‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 19 sur 98 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Le mot nature prend encore une autre signification, celle qui détermine Yobjet^ tandis que, dans l'acception précédente, il n'indiquait que la légitimité des déterminations de l'existence des choses en général. La nature, matériellement considérée, est donc \en^ semble de tous les objets de V expérience. Nous n'avons affaire qu'à celle-là, puisque autrement des choses qui ne peuvent jamais être des objets d'une expérience, si elles devaient être connues quant à leur nature, exigeraient de nous des notions dont le sens ne pourrait jamais être donné in concreto (dans un exemple quelconque d'une expérience possible). Nous sommes donc obligés de nous faire de cet ensemble de simples notions, de la réalité desquelles (c'est-à-dire si elles se rapportent réel absolument pa de l'expérience physique, n'es nous occuper c êi

acception étroi jets de l'expéi a/>rwn, sa légil

74 PROUÏCK)¥iNSS A U MÉTAPflYSIQtJE.

aussi que les lois de la nature dans les objets, s ils ne sont pas considérés par rapport à une expérience possible, mais comme des choses en soi, ne peuvent jamais êtres connues a priori. Nous n'avons donc pas affaire ici aux choses en elles-mêmes (dont les propriétés ne nous occupent pas), mais simplement aux choses comme objets d'une expérience possible, et leur ensemble est propjrement ce que nous appelons ici nature. Je me demande donc si, quand il s'agit de la possibilité d'une connaissance physique a priori, il vaut mieux poser ainsi la question ; comment est-il possible de connaître la légitimité nécessaire d^$ choses dbmme objets de l'expérience ; ou de celte façon : Comment peut-on connaître a priori en général la légitimité nécessaire de Y expérience même par rapport à tous ces objets ?

En y regardant d'un peu près, on s'aperçoit que la solution de la question, de quelque manière que cette, question soit posée, revient entièrement au même par rapport à la connaissance naturelle pure (qui constitue proprement le point de la question). Car les lois subjectives sous lesquelles seules une connaissance expérimentale des choses est possible, valent aussi de ces choses comme objets d'une expérience possible (mais nullement de ces mêmes choses considérées en soi, et dont il ne peut être ici question). Il est complètement indifférent que je dise : Sans la loi qui veut que, si un événement est perçu, il soit toujours rapporté h quelque chose qui le précède, et qu'il suit d'après une règle universelle, un jugement perceptif ne peut ja-

Page 1