‹ Prologue d'un règneChapitre 125 sur 177 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

impossible maintenant qu'on y fasse entrer quelque chose. Il y a là cinquante mille bouches inutiles à nourrir, et la ville n'est nullement approvisionnée. On dit que les troupes ont déjà été mises pendant deux jours à demi-ration. La garnison, peu nombreuse, est en partie composée des miliciens de Madrid et de Séville, à qui l'on fait faire le service des avantpostes, pour empêcher les vrais soldats de déserter, ce qui pourtant ne nous empêche pas d'en recevoir très souvent. Les trois quarts des habitants de cette ville sont royalistes, et de plus sont désolés de voir leur commerce ruiné.

« Les factieux sont absolument divisés entre eux. Ils se voient perdus, et leurs chefs font des démarches pour se faire donner des missions à l'intérieur. Riego, entre autres, voulait qu'on lui donnât i,5oo,ooo francs pour avoir un moyen de se sauver. Il prétendait vouloir rejoindre Ballesteros. On a déjà parlé d'envoyer des parlementaires. Avant que toute notre flotte fût arrivée, les Cortès voulaient transporter le Roi à la Havane, et ils avaient équipé à cet effet le vaisseau l'Asie. Mais maintenant, ils seront obligés de nous le rendre dans l'île de Léon. Nous recevrons dans quelques jours des renforts de troupes, de l'artillerie et des canonnières, de sorte que nous pourrons les bombarder, ce qui leur fait une peur terrible. »

Mais peut-être n'est-il pas inutile, avant de laisser le prince et son fidèle écuyer continuer leurs récits, de dire comment les constitutionnels étaient si brusquement tombés en détresse.

AR1GNAN AL/ASS/V 31 Aoui

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