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aussi ne se communiqua-t-il aux Apôtres et aux autres fidèles assemblés dans le cénacle, que parce qu'il les trouva vides de l'esprit du monde , exempts de souillures , unis ensemble et retirés du bruit. C'est là ce qu'il exigea avant toute chose pour leur faire part de l'esprit qu'il leur avoit promis ; et voilà , M. F. , ce que vous devez faire si vous voulez sûrement l'attirer en vous. H faut donc i.'^ vous dopouiller , durant ces saints jours , de l'esprit du monde. 2.0 Voas purifier du péché. 3.o Renoncer à toute inimitié. 4»^ Eviter la dissi* pation ; autant d'obstacles qu'on doit nécessairement éloigner pour se rendre dignes de la venue du Saint-Esprit
On en a apporté la raison plus haut , ainsi il n'y a qu'à en faire l'application aux auditeurs, et leur demander s'ils ne reconnoissent pas en eux quelques-uns de ces obstacles , s'ils ne les ajiportent pas tous quatre. Cujus spiritus esils ? Demandera-t-on.(Luc.9.) Vosmet ipsos tehtate. (i.Cor. i3) N'êtes-vous point dominés par l'esprit du monde , par l'esprit de la cupidité, de l'ambition, etc.? Ou ne prétendez-vous point allier un eâprit mondain avec l'Esprit saint, suivant tantôt" les maximes du monde , tantôt celles de l'évangile. 2. <> Votre ame n'est- elk pas l'esclave du péché, de quelque habitude criminelle ? L'esprit impur ne vous posséde-ti\ poiot? N'est-il point rentré dans vous depuis
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Pâques ? Si cela est , comment pourriez- vous espérer de recevoir l'Esprit de pureté , tandis que Tesprit immonde sera maître de votre cœur : Sicut nobilis homo in fetido et siercoribu} pleno loco sud sponte non habitat , itd spiritûs sancti gratia non mitai animam quœ in fœtore peccaiorum persévérât, 3.^ Ne conservez- vous point contre votre frère des sentimens de haine et de vengeance , évitant sa conversation , refusant de Jui rendre service , cherchant même à lui nuire, déchirant sa réputation ? De sembla]>les sentimens ne sont-ils pas tout à-fait opposés à l'esprit de charité qui doit régner entre des chrétiens ? Enfin ne vivez-vous point dans la dissipation et le tumulte , dans le trouble et I agitation, sans rentrer presque jamais en vousmêtne ? Ne vous livrez-vous pas à l'impétuosité de votre colère , et ne troublez- vous pas votre famille par vos emportemeiis journaliers? Ne causez- vous pas des querelles, des divisions, des procès dans votre parenté , paimi vos voisins, dans toute votre paroisse ; et ne voyezvous pas qu'une telle disposition exclut absolument de votre ame le Saint-Esprit, qui est un Dieu de. paix , de tranquillité , de douceur : Non est dissèniionis Deus^ sed pacis. (i. Cor. 14.) On conclura en pressant les auditeurs d'éloigner tous ces obstacles. Un serl d'eux suffiroit pour se rendre indigne de l'Esprit-saint , et pour empêcher de le recevoir. On indiquera
436 Pour le VL Dimanche les moyens dont il faudra se servir pendant le cours de la semaine , pour ôter ces ëmpechemens et préparer une demeure dans son cœur.
Auferie ojfendicula de via. (Isa. 67. i^.")V\ea\xec moyen ; faite souvent pendant la semaine des oraisons jaculatoires que Ton adresse tantôt à lésus-Christ , résidant au plus haut des Cieux , tantôt au Saint-Esprit , par ex. Veni sancfe spiriius..... Emilie spiritum tuum... lava çuod est sorâidum, sana quodesl saucium. a.^ Renoncer souvent à l'esprit du monde et renouveler les promesses du baptême. 3.^ Se préparer à une bonne confession pour les fêtes de la Pentecôte , quitter les occasions du péché et toutes les affections criminelles , se réconcilier de bonne foi , prendre des sentrmens de charité , de miséricorde; enfin modérer son attachement aux choses de la terre , sur-tout la passion de la colère , quitter même jusqu'aux fautes les plus légères , qui, quoiqu'elles n'éloignent pas tout^ à-fait l'Esprit saint , ne laissent pas , comme parle l'Àpôtre , de le contrister , de diminuer ses grâces , et de nous indisposer à ses intimes communications : Nolile spiritum Iki contristare^ omnis amaritudo et ira et indignaiio , etc. teHatur à coins cvm omni maliliâ. Estole invicem benigni^ etc. ( ad Eph. 4* ) C^ dernier avis est surtout spécialement pour les âmes justes, quel'oii invitera particulièrement à redoubler leur ferveur pourattirer sur elles t^yxc toute la paroisse
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l'abondance des dons du Saint-Esprit On suppliera tout Vaaditoire de commencer dès ce jour à pratiquer ce que Von vient de dire^ensorte que chaque famille etnxême toute la paroisse imite Texemple. des fidèles rassemblés dans le cénacle. Od ne manquera pas de les faire souvenir d^implorer le secours de la mère de Dieu , qui se. trouva avec les disciples , et qui sans doute leuir obtint,.parsesprières, les dons de l'Esprit saint* On rappellera aussi en ce jour l'ancien usage des fidèles de communier k la Pentecôte ; c'étoit même pour eux un précepte , et on le^ exbortera de s'y préparer pendant le coûts de Ih scîmaioe, etc.
Pbur traiter le second sujet qiii est très-con- Tenablé au dimanche dans l'octave de TAscen- 'Sion, et engager les peuples à se bien préparer à la fête dé la Pentecôte , on prendra \& même texte donton s'estservi pour le premier dessein* Cum veneril Ule spiritm veritaiîs quem mifiam po- Hs à Pâtre.
Telle fut la promasse que le Sauveur fit à s^s Apôtres, avant que de monter au ciel, et qu'il exécuta peu de jours après : mais ne croyons pas 9 M. F. , que notre divin Maître qui fit descendre autrefois TEsprit saint sur les fidèles assemblés au cénacle, ne se communique plus à présent. Toujours plein de bonté et de charité envers les hommes , il en fait part à tous les ibhrétiens , qui , à Tex^mple de ses premiers
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disciples se mettent en état de le recevoir. El en quel tenus a-t-il coutume de le répandre avec plus d'abondance ? C*est sur-tout dans le temps oiinous sommes, durant les fêtes que nous devons célébrer dans quelques jours, et où se renouvelle la mémoire de la descente du Saint Esprit et Vanniversaire de la naissance de l'Eglise. Avec quel empressement ne devons nous pas , M. F., nous préparer à recevoir la plénitude du Saint-Esprit et nons renouveler par-là dans Tesprit du christianisme. Pour nous y animer , nous n*avons qu*à bien sentir de quelle importance il est pour nous de recevoir le Saint-Esprit à ces fêtes de la Pentecôte , nous nous instruirons ensuite des dis* positions qu'il faut y apporter. L'importance qu'il y a de se disposer à la fête de la Pentecôte y la manière de s'y préparer , voilà le sujet de cet entretien.
L POINT
Devons-nous nous préparer avec grand soin à recevoir l'Esprit saint ? Trois raisons principales nous en démontrent l'importance ; l'excellence du don que nous devons recevoir, le besoin que nous en avons et les grands biens qui en doivent être comme les fruits. On entrera dans l'exposition de ces trois motifs : i.^ l'excellence du don, Grande opus; neqiu
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e^m homini prœparatur habita ib sed Deo. ( i. Paralip. ) Ainsi parloit David lorsqu'il préparoiC ua temple matériel au Seigneur. Combien plus justement, lorsqu'il s*agitde préparer au Saintr Esprit une demeure dans nos cœurs, devons^ nous nous écrier , grande opus , c'est un grand ouvrage , digne de tous nos soins. On vous L*a dit , M. F. , lorsqu'on vous a exhortés à vous» disposer à la communion , et on ne pçut trop vous faire sentir rexcellence de l'action que^ vous méditez. Mais cette préparation est-elle moins nécessaire pour vous disposer à recevoir TEsprit saint, que pour communier ? N'est-ce pas également votre Dieu, le même que le Père et le Fils ? Ne veut-il pas aussi habiter dans nous, faire sa demeure dans notre cœur ? Ad, eum i>eniemus€t (ipud eumfaciemus manslonem. Les saints pères nous enseignent que le Saint-Elsprit se communique réellementaux âmes justes; il y réside comme dans son saint temple , et que si , par une supposition impossible , il n'étoit pas par-tout, il se trouveroit cependant dans l'ame du juste. ( On emploiera ici quelques-unes des pensées dont on se sert pour montrer l'excellence de la communion , par> rapport au corps de Jésus -Christ, et quelques passages des livres sacrés , par ex, Prœparaie. corda çestra Duo. ( i.Reg. 7. ^prœparaie uos per. domos. ( 2. Paralip. iS.) prœparare ia occursum Dei tui. ( Âmos 4« ) . .
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Second moëf. Le besoin qoe nous a^onsèi 1 Saîut-Esprit. Et qnel besoin plus pressant , plus Gontinnel ? Que sonmes^nous sans HQ^ prit saint ? Qu^estce qu'un homme destidié ja ce divin Esprit , abandonne à ^e8prit du nioii4e , possédé de l*Esprit maUn ; en c{uet état dépliorable n^est-il pas réduit , quelque riche , quelque fort, quelque savant même qu'il puisse être d'ailleurs? Exeitiples des pAtUosophes , des sages du paganisme : exemples sur-tout de nos sages modernes qui se soht couverts d'opprobre par toutes les folies , lies fureurs et les impiétés de la révolution. Dketiêes seessesapknkf ^vUîfûcli sunl : erreur , dâréglemens , j^héa \es plus honteux , autant de suites de ta prrva^ tion de l'Esprit s£Hnt NoA , M. F. , nu) mérite pour le ciel dans un homme qui n'a pas l'Esprit saint De quelque pihidence qu'il paroisse doué , quelque mérite qu*il paroisse avoir d'attlleurs, il est très -pauvre et très^ misérable. Qu*est-on sans la grâce de Dieu , et comment peut-on l'avoir sans avoir le Saint-Esprit? Rien donc de plus pressant que de nous le procurer , si nous ne Tavons pas ; rien de plus imporlatift que de le conserver, si nous avons le bonheur déjà de le posséder. Le besoin que nous en avons est général et perpétuel: Sine tue mtminè. mhil est in homine , nihil est kinoxiian. Sans son secours, nous ne pouvons rien ; nous sommes sans lumière » sans force , sans onction. Cotn-
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paraison d'un corps lorsque l'ame en est séparée, da soleil qui n*éclaireroit , qui ne feroit plus sentir de chaleur. Le Saint-Espnt est Pâme de notrd ame , son soleil , sa nourriture , etc. en tout temps et à tout âge. L'Eglise en est bien persuadée ; c'est pourquoi elle l'invoque daA9 toutes ses prières , elle ne cesse de le demander pour ses enfans , elle les invite à le demander eux-mêmes continuellement On fera remarquer ce qu*é^oient les Apôtres avant qu'ils eussent reçu la plénitude du Saint-Esprit Quoiqu'ils n'en fussent pas tout-à-fait privés , ils étoient néanmoins sujets à beaucoup d'imperfections ; on en citera quelques traits. Aussi Ift Sauveur leur déclaroit-il qu'il falloit que le Saint-Esprit vint en eux pour les changer en d^utres hommes. En avons-nous moins besoia que les Apôtres ? Qu'il s'en faut bien que notre amour pour Jésus-Christ égale le leur ! Ayons donc la même ardeur qu'ils eurent après le départ de leur maître, pour se disposer à recevoir Tefiet de sa promesse.
3.^ Motif. Les grands biens que nous procurera le Saint-Esprit. Ici il n'y aura qu'à ex^ pliquer lés sept dons du Saint-Esprit, qui éclaire , purifie , sanctifie , fortifie toutes les puissances de notre ame, et répare en quelque, sorte le dérèglement que le péché de notre premier père y a causé. (Voyez Dupont, Sei-, gneriy tom. 5. S. Thomas, i. q. 2. Sylvius.).
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Ces dons ne sont antre chose que des habita les on qualités permanentes que Dieu comm inique à Tameavec la grâce sanctifiante pour en fortiliei- les puissances surnaturelles, pour les rendre souples aux mouvemens de la grâce et capables d*exercer les actes des vertus les p^us difliciles. II y en a sept : les dons de sagesse, etc. Quels avantages sont comparables 2i ce :ix que ces dons nous procurent ? Les uns perfectionnent notre entendement, les autres îa volonté. Le don de sagesse nous inspire du mépt is et du dégoût pour les choses de la terre ^ e* nous Fait estimer et goûter les choses de Dieu. Les dons dlntelligence et de science ban* ni ^sent l'ignorance et l'erreur de notre entendement , nous font connoitre les mystères de la religion et juger sainement des choses par rapport au saluL Le don de conseil nous garantit de rimpi'udence et de la précipitation ; DOIS Hiit prendre sagement noti^ parti dans les choses qui sont de conséquence pour notre s Jut. Le don de force nous fait surmonter la lâcheté , la timidité naturelle de vainci^ tous les obstacles qui se rencontrent dans, la pratiq»ie de la vertu. Le don de piété nous aide à remplir saintement nos devoirs envers Dieu y envers no . supérieurs , nos égaux et nos inférieurs. Enfin , le don de crainte de Dieu qui con*ne la base et le fondement de tous les ^ dons, nous empécht de nous laisser aller
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à nos passions , et nous fait abstenir de tout ce qui peut déplaire à Dieu et nous exposer à son indignation. Jugez de-Ià , M. F. , s'il est ïien de plus utile à Thomme , rien qu'il doive plus souhaiter que de recevoir TEsprit saint ^ exclut de notice ame l'esprit du monde , et tous les vices capitaux par lesquels il tâche de $e rendre maître de nos cœurs.
' Après Vexposition de ces motifs , on demandera aux auditeurs ce qu^ils ont pensé jusqu'ici de la promesse que le Sauveur nous a faite de tious donner son Saint-Esprit , s'ils ont été bien persuadés du besoin qu'ils a voient de' ses dons J s'ils en avoient bien connu l'utilité ? Hélas ! la plupart des chrétiens y sont insensibles» Ils estiment les qualités naturelles du corps et de l'ame , ils s'empressent pour se les procurer , tandis qu'ils ne font presque aucun cas des perfections surnaturelles dont le Saint-Esprit comble l^ame du juste, et dans laquelle il fait sa demeure. N'avez-vous pas été vous-même et n*êtes-vous pas encore dans cette «['reur ? On conclura .en inspirant aux auditeurs un grand désir de recevoir l'Esprit saint, avec l'abondance de ses dons ; mais ttn désir agissant' et efficace qui les porte à imiter les Apô^ 6 es et les autres disciples de Jésns-Chriôt ^ dans le soin qu'ils prirent , pour attirer sur eu^ ÏËsprit saint»
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