AU NORD DE LA CHINE
taie, en compte plus de 200.000. Aussitôt l'émigration permise, les Coréens commencèrent à essaimer vers l'Amour.
Un détroit de 200 kilomètres, au milieu duquel se trouve l'île maintenant fameuse de Tsoushima, sépare la Corée du monde insulaire du Japon. Le centre en est la grande île de llondô ou Nippon (225000 kilomètres q.). Les chaînes orientés du sud-ouest au nordest, comme celles du continent, s'y continuent par d'autres orientées sud-nord : au coude est le Fujiyama (3700 mètres). Ce volcan éteint est entouré de volcans encore actifs, qui, avec les tremblements de terre, attestent que nous sommes là dans une région de dislocation : si la mer occidentale est sans profondeur, immédiatement à l'est de l'île se creusent des abîmes de 8000 mètres. Le Japon, à la latitude de la Méditerranée, est dans l'ensemble plus froid, mais le Kuro-shivo le réchauffe, et les influences marines lui donnent un climat de moussons, bienfaisant pour ses forêts, pour ses rivières, pour l'arbre à thé et pour le mûrier. La proximité de la montagne et de la mer, jointe à une douce lumière, ont créé là un centre artistique comparable à celui qui est né dans l'Iîellade. Ajoutons enfin les baies magnifiques dans lesquelles s'étalent aujourd'hui les grands ports d'Osaka et de Yokohama.
L'île Shikoku, au sud, est collée à lîondô, mais Kyûshû, plus au sud encore, présente à la mer la rade de Nagasaki. Et les îlots des Ryûkyù conduisent de là à Formose, au climat déjà tropical, et au sol fertile.
Au nord de Hondô, Ezô est déjà bien moins favorisé : les forêts de hêtres, de bouleaux, qui dans Hondô ne descendent guère au-dessous de 1500 mètres d'altitude, descendent ici bien plus bas. Plus au nord, la grande
île de Sakhalin, en face de l'embouchure de l'Amour, et les îles Kouriles, qui rejoignent le Kamtchaka, sont presque des îles polaires., dans lesquelles le cercle de feu du Pacifique se continue pour aboutir au Klioutchev du Kamtchaka. Dans ces parages, aucune ressource que la pêche, mais la pêche sous toutes ses formes, pèche du hareng et pêche de la baleine.
Au sud de la Chine
Pas plus que le domaine du nord de la Chine, celui où nous entrons n'est séparé par la nature de la Chine propre. Il la prolonge par la terre et par la mer, par la structure et par le climat, et les géographes chinois, avant que la Chine du Sud fût vraiment sinisée, avaient pris l'habitude d'étendre le nom du Kouenlouen à toutes ces montagnes du sud-ouest qui leur dérobaient le reste du monde.
Les puissantes chaînes du Tibet nord-est, du Ssteutch'ouan et du Yunnan se continuent régulièrement en Indochine, en conservant leur allure générale du nord-ouest au sud-est. mais en s'écartant peu à peu et en s'abaissant. Celles qui séparent le Brahmapoutre de l'iraouaddi, Tlraouaddi de la Salouen, sont les plus rébarbatives. Entre la Salouen et le haut Mékong, autant qu'on peut juger (car le Mékong n'est encore reconnu par les savants européens que sur les 3000 derniers kilomètres de son cours), elles sont âpres aussi. Puis elles s'abaissent sur l'isthme de Kra, qui n'est qu'une langue de terre rattachant à ce tronc la péninsule malaise, et qu'on percerait facile-