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TURKESTAN

temps historiques, l'aspect de la région s'était modifié, soit par suite de changements climatiques, soit par suite d'un léger mouvement de soulèvement. On ne peut aller jusqu'à supposer une communication large entre la Caspienne et la mer d'Aral. Le plateau d'Oustourt, qui les sépare, a plus de 400 mètres d'altitude. Et la faune des deux mers intérieures présente de notahles différences. Mais, si la masse considérahle de la Caspienne exclut l'hypothèse de très grands changements de contour dans un intervalle de temps historique, il n'en est pas tout-à-fait de même de la mer d'Aral. Plus à l'est, le lac Balkhach s'évapore certainement. Ces changements auraient réagi sur le cours des fleuves. L'Oxus est sollicité vers la mer Caspienne par une forte pente, et il est à peu près prouvé qu'à une époque historique il a lancé des bras de ce côté, créant plus à l'ouest des oasis semblables à celle qui abrite aujourd'hui Khiva. En tout cas, il faudrait plutôt supposer ici des variations périodiques qu'un changement continu.

Rassemblons seulement les traits permanents de la géograpliie de cette région, telle qu'elle apparaît aussi bien dans les récits des historiens d'Alexandre que dans les descriptions actuelles.

Nous laisserons pour le moment de côté les hautes montagnes qui la dominent à l'est, le Tianchan, plus étendu et plus haut que les Alpes, et dont la disposition, analogue à celle du Jura, rend les passages difficiles. De ses glaciers roulent l'Amou et le Syr, auxquels il imprime d'abord une direction du nord-est au sud-ouest. Là sont de hautes vallées très fertiles, le Badakchan sur l'Amou, le Ferghana sur le Syr. Vers les points où les deux fleuves sortent de la région montagneuse, ils se redressent vers le nordouest, courant vers les mers intérieures, très larges

tous les deux (l'Amou a 1 kilomètre 1/2 au pont de Tchardjoui), et avec de gros débordements aux mois de mai et de juin Outre ces deux g-éants, d'autres fleuves viennent des montagnes, mais sans avoir la force de vaincre les sables. L'ili se perd dans le lac Balkhach. Le Zérafchan se traîne entre l'Amou et le Syr. D'autres fleuves viennent du sud et ne peuvent rejoindre l'Oxus. L'irrigation est, ici encore, le grand problème, celui dont dépendent les avances et les reculs du désert. L'oasis de Merv, au temps des Séleucides, aurait eu 300 kilomètres de périphérie. La Bactriane, au coude de l'Oxus, a payé 300 talents aux Achéménides, ce qui laisse supposer une population de d million d'âmes. Aujounihui, le khanat deBoukharaa 200.000 kilomètres carrés cultivables. Sur le Syr, alors qu'aux temps de Cyrus et d'Alexandre les villes ne s'éloignaient guère de la montagne, plus tard des centres importants, Hazred, Olrar, sont nés plus bas sur le fleuve.

La nature vivante a, ici, à lutter contre un climat des plus défavorables. Très continental d'abord : étés brûlants, hivers rigoureux. Puis l'hiver amène du nord les vents froids et secs qui multiplient les ouragans sans amener de pluies. Aussi le bas cours des grands fleuves est-il cerné par d'affreux déserts de sable, Kizil-Koum ou Kara-Koum : seuls, les bords dos rivières sont accompagnés d'une lisière de loss, fertile ici comme en Chine. Entre le lac d'Aral et la Caspienne, le plateau d'Oustourt. pour être pierreux, ne vaut guère mieux que le désert : il ne peut y vivre d'hommes que sur le bord même du lac d'Aral, grâce à la pêche. Plus au nord, la sécheresse du climat s'atténue, la végétation, au moins la végétation herbacée, reparaît, et pou à peu on passe à la steppe. Aucune limite précise: le dos d'âne qui sépare les bassins intérieurs

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