POLYNÉSIE
Tonga. Puis, vers le sud, il y a 1500 kilomètres encore jusqu'à la Nouvelle Zélande.
Celle-ci se compose de deux îles à peu près égales. Elles sont montagneuses l'une et l'autre, avec des pics de 3000 m. et plus, des glaciers qui descendent presque jusqu'à la mer au milieu des arbres et des fougères, des volcans et des geysers, et des cascades sur des roches curieusement découpées. Ici nous sommes franchement en zone tempérée (40° lat. S.), avec un climat semblable à celui de l'Italie pour la température, et des vents d'est dominants. Une plante spéciale, le phormium, y a longtemps tenu lieu de pomme de terre aux indigènes. Les Européens y ont trouvé l'or et la houille.
La Nouvelle-Zélande était la plus écartée des terres océaniennes. Cependant la population indigène, les Maoris, semble avoir conservé le souvenir de la migration qui l'amena jadis du N.-O., et même de l'époque approximative de l'événement (20 générations). Mais cette migration n'a créé aucune attache intéressante, sauf la langue. Et la vie historique, là comme dans le reste de l'Océanie, a été absente.
La Nouvelle-Zélande est la plus méridionale des îles océaniennes : il y a des milliers de kilomètres entre elle et les premières îles polaires. Au nord-est au contraire se développe une « poussière d'îles » qui couvre un espace immense, tout en ne formant qu'une partie presque négligeable des terres émergées. De la Nouvelle-Zélande aux îles Hawaï ou Sandwich, qui sont à l'extrémité nord de ce monde insulaire, sous le tropique du Cancer, il y a la même distance que de Paris au cap de Bonne-Espérance. De la Nouvelle-Guinée à l'île de Pâques, qui est à l'extrémité est de l'Océanie, la distance est celle de Paris à la Chine. Les îles Hawaï sont de belles îles, avec de puissants volcans, des suo-
venirs historiques, qui se rattachent au « roi de mer » Tamehameha, sorte de Mines océanien (Cn du xviii^ siècle): grâce à leur position intermédiaire entre le Japon et San-Francisco, elles renferment un port important, Honolulu. A peu près symétriquement par rapport à l'Equateur, sous le tropique du Capricorne, la France possède les îles Marquises et Tahiti. L'île de Pâques est déjà fort isolée vers l'est. Et, entre Hawaï ou l'île de Pâques et les côtes d'Amérique, il y a des solitudes marines « où l'Europe entière tiendrait place » (Yidal- Lablache).
Tout ce monde insulaire présente des traits communs. Les hauts sommets avoisinant des fosses marines de plus de 5000 mètres indiquent une région tourmentée. Presque partout, il y a des volcans éteints ou actifs. A l'est, le Pacifique offre des profondeurs moindres et plus égales. Le climat est tropical avec prédominance des vents alizés, sauf en Nouvelle- Zélande : le domaine de la mousson commence plus à Pouest. La faune est pauvre, et c'est peut-être par là que les habitants ont été réduits au cannibalisme.
Ces îles ont peut-être connu des habitants antérieurs à la race qui les peuple actuellement : on retrouve un peu partout des monuments, d'ailleurs assez rudimentaires, que les indigènes ne comprennent plus. Les rares vestiges de cadavres qu'on a retrouvés dans certaines tombes indiquent des populations voisines des Papous ; rien ne reporte vers PAmérique. En tous cas, les Polynésiens actuels ont de nettes attaches avec les Malais: la langue est sur ce point un témoin irréfutable. Les dialectes polynésiens qui régnent depuis la Nouvelle-Guinée jusqu'à l'île de Pâques, et que parlent les Maoris delà Nouvelle- Zélande comme les Hawaïens, représentent un stade de développement du langage plus ancien et plus pur