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SYRIE

g-nant du terrain dès que l'éncrg-ie humaine faiblit. Nous avons vu qu'il fallait plusieurs jours de marche dans le désert pour aller d'Egypte en Palestine. Au S. de ce parcours, le Sinaï dresse ses cimes pierreuses, à la végétation rare, et d'où Jéhovah est parti à la conquête du monde. Désert encore au S. de la mer Morte, mais avec des routes qu'explique l'attraction de la mer Rouge et des oasis : les ports du fond du golfe d'Akabah ont servi à certains moments do débouchés à la Syrie vers l'Inde, et, aux abords de la roule qui y conduit, les touristes vont visiter Pétra, la capitale des Nabatéens. Plus au N., sur la rive orientale du Jourdain, les croupes herbeuses de Moab, d'Ammon, de Galaad, permettent au moins l'élevage du bétail. Puis le llauran et l'Hermon versent quelques eaux qui, avant de se perdre dans les sables, ont rendu possible la floraison de Bosra, de Damas, villes liées au corps du pays dans les moments de culture prospère, et qui, quand le désert reprend l'olfensive, deviennent des oasis. Une autre oasis, plus au N., à 200 k. de Damas, à 200 k. de l'Euphrate, à 200 k. d'Alep, a abrité jadis Palmyre, qui se posa un moment en rivale de Rome. Les Bédouins qui hantent ces demi-déserts ont de tous temps fréquenté les vallées de la Syrie. Derrière, c'est le vrai désert, le « pays de la soif » qui, sur plusieurs centaines de kilomètres, sépare la Syrie de Babel et de Bagdad.

Pour décrire le pays cultivable, il sera bon d'aller du sud au nord, sans isoler la côte de l'intérieur.

Le sud de la Syrie forme la montagne de Juda, bon pays, où la température élevée et le voisinage du désert sont tempérés par l'altitude : entre la dépression de la mer Morte et le bord de la Méditerranée, l'altitude se tient aux environs de 700 m., et parfois dépasse les 1000. Les vallées ont pu paraître aux ancé-

très des Israélites un pays « de lait et de miel », et les villes qui s'y abritent ne sont pas sans connaître des ondées bienfaisantes. Le pays était, au viii** siècle avant notre ère, peuplé de façon sensiblement plus dense que celui qui se trouvait plus au N., comme il l'est encore. Aux temps arabes, il payait deux fois plus d'impôts.

La côte correspondante forme la plaine de la Shéphélah, bien cultivée en général. Elle est placée sur la grande route militaire d'Egypte en Syrie, la route qui conduisit les Pharaons à Mageddo et Saladin à Tibériade. Enfin, elle abrite des rades dont l'une, Jaffa, fut et reste le port de Jérusalem. Cette côte philistine se termine au promontoire fameux du Carmel.

Au N. de la montagne de Juda, sur 200 k. le long du Jourdain, c'est la montagne d'Ephraïm. C'est un pays analogue à la Judée, mais moins favorisé. Après avoir formé le royaume d'Israël, il devint le pays des Samaritains : Napluuse, qui fut leur capitale, est encore un centre important. Au nord, près du lac de Tibériade, la montagne s'abaisse dans la riante Galilée, le pays du Christ.

Au point où le Liban et l'Antiliban s'arrêtent pour faire place aux montagnes que nous venons de décrire, se place une cassure très remarquable, d'où s'échappent, entre le Jourdain et TOrontc, d'une part le Nahr-Litany, seule rivière importante qui débouche en Phénicie, d'autre part les cours d'eau qui arrosent Damas. C'est là que passe aujourd'hui le chemin de fer de Beyrouth à Damas.

Au nord, le cœur du pays est la vallée de l'Oronte, la plaine de la Beqaa, de 30 k. de large sur 200 k. de long, et qui fut un moment un des greniers de Rome. Là se pressent les villes anciennes et modernes, Baalbek et Emèse avec Ilamath. Mais la plaine,

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