‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 49 sur 98 · I. -^ IDÉE PSTCHOLOGIQUB ' (Critique, tJI, p · texte numérisé non relu

I. -^ IDÉE PSTCHOLOGIQUB ' (Critique, tJI, p

On a remarqué depuis longtemps que dans toutes les substances le sujet propre, c'est-à-dire ce qui reste après que tout les accidents (comme prédicats) ont été séparés, par conséquent le substantiel même, nous est inconnu, et déploré souvent ces limites de notre connaissance. Mais ce qui est très digne de remarque en cela, c'est qu'il ne faut pas faire un crime à Tentendement humain de ce qu'il ne connaît pas le substantiel des choses, c'est-à-dire de ce qu'il ne peut le déterminer par lui seul, mais plutôt de ce qu'il désire le connaître déterminé comme une simple idée, à l'égard d'un objet donné. La raison pure exige que nous cherchions à tout prédicat d'une chose le sujet correspondant, et à ce sujet, qui nécessairement n'est à son tour qu'un prédicat, le sujet qui peut aussi lui correspondre, et ainsi de suite à l'infini (ou tant que nous y suffirons). D'où il suit que nous ne devons rien tenir pour sujet dernier de ce à quoi nous pouvons parvenir, et que le substantiel même ne peut jamais être conçu par nptre entendement, si profondément qu'il pénètre, alors même que toute la nature lui serait révélée, parla raison que l'essence spécifique de notre entendement consiste à tout concevoir discursivement, c'est-à-dire par notions, par conséquent par de pures prédicats, auxquels dès lors doit toujours manquer le sujet absolu. Toutes les propriétés réelles par les-

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quelles nous conuaissoDs les corps ne sont donc aussi que de purs accidents , même Timpénétrabilité , que Ton ne doit jamais se représenter que comme Taction d'une force dont le sujet nous échappe.

Mais il semble que nous ayons dans notre conscience même (le sujet pensant) ce quelque chose de substantiel, et même en une intuition immédiate; car tous les prédicats du sens intime se rapportent au moi comme sujet, et ce sujet ne peut être à son tour conçu comme prédicat de quelque autre sujet. La plénitude des notions données comme prédicats par rapport à un sujet, ne semble donc pas être une simple Idée, mais bien Fobjet, c'est-à-dire le sujet absolu même, donné dans Texpérience. Mais cette attente est vaine, car le moi n'est pas une notion (1); ce n est que la désignation de l'objet du sens intime, en tant que nous ne le connaissons par aucun prédicat plus profond. Il ne peut, il est vrai, servira ce titrp de prédicat à une autre chose, mais il ne peut être davantage une notion déterminée d'un sujet absolu ; il n'est, comme dans tous les autres cas, que le rapport des phénomènes internes à leur sujet inconnu. Néannkoins cette idée (qui sert très bien, comme principe régulateur, à renverser complètement toutes les explications matérialistes des phénomènes internes de notre âtne), par

(1) Si la représentation de Tapperception^ le moi, était une notion qui servît à penser quelque chose, elle pourrait aussi être employée copame prédicat d'une autre chose, ou contenir en soi de ces prédicats. Or ce n'est rien de plus que le sentiment d'une existence sans la moindre no* tion; ce n'est que la représentation de ce à quoi se rapporte toute pensée.

un malentendu très naturel, est Tôccasion d*un argument fort spécieux qui conclut de cette prétendue connaissance du substantiel de nôtre être pensant, sa nature, en tant que sa connaissance dépasse entièrement rénsemblè de Texpérience.

§ XLVIL

Ce Mênoie pensant (l'âme), comme dernier sujet de la pensée, qui ne peut même pas être représenté comme étant à son tour le prédicat d'une autre chose, peut donc s'appeler substance ; mais cette notion n'en est pas moins entièrement vide, sans aucune conséquence possible , si Ton en peut démontrer la permanence comme ce qui féconde expérimentalement la notion de substance.

Or la permanence ne peut jamais être déduite de la notion d'une substance comme chose en soi, mais seulement en faveur de Texpérience. C'est ce qui a été suffisamment prouvé dans la première analogie de l'expérience [Critique, p. 122), et si l'on ne veut pas se rendre à cette preuve, on n'a qu'à voir si l'on réussira dans la tentative de prouver par la notion d'un sujet qui lui-même n'existe pas comme prédicat d'une autre chose, que son existence est absolument permanente, et qu'il ne peut subsister ou périr ni par soimême ni par quelque autre cause naturelle. Ces propositions synthétiques a jonbn ne peuvent jamais être prouvées en elles-mêmes, mais uniquement par rapport aux choses, comme objet d'une expérience possible.

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