TURKESTAN
de la vallée de l'Ob est à peine sensible dans la réalité. Sur l'étendue de 3000 kilomètres qui va de l'Oural à l'Altaï, l'Asie et l'Europe se mêlent.
Le pays des deux fleuves est un des points qui ont pu voir de bonne heure se développer une vie agricole. Les ancêtres des Iraniens ont connu ce genre de vie au moins au 2^ millénaire avant J.-C. Puis l'Iranien est devenu l'ennemi du Massagète, du Scythe, du Sake, restés nomades. L'antagotiisme de l'Iran et du ïouran s'est fait plus fondamental encore quand sont venus des nomades plus lointains, descendus par la porte de Dzoungarie. Turcs, Mongols. L'Iranien, le Tadjik, est resté l'élément sédentaire, cultivateur, perdu dans un « Turkestan ».
C'est assez tard, pas avant le ii® siècle av. J.-C, semble-t-il, que ces passages de nomades ont frayé la voie aux marchands. C'est ici que les gens d'Occident ont fait connaissance avec la soie, avec le papier de Chine. Nombre d'indices attestçnt qu'on n'a pas reculé même devant les passages du Tian-Chan. Pourtant, à l'époque mongole, la grande route qui partait d'Otrar cherchait les passages plus faciles situés au nord de ces montagnes. Quant aux germes de civilisation, ils sont venus nettement de l'Occident. Les princes grécobactriens en avaient apporté. Plus tard, les Arabes ont fait du pays un foyer brillant : Boukhara, Samarcande, sont restées jusqu'au xv" siècle des capitales intellectuelles de l'Islam. Ici, les descendants de Gengiskhan et de Tamerlan ont abjuré la civilisation chinoise pour celle de la Méditerranée, avant de ramener le pays à un état de barbarie, d'où les tzars du xix® siècle ont commencé à le tirer. — Mais il faut dire un mot de la Caspienne et du Caucase avant de faire comprendre l'importance de ces régions comme lieu de passage.
Caucase et Caspienne
A l'ouest de la région que nous venons de décrire, le Caucase et la Caspienne forment une région toute différente.
Le Caucase s'allonge sur une étendue de 1100 kilomètres, de la presqu'île de Taman au cap d'Apchéron. Nous avons dit qu'il prolonge les monts de Crimée, et qu'il est prolongé lui-même par un seuil faiblement immergé (à 200 mètres) sous la Caspienne, puis par le Kopet-Dagh. Il y a donc là un axe de dislocation, où les vestiges volcaniques abondent, où les tremblements de terre ne sont pas rares, où les sources de pétrole jaillissent de partout, connues bien longtemps avant d'avoir fait la fortune de Bakou.
Le Caucase se présente comme une muraille haute surtout au centre, où sont l'Elbourz, le Kazbek, le Kachtantaou, pics de 5000 à GOOO mètres. Vers les extrémités, la chaîne s'abaisse, tout en contenant encore des pics de plus de 2000 mètres. Au centre, elle présente un col important, celui de Darial (à 2400 mètres), qui va do Vladikavkaz à Tiflis. Mais les vrais passages sont aux extrémités, sinon à l'ouest, au moins à l'est, où est le col de Derbent.
Le Caucase est nettement orienté nord-ouest — sudest. Son extrémité nord-ouest est à peu près à la latitude de rembouclmre de la Volga, et son extrémité sud-est à la latitude du bord méridional de la mer Noire, de sorte qu'au nord comme au sud sont délimités deux triangles. Mais les deux versants sont bien différents.
Le versant sud est montagneux, quoiqu'une dépres-