CONGO
sure à la masse d'eau du Congo une remarquable régularité de débit.
Le haut Congo longe d'assez près la région tourmentée des grands lacs, mais ceux-ci se creusent dans les cavités des montagnes. La région du Congo ne connaît que les éponges : ce sont des flaques d'eau de dimensions infiniment diverses, qui sont des étangs ou même des lacs au moment des pluies, puis deviennent de simples marais dissimulés dans la savane. C'est par un chapelet d'épongés semblables que le Tanganika communique avec le Congo. Le Bangouéolo et le Moéro no sont que de gigantesques éponges. Eponge aussi le lac Dilolo. qui communique temporairement à la fois avec le Kassaï et un affluent du Zambèze.
Le moyen Congo, avec le bas Oubanghi et le bas Kassaï, est par excellence la région de la foret, avec des clairières augmentées peu à peu par les incendies allumés de main d'homme. Dans ces clairières trouvent place des cultures caractéristiques, l'igname, le manioc, et les produits recherchés au dehors, comme le caoutchouc, etc. La culture s'appauvrit vers le sud par l'apparition de la pierre rouge, ferrugineuse, qu'on appelle la latérite.
Le bas Congo est en somme réduit au court intertervalle compris entre les chutes de Yellala et la mer. D'où le peu d'importance de ce grand fleuve comme voie de pénétration. L'embouchure était reconnue dès 1485, et le reste du fleuve n'a été connu qu'en 1874, grâce à l'énergie de Stanley, qui a pris les sources du Congo à revers. De même se trouve diminuée l'importance de la voie d'eau formée par le bas Congo en amont des chutes, le Kassaï, et le Sankourou, — voie qui sans cela conduirait presque droit vers le haut Congo, raccourcissant des deux tiers le chemin tracé par la courbe du fleuve principal.
Il en est de même au nord et au sud de l'embouchure. Au nord, dans la colonie française du Gabon, rOgooué aussi conduirait vite au Congo moyen s'il ne lui fallait franchir la chaîne côtière. Et il en est de même des fleuves moins connus du pays de Kameroun. Ces difficultés se joignent à la traversée de la forêt, encore dense en ces régions, pour rendre très méritoires les voyages vers le Chari et le Bahr-el- Ghazal. Au sud, dans la vieille colonie portugaise de l'Angola, même spectacle. Le Kouanza est si peu une voie de pénétration que le chemin de fer qui maintenant part de Saint-Paul do Loanda a évité sa vallée ! Pourtant, ici, l'arrière-pays, le plateau de Bihé, n'appartient plus à la forêt éijuatoriale, mais à la savane. Les pluies s'abattent surtout sur la bande littorale, et le courant de Benguéla rafraîchit la température de cette bande privilégiée.
La région du Congo a toujours appartenu au monde noir. Les forêts ont été le théâtre de lents changements ethnographiques dont nous relevons encore les derniers vestiges. Comme dans tout le domaine noir, comme en Inde et dans POcéanie, on y retrouve des peuplades naines, au teint relativement clair. INous avons signalé les Pygmécs des Grecs ; on a retrouvé leurs semblables aussi bien dans les Akkas de l'Oubanghi que dans certains coins du Kassaï, et les Hottentots de l'Afrique Australe appartiennent au même groupe. Ils occupent les clairières, presque exclusivement chasseurs, et employés par les autres populations comme guides et comme espions. Ils ont été noyés dans une population beaucoup plus grande et plus noire, les nègres proprement dits. Parmi ceux-ci, un groupe a pris le dessus au cours des âges, les Bantous, définis par leur étroite parenté linguistique, qui explique la similitude