DÉTROIT DE BEHRING
vers les immensités de la « Mer du Sud », on ne s'étonnera pas que nul n'y ait songé, puisque, môme après Touverture de cette mer par les Européens, et une fois son caractère « pacifique » dûment reconnu, le charme a mis encore du temps à se rompre.
Parmi les possibilités que la géographie physique ouvrait pour le continent américain, l'une, la prcjximité de l'Asie, n'a rien donné, je ne dis pas au point de vue ethnographique (il est certain, au contraire, que le peuplement de l'Amérique s'est fait par là), mais au point de vue historique. Les civilisations indigènes ont pu se développer dans des conditions d'indépendance qui fait leur singulier intérêt pour quiccmque s'intéresse aux lois générales de la psychologie humaine. Dans quelle direction se seraient-elles étendues ? Il est impossible de le dire, puisque leur évolution a été coupée par la conquête européenne. Du jour où l'Atlantique a été franchi à une latitude permettant les rapprochements durables, le sort de l'Amérique a été fixé. Et c'est pourquoi il nous a été impossible d'envisager la géographie humaine de l'Amérique autrement que du point de vue de la colonisation européenne. /. . ) : ;
Le Pacifique et le Pôle Sud
L'océan Pacifique s'étend, depuis le détroit de Behring" jusqu'à la ligne qui va de la Tasmanie au cap Horn, sur 60 degrés de latitude au nord de l'Equateur et presque autant au sud. Il a 19000 kilomètres de large un peu au sud de l'Equateur. Il couvre 170 millions de klm. q. A côté de cette masse d'eau, l'Atlantique et l'Océan Indien ne sont que des « Méditerranées ». Elle représente la moitié de toutes les mers, qui, elles-mêmes, font les trois quarts de la superficie du globe.
La communication avec le pôle Nord est limitée et, si un courant polaire vient se faire sentir jusque dans la mer d'Okhostk, le Nord-Pacifique ne présente aucune dérivation comme le Gulf-Stream. Son circuit est le plus nettement fermé du monde. Le courant équatorial vient réchaufl"er le Japon sous le nom de Kouro-Chivo, puis se recourbe, et va procurer à la Colombie britannique le climat heureux que nous avons vu.