I.** Recourir à J. C. qui seul peut vous
guérir. Et que vous dira-t-il? Ce qu'il dir
ÎL ce père dont l'enfant étoit tourmenté par
un démon impur: Hoc genus ( âœmonioruîn) non
ejiciùtr^ nisi per oratîonem et jejunîum. Il faut ,
FOUS dira-t-il , non- seulement prier , mais
mortifier vos yeux , votre langue , vos
mains ^ vos pieds et tout votre corps ; il faut
lui retrancher tel et tel plaisir , le punir de
telle et telle manière.
2.® Vous devez- recourir aux ministres du Seigneur , et si vous n'avez pas encore commencé à le faire , allez-y incessamment ; déclarez-leur depuis quel temps le démon vous tourmente , et les différentes fautes qu'il vous fait commettre , et vous apprendrez de leur bouche les remèdes particuliers dont vous devez user pour votre guérison.
Enfin , mes frères , songez que c'est le Dieu de toute pureté que vous devez recevoir
6(y Pour le IIL Dimanche
dans votre corps , un Dieu homme qui a voulu avoir une vierge pour mère , et ua homme chaste pour père nourricier. Ne soyez pas si téméraires , que de vous présenter à sa tal>le avec un corps souillé ; ne vous exposez pas aux châtimeus les plus redoutables de sa justice.
Méditez , durant la messe , ce que vous venez d*entendre ; ayez soin de le mettre en pratique ; souvenez- vous de ce qu'ajoute TApôtre dans Tépître de ce jour, et je puis bien l'ajouter avec lui : Celui qui méprise ce que je viens de dire , méprise non pas un homme , m^is Dieu même qui parle par notre bouche : Qui hœc spernit^ non homînem spernit , sed Deum. Obéissez , M. F. , à un Dieu qui vous parle et qui vous commande; il ne désire , il ne recherche que votre bien , et il n'ambitionne <}ue votre bonheur en cette vie et en l'autre. Je vais lui demander cette grâce dans le saint sacrifice que nous allons offrir.
Pour le troisième dimanche de Carême*
J^ANS l'évangile du troisième dimanche de Carême , qui est tiré du onzième chapitre de l*évangile selon saint Luc , il y a trois ou quatre choses remarquables, i.^ La délivrance d un homme possédé du démon qui le rea*
de Carême* 6i
doit muet* a.^ La réponse du Sauveur aux pharisiens , qui par la plus noire calomnie , ittribuoient à la vertu du démon le miracle que Jésus venoit d'opérer, 3.^ Ce que le même Sauveur dit du démon impur , qui étant chassé d'une ame , cherche à y rentrer. Enfin l'éloge qu'une femme fit du Sauveur , et la réponse qu'il lui donna.
Quoique l'on puisse parler utilement de
chacun de ces sujets; je veux dire, de ceux
qui sont muets spirituellement, du péché de
la calomnie, du vice iropur, de la rechute
et du bonheur de ceux qui écoutent la parole
de Dieu et qui la gardent ; il semble qu'il
est plus natui'el et plus conforme à l'esprit
de l'Eglise , de s*en tenir au premier sujet.
Pourquoi l'Eglise attend-elle au troisième dimanche de Carême à nous rappeler l'histoire d'un homme possédé d'un démon muet, et sa guérison miraculeuse ? C'est sans doute pour que les Pasteurs , à l'occasion de cet évangile , entretiennent les peuples de la confession ,. par laquelle on doit se disposer à la communion paschale. Ainsi , après avoir tmté , le dimanche précédent , de la prière , comme d'une disposition nécessaire à la réception des sacremens ; après avoir engagé les pécheurs et les justes à s'appliquer , sur-tout pendant le Carême, à ce saint exercice; après avoir représenté létat d'une ame réduite sous
62 iPour le IIL Dimanche
l'esclavage da démon, et fortement exhorté tous les pécheurs à secouer au plutôt le joug de ce ciiiel tjrran ; il est à propos ^e parler . en ce dimanche, de la confession , et d'engager les auditeurs à se garantir d'un autre piège du démon , qui s'efforce de leur fermer la bouche, de leur lier la langue, de peur (ju'ils n'obtiennent , dans le sacrement de Pénitence , la rémission de leurs péchés.
Il y a plusieurs instructions à faire sur la confession. La première , est sur l'obligation de la confession et ^r ses précieux avantages. La seconde, sur les obstacles que l'on apporte aux effets de la confession , et sur les défauts que l'on y commet. La troisième sur les dispositions avec lesquelles on doit la faire; et la quatrième sur la fréquente confession.
On doit traiter ces différens points , soit dans un temps , soit dans un autre , et insister plus ou moins , selon que l'exigent les circonstances des lieux et des personnes. Par exemple , dans les endroits où il se trouve un certain nombre de libertins , aussi bien que dans les Paroisses voisines des hérétiques, il est nécessaire de bien établir le précepte de la confession ; et généralement on ne doit pas manquer de bien faire sentir aux audi-.
teurs cette obligation, si non ex profei^so^ du moins dans le commencement des instructions que Ion fera sur cette matière.
de Carême» 63
Quant aux antres points, ou ne doit jamais se dispenser de les bien expliquer , et cela chaque année. On le fait dans les catéchismes, d'une manière familière; mais dans un prône, on le fera avec plus de force ; et si on y garde un çeii:ain ordre , si on parle avec netteté , le discours produira dans les auditeurs une nouvelle impression.
Pour Texorde d'un prône sur la confession , tiré de Tévangile , on peut ainsi s'énoBcer :
L'évangile de ce jour, M. F., commence par' l'histoire d'un homme possédé d'un démon qui le rendoit muet, ensorte qu'il ne pouvoit demander sa délivrance. Le Sauveur venoit de convertir une fameuse pécheresse dans la maison de Simon le Pharisien; ce qui engagea plusieurs personnes à s'attacher à lui. En même temps , on lui présenta Thomme muet dont parle Tévangélisle , et on le pria de le guérir. Jésus touché de compassion pour ce misérable , chassa le démon ; dès qu'il l'eût chassé , le muet parla. Tout le monde en fut dans l'admiration ; il n'y eut que les Pharisiens , gens aveuglés par la jalousie , qui osèrent dire que Jésus chassoit les démons par le moyen de Beelzébuth , le prince des démons. On ajoutera , si on le juge à propos , le reste de l'évangile ; ensuite on dira : Arrêtons-nous , M. F. , au premier trait de
64 ^our le lïL Dimanche î-"^
l'histoire que nous propose TEglise , et cher^:?chons'en Texplication. Que signifie cet liomiae'i^i' possédé d'un démon muet? C'est la figure de8!G>« chrétiens qui refusent de déclarer leui9s.:
péchés dans le sacrement de Pénitence, et'.E à qui le démon lie la langue, de peur qu'Ss^s: ne parlent aux Prêtres dans la confession, eti; ne déclarent avec sincérité leurs péchés ; il les empêche même de parler à Dieu et de \ lui demander la force de se bien confesser.
O ! M. F. , qu'il y a aujourd'hui de ces dé- ^ mons muets ? Que ne puis- je en ce jour , par la vertu de J. C. mon maître, les chasser tous de cette Paroisse ! Donnez , ô mon Sauveur !
une force particulière à mes paroles ; vous avez promis à vos disciples , avant que de monter au Ciel , qu'ils chasseroient les démons en votre nom; vous nous avez accordé le pouvoir sur cet esprit infernal , aidez- moi à le bien exercer aujourd'hui. Et vous , M. F. , rendez-vous doci'es à la parole de Dieu que vous allez entendre; vous ne pouvez être guéris , si vous ne le voulez et si vous n'agissez vous-mêmes. Instrnisez-vous donc aujourd'hui de l'obligation oîi (vous êtes de bien confesser vos péchés dans le sacrement de Pénitence, et considérez les grands avantages qui vous en reviendront : c'est ce qui fera le sujet et le partage de cette instruction.
de Carême. 65
Tons verrez, dans le premier point, l'obi igBtion et le précepte d*une bonne confession ; et dans le second , Tutilité ou les avantages d*nne bonne confession. ( Vide Trid.
«Kss. i4* c. i3. et 5. Itemcan. i. a. 6. 7 et 8, Vide etiam diligenter catechismmn Concilii y [Mirte a. num. 4^* ^ seqnent. )