AU SUD DE LA CHINE
ment. Dans ce dernier parcours, des passages faciles font communiquer les vallées de la Saloucn et du Méping, affluent du Ménam : Xien-Maï sur le Méping' est rattaché étroitement au trafic qui se fait sur la Salouen. De même, la haute vallée du Ménam communique sans trop de difficulté avec la vallée moyenne du Mékong, la région de Louang-Prabang. De cette région, le Mékong descend peu à peu à travers les plateaux du Siam et du Laos, jusqu'aux chutes de Kong, et de là gagne un large bassin (Cochinchine). La chaîne entre le Mékong et le Fleuve Rouge est assez vague, jusqu'au moment où elle se relève pour former la chaîne côtière de l'Annam (2500 mètres). De même, au nord du Fleuve Rouge, il y a un abaissement des montagnes, avant qu'elles se redressent dans le Kouang-si. En conséquence, la vallée du Fleuve Rouge, qui est formée des alluvions rouges enlevées au Yunnan. est encore la voie de pénétralion la plus facile vers les mines de cette province. Dans l'intervalle de toutes ces chaînes s'étalent les alluvions des grands fleuves. Celles de l'Iraouaddi et de la Salouen sont resserrées jusqu'aux deltas. Mais il n'en est pas de même de celles du Ménam et du Mékong. Les plaines du Siam et du Cambodge, les plateaux du Laos couvrent 7 à 800.000 km. q., la moitié de la péninsule indochinoise. La vallée du Fleuve Rouge, en revanche, est resserrée, elle aussi, jusqu'au delta du Tonkin.
Le climat de ces plaines d'alluvions est un climat semblable à celui de l'Inde, placée sous la même latitude, climat tropical corrigé un peu, ici par l'altitude, là par la mer. L'influence de la mousson du sudouest, exclusive en Birmanie, se fait sentir jusqu'au Tonkin, qui a un hiver frais, mais une saison des pluies en été. La mousson du sud-est ne se fait sen-
tir que dans la Chine méridionale, La forêt est partout (santal, tek, etc), la jungle s'étend sur de vastes espaces, mais s'éclaircit dans les vallées, et surtout dans les deltas, pour faire place aux rizières. Les mines ne manquent pas dans les montagnes: l'or du pays a été vaguement connu de l'antiquité méditerranéenne, la houille est maintenant une des richesses du Tonkin. Malgré ces ressources, et malgré 2000 ans de civilisation, l'Indochine est presque un désert en comparaison des formidables agglomérations du Gange et du Yangtseu. La densité moyenne ne paraît pas dépasser 30 habitants au kilomètre carré, et il y a une concentration énorme dans les grandes capitales politiques et dans les deltas. Mandalay a 200000 âmes, Bangkok en compte 600000. Dans les deltas du Mékong (Cochinchine) et du Fleuve Rouge (Tonkin), malgré une forte mortalité, vivent, là 65, ici 300 (?) habitants au kilomètre carré.
L'Indochine n'a sur l'Océan Indien, par le peu d'étendue de l'arrière-pays, qu'un jour de souffrance. Mais, par une protubérance marquée, et 2000 kilomètres de côte, elle s'ouvre largement sur la mer de Chine méridionale. Il y a par là une sorte de Méditerranée, qui a uni dans une vie commune la Chine du sud, l'Indochine et les îles Malaises. Les îles ferment presque complètement cette mer à l'est et au sud. Entre le Fo-kien et Formose, entre Formose et les Philippines, sont les détroits que les Arabes du moyen-âge appelaient « les Portes de Chine ». Puis l'archipel des Philippines se relie étroitement à Bornéo et aux Célèbes. Bornéo est séparée par un détroit où se trouve l'îlot, jadis fameux, de Blitong, et que barre au sud Java. Puis vient Sumatra. Entre Sumatra et la presqu'île de Malaca, entre Sumatra et Java, étaient pour les Chinois les « portes de l'Occident ». La mer ainsi