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SAHARA

cain appartient au désert (6 à 7 millions de kilomètres carrés, 10 ou 12 fois la France). En réalité, le Sahara présente de fortes irrégularités de relief, des montagnes élevées à côté de dépressions profondes ; les dépôts de sel d'Aoudjila et de Bilma viennent de bien loin dans le passé. On a émis l'idée que le Sahara avait été jadis moins inhabitable qu'à présent, et de fait la présence de l'éléphant, du lion, dans l'Afrique Mineure historique, est le vestige d'un temps où la zone fermée à la vie animale fut moins revèche. Mais ce temps est encore bien plus ancien que l'époque historique. Pour les hommes que connaît l'histoire, il n'y a jamais eu là que le Grand Désert, le Sahara. La région est coupée par le tropique du Cancer, soumise à un régime de hautes pressions, privée d'eau par essence. Et, massive comme elle est (4300 kilomètres en longitude sur 1300 en latitude), elle connaît des extrêmes de température auxquels bien peu d'espèces peuvent résister. Anciennes et profondes sont les causes qui la vouent à la désolation. ; .' :

Depuis qu'on connaît le Sahara, on a constaté que cette désolation n'était pas uniforme. A l'Ouest, où soufllcnt les vents de l'Océan, le sable domine, s'amoncelant parfois en dunes hautes comme des collines; le Tanezrouft, au N. de Tombouctou, est le type du genre. Au centre, on trouve, eu quittant les côtes de la mer, des hammada, déserts de pierres accidentés, qui annoncent les montagnes du Tibesti, de l'Ahaggar, de TAïr ; là, on connaît un sommet de 3000 mètres. Sur les flancs de ces montagnes s'abattent irrégulièrement des pluies diluviennes, créant des torrents temporaires qui ne sont qu'un danger de plus. A Test, les basses altitudes et le sable reparaissent jusqu'au Nil, de l'autre côté duquel on retrouve le désert pierreux et montagneux.

Dans le sens de la longitude, les abords do la Méditerranée ofTrent encore une série d'oasis, échelonnées irrégulièrement depuis le Touat, près du Maroc, jusqu'à l'oasis d'Ammon et jusqu'à l'Egypte. Puis l'eau ne se rencontre plus au sud que sous forme de puits ; •et, par endroits, 1500 kilomètres séparent la dernière oasis des premiers abords de la savane. Celle-ci apparaît à peu près à la hauteur de Tombouctou et de l'Ethiopie, et remplace très progressivement le désert.

Dans un pareil milieu, il ne peut être question •d'habitat humain que sur un nombre restreint de points isolés, mais il y exista de bonne heure des pistes de caravanes, jalonnées par les rares points d'eau que le nomade a appris à repérer au cours des âges : «encore faut-il qu'il soit prêt en certains cas à rester trois ou quatre jours sans boire. Aussi loin que remontent nos renseignements, les abords de la Méditerranée paraissent habités par des Berbères, que le témoignage de la langue montre comme parents des Sémites (féminin en t). De tout temps, les ancêtres des Touaregs actuels se sont avancés plus ou moins loin sur les pistes du désert. Au sud du désert commençait dès l'antiquité égyptienne le monde noir, monde anarchique dont les guerres incessantes alimentaient l'esclavage. La traite a été le principal lien entre les deux bords du Sahara; le sel du désert, ies plumes d'autruche ne viennent que bien après.

Mais encore a-t-il fallu que des foyers d'appel se -créassent sur les bords de la Méditerranée. 2000 ans avant J.-C, nous voyons la Cyrénaïque et l'Egypte en relation par les oasis, et, de ce côté, il est arrivé au v^ siècle qu'un voyageur s'égara jusqu'aux rives du Niger. Au premier millénaire, les colonies phéniciennes de l'Afrique Mineure ont peut-être eu des esclaves

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