DÉTROIT DE BEHRING
nègre, aujourd'hui, balance presque la population blanche. Les caractères du sud s'accentuent naturellement dans la Géorgie.
Quant à la Floride, c'est une péninsule accolée à l'Amérique du Nord, où la terre et l'eau sont intimement confondues. Elle n'a été vendue par l'Espagne aux Etats-Unis que vers 1820 ; et elle plonge encore profondément dans le monde des Antilles.
La région atlantique de l'Amérique du Nord n'avait aucune attraction spéciale pour l'humanité autochthone : elle a dû sa fortune extraordinaire à sa proximité relative de l'Europe. Encore aujourd'hui, elle reste la partie vitale de l'Amérique, celle par laquelle cette fille de l'Europe tient à sa mère.
Détroit de Behring
Il reste à dire un mot du point où l'Amérique touche l'Asie, et à rappeler les causes qui ont rendu cette connexion si inopérante au point de vue historique.
L'Océan Arctique ne communique avec le Pacifique que par le détroit de Behring, large de 56 kilomètres et très peu profond. Au sud de ce détroit, la mer de Behring repose, au moins dans sa partie est, sur un plateau sous-marin qui n'est pas recouvert de 200 mètres d'eau. Il se termine aux îles Aléoutiennes, qui courent du Kamtchatka à l'Alaska. Ajoutons que ce plateau se prolonge, par delà le Kamtchatka, sous la mer d'Okhostsk, que limite la ligne des Kouriles. Immédiatement au sud des Aléoutiennes et des Kouriles commencent les grandes profondeurs.
Mais la liaison entre l'Amérique et l'Asie est établie uniquement au point de vue naturel. Au point de vue humain :
1° C'est une région qui a été recouverte plusieurs fois par les invasions glaciaires, et qui n'a cessé, pour la dernière fois, d'être inhabitable, qu'il y a dix ou douze mille ans. Encore à l'époque actuelle, c'est à peine si on la peut dire accessible. Et, à quelques degrés plus au sud, des milliers de kilomètres de mer séparent déjà les deux continents.
2° Si l'on regarde l'ancien, il semble d'abord que l'Inde, que la Chine, si isolées du côté continental, soient tournées vers la mer. Mais, en dehors de leur caractère massif, en dehors des ressources que les habitants de Tune comme de l'autre ont trouvées dans leur sol, et qui leur a fait dédaigner, puis abhorrer les lointains voyages, la mer qu'ils avaient devant eux était rendue inclémente par la mousson: c'est la mer des typhons. Et ce qui est curieux, en somme, c'est plutôt que les Malais au moins aient bravé ces dangers.
3° Si l'on se tourne vers l'Amérique, on comprend que l'homme y ait été attiré avant tout par les régions intertropicales et leurs richesses, dans la mesure au moins où l'altitude y corrigeait l'exubérance de la vie végétale. Les régions extrêmes n'ont pu être mises en valeur que quand une race habituée à d'autres cieux et à de plus rudes efforts y a trouvé un habitat approprié à sa nature ; encore est-elle restée singulièrement confinée dans ses villes, et l'avenir ne sera pleinement assuré que le jour où l'appropriation du sol aura pris plus de profondeur.
4° Voilà pourquoi, de part et d'autre, on s'est écarté des régions maritimes du nord, où des contacts féconds eussent été possibles. Quant aux contacts à tra-