‹ Projets de prônes pour tous les dimanches de l'année, connus sous le nom d'instructions de ToulChapitre 31 sur 39 · ÉVANGILE · texte numérisé non relu

ÉVANGILE

Lorsque Ton s*en tiendra à l*évangile de ce dimanche, les premières paroles expriment nettement le sujet qu'il faut traiter en ce jour, qui est la prière. Elles serviront de texte à un prône sur cette matière. C'est ici proprement le lieu de la traiter à fond ; comme elle est d'une grande étendue , et qu'il y a différens sujets à prendre popr l'expliquer entièrement, il est à propos de comrnencer par bien établir le précepte de la prière , et d'exhorter à ce saint exercice par les motifs les plus pressans. On en viendra ensuite aux difféientes espèces de prières, aux conditions qu'elles doivent avoir pour être efficaces. U n'y a presque aucune cérémonie , ni aucun livre de piété qui n'en ait parlé ; il s'agit de faire choix de ceux qui l'ont traité plus solidement , plus, clairement et plus à la portée des peuples. Les Pasteurs ne peuvent trop s'appliquer à faire régner

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dans leurs paroisses l'esprit d'oraison , comme ik ne peuvent réussir eux-mêmes dans leur ministère 9 s*ild en sont dépourvus. Les peuples De retireront aucun avantage de leurs instructions, 8*il8 négligent le saint exercice de la pricre.

Seeond sujet. De F excellence ^ de la nécessité et de t utilité de la prière*

\Js prendra pour texte les paroles de Tévan- .gile.; Amen , amen dko vohis^ si quid petieritis ^Piftrwi in nonwte meo , dqbU vobis. ( Joan. i6. a3. ) Oest J. C. , M. F., dira-t-on, qui parle ainsi h ses disciples sur le point de les quitter ; ce n*est point seulement pour eux, c'est aussi .pour Qojas qu*il s*e$t expliqué de la sorte. Re- : marquez bien les termes dont il se sert : Amen , .ftmen dicû cobis ; ce n'est pas une simple promesse., c'est une assurance accompagnée de serment. Quoi de plus consolant! Quoi de plus capnble de nous animer et de nous fortifier .dons toutes, les peines et les besoins où nous pouvons nous i^encontrer ! Devroit-on , après une telle promesse faite par un Dieu même , .^tre obligé de porter 1<;6 hommes au saint exercice de la prière ? C'est néanmoins a quoi sont jréd^its les ministres de l'Evùngilc. Il seml^le ,

Xt^ Pcsar Ir f\ Dimanche â vinr li 3és%ezBCcd» beaacoap de carâioig r' k T^.:zxEsr: \ t» prâne . qa'eSe n'est podr ob "^^ i wananr ■t.Frt.-f ^ ctcp'S a'r a !»-<! essos aocane dSlocicc C<-.=s BDêsBe qai s'adonnent à la -^

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tssi z ris €^ "y^^^ 3krfiie «oaTent nne mabère it pftHuêL D» rer.t nae teCe négligence d VL 'jé itms 3Êt là pr^e ? Cest cp'onneresûtt Zi» mrrf ^ oa le i:Troit ; on ne s'est jamais Lu»! scç£]L|tjk^' 'i ea cxx»itre toute l'exceDence ; la ^ aiC pis xa^ez cxprûnca de tindispensaUe si±C)!âirï2èie^:ai^wr à ce saint exercice, et des cr«ai!ti boers qa en rerîennent , quand on s'en ac-.7=.c:e J i urjr'fc* oo dxL Hasiears sont aussi iac;& l'iTse ui! an siKt de la prière , slmagi- =àir.£ c«e c'^st 2?sez de proférer de boDche rormoles d'oraison • sans se mettre !a dévodon do coeor : d'aotresen- £n vi^^ftst ea Enjorais état : ils ne demandent pds ce 'p'i!s dievroient demander ; oo s'ils le ib^rkC . ûs Bunqnect de la confiance et de la perîeT^-.uice . sans lesquelles les prières de- Tâif^stint îcinti!He&.

Vv>îlî , )L F. . nne ample matière d'instmctsecs. GMnme ^ ne pois Texpliqaer toute entière en ce ioor. Je m'appKcjuerai uniquement à v:a> taire conceroir une haute estime de la prière « pour tous porter à en faire dans la Mlle, et sur-tout pendant ces jours prochains^

-après Fâques. 4o5

votre principale occupation. Devez- vous beaucoup estimer la prière ? Oui , M. F-, vous devez la regarder comme un exercice des plus excellens de notre religion : je vous le montrerai dans un premier point. H est pour vous d'mie nécessité absolue , mais en même temps uodes plus avantageux : ce serale second poinS:. ( Quoique ce ne soit pas la coutume de se mettre à genoux à la fin de Texorde des prônes , il conviendroit , ce me semble, de le faire en cette occasion.) Mais pour vous bien parler de la prière , M . F. , je dois commencer par la prière même , tant pour vous que pour moi; disons donc ensemble : Seigneur , appreneznous à prier : Domine ^ doce nos orare. ( Luc. II.) Aidez-nous, par votre grâce, à bien connoitre Texcellence , la nécessité et l'utilité de la prière ; et assistez-nous pour vous prier comme vous le desirez. ( Ou bien on pourroit 5*adresser à la très-sainte Vierge qui a excellé dans la manière de prier , afin qu'elle obtînt de son Fils pour tout l'auditoire , l'esprit d'oraison. )

Pour vous donner unebaute idée de la prière, il suffit , M. F. , de la bien faire connoître. Qu'est-ce que la prière ? Ce n'est point , comme on le croit communément , une simple récitation des prières vocales que l'on trouve dans les livres , ou que Von a apprises , et que Ton

4o8 Tour le V. Dinuuiche

avec quelques personnes du monde ; s^ilsne x.^ passent point tout leur temps , ou du moins ^^^ une grande partie, dans des entretiens frivoles, au grand mépris de la majesté divine qu*ik devroient honorer par leurs prières. On pourra citer ^exemple d* Abraham qui, pénétré de reconnoissance à la vue de la boiûé de Dieu qù lui permettoit de lui parler , s'anéantissoit eu ^-^ sa présence , en lui disant : Loqnar ai Domr num , ( Gen. i8. ) il mettoit son bonheur à réciter sa prière. On ajoutera avec S. Jean Chrysostôme , que c*est le comble de raveuglement et de la folie , que de ne pas profiter de l'honneur que Dieu nous fait i en nous permettant de nous entretenir avec lui : Epidentissùmm signum amentiœ est , non amare hujus honoris magnîtudinemj d'autant plus que Dieu , en nous permettant de lui pailler , nous permet en même temps de lui exposer nos besoins , de lui demander ce que nous desirons , avec promesse d'exaucer nos vœux. Fut-il jamais prince qui ait porté la bonté ji?squ*à promettre , non pas seulement la moitié de son royaume, mais son royaume entier , et qui s*y soit engagé par serment ? Telle est cependant la bonté de notre Dieu ; il jure par lui-même , qu'il nous accordera tout ce que nous lui demandei ons : jimen, amen dico vobîs , etc. ( Morale. )

Est-ce ainsi , M. F. , que vous avez pensé iusqu'à présent de Texercice de la prière ?

Avez

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Avez-vdos été bien convaincus qu*il n*y avoit point de temps dans la journée oh vous fussiez occupés plus honorablement que lorsque voudpriiez ? DemandcfZ pardon d'avoir si souvent préféré la conversation des hommes à celle de Dieu : affectionnez- vous , plus que jamais , au saint exercice de Voraison , et ne prétextez point la multitude de vos affaires , Tembarras de vos ouvrages ; la prière , vous ai-je dit , est une ovation de son esprit et de son cœur à Dieu ; vous le trouverez par- tout , ce souverain maître de l'univers , par-tout vous pouvez l*invbquèr; il est toujours prêt à vous écouter.

Mais si ce premier motif ne suffit pas pour vous inspirer une sainte ardeur de la prière ; en voici deux autres qui feront peut-être pluà d'impression sur vos cœurs. C'est la nécessité et l'utilité de la prière.

IL POINT

Que la prière soit nécessaire à tout chrétien j qu'elle soit de précepte et d'obligation , c'est ce que personne ne peut contester. Les livres saints sont remplis des avertissemens réitérés quele Seigneur nous fait de vaquer à la prière. Que rien ne vous empêche de prier, dit le Sage^, au livre de l'Ecclésiastique, ch. i8. D faut prier toujours, disoit le Sauvem' à ses disciples , sans se lasser jamais : Oportet semper orare , et Tome 11. S

4 îo Tour h V. Dimanche

nunquam deficere. ( Luc j8. ) Veillez et priez , pour ne pas succomber aux tentations. L*Apôtre S. Paul le recommande en quantité d'endroits. La prière n*est donc pas seidement de conseil, mais d*une obligation absolue. Cest , dit le Docteur angélique , un acte de la vertu de religion , et mêm^ un des principaux actes : Peiere , dit-il , caiit sub prœcepio religionis ; oratio est pracipuû inier aclus reiigionis. ( S. Thom. a. quœst 83. art 3. ) Et pourquoi? C*est que par la prière , nous honorons Dieu , nous déclarons qu*il est Tauteur de tous les biens , que ce n'est que de lui que nous pouvons les recevoir. Mais ce qui doit nous y engager davantage , c^est que c'est un moyen nécessaire pour obtenir les biens dont nous avons besoin. Sans la prière, nous ne pouvons ni croire , ni espérer, ni aimer , ni nous repentir comme il faut ; en un mot , point de bonnes œuvres sans la grâce. Et comment se la procurer, cette grâce ? Par la prière. Nul chrétien qui n'y soit obligé , dès qu'il a Tusagc de sa raison , dans tous les âges de sa vie , en quelque état qu'il soit , juste ou pécheur , savant ou ignorant ; ce n'est pas seulement quelquefois dans la vie , mais ti*ès- souvent , qu'il faut prier : Oportet semper orare ; parce que souvent nous sommes tentés ; parce que souvent nous sommes obligés de pratiquer des bonnes œuvres , pour lesquelles la grâce nous est néccssaii'e.

après Pâques. 4 1 ^

On fera biea entendre au peuple cette nécessité de la prière; i.'' du côté de Dieu qui Vordoane ; a.^ du côté de nous-mêmes , de nos propres^ besoins, de notre impuissance à éviter le mid, à pratiquer le bien, sans la grâce ; 3.? du côté de J. C. qui a commencé, continué et consommé Touvrage de notice salut par la prière. ( Application aux auditeurs.) Devez -vous être surpris si jusqu*à présent vous avez succombé à tant de [ tentations? Cest que vous avez négligé la prière , ou que vous l'avez mal faite. Reprenez, M. F., ce saint exercice, si voos Vavez interrompu; vous, sur -tout, pécheurs, persuadez -vous bien que sans la prière, et une prftre humble , fervente et assidue , vous ne sortirez jamais de Tesclavage du démon ; et vous 9 âmes justes, jamais vous ne vous soutiendrez dans la grâce ^ jamais vous n'ar- ] iverez à la persévérance , si vous quittez la prière. Mais aussi sachez , pour votre conso^ lation , que s'il n'est rien de pkis nécessaire, il n'ent rien aussi de plus avantageux.

Les fruits de la prière sont innombrables ; un discours entier sufliroit à peine pour les bien détailler. C'est le remède à tous nos maux corporels et spirituels ; c'est le principe, le commencement et la perfection du salut.

Parcourons les livres saints , nous verrons les merveilleux effets qu'elle a produits dans tous

4 1 ^ Pour h V. Dimmche

les temps. On citera qiidqaes traits d'histoire de l^aocien et da nooTeaa Testament, par ex* jis de ïlovse , lorsqu'il prioit pour le penpk Juif; ;:U de Judith , pour la dâivrance de Bëthulie ; du prophète Elie , dont il est parlé dans tépitre du jour; l'évangile et les actes de»

Apôtres sont remplis de quantité d'exemples des effets de la prière. Chi prouvera encore cette vérité par quelques passées dés Pères > et que la grâce de la persévérance , quoiqu'elle ne puisse se mériter en rigueur de justice^ est néanmoins accordée à une hiiaibl6 prière : et par celui que Von attribue à S. Au* gustin: Verê nook recti vipère çid recfê'mHfù orare; parla pratique de l^glise; elle est si pei-suadée de ta force de la prière , qu'dle y a sans cesse recours , non seulement pour les nécessités spirituelles, mais encore pour les temporelles , sur -tout au temps de la mort.

Combien de fois vous-mêmes, M. F., n'en avez-vous pas fait l'expérience?

En effet, en quelque état que Pon soît, elle nous est salutaire: Trîstatur aliijuis (festrûm^ dit S. Jacques, orel ; œquo anîmo est ^ psailat. ( Jac. 5. ) Etes-vous dans la tribulation ? Invoquez le Psalmiste , il vous en délivrera , il vous aidera àlasupportet-chrétienneaientjelc.

ApL-ès cette exposition de Texcellence , de la nécessité et de l'utilité de la prière , on conclura en ranimant l'ardeur des fidèles pour

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ce saint exercice ; on s'adressera aux jeunes gens , aux pères de famille , aux vieillards , aux justes aussi bien qu'aux pécheurs; on leur fera bien comprendre, que de toute leur journée le temps qu'ils emploient le plus utilement et le plus honorablement, c'est celui qu'ils donnent à la prière. Gardez-vous donc bien , leur dira-t-on , de Tabréger sans une nécessité pressante; ayez vos temps réglés pour vous acquitter de ce devoir indispensable de la religion ; pères et mères , veillez à ce que vos enfans le remplissent , donnez-leur-en vous-*même8 l'exemple; maîtres et maîtresses , laàss€z-en le temps à vos domestiques. ( Il /kut sur-tout Insistei' sur la prière du matin. ) C'est par elle qu'il faut commencer la jour*fiée^ en un mot, M. F. , que vos maisons -Boîent des maisons de prières , et soyez sûrs que Dieu versera ses bénédictions sur elles^; ce seront des maisons chrétiennes , qui ressembleront à celle de la sainte famille de Jésus 9 de Marie et de Joseph ; dont la vie étoit une oraison continuelle. En finissant, on exhortera , si on ne Ta déjà fait , à donner plus de temps à la prière pendant les jours des Kogations; et comme on n'aura pas le temps, dans celte première instruction , de s'étendit sur les conditions de la prière , 00 se contentera de les rapporter en peu de mots , on recommandera sur-tout de prier au nom de J. C. 9 comme il l'ordonne lui-même.

4 1 4 pour le V. Dimanche

Troisième sujet. Sur t amour de

Jésus.

\^uciQU'UK pasteur paisse trouver abondamment dans la cérémonie des Rogations , dans t le précepte de la prière et ses qualités, de ; quoi instruire les paroissiens en ce dimanche; il est cependant un sujet dont notre évangile fait mention et qui mérite une attention singulière, qui est même le but principal des instiiictions pastorales. Cest Tamour de Noti-e- Seigneur J. C On en dit quelque chose à la vérité, lorsqu'on traite les mystères de Notre-Seigneur, dont il n'est aucun qui ne doive exciter notre amour envers lui. On parle en particulier de l'amour de J. G dans FEucharistie', lorsqu'on instruit pendant l'octaVe de la Fête-Dieu. Néanmoins il est trèsconvenable qu'un pasteur consacre une de ses instructions , sur-tout à la 6n du temps paschal , pour imprimer fortement dans le cœur de ses ouailles l'amour du souverain pasteur , qui est descendu du ciel pour racheter ses brebis , qui y remonte pour elles, et qui quitte de nouveau la terre pour aller leur préparer des demeures dans le ciel. Ce sujet bien préparé} fera tou)oui*s beaucoup de ûiiits.

après Pâques i^\o

n faudra d'abord établir solidement les motifs qui engagent à aimer Notre -Seigneur J.

C, et faire voir qu'il est cependant peu aimé; -on indiqueroit ensuite les moyens de se pénétrer de cet amour et les effets qu'ils doivent produire en nous , ou les marques que nous en devons donner au Seigneur. On prendra pour texte de son exord« ces belles paroles de l'Evangile: Ipsepater amatvos quia vosmeamatis^ et creditis quia à pâtre exivL

Qu'il fut consolant pour les Apôtres , d'entendre leur divin maître les assurer que son père les aimoit, et qu*en conséquence de cet amour, il exauceroit les prières qu'ils lui adresseroient en son nom , après qu'il les auroit quittés visiblement pour retoui*ner au ciel.

Qui de vous , M. F. , ne desireroit avoir une telle assurance ? Qui de nous ne souhaite ardemment d'être aimé de Dieu'/ Il ne tient qu'à chacun de nous de le posséder ce divin amour. Aimons J. G. comme ses disciples l'ont aimé ; sojons-lui attachés par les liens d'une amitié inviolable , et ne doutons pas qu'il n'use de retom* , qu'il ne nous aime constamment , et que nous ne soyons aimés de son père. C'est à ce divin amour que je viens aujourd'hui vous exhorter, et puis-je choisis un sujet plus digne de votre piété , plus convenable à des chrétiens, et plus propre à la grande fête que

4^6 Pour le V. Dimanche

nous cëlébrerons jeudi prochain. Je vous en ai à^h parlé de temps en temps dans les différentes occasions qui se sont présentées depuis le commencement de l'Avent jusqu'à pr^ sent. Chacun des mystères de ce Dieu honune jà. du exciter votre amour pour lui , mais comme nous finissons en ce temps paschal Jes solennités des mystères de sa vie nK>rtelle , .nous ne pouvons nous occuper plus utilement qu'à réunir dans un même entretien ce qqe nous avons considéré en chacun de ses mystères , afin de nous embraser davantage et de nous aifi^rmir plus solidement dans son divia amour. Toutes sortes de motifs nous engagent à aimer J. C. ; prunier point Quel doit être liotre ampur pour Jésus , et comment pou-^ voBSHiaus nous y établir ; second point'

JliEN n^est plus étonnftnt , plus déplorable que le peu d'amour que les chrétiens ont pour J. G. Est-il donc un objet qui mérite davantage leur affection , leur tendresse ? Ëa est-il un qui doive emporter leurs cœurs à plus juste titre ? Tout ce qui est capable de rendre un objet aimable , tout ce que les autres objets peuvent présenter au cœur de J'homme de beau , de ravissant , se trouve réuni dans Jésus , de la manière la plus par-

après pâques - 4 ' 7

faite ; en un mot , tout doit nous engagci* à Vaimer par-dessus tout autre oI)iet. On aime ordinairement les personnes que leurs ]>elles qualités rendent aimables ; on aime ceux qui ont pour nous de l'amitié, qui nous. en donnent des marques certaines, qui nous témoignent souhaiter d'être aimés de nous , qui font et souffrent beaucoup pour avoir une place dans notre cœur. Mais si c'est un homme piûssant qui cherche notre amitié , s'il en venoit jusqu'à nous en faire un ordre , jusqu'à nous promettre les plus magnifiques récompenses, si nous répondions à ses souhaits, jusqu'à nous menacer de sa colère , si nous .étions insensibles aux témoignages qu'il nous donne de son affection: ah! quel est rhomme assez aveugle, assez insensible pour tenir contre des raisons si puissantes^ Or , M. F. 5 toutes ces raisons , et beaucoup d'autres que je ne pourrois vous détailler, doivent vous déterminer à aimer le Seigneur J. C.

i.^ il est par lui-même infiniment aimal)le; étant Dieu et homme , il renfermé eh sa personne toutes les perfections de la divinité et

,de l'humanité. (On rappellera ici quelque chose de ce que Ton a dit pendant TAvent ,

lorsqu*on a traité de la. connoissancc et de

la science de J. C. Il faudra déjà insinuer

quelques bonnes affections, par ex. un léger

'liait de la beauté de Jésus , un peu. de science,

4i8 Pour le V. Dimanche la moindre perfection de quelque crëataie nous frappe, nous ravit quelquefois jttS([Q*à Teuchantement ; eh ! comment , ô bon JésosI vous qui êtes la beauté méme^ la science mtee et le comble de toute perfection , ne charmez-vous pas , n'enlevez- vous pas nos coeurs? etc.

a.o Jésus nous a aimés infiniment. Qui poturroit dire , qui pourroit comprendre )usqa*oil îl a porté son amour? Il n'y a qu'à récapituler ce qu'on aura dit de Tamour qu'il nous a témoigné dans son incarnation, sa circoncision , sa présentation an temple, sa vie cachet;, son baptême, sa vie pénitente an dései*t, ses souffrances durant sa passion, sa mort, sa résurrection et ses différentes apparitions. On fera valoir le dernier trait de son affection qui te porte à monter au ciel pour l'amour de ses disciples et pour qu'ils puissent être toujours avec lui. Je vous le demande à présent, M. F., trouverez- vous jamais perlionne , je ne dis pas qui vous ait plus aimés, mais qui vous ait autant aimés que Jésus ?0n p arcourra les pères , les mères , les frères , les amis. Est-il un ami , un époux ; est-it une mère, est- il un frère dont Vamour approche tant soit peu de celui que Jésus a eu pour nous ? ( Il sera bon de former encore quelques bonnes afïections, par ex, ) Comment, â mon Jésus f peut-il se faire que vous soyez

après pâquesm 4^9

n peu aimé des hommes 't Auriez- vous pu faire et souffrir davantage pour les engager à vous aimer? Comment notre cœur a-t-il pu résister jusqu'ici à la beauté , k la bonté de ce Dieu Sauveur. Notre cœur a-t-il donc trouvé un autre Dieu qui ait pu lui cUsputer notre attachement et notre affection , et ne sommes-nous pas tout à fait inexcusables de les lui avoir refusés 't On pouiroit ici se servir de quelques comparaisons pour mieux faire sentir cette vérité , par ex..^ d'un serviteur qui ayant trouvé un excellent maitre , le quitterdit pour se-mettre au service d'un tyratK 3.^ Jésus est non seulement aimable , non seulement il nous a aimés et nous aime in^ finioKnt, mais il désire que nous Taimions^ et nous en fait un commandement absolu ; et pour nous porter à le remplir, il y emploie les menaces les plus effrayantes et les. promesses les plus avantageuses. Ecoutez , M.. F*, y ce qu'il en dit lui-même, et comment il s*en explique par ses Apôtres: On citera quelques passages de Tévangile et des épUres dé & Paul et de S. Jean. Manete' in di/rc- Hotte- mtâ. Joan 14. Si quis diligU me^ Pater meus dUigeteumet ad eum veniemu^ et mansianem apud eumfaciemus. Joan i5. H déclare que: celui qui ne l'aime pas plus que son père,, que sa mère et que soi-même, n'est pas dignede lui, qu'il n'aura point.de part à son royaur-

J^20 pour le V. Dùnunr.he

me; enfin il fait prononcer anathême pftr

S. Paul contre quiconque ne Taime pas: 5t T

^uis non amat Doninum aostrnm J^mm Chri^ , =

tum , sil anathema , manmaiha^ ( Ce mot utat- \ U

ranatha y qui signifie le Seigneur vient, i. i»

âd Cor. 16. y mai*qnela rigueur du supplice ^\

réservé à cdui qui n'aime pas J. C. ) On ea

peut voir la force dans les interprètes. Et

quoi de plus piste, M. F. ^ que les punitions ]

réservées à un chrétien qui n'aime pa» J. C?

^t-il ingratitude , aveuglement , insen^bilité

parqlle à la sienne ? Ab ! Seigneur , n'est-ce

pas pour moi, s*écrioit,S. Augustin, n*est-Ge

pas pour moi le souverain malheur de ne pas

vous aimer? Quelle bonté dans vous de m'en

faire un précepte , et de me menacer des plus

rigoureux supplices^ si je ne vous aime pas : ne

trouvé- je pas dans vous, et dans vous seul

des motifs d'amour les plus justes aussi bien que

les plus multipliés?

On en viendra à la morale. Rien de si vra^ M. F. , que Jésus est aimable par toute soite d'endroits , et cependant rien de moins aimé» Si j'interrogeois chacun de vous , et si Jésus* Christ vous faisoit la même demande qu'il fit autrefois à S. Pierre, amas me : jeunes gens, m' aimez- vous? Vous répondriez, peut*être, sans hésiter, oui^ j'aime Jésus, }e J'aime de tout mon cœur , mais votre conduite ne dément-elle pas vos paroles? Pauvez-vou^ dire

après pâques. 4^i

Atec siocérîté^ /« scis quia amofe^ ( Joan 21. ) Tandis qae vous conservez (laiis votre cœur un amour directement contraire à celui de Jésus. Ou continuera le détail en s'adressant auK personnes d'un âge plus avancé, aux pères et itères, etc. Ensuite on fera convenir les auditeurs que jusqu'à présent ils n*ont pas rempli le grand précepte de Tamour de Jésus ^ par conséquent qu'ils sont dignes de ranathème prononcé par TApôtre contre ceux qui n'aiment pas J. C. et on leur enseignera ce qu'ils doivent faire pour s*en mettre à couvert, qui est de commencer à avoir pour Jésus un amour véritable.

Quel amour demande Jésus? Ce n'est pas, M* F. , un amour de mines et de paroles , qui D'est que trop commun même dans le monde .chrétien : mais un amour de cœur , qn amour effectif. Deux qualités essentielles. Si l'une des deux manque, on ne peut se glorifier d'aimer parfaitement Jésus.

Première qualité , amour de Jésus , amour du cœur, amour intérieur, amour de préférence qui l'emporte par-dessus tout autre, qui réponde à Texcellence de Jésus, aux :grâces qu'il nous a faites, aux bienfaits dont il noifê a comblés; et comme pcrsoxine ne

422 Pour V. le Dimanche

Tëgale en bonté ni en beauté, nul amour des créatures qui puisse égaler le sien. On dira ici quelque chose de Tamour sensible, de l'amour de tendresse que J. C. mérite, mais qu*il n'exige cependant pas absolument Cet amour sensible est à souhaiter , et on ne peut trop s'y exciter; mais on ne doit pas s'allarmer si on ne le sent pas dans son ame. Ce que Jésus demande, c*est la préférence que nous devons lui donner sur tout autre objet dans notre cœur. ( Voyez Bourdaloue , au sermon de l'amour de Dieu. ) On fera rentrer ici Tauditeur en lui-même, pour qu'il examine s'il aime Jésus préférablement à tout le reste; s'il seroit prêt de tout quitter , de toirt perdre plutôt que d'offenser Jésus. Voici, dira-t-on, un bel exemple d^ cet amour de préférence dans saint Paul:

( ad Rom. 8. ) Quts nosseparahil àcharitate ChrisiL Il faudra paraphraser cet endroit Ah ! qu'il en est peu qui aiment Jésus d'un amour vraiment intérieur : bien des gens se trompent et font tout consister dans quelques actes d'amoiir prononcés du bout des lèvres. C'est par les effets, M. F., qu'il doit se faire connoître cet amour : Si diligitis me mandata mea servafe; qui habet manda fa mea et servat ea\ îlïe est qui diiigit me; qui non diiigit me^ mandata mea non serrât. ( Joan. i4« ) Venons donc au détail. Jésus- Christ vous commande telle et telle chose, il vous en défend telle autre; vous abstenez-vous

ûprès Pdçues. 4-^

^e ce qu*îl vous défend, faites- vous ce qu'il ^ou$ ordonne? Pardonnez- vous , aimez- vous >08 frères et même vos ennemis; soulagez- ^oiis votre prochain? Eh quoi! dit S. Jean , comment pouvez-vous dire que vous aimez Jësos, tandis que vous haïssez votre frère, que vous Tabandonnez dans sa misère. On fera convenir les auditeurs qu*ils se sont aveuglés sur un prétendu amour de Jésus , et on les conjurera de travailler incessamment à se le procurer ; on leur en enseignera les moyens.

En voici quelques-uns. i.'^ Le demander souvent : i'gttem tui amoris^ Domine Jesu , in nobis acemJe* a.^ Réfléchir souvent sur les perfectiop9 de Jésus-Christ > sur les bienfaits et sur les auti*es motifs propres h nous embraser de son amour. 3.<> En faire difFérens actes, par le pur motif d'amour. 4*^ Donner l'aumône et faire des œuvres de miséricorde dans cette vie- 5." Visifer souvent Jésus-Christ sur nos autels, et fréquenter la divine Eucharistie.

6.^ Aimer ce qui a rapport à lui, la sainte Vierge, sa sainte mère, ses images, etc., prononcer son saint nom avec respect et afiection; enfin souflrir volontiers pour son amour, et désirer ardemment de lui être réuni dans le ciel> gémir sur l'insensibilité des hommes à sou égard. On s'étendra plus ou moins selon la prudence, et on ne manquera pas d'avertir les

424 pour le V. Dimanche

anditears de s*en servir dès ce jour, et surtout pendant la messe.

On pouiToit aussi quelcpiefois, soit dans ce diinandie, soit dans d'autres, en tintant le même sujet, hii donner des développemens différens. Au lieu de parier des divers mystères de sa vie, de sa naissance, de sa mort, etc., on pourroit donner un abrégé , i . ^ des miradcs qu'il a opérés pendant sa vite publique : periransiit benefadendo et sanando amnes; 2.^ de sa bonté à recevoir les pécheurs, à les excoser et à leur pardonner; il reçoit Zacfaée, il va manger chez les publicains , il excuse et sauve la femme adultère; 3.^ il nous peint encore sa bonté , sa tendresse dans les paraboles de l'enfant prodigue, de la brebis égarée, etc. Tout cda développé avec une certaine étendue , cortvaincix>it les auditeurs que Jésus-Christ a aimé les hommes au-dessus de tout ce qu'on peut dire et imaginer. De là on condnroit qu'il est donc ■bien juste que nous usions de retour en l'aimant lui-même de tout notre cœur, et que c'est même là une des 6ns principales de son ibcarnation : ignem vent miiiere in terram et çuid ifolo nisi ut accendafur.

Pour le second point, sans enti^er dans de grands détails sur les qualités de Tamour que -nous devons à Jésus-Christ, on pourroit dire iqu'un des meilleurs moyens que nou« puissions prendre pour lui prouver notre amour ^ c'est

après pâquts. 4^^

d'imiter les vertus dont il nous a donné Vexeôiple pendant sa vie mortelle. Ce seroit-là un vaste champ qu' donneroit matière à bien des détails intëressans pour tous les âges et toutes les conditions.

. Pour le VI. dimanche après Pâques.

V/oioxE ce dimanche suit immédiatement la fête de l'Ascension de No h'e Seigneur et qu'il précède la fête de la Peutecôte , que Ton ce* lèbre le dimanche suivant; le devoir d'un pas* teur en ce jour qui , comme on suppose , aura instnût jeudi dernier du mystère de l'Ascen* sion , son devoir , dis-je , est de préparer son pesq)le à recevoir le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte ? Il y a , ce semble , deux dessein* à. prendre, qui fqurniroient deux prônes également convenables et instructifs* Pour remplir le premier desj^ein , il feroit voir la grandeur de la charité de Jésus-Christ dans le don qu'il veut leur faire de son Saint-Esprit ; et il eiqpli- €[ueroit ensuite les obstacles qu'on apporte à la venue de ce divin E^nt. Pour exécuter le second, il montreroît dans un premier point de quelle importance il est pour les fidèles de se jyréparer îi recevoir l'Esprrt-Saint ; et dans le second poinjt, il entreroit dans le détail des dis^

426 Pour le VI. Dimanche positions qu'il faut y apporter. O» peut aussi s'ari'êter à bien expliquer ce que firent les Apôtres depuis ^Ascension du Sauveur jusqu'à la venue du Saint-Esprit. JPerset^erantes unanimter in oratione. On parleroît de Toraison, et singulièrement de celle qu'on appelle mentale. Voilà les trois principaux sujets qui paroissent le mieux convenir à ce dimanche. L'évangile et l'épître de la messe en fournissent roccasion : l'évangile est tir« du même sermon du Sauveur, que les évangiles des deux dimanches précédens

aux qvHnzième et seizième chap. de Tévangile selon saint Jean. L'épitre est prise du chap.

quatrième de la première lettre de saint Pierre:

elle commence par ces mots, estote prudentes

et pigîlate in orationibus , ou de saint Paul aux

Eph. c. i.^' suivant le missel dont on se sert.

Pour l'exorde des deux premiers desseins y on prendra les premières paroles de l'évangile: cum i^enerit paraclefus quem ego miltam vobis à Paire y spîritum i^eritaiis i]ui à Pâtre procedit , îlli iestimonium perhibebit de me. ( Joan. i4- 26. )

L'Eglise , M. F. , en faisant lire le texte sacré que vous venez d'entendre , nous rappdle la promesse que le Sauveur fit à ses disciples deleur envoyer son Saint-Esprit, lorsqu'il seroit retourné vers son père. Promesse magnifique et qu'un Dieu seul pouvoit faire et exécuter. C'est à nous aussi bien qu'à ses disciples qu'il ^'a faite , cette promesse , et il ne tient qu'à

après Pâques* 4^7

nous d'en resseotir en nous-mêmes l'accomplissement ; il ne s*agit de notre part que de nous en rendre dignes et sur-tout d'éloigner les obstacles à la venue du Saint-Esprit dans nos cœurs. Animons-nous, M. F. , h les écarter ces obstacle^ , et sentons la grandeur du don que Jésus-Christ veut nous faire. C'est de quoi je me propose de vous entretenir. Je vous ferai voir d'abord combien grande est la charité de Jésus- Christ envers les hommes , dans la promesse qu'il leur fait de leur envoyer son Saint- Esprit ; je vous dirai ensuite ce qui peut vous fxsxfèfAk&c de le recevoir.

L POINT

Qm pourroit l'expliquer, M. F. , qui pourroit la comprendre, la charité que Jésus-Christ a témoignée aux hommes en leur promettant de leur envoyer le Saint-Esprit Pom' en avoir une idée juste et en parler justement et dignement 9 il faudroit avoir une parfaite connoissaoce de la nature du Saint-Esprit , de ses dons ineffables et des fins pour lesquelles Jésus- Christ a voulu renvoyer. C'est , M. F. , ce qu'aucune langue ne pourra jamais bien ex* primer ; tout au plus pouvons-nous en avoir une connoissance bien imparfaite. Examinons d'abord qui est cet Esprit saint que Jésus- Christ veut oous envoyer du haut du ciei

4^8 Four h VI. Dimanche a.® Pourquoi il veut l'envoyer. 3.^ A qui et s comment il a dessein de le communiquer. (Oi ii auroit ici besoin , et pour les auditeurs et pov n soi, d^knplorer les lumières de l'EIsprit saôdt, ; pour développer ks trois soudivisions. ) i * Quel est le èsm que Jésus-Christ vent noitt faire ? Ce n*est rien moins qu'un Dieu. ( On expl'quera ce que c*est que le Saint-Esprit, et* ce que le Sauveur en a lui-même dît. ) Le même Dieu que le Père et le Fils » qui procède de Tun et d'autre par voie d'amour : c'est •don la doctrine de TEgHsc, des saints pères et de la théologie', l*amottr -nationaS de-Pèt^ et du Fils , c'est-à-dire , le lien sacré qui unit le Père et le Fils , et par lequd ils s'aiment infiniment C'est en un mot la troisième personne de Tadorable Trinité , distinguée récUement de la première et de la deuxiènae'; mais qui n'est cependant qu*un senl^t même Dieu, ^aîvec ces deux divines personnes.

Après ^exposition de la divinité du Sainll- £sprit, on sug^^érera une affection qui suit naturellement. Qui n'admire , M. F. , la bonté infinie de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Non content de s*étre donné à nous dand l'incarnation ; non content d*avoir employé pour nons toute sa vie ; de nous avoir donné tout <8on sang ; non content de nous préparer dans le ciel une place auprès de lui , et d'employer aon ci^édit auprès de .son père pour nous ob-

après pâqiies. 4^9

tenir tout ce dont nous avons besoin : il a voulu encore nous donner son Saint-Esprit; il Ta envoyé comme le don le plus précieux qu'il pouvoit faire aux hommes. O excès de la li-i béralité d'mi Dieu ! Quel est l'homme qui y pourroit être insensible ! qui n'aimera pas un Dieu, qui nous aime jusqu'à nous donner tout ce qu'il est , tout ce qu'il a ? Oui , M. F, ,. c'est à lésuS' Christ que nous sommes redevables de la descente du Saint-Esprit sur les Âpâtres , soit que nous le considérions conune pieu, soit que nous le considérions comme, homme , ou enfin comme homme-Dieu, Comme Dieu ,. il l'envoya avec son père :: miitam t^obis à Pâtre ; comme homme, ill'obtint par la vertu de ses prières : ego t^ogabo palrem et alîum para-* clttum dabil vobis. Comme homme-Dieu , il nous» l'a mérité par sa mort. Il n'y avoit qu'un homme-Dieu qui put nous mériter un don qui est Dieu : c'est pourquoi il disoit que son père enyerroit le Saint-Esprit en son nom , c'est-àdii'e , qu'il seroit excité par ses mérites à nousi l'envoyer : spirilum queia miltet paler in nominQ meo.

Mais pourquoi ce divin Sauveur a-t-il bien voulu envoyer son Saint-Esprit? i.^ Lui-mêma nous rapprend , c'est pour être le. consolateur de. 6es disciples : c'est ce que signifie ce mol paraclefus.il n'y avoit qu'un Dieu qpi putles consoler de la perte d'un Dieu. 2»^ Pour qu'U ren*

43o Pour le FI. Dimanche

dit témoignngedelui : ilU iesiimoniumperhibebitde me. pour qu'il fit connoître sa divinité, ses grandeurs et toutes ses perfections, les grandes ol>ligations que nous lui avons , et Vexcellence de la gloire qu'il nous destine. 3.^ Pour leur inspirer son amour et les en embraser : iile nu clarificabit^ dit Jésus-Christ lui-même. Glorifier Jésus-Christ , c'est le faire connoitre ; c'est le faire aimer ; et saint Paul déclare que Tamour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'esprit qui nous a été donné : Charltas Dei diffusa est in cordibus nostris per spiritum sancfum qui da* tus est nobis. Ad Rom. 4«^ Pour enseigner aux Apôtres toute vérité et leur faire comprendre le sens de ce que le Sauveur leur avoit dît durant 8a vie , et beaucoup de choses sublimes et importantes dont il n'a voit pasjugé à propos de les instruire ; parce qu'ils n'en étoienjt pas capables : sed non potestis portare mode...;, citin çenerit iffe spirilus sanctus docebit ros omnem péri-tatem. Enfin , ça été pour fortifier les Apôtres contre les persécutions qui dévoient leur arriver , et les mettre en état d'éÊJblir la foi dans tout le monde, pos iestimonium perhibebifis... cum penerit itle paractetus arguet mundum de peccalo^ et dejustiliâ et dejudicio.

Mais est-ce seulement en faveur de ses Apôtres qu*il a eu dessein d'envoyer cet esprit Consolateur , cet esprit de vérité i de lumière , d'amour , de force ? Non , M. F. , c'est cga-

après Pâques. 43 1

binent pour nous, comme pour eux. A la véîté les Apôtres dévoient le recevoir les prealers , le recevoir d'mie manière sensible , et ivec une abondance particulière de ses dons , afin d'être en état de changer la face de Tunivers , et d*y établir la religion chrétienne : Emiifâs spîritum tuum et creabuniur , et reiiopabis facîem terrœ. Néanmoins il n*apas cessé de l'envoyer à son Eglise, depuis le temps des Apôtres jusqu*à nous : il Ta communiqué aux premiers chrétiens , et il le répand encore tous les jours sur les vrais fidèles. Il a promis qu'il demeureroit dans son Eglise jusqu'à la fin des siècles : Ut maneat vohiscum in œternàm. Quel sujet de consolation , M. F. ! quelle joie , quelle consolation cette vérité ne doit-elle pas inspirer ? Aussi l'Eglise continue-t-elle durant tout le temps paschal de marquer son allégresse dansses offices et dans toutes ses cérémonies. Elle souhaite la communiquer à tous ses enfans. Elle veut qu'ils rendent de continuelles actions de grâces à Jésus montant au ciel. Elle désire sur-tout que nous le remercions du don inestimable qu'il veut nous faire de son Saint-Esprit Et qu'y a-t-il de plus juste , M. F. , soit que nous fassions attention à la qualité du bienfait , soit que nous examinions la manière dont il nous a été accordé.

C'est par un pur effet de son amour , d'un amour gratuit , le plus généreux et le plus

432 pour le F7. Dimanche désintéressé , qu'il nous en a fait part. Hélas ! qui sommes-nous pour qu'un Dieu daigne penser à nous , du haut de sa gloire » et nous donner tout ce qui est en son pouvoir, sans se rien réserver. Comment reconnoîtrons - nous une telle bonté? Ce sera, M. F. , par une humilité profonde , par de fréquens actes de remercimens , et principalement en répondant au desir ardent qu'à Jésus-Christ de nous donner son Saint-Esprit. On conclura ïe premier point en fortifiant les auditeurs dans l'estime qu'ils doivent faire du don que Jésus-Christ leur prépare , en leur inspirant un saint empressement pour y participer, et sur- tout pour écarter tous les obstacles qui s'opposent à la venue de ce divin Esprit dans leurs âmes.

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