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LA PLATA, PATAGONIE

la ville brésilienne de Cuyaba, devient navigable. Il forme des lors une voie navigable qui se prolonge sans interruption, sur 3000 kilomètres, jusqu'à l'Atlantique. Au contraire, les cours d'eau qui viennent le rejoindre de droite ou de gauche, des Andes ou du plateau brésilien, présentent tous des rapides au débouché des plaines. C'est donc un caprice des géographes qui inflige au Paraguay, à partir de Corrientcs, le nom du Parana, qui vient de gauche.

Le Paraguay, dans son cours supérieur, traverse encore des forêts. Il en est de même de ses affluents de droite, le Pilcomayo et le Vermejo ; leurs bords sont boisés, toufl'us, hantés par des bêtes dangereuses, et par les Indiens Tobas, fameux par le meurtre de l'explorateur français Crevaux (1882). Mais la steppe, qui a fait son apparition dans les Campos de Parécis, se développe aux endroits que ne touchent pas ces rivières, et prend un aspect désertique au sud du Vermejo: c'est le Grand Chaco, succédané du Kalahari africain. Au sud du Rio Salado, autre affluent de droite du Paraguay-Parana, le désert prend un aspect salin, et lèvent du sud-ouest (le joam/je/'o) y crée la sécheresse. Mais comme la terre est un loess fertile, et que le climat est devenu tempéré, l'homme a lutté énergiquement contre ce mal, et des oasis se sont créées au pied des Andes : les villes de Tucuman, de Cordoba ont un aspect nettement européen. Les chemins de fer ont poussé jusque là et même plus loin : ils s'arrêtent à Jujuy avant d'entrer sur les hauts plateaux boliviens ; de Mendoza ils franchissent les Andes du Chili. Au sud de la région sèche s'ouvre d'ailleurs la pampa, le paradis des éleveurs, le royaume des gauchos (métis d'Indiens et d'Espagnols). La pampa est en outre favorable à l'agriculture, et l'immigration européenne, qui n'a pas cessé en Argentine depuis

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un siècle, a acclimaté en maints endroits les cultures de nos pays.

Sur la rive gauche du Paraguay, on rencontre d'abord un pays de cultures tropicales, où le despotisme patriarcal des Jésuites a maintenu et utilisé la maind'œuvre indigène, sans emploi de noirs: il y a même là un produit spécial, le maté ou thé du Paraguay. De l'autre côté du Parana, qui vient du Brésil donner son nom au Paraguay, la province d'Entre-Rios (jusqu'à rUruguay), plus méridionale et plus proche de la mer, mêle au palmier et aux cultures tropicales les cultures européennes. Enfin, par delà l'Uruguay, qui unit son embouchure à c^lle du Paraguay-Parana, nous avons un pays qui est la continuation des provinces brésiliennes du sud, avec prédominance de cultures européennes, et surtout de Pélevage: c'est le hasard de la politique qui a détaché cette marche de l'Est (Banda oriental) de l'Amérique lusitanienne, pour y faire dominer l'espagnol.

Le Parana et l'Uruguay se mêlent dans un vaste estuaire, large de 175 kilomètres, et font sentir l'influence de Peau douce jusqu'à 150 kilomètres dans l'Atlantique. Les Espagnols y ont cru trouver Pargent, d'où le nom de La Plata. Depuis, le fleuve a servi de débouché à d'autres richesses : c'est par là que les produits de l'élevage argentin, la viande de conserve, le cuir, partent pour l'Europe. Deux grandes villes se font face sur les deux rives : au sud, Buenos-Ayres, qui dépasse aujourd'hui le million d'habitants; — au nord, Montevideo, qui n'en compte que 200.000. Mais le souffle du pampero et une forte barre rendent scabreux l'accès de ces porls : aussi la Plata, mieux située, dépasse-t-elle déjà 100.000 habitants.

Avec le Rio Negro, qui se jette dans l'Atlantique au sud de la Plata, par 40° lai. Sud, le climat tempéré

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