AFRIQUE ORIENTALE
merce avec l'Inde que les Méditerranéens, dès le temps de Ptolémée (ii** siècle après Jésus-Christ), ont connu la grande île africaine. Les Arabes ont poussé plus avant. Au moyen-âge, les Somalis ont été islamisés, et des sultanats se sont fondés à Mombaza et à Mélinde, à Zanzibar, plus bas encore, qui ont parfois envoyé des esclaves cafres en cadeau aux princes de l'Extrême-Orient. Les Portugais, qui sont venus au xvi^ siècle s'installer à Mozambique, n'étaient pas assez forts pour détruire ce commerce arabe. Les Français n'ont cherché là que des postes sur la route de l'Inde, à Madagascar, à la Réunion, à Maurice : les Anglais leur ont pris cette dernière île au XYin*^ siècle, sans y faire disparaître leur marque. Cependant les Arabes continuaient à dominer la côte continentale, et c'est même au xix® siècle qu'ils ont étendu leurs opérations de traite vers l'intérieur ; un grand marché d'esclaves s'est établi sur le Tanganyka, à Oujiji, fameux par la rencontre de Livingstone et de Stanley en 1871. Dans la seconde moitié du siècle, les ambitions européennes ont commencé à rivaliser dans la région.
Tous ces pays présentent des ressources naturelles que nous avons signalées. Depuis le percement de Suez (18G9), ils sont, pour les Européens, un peu à l'écart du grand courant commercial. Mais Suez est neutralisé, et, pour la marine de guerre, les points d'appui de la région n'ont pas perdu leur valeur. La flotte russe a passé par là avant d'aller s'abîmer à ïsoushima (1905). Et la France, qui tient déjà la position superbe de Diégo-Suarez, à' l'extrémité nord de Madagascar, n'a pas dédaigné de s'assurer, dans l'Océan Indien du sud, l'îlot volcanique de Saint-Paul, situé à mi-chemin du Gap et de l'Australie.
Archipel Malais
Si maintenant nous nous reportons à l'autre bord de l'Océan Indien, nous y trouvons, en latitude, la même succession de zones qu'en Afrique : l'archipel malais répond à l'Afrique équatoriale, l'Australie à l'Afrique australe. Mais ici, au lieu d'un continent massif, nous avons un monde insulaire : il en résulteque la correspondance générale est sensiblement troublée dans le détail. Nous partons du nord, en insistant surtout ici sur l'archipel malais.
Le pays d'Assam. sur le Brahmapoutre, appartient encore nettement à l'Inde. Plus à l'est, les basses vallées de l'Iraouaddi, de la Salouen lui sont aujourd'huirattachées politiquement: c'est la Birmanie anglaise. La côte reçoit, comme l'Assam, la mousson d'été du sud-ouest, qui arrose les forêts de bois de tek, lesplantations de riz, de thé, de café, et se fait sentir, au sud de la Salouen, jusque dans le ïénassérim. Près de l'endroit où les deux fleuves viennent finir par desdeltas dans le golfe du Bengale, la place est marquée par un grand port: Rangoon. L'arrière-pays manque. Les chaînes que nous avons vu succéder à l'Himalaya dans la Chine méridionale se prolongent vers le sud, couvrant la Birmanie de leurs ramifications. Elles rendent difficiles les communications de la vallée du Brahmapoutre à celle de l'Iraouaddi, de celle-ci à celle de la Salouen. Elles encombrent les fleuves de rapides qui en réduisent la navigabilité. Au nord, bien que l'infiltration d'éléments jaunes jusqu'au pied mé-