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ARABIE

Arabie

De même que l'Afrique Mineure, la Cyrénaïquo et l'Egypte ne sont que peu de chose par rapport au Sahara, de même la Syrie, l'Asie-Mineure et les terres cultivables du bassin des deux fleuves ne sont que peu de chose par rapport à l'Arabie (3 ou 4 millions do km. q., un tiers de l'Europe). Le désert s'avance jusqu'aux abords du Taurus, dispute à l'homme les plaines de Syrie et de Chaldéc, et s'étend vers le sud jusqu'à 12 degrés au nord de lEcjuateur.

L'Arabie est une petite Afrique. C'est un plateau massif où les accidents sont assez fortement marqués au centre, dont la pente générale est vers le N.-E., et dont les rebords montagneux assez élevés tombent généralement à pic vers la mer. Déjà située dans la zone des vents desséchants, elle doit en outre à son caractère massif un climat continental, avec l'extrême de chaleur fortement marqué ; elle est donc désignée pour être un « pays de la soif ».

Il faut distinguer pourtant. Au -centre, où sont de vraies montagnes, avec des condensations brusques de nuages, de longs ouadis, une végétation résistante, il y a toujours eu place pour un peu de vie sédentaire; là, dans le Nedjed, ont habité les ancêtres des Wahabites qui, il y a un siècle, tinrent si longtemps tête aux Turcs. C'est au nord et au sud que sont les vrais déserts. Au N., le Néfoud offre ses immensités de sables rouges et ses curieux entonnoirs. Plus au nord encore, le désert se fait pierreux, sans devenir plus hospitalier. On a vu qu'il enveloppe l'oasis de Palmyre, touche Damas et franchit l'Euphrale. De l'autre côté du Ned-

jed, la solitude de sable est plus affreuse encore dans le Dahna, le pays des djinns. Elle décourage ici les plus intrépides chameliers et cavaliers.

La vie humaine est donc à peu près refoulée sur la lisière do la mer.

A l'ouest, c'est la mer Rouge, logée dans le grand axe de dislocation que jalonnent le Ghor de Syrie, les monts d'Abyssinie et les hautes montagnes de l'Afrique orientale : fracture récente, aux abords de laquelle les phénomènes volcaniques ont existé encore à une époque qu'on peut considérer comme historique sur la côte N.-O. d'Arabie. La mer Rouge s'allonge sur plus de 2.000 kilomètres, mais, trop étroite pour iniîluer sur le climat désertique qui règne sur ses deux rives, elle oppose une véritable fournaise à la navigation, qu'elle n'a pourtant jamais complètement découragée.

Sur la côte arabe du N.-O., le rebord du plateau abrite des vallées où a vécu un moment un peuple puissant, les Nabatéens, par lequel les Macédoniens et les Romains ont connu l'intérieur de l'Arabie. Aujourd'hui, les ruines de Pélra rappellent leur souvenir, et le chemin de fer qui va à Médine suit les traces de leurs caravanes. Plus au sud, dans le Hedjaz, des conditions analogues ont fait revivre des populations qui seraient restées semblables aux Nabatéens, si Mahomet n'avait fait de Médine et de La Mecque les villes saintes d'un monde religieux. Plus au sud encore, les montagnes s'élèvent, dépassant par endroits l.oOO mètres : les rosées, à défaut de pluies, se déposent sur les pentes, les citernes se multiplient. C'est l'Arabie Heureuse des anciens, l'Yémen moderne, le pays des parfums et plus tard du café. Mais surtout c'est le point qui commande le détroit de Bab-el-Mandeb, où l'Arabie et l'Afrique se voient et presque se touchent. Pas-

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