‹ Prologue d'un règneChapitre 109 sur 177 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

rent-elles tout l'odieux? Crurent-elles que cette formule impliquait la reconnaissance absolue des droits du prince et quelles ne pouvaient prétendre davantage? De son côté, le roi Charles-Félix fut-il aise de voir mettre de nouvelles conditions à une réconciliation qu'il était bien décidé à ajourner encore?

Je ne le saurais dire. Mais ce qui frappe et étonne, c'est que, chez l'Anglais seul, cette formule rencontra la réprobation qu'elle méritait. Avec des expressions étonnantes dans un document diplomatique, Wellington cria malheur.

Sa dépêche à Canning en fait foi :

Monsieur,

Pour ce qui regarde le prince de Carignan, le prince de Metternich a le projet de proposer que le Roi lui rende sa faveur, ce qu'il (Charles-Félix) est certainement libre de faire ou de ne pas faire. Mais la condition serait que le prince promette que, s'il monte sur le trône, il gouvernera selon les lois existantes et ne fera aucun changement sans le consentement des autorités constituées en Piémont, en Savoie ou à Gênes. J'ai démontré au prince de Metternich la fatalité d'un pareil arrangement (the fatality of such an arrangement) et les fausses interprétations et rapports qu'il occasionnerait. Mais je ne crois pas que j'aie fait la moindre impression sur lui (1).

Signé : Wellington.

(ij 2g novembre 18:

Hélas! Wellington avait prophétisé en soulignant, dans sa dépêche, le mot de fatalité!...

Au demeurant, la question pendante entre M. le duc de Modène et le prince de Carignan se trouvait définitivement tranchée en faveur de celui-ci.

Le congrès dès lors se désintéressa de l'heure et de la façon dont seraient, quelque jour, exécutées ses décisions. « (Test affaire entre Charles- Félix et son héritier », disait M. de Chateaubriand. « C'est affaire à moi », disait le prince de Metternich. On verra tout à l'heure que le prince de Metternich avait raison.

Quant à Charles- Albert, nul ne peut dire qu'il sut ou ne sut pas ce qui s'était décidé à Vérone, car, sur ce point, ses lettres sont aussi discrètes que la correspondance de Sonnaz et que les mémoires de Sylvain.

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