AMAZONE ET ORÉNOQUE
s'efface peu à peu, de bonne heure, comme partout dans l'héinisphcre austral. Les influences polaires apparaissent : un courant froid baigne la côte. Pourtant l'herbe domine encore sur les bords du Ghubut, et le jaguar de la zone tropicale se rencontre jusque là. Les Européens sont aujourd'hui en Patagonie. Le pays a appartenu jadis à ces Patagons qui apparurent comnîe des géants aux yeux de Magellan, et, près des Andes, aux bords du lac Aaliuel-lluapi. les Araucans, plus belliqueux et plus féroces encore, ont résisté longtemps à la guerre d'extermination que leur firent les Espagnols. Enfin, au sud du détroit de Magellan, les Fuégiens représentent, avec les Australiens, le dernier degré de la vie sauvage.
En face du détroit, de petites îles, que les Français appellèrent Malouines quand ils les occupèrent (176i), sont devenues anglaises en 1833, sous le nom d'îles Falkland. Elles n'avaient d'intérêt pour les Européens que comme stations de grande pêche : c'est le point le plus méridional où l'on vienne guetter les baleines antarctiques. '- '•
Amérique du Sud
Amazone et Orénoque
Au nord du plateau brésilien, la région basse est divisée par des reliefs secondaires en deux vallées
très inégales : celle de l'Amazone et celle de TOrénoque.
L'Amazone est le plus grand fleuve du monde après le Kil, et le Missouri-Mississipi : il est long de près de 6000 kilomètres ; son bassin couvre une surface de 5 millions et demi de kilomètres q. (dix fuis la France). Les cours d'eau qui le forment, le Maraùon propre et rUcayali, parcourent deux des vallées longitudinales qui caractérisent les Andes. Une fois le fleuve constitué, il a encore quelques rapides à franchir avant de sortir de la région andine : à Tabatinga, il il n'est déjà plus qu'à 80 mètres d'altitude, et depuis longtemps déjà navigable. Il reçoit à gauche des affluents des Andes du rs'ord, comme le Yapura, et à droite des affluents des Andes du Pérou, comme le Purus : tous ont des chutes à franchir, mais sont néanmoins navigables de bonne heure; dans son ensemble le réseau navigable amazonien est de 50.000 kilomètres. Dans la région de Manaos, l'Amazone reçoit, à très peu de distance, à gauche le Rio iSegro qui se relie par une curieuse bifurcation au Cassiquiare, affluent de l'Orénoque, — à droite la Madeira, qui sort du plateau brésilien par la chute appelée « Chaudière de l'Enfer ». L'Orénoque, le Rio Negro et la Madeira constituent une voie perpendiculaire à l'Amazone, qui a joué un grand rôle pour la pénétration indienne, avant d'être utilisée pour la navigation européenne. L'Amazone reçoit encore, à gauche les rivières descendues des montagnes de Guyane, adroite le Tapajoz et le Xingu. Les affluents de gauche étant au nord de l'Equateur, les affluents de droite au sud, il en résulte que leurs crues alternent, et que l'Amazone a un régime aussi égal que le Congo. La marée se fait sentir à 800 kilomètres de l'estuaire immense par lequel le fleuve, devant l'île de Marajo, débouche