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LE RÉSEAU FLUVIAL DU CENTRE

étendues, au nord et au sud, et les rég"ions plus élevées de l'ouest et de l'est ne s'élèvent nulle part à 1500 mètres.

Néanmoins, la région est coupée par un seuil à peine sensible qui sépare les versants du nord et du sud. Il se marque au sud des Grands Lacs, et se continue dans le Coteau du Missouri. Il ne coïncide nullement avec la ligne atteinte par les glaciers à l'époque quaternaire. Celle-ci remontait fortement vers le nord-ouest, au pied des Montagnes Rocheuses. Au contraire, elle descendait à l'est jusque sur les rives de l'Ohio. Elle a laissé sur le sol nombre de traces, mais surtout une rangée sans égale de nappes lacustres, moins étendues sans doute qu'à l'époque quaternaire, mais dont les restes sont encore parmi les plus grands lacs du monde. La forme de cette rangée frontale des anciens glaciers atteste que le climat obéissait déjà aux mêmes lois générales que maintenant : car les isothermes, par exemple la ligne de 0°, plongent fort au sud dans la vallée du Mississipi, remontant vite du côté de l'ouest, sous l'influence du courant chaud du Pacifique, et beaucoup plus lentement du côté de l'est, où le courant polaire vient à la rencontre du Gulf Stream.

La ligne de partage, peut-on dire, n'existe pas au point de vue du climat. Tout comme en Russie, les influences polaires pénètrent librement, les vents du nord balayent les plaines du Mississipi. Ce sont eux qui font fléchir les isothermes. C'est seulement avec la ligne de 10° que ces lignes reprennent une direction vaguement parallèle à l'Equateur sur le bas cours du Mississipi. Il s'ensuit que la zone tempérée proprement dite n'est pas très large dans le centre de l'Amérique du Nord. — Et, de même, la ligne de partage n'existe pas pour les communications

fluviales. Non seulement les fleuves du Canada communiquent souvent à travers le dédale des lacs qu'ils traversent, mais même la séparation avec les rivières mississipiennes est à peine sensible dans la région des « Mille lacs », vers les sources du Mississipi. L'exutoire du lac Michigan dans le Mississipi a été supprimé d'hier, géologiquement parlant. Ce sont plutôt les rapides, par lesquels les fleuves dévalent d'un lac à l'autre, qui gênent la navigation. Les indigènes, qui se servaient abondamment des fleuves dans leur vie nomade, les tournaient par des portages dont la plupart sont encore pratiqués. Les Européens ont naturellement préféré les canaux, pour compléter ou rectifier l'immense système fluvial.

Il est pourtant nécessaire, pour la clarté, de séparer le versant nord et le versant sud.

Le versant nord se partage entre un certain nombre de grands fleuves qui vont déboucher en éventail dans les mers polaires. Aux montagnes appartient le fleuve poissonneux du Yukon. Plus important est le Mackenzie; on le regarde généralement comme formé par la rivière de la Paix et de l'Athabaska, venues des Rocheuses : mais il draine aussi les eaux de plusieurs lacs importants, dont le lac des Ours. La vallée, par son orientation du sud-est au nord-ouest, reproduit Torientation des isothermes de ce côté, et par conséquent celle des zones de végétation. Au nord, autour du delta du fleuve et jusqu'à la baie d'IIudson, c'est la toundra; dans la vallée même, des forêts de conifères, que des chasses plusieurs fois séculaires n'ont pas encore dépeuplées. Le long des Rocheuses commencent les grandes plaines que nous verrons s'étaler sur le Missouri. Le Saskatchewan, comme le Mackenzie, draine toute une série de grands lacs, dont il emporte les eaux à la baie

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