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LE RÉSEAU FLUVIAL DU CENTRE

d'IIudson : en sortant du lac Winnipeg', il prend le nom de Nelson.

Dans les hautes vallées du Mackenzie et du Saskatchéwan apparaît la terre à blé du Manitoba ; elle est tournée économiquement vers le S'-Laurent. Celui-ci, à le bien prendre, commence avec la petite rivière qui se jette dans le Lac Supérieur, le plus grand lac du monde (84000 klm q.). Il est à 184 mètres, un peu audessus des lacs Micliigan et lluron. Ceux-ci à leur tour dominent de peu le lac Erié, mais, du lac Erié au lac Ontario, la différence, plus grande est rachetée par les chutes fameuses du Niagara. Au sortir de cette énorme nappe d'eau douce, le Saint-Laurent n'a plus à franchir que 330 kilomètres, et son régime, régularisé par les lacs, est des plus stables. Dans cette dernière partie de son cours, si pleine de souvenirs français, les hauteurs des Laurenlides, à gauche, et les prolongements des Appalaches, adroite, lui envoient quelques affluents : un des affluents de droite ouvre une voie latérale sur laquelle nous reviendrons. Malheureusement, cette importante voie fluviale a son estuaire encombré par la glace, sinon aussi longtemps que les fleuves précédents, au moins durant sept mois. Le plateau du Labrador, qui offre encore quelques forêts, et les hauteurs de l'Acadie encadrent ce débouché, que garde Terre-Neuve. En avant de cette île, le heurt des courants polaires et du Gulf-Stream a créé le « Grand Banc », domaine de pêche unique au monde.

Le versant du sud se concentre presque entièrement dans un seul bassin, de 3 millions de kilomètres q., six fuis la France. Entre les pentes qui prolongent les Rocheuses vers l'est, et celles qui prolongent les Appalaches vers l'ouest, s'étale la vallée du Mississipi. La rive droite est couverte souvent par les déborde-

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ments du fleuve, tandis que la rive gauche le domine de ses bluffs.

Le Mississipi naît au lac Itaska, et devient navigable de bonne heure. A Saint-Louis, où il reçoit le Missouri, il apporte plus d'eau et imprime la direction, de sorte qu'il n'y a pas de raison impérieuse de réunir les deux fleuves en une seule voie : elle constituerait le plus long fleuve du monde, près de 8000 kilomètres. Le Missouri naît au Parc National, tout près de la rivière des Serpents qui va au Pacifique par la Columbia; c'est un fleuve de steppe, aux eaux maigres (relativement) et bourbeuses, et il en est de même de son affluent, la Platte, et de même encore de l'Arkansas et de la Rivière Rouge, qui se jettent plus au sud dans le Mississipi. Les hautes vallées, au pied des Rocheuses, constituent les « mauvaises terres », puis c'est la prairie où les bisons ont disparu, et les Indiens avec eux, pour faire place aux éleveurs américains et à leurs cow-boys.

Sur la gauche, le Mississipi reçoit des rivières qui arrosent de plus riches régions. L'illinois draine le pays du blé, du maïs et du porc : le canal qui l'unit au lac Michigan y débouche à Chicago (plus d'un million d'habitants). L'Ohio descend des montagnes paléozoïques des Appalaches, et, avec son affluent le Tennessee, traverse le pays de la houille. Le pétrole qui se rencontre dans sa haute vallée, en Pennsylvanie, et le fer, qui se trouve surtout sur le Tennessee, ne sont pas sans rivaux, mais la houille américaine n'est qu'au commencement de sa fortune. Le Mississipi, grossi de ces rivières, arrive à son delta avec un volume d'eau moins fort qu'on ne l'attendrait, même au moment des crues d'hiver et de printemps : 27.000 mètres cubes d'eau par seconde. Le delta, qui gagne un mètre par an sur le golfe du Mexique, est déjà dans la zone Iro-

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