu'étoit-ce que ces sacrifices? Et quelle vertu pou voient-ils avoir pour rendre à Dieu l'honneur qu'il mérite ?

Ils n'étoient pas capables par eux-mêmes de le glorifier autant qu'il en est digne, ni d'ap- * paiser sa colère , ni de le remercier, de ses bienfaits, ni d'en obtenir de nouvelles grâces; il étoit impossible que les péchés fussent effacés par le sang des taureaux et des boucs. Qu'a fait le Fils de Dieu en entrant dans le monde ? L'Apôtre nous l'apprend dans celte letti'e- Vous n'avez pas voulu de victimes et d'oblations ; les holocaustes et les sacrifices pour les péchés ne vous ont pas été agréables. (Par les victimes et les oblations, l'Apôtre entend tout ce qui s'ofiroit d'animé ou d'inanimé^ pour remercier Dieu, ou pour obtenir quelque grâce; par les holocaustes et par les sacrifices pour le péché, il entend les sacrifices qui étoient offerts pour honorer Dieu comme souverain maître, et pour expier les péchés.) Vous m'avez formé un corps propre à vous être immolé ; je viens , selon qu'il est écrit de moi , pour accomplir votre volonté ,. et suppléer à l'impuissance de tous. les anciens sacrifices : Ecce çenio^ ut fûdam ^ Deus , çfôlunfatem tuam. Voilà , M. F. , comment J. C. s'est offert pour être le Cîrand-

de la Passion* tqi

Prêtre de la loi nouvelle ; il a exécuté à la lettre, en mourant sur la croix, ce qu'il avoit dit en entrant dans le monde. C'est de ce sacrifice offert par J. G. à la fin de sa vie, que parle l'Apôtre dans Tépitre de ce jour, lorsqu'il dit que J. G. venant à paroitre comme le Pontife des biens futurs , c'est-à-dire , comme le Grand-Prêtre qui devoit nous acquérir les biens célestes , est enti*é une fois dans le sanctuaire , non avec le sang des boucs et des veaux , mais avec son propre sang. H nous donne de ce saciifice sanglant la plus haute idée ; il assure que tous les sacrifices anciens n'en étoient que l'ombre : Umbram habens futurorum bonorum. Et quelle différence en effet, M. F., entre le sacrifice de la croix et les sacrifices des anciens? Jugezen par la différence du Prêtre et de l'hostie offerte, et des effets du sacrifice. Dans les sacrifices anciens qui ont été offerts par les patriarches dans la loi de nature , et par Aaron et ses successeurs dans la loi écrite , qui étoient les Prêtres , et quelles victimes offroient-ils? Les Prêtres étoient des hommes imparfaits , pécheurs et coupal^les de péchés; tes victiiE^es qu'ils sacrifioient étoient ou des fruits de la ten^e, ou des animaux; mais dans le sacrifice de la loi nouvelle , qui est le Prêtre, et quelle en est la' victime? G'est un Dieu qui, ayant bien voulu s'unir à notre

jg2 Pour le Dimanche

nature, s*est oQert lui-même, et a répaïuk son sang pour la gloire de son Père et pour notice salut. Ah ! qui pourroit dignement relever la grandeur de ce sacrifice ? Mais personne , ni les hommes, ni les anges , ne peuvent ni l'exprimer, ni la comprendre. Réjouissons-nous , M. F. , de ce que Dieu a reçu par ce sacrifice un lionneur infini ; parce que celui qui se sacrifioit étoit d'une dignité infinie , et il n'en falloit pas moins pour que Dieu fût glorifié en Dieu. Mais ce n'a pas été seulement pour sa gloire que L C. s'est ofiert eu sacrifice, ça été aussi pour notre propre salut, pour satisfaire à la justice de son Père, etc. ce qui a fait dire à S. Paul^ que Dieu nous a reconciliés avec lui-même par J. C. Deus erat in Chrisfo mundum reconcUiaas sibi.^iL. Cor. 5.)

Et quelle a été la vertu de ce sacrifice î Elle a été infinie; jamais elle ne pourra être épuisée. Ce n'est qu'en vertu de ce sacrifice que nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés : c'est le prix de ce grand sacrifice qui nous est appliqué dans celui de la messe ^ et dans les sacremens; en un mot, toutes les gi-âces qui n'ont jamais été accordées aux hommes , que nous recevons , et qui seront accordées jusxju'à la fin du monde, ne sont rien autre chose que les fruits de cet unique sacrifice; et comme parle S* Paul,

par

de la Passion. ig3

ysr cette seule oblation , J. C. a pleinement latisfait à la justice de son Père et nous a nérité tout ce dont nous avons besoin pour nous sanctifier et arriver au comble de la perfection: Unâ oblatione consumina%>it in sem- TÙemum sanctificatos. Tous nos sacre uens empruntent de lui toute leur vertu; et ils sont comme des canaux par où le fruit nous en est communiqué. Toutes nos bonnes œuvres en tirent toute leur valeur ; et sans lui elles ne seroient d*aucun prix devant Dieu. Enfin, sa vertu est ^. si abondante, que quand les hommes se multiplieroient à l'infini , et que leoi'S iniquités seroient également multipliées, ce seul sacrifice seroit suffisant pour les rendre sûnts. Und oblatione , etc.

Quel sujet de consolation , M. F. , d*avoir un tel pontife , qui a satisfait pour tous nos lâchés, et qui étant Dieu, le Saint des Saints, et comme l'appelle S. Paul , innocent , sans aucune tache , éloigné de tout commerce ^ec les' pécheurs , c'est-à-dire , de leurs dér^lemens et de lem^s vices, est placé audessus des cieux, et toujours en état de sauver ceux qui s'adressent à lui étant toujoms vivant pour intercéder en notre faveur: Pon^' iifeis sanctus ^ innocens^ impollutus^ salvare in perpetmim potest accedentes per semetipsum ad Deum.

Qui, M. F*, J, C est toujours vivant, Tome IL I

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et il exerce encore dans le ciel , en notre faveur , les fonctions de son sacerdoce ; assis à la droite de son Père , il est notre médiateur : c'est le nom que lui donne S. Paul dans Tépître de ce jour: Novi iestamenli mt" diator est ; c'est-à-dire , qu*en qualité d'homme il est encore dans le Ciel notre avocat , notre intercesseur; et après avoir fait notre paix avec son Père en mourant sur la croix, il veut bien encore nous servir d'intercesseur auprès de lui, afin que les mérites de sa mort nous soient appliqués.

Voyez donc , M. F. , quelle est la prééminence du sacrifice de la croix sur tous les autres sacrifices, non-seulement quanta la qualité du Prêtre, mais encore quant à la vertu et aux effets de ce sacrifice. Les sacrifices anciens ne pouvoient par eux-mé* me$ que purifier le corps ; mais la vertu de celui-ci s'étend sur nos âmes ; elle s'étend à tous les temps , à tous les hommes ; il ne tiendra qu'à nous d'en ressentir les fmits dans le temps et dans l'éternité. Quel malheur , M. F., si nous refusons d'en profiter.

Rendons des actions de grâces à ce Dieu Sauveur, qui a bien voulu s'immoler .pour nous; occupons-nous durant cette quinzaine de ce que tout son amour lui a fait endurer; mettons-nous en état de participer à Tabondance de sa réception; prenons bien garde

de la Passion. ij)j

tJètre du nombre de ceux qui , par une ini|radtude énorme , a])usent du prix de sou Mg. Renouvelez votre attention , je vais Iwos en dire deux mots*

IL POINT

Quelque excellent que soit le sacrifice de croix, quelque excellente que soit sa vertu, 3 est cependant beaucoup de chrétiens qui D'en profitent pas , et qui, bien loin de témoigner à X C. leur reconnoissance , en faisant un saint usage des moyens qu'il leur a laissés pour ressentir les fî'uits de sa Passion , en dbosent indignement. Est-il donc vrai que beaucoup de chrétiens anéantissent , pour «insi dire^ à leur égard , la vertu du :sacri- Sec de la croix ? Est-il vrai qu'ils profanent k sang que 5. G. a répandu pour eux ? Oui , M. F. , et plût à Dieu que le nombre en HtA. moins grand ! Cest même en ce temps , plus qu'en tout autre, qu'ils donnent dans cette horrible profanation ; dans ce temps , tlis-je, où J. C. désire infiniment de leur communiquer les mérites de son sang avec QDe sainte profusion. H le fait dans les saintes câ^monies que l'Eglise pratique durant cette quinzaine; il le fait sur-tout dans les sacremens de Pénitence et d'Eucharistie. Mais qu'il est peu de fidèles qui entrent dans ses vues !

196 Pour le Dimanche

Coin!):cn au coutrahe , qui, bien loin de se sanctifier dans ce temps Pascbal, ne font qu'augmenter leurs crimes et outrager de nouveau ce Dieu Sauveur. ( Ici ou fera quelq[ues détails des cérémonies de l'Eglise durant ces deux semaines , et de tout ce qu'elle fait pour engager ses enfans à participer aux fruits de sa Passion. ) Mais hélas ! il n'est presque personne qui seconde ses intentions ; on néglige ses offices; on y assiste sans l'esprit intérieur; on ne rentre pas en soi-même par mie sérieuse méditation des soufiiances de Jésus. Le jeûne n^est pas plus exact que dans le Carême ; on ne veut presque rien souffrir pour accomplir dans sa chair ce qui manque à la Passion du Sauveur.

Ce n'est pas là tout le mal ; ce qu'il y a de plus étrange , c'est l'abus énorme que font quantité de chrétiens du sacrement de Pénitence et de la divine Eucharistie. Qui peut y penser sans douleur? Us renouvellent en quelque sorte , par la manière dont ils les reçoivent » le sacrifice du Calvaire. ( On exposera Tabus qu'on fait du sang du Sauveur, par les mauvaises confessions et les communions indignes', et comment en même temps on renouvelle sa Passion. ) On la commence , pour ainsi dire , en recevant mal le sacrement de Pénitence ; on la continue , en s'approchant de la sainte table , après une confession insuffisante ; et

,1 de la Passion* to?

liD la consomme, en faisant mourir spirituel-

j '^Êksneat J. C. dans son cœm* , en Vw attnclianr , (7e 5 iM ... . .

pour ainsi dire, sur un gibet mille fois plus

îiSffle que celui de la croix. ( Tout cela de- Bunde quelque étendue. )

Quel abus , M. F. , qu*il est criminel ! Peut-il Are trop sévèrement puni ? On se servira, pour le faire connoitre , d'une comparaison Knsible , prise d'un prince qui se scroit livré à la mort pour expier la rébellion d'un ^1 mjet envers son père ; et encore de celle ** I d'un Roi qui auroit invité un de ses courtisans à manger avec lui. Que diroit-on du premier, s'il méprisoit la grâce que le prince hi avoit obtenue , s'il refusoit d'avouer sa faute, ou s'il consen^oit toujours le même esprit de rébellion contre le Roi ? De quel châtiment ne seroit pas punissable le second , qui, allant à la table du prince , caclieroit un poignard dont il perceroit le Roi à sa table

même.

Tel et infiniment plus criminel encore est

l'abus que les chrétiens font du sang de J. C. en s'approchant en mauvais état des sacremens. Ah ! M. F. , ne vous en rendez pas coupables ; que le sang de J. C. ne crie pas contre vous. (Trait du meurtre d'Abel.) Quid fecisii ? dit le Seigneur à Caïn , pox sanguinîs frafris tut clamai ad me de ierrâ : nunc igUur ma-ledictus eris super ferram^ quœ aperuît os suum^

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et suscepit sanguinem fratris lui de manu tuâ. Ak 9 M. F. , quel reproche ne fera pas le Sei-^ gneur à ceux qui auront répandu indignemerK^ et cruellement le sang de son Fils ? Son saa^' ne demandera t-il pas continuellement vea'^ geance contre les impies ? La malédiction d«^ Seigneur ne tombera- 1- elle pas sur eux ? (^iSfaut bien faii*e valoir cette histoire ; elle esS capal>le de faire impression. ) Ne vous livr^ cependant pas , chrétiens , au désespoir ; tt vous avez eu le malheur d'imiter Caïn danf son crime , ne Timitez pas dans son défaut de ^ confiance; et ne dites pas : Major est iniquilaî .-^ meay etc. Je vous Tai dit y la vertu du sacrifice de la croix est indnie; approchez- vous du -^ tribunal de la pénitence avec un cœur vraiment -^ contrit ; et ce Dieu iniiniment indulgent vou" ^ dra bien vous accorder le pardon. Unissez- .

vous h lui dans les saints mystères que nous ,, allons célébrer, et où J. C. lui-même va s'imr ^ moler par nos mains. Témoignez-lui, pen^ ^ dant cette messe ^ votre reconnoissance, pour l'amour infini qui Ta porté h mourir pour vous. Demandez-lui qu'il élève votive esprit pour comprendre de plus en plus la grandeur et l'efficace de ce sacrifice sanglant ; suppliez-le de vous pardonner l'abus et le mépris que vous en avez faits ; promettez-lui que vous n'abuserez plus des grâces qu'il voudra bien vous accorder ; si vous n'avez pas ei^-

de laF assion» 199

eore travaillé sérieusement à vous purifier, ne différez pas davantage. (. On pourra produire , en forme de prières , ces résolutions qu^on vient d'indiquer. On adressera soi-même une prière à J. C Les oraisons de la messe y de la collecte , de la secrette et de la post* communion sont très-propres pour cela. )

n faut observer , avant que de finir ce qui regarde ce dimanche , que comme l'office du dimanche suivant est fort long , il seroit trèsà-propos de préparer les peuples, dès ce jour , à cette cérémonie , particulièrement à la bénédiction des rameaux , à la procession qui se fait ensuite et à la passion qui se chante. 11 ne seroit plus temps de le faire , quand ces cérémonies seroient finies. Ainsi un Pasteur doit en parler , ou à la messe de ce jour , ou aux vêpres. Un catéchisme sur ces cérémonies seroit très- instructif; du moins ne doit-on pas omettre d'en dire quelque chose avant de commencer son catéchisme ordinaire , en faisant quelques demandes sur la semaine qui suit immédiatement celle de la Passion : pourquoi ce dimanche est-il appelé le dimanche des rameaux ou des palmes ?

Pourquoi benit-on ces rameaux ? Et que demande-t-on pour les fidèles en les bénissant ? Pourquoi fait-on une procession? Qi^e signifiet-elle ? Dans quel esprit doit-on y assister ? D'où vient qu'au retour de la procession on

200 Pour le Dimanche

frcippe trois fois à la porte de Téglise avant que de l'ouvrir ? Pourquoi enfin lit-on à la messe Thistoire de la Passion ? Il seroit honteux pour un Pasteur que ses paroissiens assistassent à ces cérémonies sans en savoir la fin.

Nous avons déjà averti plus haut que la Fête de la compassion de la sainte Vierge tombe cette semaine , et qu'il est de la piété du Pasteur d'exhorter ses paroissiens à honorer d'une manière particulière , la compassion de la sainte Vierge. Ce seroit bien de les assembler ce jom'-là sur le soir , si on le pouvoit commodément, pour chanter la complainte Siahat Mater^ etc. On accompagnei oit celte complainte d'un entretien sur la fêle de la compassion de la Ste. Vierge, ou de Notre-Daime de pitié 9 que d'autres appellent la fête des souffrances de la Ste. Vierge , de la Notre- Dame des sept douleurs. ( Voyez le Père Croiset dans son année chrétienne , tom. 3.

le Père Nepveu dans ses réflexions , tom. a. pour le samedi-saint. ) Il suffit de lire attentivement l'office du nouveau bréviaire. Après avoir. dit quelque chose de l'institution de cette fête , on expliquera quelles ont été les souffrances de la sainte Vierge, durant la Passion Je son Fils , particulièrement sur le Calvaire : on enseignera ensuite ce que nous devons à Marie , en reconnoissance de ce qu elle a souffert pour nous.

des hameaux. 201

Pour le dimanche des Rameaux.

[ous sommes arrivés à la dernière semaine i\k Cai*cme , appelée par excellence la semaine sainte , la grande semaine , la semaine pénale ou péneuse« Tout y est grand en ef^ lèt; tout y est saint; tout nous y rappelle les grands travaux de J. C. notre Rédempteur ; tout nous y excite à participer h ses peines. H y a tant et de si belles choses à dire sur cette semaine , qu*à moins qu*un Pasteur ne rassemble plusieurs fois son peuple pour l'en instruire, il lui en laissera ignorer plusieurs , dont il seroit très-important que chaque fidèle eût connoissance. Il en dira déjà quelque chose en ce jour le matin et le soir ; mais il ne doit pas s'en tenir là. S'il \eut faire bien entrer les fidèles dans l'esprit de VEglise , il sera très-à-propos de leur parler les jours suivans , ou le matin, ou le soir, sur les diiTérens offices qui se feront durant le cours de la semaine. Après les avoir préparés dimanche dernier à la cérémonie de la bénédiction des rameaux et à la procession qui se fait ensuite , il prendra pour sujet de son prône de ce jour, ce qui regarde la semaine sainte , je veux dire ce que Ton en doit penser , et comment on doit la pas-

502 pour le Dimanche

ser; ou s'il veut en parler dans un ^^^jL cliisme Taprès-dîner , il traitera !e matîr^ Tentiée triomphante de J. C. dans iér^^ ^ lem; ce qui est le sujet de l'évangile 9^^ fig^ lit après la bénédiction des rameaux« Êt^^ ^ il trouvera dans Tépitre de quoi instn^ son peuple sur les vertus et les sonffraD de J. C. , de quoi l'exhorter à se confont^^^' à ses sentimens. Voici les trois objets dX0^ quels il peut s'arrêter : le premier , c'est '^ semaine sainte ; le second, le mystère de l'< trée glorieuse de J. C dans Jérusalem; 1^ troisième^ la Passion du Sauveur. On va dir^ quelque chose de la manière de traiter chacun de ces sujets. Voyez le sei^mon 4^ <^c St Ambroise, pour le dimanche des Rameaux»

Voyez aussi le s. et le 4- sermon de S»

Bernard , pour le même dimanche ; et le commencement de son sermon pour le mer^ credi de la semaine sainte.

La semaine que nous commençons est ap* pelée par excellence la grande semaine, la semaine sainte, la semaine péneuse ou pénaléi Depuis l'établi.ssement de TËglise, elle a tonfours été distinguée des autres semaines de l'année ; et tout véritable fidèle s'est tonjour» fait un devoir de la passer p'us saintement qu'aucune autre. Je dois , M. Fl , ranimer votre piété et exciter votre ferveur , pour bien firûr cette quarantaine ^ et passer cette

aK f ., ^^ ^ i.-trc passée •» , „ Tîo^ ' ^: demande à;etve P ^^,, s q^ Vannée qviv d* ^^^^e-cu -L-^^ ^^,^es àx^f de te\^S^*^^ ,Tdaos tous \« « • \es «^5

2o4 Pour le Dimanche

les pécheurs même et les libertins qui ,'cIè le reste de Tannée , vivoient sans presque cun sentiment de religion , ne peuvent s^eoK pêcher d'en montrer pendant ces grands jomv ( On donnera de Tétendue à toutes ces preuve^ ^ de sorte cependant que l'instruction se fine cum breintaiê sermonis. ) Je dis, i.® les noms que Ton donne à cette semaine nous engagent à la passer plus saintement qu'aucune autret Toutes les semaines de Tannée peuvent être appelées saintes ; parce qu'il n'en est aucune oh nous ne soyions obligés de vivre ssôntement , en rapportant à Dieu tout ce que nous y faisons ; mais il faut avouer qu'il en est oik Dieu exige de nous plus de religion. Telle est, M. F. , celle où nous sommes , aussi' Tappelle-t-on sainte, nom qui n'est donné qu*à elle seule ; et pourquoi sainte ? Sinon parce que Ton y doit faire plus d'œuvres de sainteté, qu'on y doit honorer davantage le Saint des Saints, qui, durant cette semaine, a opéré Touvrage de notre rédemption. On lui donne aussi , pour les mêmes raisons , le nom de grande semaine , h cause des grands mystères qui font Tobjet de la dévotion des fidèles; à cause des grandes grâces que J. G. nous a méritées en ces jours de salut; des grandes vertus dont J. G. nous a donné Texemple , et de la grande pénitence que nous devons y fsùre. De4k encore elle est appelée semaine

des Rameaux. ao5

.^1 Peoale, ou péneuse, semaine laborieuse; et j? J ''^ Ci*^^ rappellent semaine de la croix , de doulears et de supplices. Je vous le demande, KF. , quel est le fidèle qui, en pensant au oom seul de la semaine sainte , ne se sente odté à quelques mouvemens extraordinaiies de dévotion , sur-tout s'il veut faire quelque attention à l'esprit de l'Eglise, aux difi'érentes cérémonies qu'elle met sous nos yeux ? ( On ea fera ici quelques petits détails. ) On commencera par celle que l'on vient de faire , on rappellera l'entrée glorieuse du Sauveur dans Jérusalem , et en même temps l'opprobre et les tourmens de l'homme-Dicu, que tEglise mêle en ce jour avec la solennité du triomphe de J. G. entrant dans la ville. On pourra se servir de ces belles paroles de S.

Bernard : Çuid sîbi pult mirabilis ista conjunciioy mi quid cogitaperunt pufres nosiri Passionem adùnfes processioni? Qu'est-ce qui a engagé l'Eglise à nous faire déjà en ce jour la lecture de la Passion du Sauveur, qui n'est arrivée que cinq joui^ après son entrée dans Jéruralem ? Passio cui addita est , càm ferid sextd constat esse secutam. C'est, M. F. , pour vous faire entrer ^ dès ce jour, dans les sentimens que J. C. lui-même conserva au milieu de son triomphe , pendant lequel il ctoit occupé de sa Passion, du sacrifice qu'il devoit faire dans quelques jours ; c'est pour cela qu'au

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retour de la procession que nous venons de faire, nous nous sommes arrêtés à la parte de Téglise qui étoit fermée. Nous Tavonsf frappée par trois fois avec le pied de la croix que nous portions; marquant par -là que ce n*est que la vertu de la mort, que J. C. a soufferte sur la croix ^ qui nous a mérite le pardon de nos péchés et l'entrée dans le ciel. Toutes les autres cérémonies , et tous les offices des jours prochains ne sont pas moins propres à faire naitre dans nos cœurs des mouvemens d'une dévotion particulière. Tout y est touchant, tout y est lugubre. Nous serons uniquement occupée des mystères de notre rédemption. Nous li-:

rons à la messe, en ces trois jours difierens ^ la Passion du Sauveur qui a été écrite par S. Marc, S. Luc et S. Jean , après l'avoir lue aujourd'hui selon que S. Matthieu Ta rapportée , le mercredi et le jeudi saints , l'adoration de la ci^oix le vendredi saint ; tout en \in mot annonce la grandeur , la sainteté de cette semaine, et crie hautement à chaque fidèle , qu'il doit faire éclater plus que jamais la foi qu'il professe, et l'amour qu'il doit à un Dieu qui a tant fait et souffert pour lui.

C'est de quoi on étpît persuadé dès l'établissement du christianisme ; que c'étoit pour tout fidèle une obligation indispensable de

des RameauXm 207

^* içnaJer ce temps-ci par des œuvres parti- > • ■ caiféres de dévotion* Aussi les vrais fidèles , jl fioNils toujours été plus exacts a observer k jeàne dans cette semaine , que dans le leste du Carême, plas recueillis, plus occupés ées mystères de la Passion du Sauveur. ( Ou « servîi'a ici de ce qui est dit dans le cours de notre office , dans les ]e;ons tirées de S. fiei*nard : Unit^ersi christiani sacram hauc sepiîmam^ aut pro sollfo^ mit prœier solUum coinnfj moiestiam, exhibent , humllilatem seclautur , 1/2dutmt gravitatem^ ut Chrislo patîenll quoiam modo compati videantur. Quis enim tam irretigiosus qui non compungatur^ etc. On ne peut rien dire de mieux que ce qu'a éant ce saint docteur en cet endroit. )

Quoi de plus juste , M- F. , que de renouveler notre dévotion en ces saints jours ? Et ne seroit-ce pas en quelque façon, renoncer à sa religion; ne faudroit-il pas en avoir dé^ pouillé presque tous les sentimens , pour n'être pas plus touché que dans tout le reste de Tannée ?

Est-ce ainsi , M. F. , que vous l'avez regardée jusqu'à présent, cette semaine? Ne l'avez-vous pas passée les années précédentes, sans faire le moindre effort pour vous conformer à Tesprit de l'Eglise? N'y en a-t-il pas même parmi vous, qui l'ont p^^ée dans le crime? Ne sontce pas ces saints jours que vous avez choisis

2o8 Tour le Dimanche

pour commette vos injustices; ou pour v< insulter J. C. jusques dans son saint templo r Peut-être Tavez-vous profanée par vos commit* nions sacrilèges ; ou si vous n'avez pas poussa l'irréligion )usqu*à ce point, n'avez-vous pai^^ été aussi occupés de vos affaires temporellep -^ en cette semaine, que dans les auti*es?.A; ' peine vous a-t-on vus assister à la messe k dimanche des rameaux^ et adorer quelques '^^ momens la croix du Sauveur le vendredi sainL Ah! M. F., quelle honte pour des chrétiens) .^ et qu'une telle conduite marque bien peu de foi dans la plupart !

Réveillez-la aujourd'hui ; réparez votre négligence des années précédentes; apprenes ce que vous avez à faire pour passer cette semaine dans la sainteté que l'Eglise demande de vous.

IL POINT

En quoi consiste la sainteté particulière que vous devez faire paroître dans cette semaine ? En cinq choses principales, La première , à observer l'abstinence et le jeûne conmiandés , avec une plus grande exactitude que le reste du Carême; la seconde, à donner plus de temps à la prière; la troisième, à vous réveiller plus souvent, pour vous occuper des mystères que l'Eglise honore ; la quatrième, à assister, autant que vous le pourrez,

des Rameaux» 209

aux offices divins , mercredi , vendredi et samedi; la cinquième enfin , à vous disposer aux sacremens de Pénitence et d'Eucharistie, si voua ne les avez pas encore reçus.

Vous devez premièrement pratiquer Tabstinence et le jeûne avec plus d'exactitude. Vous savez, M. F.j pourquoi le jeûne du Carême est institué; c'est en l'honneur du jeûne que J. C. pratiqua pour nous pendant quarante jours, avant que de commencer sa vie publique. Mais comme ce divin Sauveur n'a jamais plus souffert pour nous, que pendant le temps de sa Passion , dont nous solennisons la mémoire en celte semaine ; rien n'est plus juste aussi que de faire , pour son honneur, plus de pénitence en ce temps-ci qu'en tout autre. Combien , M. F., n'y a-t-il pas d'ames chrétiennes renfeimées dans les cloîtres, qui exercent sur leur corps , durant ces saints jours, une sainte cruauté? ( On dira quelque chose des austérités qui se pratiquent par beaucoup de chrétiens. Si on parle à la campagne , on invitera les peuples à jeûner le mercredi et le vendredi saint , et même à se priver chaque jour d'une partie de leur nourriture. Anciennement, selon S. Basile et même selon S. Bernard, tout le monde jeûnoit.

Si on parle à la ville, on insistera davantage sur l'obligation où sont les personnes qu'une raison légitime ne dispense pas du

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jeûne , de se mortifier| plus que le du Carême. Enfin, en quelque lieu que Yot^ instruise, on reconunandera la pratique àt^ jeûne spirituel. )

La seconde chose que vous avez à faire ^ :

M. F., pour bien sanctifier cette semaine i^ c*est de donner plus de temps h la prierai Quoique en tout temps un chrétien doive fairei de la prière une de ses principales actions, on peut dire qu'il n'en est point oîi Fondoive plus s'y s'appliquer qu'en celui-ci. C'est à quoi l'Eglise nons invite assez par soa exemple, par la longueur de ses officies et de ses cérémonies. Il y a eu des siècles dans l'Eglise où cette semaine étoit chommée toute entière, afin que chacun pût vaquer plus librement et plus souvent à l'oraison. Ayez donc soin, M. F., de faire, tous les jours de cette semaine, quelques prières particu- lières ; unissez-les sur-tout à celles que J. C* a faites aux approches de sa Passion , et dans le temps même qu'il l'endm'a. Pour pouvoir vaquer à la prière plus long-temps et plus souvent qu'à l'ordinaire , il est besoin de vous retirer quelque temps de vos occupations , autant que votre état vous le permet Soyez plus recueillis, plus silencieux , pour honorer le silence de J. C ; ne passez aucun jour sans faire quelques réflexions sur les grands mystères de notre rédemption. Oo

des Hameaux. 911

rëitërera les avis que Toa aura donnés dimanche dernier, de parcourir pendant la semaine les sept stations de la Passion.

Outre le jeûne , la prière et la retraite , vous devez aussi, M. F., sanctifier les derniers jours de la semaine par Tassiduité aux offices. Autrefois on cessoit les occupations serriles , comme je viens de vous le dire ; ks tribunaux de la justice vaquoient; tous assistoient aux offices divins. Du moins , M. F. , qu'il y ait quelqu'un de chaque famille à l'office des ténèbres, que nous ferons les mercredi, jeudi et vendredi proch.iins. Faites en sorte de vous trouver tous le jeudi saint à la messe que nous dirons. Cest le ^aiid jour de l'institution de VEucharistie, et quoique l'Eglise soit toute occupée de la Passion de son divin époux , et qu'elle renvoie la solennité de cette féte après la Pentecôte , elle souhaite cependant que nous témoignions spécialement notre reconnoissance à ce Dieu de bonté , le jour même qu'il nous a accordé cet inestimable bienfait. Venez-y donc M. F., je vous y exhorte de rechef; c'est aussi une louable coutume de plusieurs chrétiens de faire leurs pâques en ce jour. Pour ce qui est du vendredi saint, je vous crois trop pieux pour manquer à l'office de ce jour. On ne dit point de messe dans toute l'Eglise , parce que c'est en ce jour que s'est

212 ^aur le Dimanctie

offert le grand sacrifice de la croix , que IV)i] renouvelle à la messe d'une manière non' sanglante. Si l'on prêche la Passion, comme cela se doit faire en toute paroisse , on exhortera \ venir l'entendre, et à garder , durant ce joor, un profond silence, autant qu'il sera pos« sible. Enfin on avertira de l'office du samedi saint , et en partiailier de la bénédiction du cierge paschal et de celle des fonts.

Mais la meilleure pratique, M. F., la plus excellente et celle à laquelle tontes les autres doivent tendre, c'est de vous préparer à recevoir dignement le sacrement de Pénitence et d'Eucharistie, si vous ne les avez pas encore reçus. Jeûnez , priez, méditez, gardez une religieuse retraite, assistez aux offices, le tout en vue de vous préparer à une digne communion, à faire une véritable Pâques. Et si vous avez déjà satisfait à votre devoir paschîd, faites tout cela pour en conserver la grâce et pour vous y affermir de plus en plus»

Oh! M. F., que de bénédictions célestes ne vous procurerez-vous pas , si vous êtes fidèles à ces exercices ! C'est en cette semaine que J. C. fait pleuvoir ses grâces , et qu'il applique le prix de sa Passion avec plus d'abondance qu'en aucun autre temps de l'année.Mais qui sont ceux qui se mettent en état de les recevoir par leiu* fidélité à se conformer aux intentions de l'Eglise ? Conformez-vous y tous^

des Rameaux. 21 3

.,afin que vous vous sanctifiiez tous duces saints jours, et qu*après avoir par- ' à la Passion de J. C. par des œuvres véritable pénitence , vous participiez ; la joie de sa résurrection.

iispositions qui dowent précéder^ "ompagner et suivre la communion chale*

second sujet qui est à traiter dans ce che 9 et le plus conforme à l'esprit de e en ce jour, c*est l'entrée glorieuse du ir à Jérusalem. Voilà proprement le *e que" VEglise prétend honorer; et tout ^asteur doit s'efforcer de renouveler en le sorte ce triomphe de J. C. en por-> ts fidèles à rendre au Sauveur les honqiû lui sont dûs, spécialement par une communion. H paraphrasera Tévangile bénédiction des rameaux; il en peut une Homélie très-instructive, dont le Toit de faire honorer J.C. par tous les qui s'approcheront de lui dans la union, en le recevant comme leur roi, donnant un empire entier et perpétuel ur cœur.

0ii6 Pour le Dimanche

des dispositions qui doivent précéder , qoS ' j doivent accompagner, et qui doivent suivra ^ la communion pascbale.

L POINT

Je remarque d'abord, que J. C voulant!

faire son entrée glorieuse à Jérusalem, et y'T paroitre, commeles Prophètes Isaie et Z^charitf'J^ Tavoient prédit, en Roi pacifique ^ monté P^à^ une ânesse, ordonna à deux de ses Disciples 9'^ lorsqu'il étoit encore à quelque dislance de ^ Jérusalem , proche de la montagne des Olivierii i il leur ordonna, dis-je, d'aller à un village \ qui étoit devant eux , pour lui amener l'ani-' -j mal sur lequel il devoit entrer dans la ville. \ Allez , leur dit-il , au village qui est devant' vous , vous y trouverez , etc. Les Apôtres exé* entèrent Tordre de leur maître, ils lui ame* . nèrent l'ânesse avec son ânon, et les ayant* couverts de leurs vêtemens , ils le firent monter dessus.

Observez , M. F. , en |)assant , comment J. C fit alors paroître qu*il étoit Dieu , le . maître de tout Instruit de tout ce qui se faisoit dans l'univers , il marque à ses disciples le lieu où ils trouveroient lanimal dont il vouloit se sei^ir , l'état où ils le trouveroient , ce qu'on leur diroit, et de quelle manière on se comporteroit à Jeur égard. C'est ce

même

des Rameaux. s\'j

Biéine Dieu qui connolt tout , qui voit tout ce qui se passe dans le secret de nos cœurs , (pi sait les- passions dont nous sommes esclaves, et sous le joug desquelles nous gémissons: c'est ce même Dieu qui veut, en ce ten^ps de Pâques , faire son entrée dans notre ame ; et je dois vous dire à chacun, ce que le Prophète Zacharie disoit autrefois aux liabitans de Jérusalem: Voici' votre Roi qui vient à vous dans un esprit de douceur , c'est le juste par excellence , c'est voire Sauveur :

Fenii liai mansuetus , justus et salvator. Il vient monté sur une ânesse: Sedens super asiaam. Le voici 9 et il ne tardera pas d'arriver. C'est chez vous, c'est dans votre ame qu'il veut léger ; il vient plein de bonté et de douceur, c'est le véritable Agneau qui ôte les péchés da monde : Ecce agnus Deiy écce qui follU ptecata mundi. Rien à son arrivée ne frappe vos yeux ; il paroît dans un état pauvre , sous les foibles apparences du pain, ipse pauper ; mais n'en doutez pas , c'est votre Roi , le Roi des rois , le Seigneur des seigneurs , des anges et des hommes , le maître absolu de Tuaivers. Il a voulu se renfermer sous cet appareil bumiliaht , il prend la forme du pam, pour gagner votre cœur, pour vous attirer à lui pat l'appas de cette nourriture la plus commune et la plus nécessaire à l'homme , pour vous faire entendre qu'il Tome IL K

1 1 8 Four le Dimanche

vient pour nourrir votre ame et l'enrichir da ses biens. Tous ses trésors sont avec lui, et i vous comblera de ses richesses , si^vous lu faites Taccueil qu*il mérite : Mecum suni di^Utà et gloria^ vous dit-il , opes superhœ et justitim ut dilem diligentes me^ eè thesauros eorum repleam^ ( Prov. 8.) Ah ! quel bonheur pom^ voaS| M. F. , quel jour plus heureux que celui oii vous recevez votre Roi , votre Dieu , votri Sauveur ! Encore une fois réjouissez- vous (C témoignez pul)liqu8meDt voti*e allégresse. Aucun de vous , M. F. , qui n'ait part à cette joie ; c'est pour nous tous et pour chacun de nous qu'il vient; pour vous, riches et grandi du monde ; pour vous , pauvres et misera' bles; pour vous, jeunes gens; c'est pou tout le peuple chrétien. Commencez doiM par animer votre foi sur la grandeur de cela que vous voulez recevoir. C'est , M. F. , 1 première disposition qui doit précéder la cobd munion ; la foi de la présence réelle de J« C sur nos Autels , mais une foi ferme et in^ branlable.

Oui, mon Jésus , devez-vous dire, je croi que vous êtes dans la sainte hostie, vous-mêm qui êtes entré en triomphe à Jérusalem. J le crois fermement , quoique je ne vous voi pas des yeux du corps; je le crois parc que vous l'avez dit; je sais que la tném bonté qui vous a porté à naître pour dov

des Rameaux. irj)

dans tine pauvre étable, à vivre dans les Iravaux, à mourir sur une croix, vous a ren- '. "1 fermé sous les espèces du pain, pour demi»urer ' "■lifcc nous, pour être la nouriiture de nos ''"^iBnes. Vous l'avez dit , cela me suflil ; je le **^| crois; mais augmentez ma foi : Credo ^ Domine \ , 'jt^a incredulUatem meam. (Marc. 9. )

Mais à quoi votre foi doit-elle vous porter , II. F. ? A préparer à Jésus dans votre auie ^1 noe demeure digne de lui.

IL POINT

Notre ame dit S. Âmbroise, est le lieu oii J. C. veut reposer : Omnis (fuippè anima Del esina esL Et comme il fallut qtie les Apôtres déliassent l'ânesse sur laquelle notre Sauveur devoit monter , il faut aussi délier notre ame et la sanctifier, pour qu'elle soit digne de loger le Seigneur ; c'est la seconde disposition qui doit précéder votre communion , Texemption du péché , la pureté du cœur.

Or , permettez-moi de vous le demander , M. F., vous pensez à communier, àcommu* nier peut-être aujourd'hui ou dans le cours de cette semaine ; votre ame est-elle déliée ? Les Disciples du Sauveur , je veux dire , les ministres du sacrement de Pénitence , vous ont-ils absous? Vous savez que c'est à eux que L C« a donné le pouvoir de liei* et de délier;

220 Pour le Dimanche

c'est à eux de vous présenter à lui , de vous envoyer à la sainte table. Avez-vous reçu l'absolution de vos péchés ? N'êtes- vous plus attachés au monde et à vos passions ? Si vous avez fait une confession sincère , si vous étant adressés à un confesseur prudent et zélé pour votre ame, aussi bien que pour la gloire de J. C. vous avez été envoyés à la communion, à la bonne heure; présentez-vous-y, mais que ce soit avec un lespect profond , avec un saint tremblement Le Dieu que vous voulez recevoir est à présent un Dieu de bonté , un Dieu Sauveur : mais il est juste, Ipse justus\ et il exercera toute sa colère contre ceux qui auront outragé son sacrement. Rentrez donc encore en vous-mêmes , sondez vos consciences : Redite ergb ad conscîentlas vesiras ^ charissimi\ vous dit S. Ambroise ; si elles ne vous reprochent rien de considérable , venez au-devant de votre Roi , et imitez ce peuple fidèle qui alla à la rencontre de Jésus. Les Evangélistes vous rapportent que plusieurs de ceux qui étoient venus à Jérusalem pour célébrer la fête de Pâques , ayant appris que Jésus devoit y venir , le prévinrent , et dès qu'ils Teuient rencontré , ils lui rendirent tous les honneurs dont ils étoient capables. Plusieurs étendirent leurs vêtemens sur son passage; d'auties coupoientdes branches aux ar])res, il jonchoient les chemins 1 et s'étant sépai es en deux bandes r

, -/ des Rameaux. 221

^1 hvm précédant Jésus , les autres le suivant ,

/^l toas c^ëbroient ses louanges , et faisoient ^1 reteodr Pair de leurs acclamations. Hosanna^

^^1 l'&noient-ils, au fils de David: béni soit le Diea d'Israël , béni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Hosanna au plus haut des Cieux; ou bien- encore que les Anges, que tons les esprits célestes s'unissent à nous pour célébrer les louanges du Messie , de celui qui vient nous sauver. Qu'il faisoit beau , H. F. , qu'il faisoit beau voir ce peuple fidèle reconnoltre-, par son ingénieuse piété , J. C. pour le vrai Messie ! Quelle gloire pour ce Dieu Jésus de marcher avec ce pieux cortège veis Jérusalem !

Mais qu'aperçois- je, M. F., et quel triste spectacle se présente à moi parmi tant de sujets de joie? Il verse des larmes, en regardant la ville : Videns cmiatem flevit super illam. Et pourquoi , ô mon Sauveur ! vous abandonner à la tristesse, dan un temps où vous avez , ce semble , tant de sujets de vous réjouir? Ah! M. F., il voit le fond des cœurs, il connoît la multitude des pécheurs qui sont dans Jérusalem, il sait que dans peu de jours les habitans de cette ville demanderont sa mort, et qu'en place de ces cris de joie qui retentissent à ses oreilles, il entendra le peuple entier crier à plusieurs reprises: Otez» le, crucifiez-le.

222 Four le Dimanche

Voilà, M. F., le sujet de ses larmes. H c-^t même probable qu'il pleura aussi sur tacil de mauvais chrétiens , qui semblent Thonor^^r en s'approchant de la communion , en IMt reconnoissant à Texlérieur pour leur véritabH-e Roi, et dont les sentimens démentent Tir:»térieur; qui le reçoivent avec un cœur livr*^ au péché , ou qui peu après l'avoir rec vi avec une conscience purifiée, Tabandonnent j lâchement, et le ciucifient en eux-mêmes par j leur rechute. Ah ! M. F., voudriez-vous donC| 1 ressembler à ces Juifs ingrats ? Y aùroit - il parmi vous quelques hypocrites ? Ne vous yerra-t-on pas , vous qui pensez à communier peut-être aujourd'hui, ne vous verra-t-on pas dans quelques jours vous livrer aux mêmes péchés qui ont donné, il n'y a pas longtemps, la mort à votre ame? Disposez- vous à faire rég'ier à jamais J. C. dans vos cœurs; avez -vous i emporté une parfaite victoire sur vos passions, comme ces palmes ou ces rameaux que vous avez en main nous le donnent à entendre? Etes-vous remplis

de l'esprit de J. C. de l'esprit de douceur dont l'olivier est le symbole; en un mot, êtes-vous de véritables chrétiens , de véritables disciples de J. C. ? Voulez -vous vous attacher pour toujours à lui? Si tels sont vos sentimens, venez à la communion, et faites -la avec toute la piété possible. Je vais vous dh*e

des Rameaux 228

encore quelques mots des sentimens qui doivent vous occuper pendant et après la communion.

I I L POINT

N£ perdons pas de vue Jésus dans son entrée à Jérusalem. Comment Jésus fit-il son entrée à Jérusalem , et quels mouvemens exdta-t-il parmi les habitans ? Où se retira-t-il , et que fit-il durant tout le jour? Il y entra xomme un légitime roi^ non pour y exercer une autorité temporelle ; mais pour y régner sar les cœurs. Jusques-là il avoit fait ses voyages i pied, et quoiqu^il fût venu plusieurss fois à Jérusalem , il n*y avoit paru que dans un état pauvre et abject , sans s*être seryi d'aucun équipage. Il y entre aujourd'hui sur un animal; mais jusques dans sa monture, il conserve un esprit de pauvreté; et au lieu d'u:i ornement magnifique dont les riches ont coutume de se servir, il emprunte les vètemens même de ses disciples.

Représentons-nous-le, ce Dieu débonmire, assis sur une ânesse , traversant Jérusalem , plein d'une douce et auguste majesté. A son arrivée toute la ville est émue ; plusieurs frappés de ce spectacle , demandent qui il est: ùmunofa est unwer&a cwifas^ dicens: Quis est hic't Ce qui vous marque, M. F., que plusieurs de «eux qui demeuroient dans Jérusalem ne con-

2a4 pour le Dimanche

noissoient pas J. C. maigre les miracles ëclatans qu'il y avoit opères; ce fut du peuple qui le suivoit qu'ils apprirent que c*étoit Jésus^ le Prophète de Nazareth en Galilée. Cependant , ajoutent les Evangéli>tes , le Sauveur ayant mis pied à terre, quand il fut près du temple , il y entra pour rendre grâces à son Père, et lui rapporter toute la gloire de son triomphe ; et après avoir tout considéré , comme le jour baissoit, il partit avec ses douze Apôtres, et se retira à Béthanie. Voilà, M. F., ce qui se passa au jour de l'entrée triomphante de J. C. à Jérusalem. Qu'en devez-vous conclure pour votre instruction? J. C. par la communion entre dans votre ame , il repose sur votre langue, il est renfermé dans voti'C bouche comme dans un tabernacle; de-là;11 va dans votre poitrine ; il passe , pour ainsi dire, dans les différens membres de votre corps; il se communique sur-tout à votre ame, qui est le temple du Dieu vivant; sa sagesse intime lui fait découvrir jusqu'aux moindres replis de votre cœur.

Jugez , M. F. , quels sentimens vous devez éprouver, tout le temps qu'il veut bien rester dans vous. Avec quelle ferveur de dévotion devez-vous recevoir la sainte hostie, lorsque le Prêtre vous la présente? De quel amour votre cœur ne doit-il pas être embrasé ? Bien dilFérens de plusieurs chrétiens, qui u'ont de

des Rameaux» 32!)

~^ Jkv& aucune connoissance parfaite , vous ^["^V ooDooissez sa bonté, sa graudeur , toutes "^ KS perfections. Ah ! que de diirérens iiiouremens de piété une ame ne doit-elle pas avoir dorant tout le temps qu'elle a le bonheur de posséder J. C. Profitez, M. F., de ces heureux JDomens; n*en laissez échapper aucun ; ef aprî's ?ons être présentés à la sainte table dans la modestie la plus édifîante , dans le recueillement le plus profond, entretenez- vous, api es la communion, avec le doux Jésus , qui vient de prendre possession de vos âmes , abandonnez - TOUS à tous les actes de religion que votre piété vous suggérera ; adorez ce Dieu époux de vos âmes; reconnoissez-le pour votre souverain ; offrez-lui tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes; priez-le de recevoir l'offrande irrévocable que vous lui faites de vos cœurs; employez à tous ces saints actes au moins un quart-d1ieure. Mais prenez garde de ressembler aux Juifs qui, après l'avoir reçu avec tant de pompe dans la ville, le laissèrent partir, sans le presser de demeurer avec eux. Conjurez-le de demeurer toujours avec vous ; et dites lui , comme les deux disciples qui alloient à Emmaiis, et à qui il se fit conooître après sa résurrection: Demeurez avec nous , Seigneur , parce qu'il se fait tard. Ne vous séparez pas de lui, ainsi que les Apôtres qui furent ses fidèles cooi-

226 Pour le Dimanche

pagnons; demandez-lui de sanctifier de { en plus vos âmes; afin que cette commun soit pour vous la source d'une véritable surrection , et un gage de l'inmiorlalité bi heureuse.

Des dispositions prochaines pour bonne communion, et de V action grâces qui doit la suii^re*

I Ton veut traiter plus mëthodiquec les dispositions prochaines à la commun et l'action de grâces qui doit la suivre a un préambule pris de notre évangile, on pliquera, dans un premier point, les di sitions prochaines pour une digne cooi nion; et dans un second, Taction de gi qui doit la suivre.

L'évangile, M. F., en nous proposan ce saint jour l'entrée glorieuse de Jésus Jérusalem, veut que nous nous prépar prochainement à la communion pasch par laquelle ce Dieu Sauveur prend po« sion de nos cœurs. Pour m'acquitter de devoir, je vous parlerai aujourd'hui de la paration prochaine à la communion. Comi devez-vous vous préparer prochainement communion ? En quoi consiste Taction grâces après votre communion ? C'est toi ivij|çt de cet eatretiçn*

des Hameaux* 227

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