‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de ToulChapitre 29 sur 39 · P^w J^ Jy* ffhnanchê · texte numérisé non relu

P^w J^ Jy* ffhnanchê

que rien n'est moins désiré que le ciel ? Si l*oii en ressent de temps en temps quelques impte»sions dans certaines occasions où la foi se ré** veille , ce désir < st comme ceux dont parle le S. Esprit au livre des Proverbes : Desiderlê ûeciduni p'grum ; twluerunt enîm ^uidquam manus ijusopeiarL ( Pi ov. 21. ) Ce sont des désirs foibles , des velléités qai sont , pour ainsi dire , absorbées par les désirs terrestres ; ce sont des désirs passagei^ , que certaines solennités , quelques instructions chrétiennes ^ etc. eicfrfent dans leur cœur, mais qui ne passent point )usqu*à Vaction* Qu'arrive-t-il ? Que la vie se passe dans ces sortes de désirs inefficaces , que la fin de notre cou(*se arrive , sans avoir rien ou presque rien fait qui soit digne du cieL O ! M. F., quel malheur ! Voudriez-vous vous y exposer ? A quoi vous serviroit-il de vous être consumés dans le monde en projets vains et inutiles ? A quoi vous serviroit>il d'avoir fait en ce monde une fortune haute et brillante , si vous perdiez votre place dans les cieux! Mais poun^z-vous la gagner 9 cette place, si vous ne la desirez pas avec plus d*ardeur que vous n'avez fait jusqu'à présent ? Commencez donc, dès ce jour , à être comme il est dit de Daniel, des hommes de désirs.

Desirons le ciel , M. F. ^ mais desirons-le en chrétiens, c'est-à-dire, qu'il soit le premier objet auquel tous les autres se rapportent,

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Tobjet continuel de tons les jours . de tous les âges ; que ce desii soit vif et agissant : Fortis est ut mors dîifctio ; Tamour des biens célestes , dit S. Grégoire le Gi*and , est fort commit la mort ; c'est-à-dire , que com;ne la mort détruit la vie du corps , Tamour de la patrie céleste nous fait mourir à toutes les choses corpore!les.

(Voyez dans les méditations ecclésiastiquesi tome second , pour le mercredi (Je celle semaine , un beau passage de S. Cyprien , tiré de son traité de la mortalité. Voyez au^si les leçons de TofSce de Ste. Agnès, tirées de S. Grégoire ).

On conclura 9 en conjurant les assistans de demander à Jésus ce désir du ciel , qui comme parle S. Grégoire , est un vrai ti^sor : Ï'A^saurus cœieste est regnnm , quem perfectè absor^ b^erii , adterrena desideria , velui insensibHem red-dit. On rappellera aux auditeurs ce qu'on aura déjà dit vers Pâques : Siconsurrexislis cum Christo y fuœ sursùm sunt , quœrîte ; quœ sursùm sont , sa-pif^ , non quœ super terrant. Mortui enim , estis , etc. Et pour récompense : Cûm Christus appa^ ruerit vita vestra , tune et t>os apparebîlis cum ipso in glorid. On leur suggérera de saintes aspirations vers le ciel , qu'ils formeront pendant la se* marne, y portant souvent leurs regards. Les livres de piété sont remplis de ces saintes as^ pirations] on en trouve particulièrement dans

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les confessions de S. Augustin : O dommlmt' nosa et speciosa^ s*écrioit ce saint docteur dans ; un saint transport , dilexi decorem îuiim et locuà habitaiionis gloriœ Domim met : fibi suspiro , peregrinalio mea , et diço ei qui fecit te , i// po&ddeat et me inter te^ quîa fecit et me. ( Lib. 12* cap. i4-'0- O' combien est grande la beaulé et la splendeur de cette maison céleste ! elfe fait tout Vobjet de mon amour. C'est vous, de meure de mon Dieu , que je désire ; je soupire vers TOUS dans mon exil , et je demande sans cesse à celui qui vous a fait , qu'il veuille bien régner en moi, comme il règne en vous , puis* que je suis son ouvrage aussi bien que vous.

( L'oraison du dimanche exprime bien les desirs du ciel ).

Second sujet. Les ai^antages que t Ascension di^ Sauveur a procurés aux hommes.

Un second sujet d'instruction que rçnferme ^évangile de ce jour , et qui convient, aussi bien que le premier, à la semaine, qui précède V Ascension, se trouve dans ces paroles de l'évangile : Veriiafem dico pobfs , expedit t^obis ut egù t^ûdâm : Je vous dis la vérité, il est de TOtre intérêt que [e m'en aille. Cest, dirai-

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on dans l'^^orde , ce que déclara le Sauveur à ses ^isc^pies., dans le discours qu'il leur fit avant de les quitter* Vous vous êtes attristés,' leur dit-il : lorsque fe vous ai annoncé mon départ , et la tristesse que cette nouvelle a portée d^os vos cœurs vous a emjjéchés de me dernsHider où )*allois : je vous dis pourtant la vérité, il est de votre intérêt que je m'en aille: Expedit voMs ut ego mdam.

Qui Teût cru , M. F., que le départ du Sauveur eût é,té plus avantageux pour ses disciples, que sa demeure visible sur la terre?

On n'en peut cependant douter, après la déclaration positive de Jésus lui-même; et quels avantages les disciples en devoient-ils retirer? n y en avoit plm^ieurs. J. G. montant au ciel, alloit leur y préparer des places; son départ, en les purifiant de TaiTection trop humaine qu'ils avoient pour sa personne, les mettoit en état de recevoir l'Esprit Saint dont la venue étoit en même temps et le but et le fruit pi^incipal de 6on Ascension ; et s'il ne les eût quittés visiblement , l'Esprit consolateur ne fut point descendu sur eux: Sinon abîeroy etc.

Mais est-ce seulement pour les Apôtres que le retour de Jésus dans le ciel a dû être avantageux? Non, M. F., c'est pour notre utilité, aussi bien que poi^r la leur, que ce divin Sauveur est monté au ciel; et c est pour nous en faire considérer les ^vantages,e( nous dispcu^r

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à les ressentir, «pie l'Eglise noos rappelle en ce )our ces paroles de J. C que je vous ai citées: Espedit çobis s/, etc.

Parcourons, M. F. , les ayantages que l'Ascension du Sauveur au ciel nous a procura 9 et apprenons en même temps ce que nous avons à faire pour en ressentir les précieox fruits. Vous verez donc dans une première réflexion combien TAscension de Jésus an ciel nous est avantageuse; et dans la seconde, comment nous devons nous préparer à en reàsentir les avantages.

Quoiqu'il semble qu'en traitant ce sujet en ce dimanche, on anticipe la fête de l'Ascen- ' sion , c'est néanmoins se confoimer à l'inlentipn de l'Eglise, qui veut que l'on prépare de bonne heure les peuples aux grandes solennités, et qui nous en donne elle-même l'occasion par l*évangile qu'elle fait lire. On trouvera d'ailleurs assez de nouvelles matières d'instructions pour la fête de l'Ascension, en étudiant comme il faut ce mystère. ( On pourra voir ce qu'en dit S. Thomas, Thomas, 3.

part, quœst 5y et 58. )

Enthe les avantages que l'Ascension du Sauveur a procurés aux hommes, il y en a quatre remaïquables. Le premier, est qu'il a

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ouvert le ciel qui jusques là ayoit ëté fermé aux homoies. Le second > c*est qu*il y est allé préparer une place pour chacun d'eux. Le troisième, est qu'il y est monté pour y faire Toffice d'avocat ou d'intercesseur auprès de son Père en leur faveur. Le quatrième enfin, il y est allé pour envoyer au plutôt l'Esprit saint à ses Apôtres et à tous les vrais fidèles. Quoi de plus estimable, M. F., que ces avantages?

N'est-ce pas bien à juste titre que le Sauveur disoit à ses Apôtres , et à nous en leurs personnes, qu'il étoit de leur intérêt qu'il les quittât visiblement, pour retourner vers celui qui l'a voit envoyé.

Reprenons chacun de ces avantages. C'est une vérité incontestable, que nul honune avant 3. C. n'étoit entré dans le ciel , quelque juste qu'il eût été. Tous les Patriarches de l'ancien Testament, Noé, Abraham, Isaac, etc. les SS.

Pontifes , les SS. Prophètes , le S. Précurseur même , en un mot aucun de ceux qui étoient morts dans la grâce n'avoient eu encore accès dans la Jérusalem céleste. Un lieu , appelé les lymbes , avoit été leur demeure. C'est là que le sauveur descendit après sa mort, pour annoncer à ces saints captifs leur prochaine délivrance. Article de foi que nous faisons profession de croire , lorsque nous disons les paroles du symbole: Descendit ad inféras. C'est cette troupe de justes que le Sauveur emmena

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son Père ; et qu'en tant qiï*H(>iiime ^ il est ëlevé au-dessus de tout ce qui n*est pas Dieu , par conséquent act-dessus de touîs les choetirs des anges et de tous les bienheiu^eux;' que toute puissance lui a été donnée dans le ciel et sur la terre ; et que c*est à lui que nous devons a\oir recours, dans tous nos besoins spirituels, comme à la source de tous les biens de la grâce et de la gloire. Formez , dira-t-on-, M. F. , formez souvent , d-ici à la fête de TAseeiisioB , de ces actes de foi; et quand vous réciterez le symbole, mettez votre attention à bien dire ces paroles : Il est monté au ciel , il est assis à la droite de Dieu le Pèret

Si voire foi de l'Ascension de J. C. est ferme et animée, vous sentirez bientôt votre confiance se ranimer et se renouveler. Ah ! ipie vous dira votre foi ? Que Jésus étant au ciel , vos désirs doivent y être aussi ; que puiscpie votre trésor s'y trouve , votre cœur doit paiement s'y trouver ; elle vous dira que puisque J. C. qui est votre chef, a établi sa daneure étemelle dans le ciel , vous qui êtes ses mem^ bres , vous ne devez plus penser qu'à lui être un jour réunis ; elle vous dira encore que ce divin chef vous y prépare une place ; mais qu'il faut qu'à son exemple , vous travaiUiez à la mériter. Ah ! quelle force et qnel courage ne doit pas vous inspirer cette espéi^ance ! Avec quelie ardeui* ne devez-vous pas soupirer après

le

après Pâqiies. 385

le bonheur qui vous attend ! Rappelez-vous donc souvent, <lurant ce saint temps, que J. C. vous prépare une couronne et un trône éclatans dans le séjour de sa gloire ; dites -vous à vous-mêmes : la couronne de justice m'est réservée , si je veux marcher sur les traces de mon divin maître , si j*ai pour lui pendant ma vie un véritable amour.

Çest principalement par une charité ardente, <]ue vous vous en rendrez dignes. Eh ! pourriez-vous ne le pas aimer , ce divin Sauveur • dans son état de gloire ! Fut-il jamais plus aimsd>le ? Ah ! que ne nous est-il donné d'avoir l]uelque connoissance de la splendeur dont il est environné , de sa beauté infinie , de sa bonté sans mesure ! Quels seroient nos transports pour jouir de sa présence ! Que ne ferions-nous pas ? Que ne souffririons-nous pas pour nous la procurer au plutôt ? Je vais , à ce sujets vous raconter l'histoire d'un saint Maityr , embrasé de Vamour de J. C. et du désir de le voir dans sa gloire, c'est S. Ignace. Ce saint étoit dans une telle impatience de posséder J. C. dans le ciel , qu'étant sur le point de souffrir le martyre, il craignoit que les bêtes féroces, auxquelles il devoit être bientôt exposé , l'épargnassent et perdissent leur fureur à ses pieds , commes elles avoient fait à l'égard d'autres Martyrs. ( Voyez les leçons de ' S. Ignace martyr). On pourra raconter au long lome IL B.

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son histoire , qui est des plus touchantes : oïl insistera sur-tout sur cesparoles prises de la let* tre qu'il écrivit aux Romains , après qu*il eut &i j condamné à être exposé aux betes féroces : Si penire noluerint ( bestiœ ) ego Pi'm faciam , ego mt urgebo ut décorer. 1 gnose Ve mihi ^ filwli , quid wM * prosit 9 ego scio. Nunc incipio Christ! esse discifjÊ^ \ lus , nihll de h's qnœ videnlur desîderans , ut Jesnm Christum im>eniam. Que tous les tounnens da démon viennent fondre sur moi , pourvu que je jouisse au plutôt de J. C.

Ah ! M. F. , qu'un tel amour est bieri rare aujourd'hui ! D'où vient cela? jU'est c|ue nous ne nous appliquons pas assez à réfléchir sur la gloire de Jésus , à laquelle nous devons être associés* Entretenons-nous-en comme les saânts, nous éprouverons les mêmes sentimens qu'eux ; nous ajouterons à notre amour pour Jésus, les actes que la religion doit nous inspirer , d'un profond respect pour son humanité sainte, élevée h la plus haute gloire ; nous lui rendrons nos hommnges les plus profonds ; nous l'adorerons souvent avec toute la cour célesle. Mais, comme de nous-mêmes nous sommes toujours foibles, impuissans, portés sans cesse au mal , il est nécessaire , poirr pouvoir bien exercer les actes de ces vertus, de nous adresser à J. C. même , qui est dans le ciel notre avocat et notre médiateur,. et de le conjurer instamment

apfrès Pâques. 387

cte nous ^envoyer duhaut du ciel le Saint-Esprit qu'il nous a promis.

i Oti finira en prescrivant aux auditeurs les plièi^â^ qu'ils pourront faire, et en leur marquant les ' différentes giâces qu'ils pourront dlStuander à J* C. montant au ciel; on leur dipar egpk quel lieu et en quel temps ils peuvent leâ< demander : c'est sur- tout, leur dira-ton, dâns^ réalise etpendant la sainte messe. Car, M. F. , quoique J. C. ne soit plus visiblement sur la terre, et qu'on ne puisse le voir des yeux: du corps que dans le ciel, il est nëanifi^âs encore vëritablement parmi nous et il a^pi-omis à ses Apôtres, avant que de se séparer d'Jèux pour retourner à son Père, qu'il re8te^oit néanmoins paraii nous, jusqu'à la fin dttS' ^ièclestf Profitez, M. F., de la faveur infinie qttr'il vous a faite ; employez sur-tout le temps de la messe à prier Jésus, qu'il vous préparent recevoir, avec abondance , les'fiuiits précieux de son Ascension.

Pour le V. Dimanche après Pâques. ,

s cinquième dimanche après Pâques est appelé le dimanchqr des Rogations , parce qu'en cette semaine tombent les jours des

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Rogations, ou des prières publiques et solennelles, accompagne'es de processions. CeA aussi parce que l'évangile est une invitation pressante à la prière. Cet évangile est la continuation du seimon que le Sauveur fit à ses Apôtres avant sa Passion, c'est la fin da seizième chapitre de l'évangile selon S. Jeaa

Quçl est le devoir d'un pasteur en ce dimanche? C'est de préparer les peuples à la.

grande fête de l' Ascension, qui tombe le jeudi suivant , et de les instruire de la manière debien passer les trois jours des Rogations. Il est nécessaiie d*en donner aux fidèles une exacte connnpissance; l'on pouiToitse borner à ce sujet dans le prône de ce jour; l'année suivante, on &e contenteroit de rappder en gros ce qu'on en auroit dit la précédente : 09 on en feroit la matière d'un catéchisme, et l'on tireroit son instruction du matin , de l'évangild ou deTépître,

Premier sujet* Sur les Rogations.

ORsqu'oN voudra faire son prône sur les Rogations, on commencera par annoncer la grande fête de l'Ascension ; et on ajoutera qu'elle est précédée de trois jours, appelés jours des Rogations.

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ïeadi prochain, M. F. , c'est la fête de V Ascension de N. S. J. C. au ciel ; c'est la fête de ce grand joar qui fut, pour notre Sauveur, son jour de triomphe et de sa plus grande ijloire, et qui fut en même temps pour nous le rajet de la joie la plus pure et la phis solide. Nul de nous qui ne doive prendre part à la gloire de notre commun maître; puisque, comme nous l'avons dit dimanche dernier, c*est pour chacun de nous qu'il monte au ciel. Préparons-nous donc tous à célébier cette fête avec une singulière dévotion : mettez-vous en état d'approcher des sacremens de Pénitence et d*Euchai*istie avec de saintes dbpositions ; ▼DUS sur-tout qui, depuis Pâques, avez néglige de les recevoir. L'Eglise, toujours attentive h notre sanctification , nous en fournit un moyen dans les Rogations qu'elle a instituées , et qu'elle célèbre ces trois jours prochains. Je vais, M. F. , vous en entretenir; peut-être plusieurs de vous ne sont-ils pas instruits, ni de leur institution, ni de la manière de les sanctifier. Qu'est-ce que le temps des Rogations; et pourquoi ont-elles été instituées? C'est ce que je vous expliquerai dans un premier point. Comment devez- vous passer ces jours des Rogations ? Je vous le dirai dans un

point second.

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