‹ Prologue d'un règneChapitre 158 sur 177 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

{a) « Je me promène toujours sur le pavé de Turin, écrivait le comte de Maistre, le 27 mai 18 18, à l'amiral Tchitchagoff, sans savoir ce que je deviendrai. Mais peut-être que je touche au moment qui changera Monsieur de sans affaires en Monsieur de cent affaires. Aux appointements près, le premier emploi vaut infiniment mieux que le second, et je suis bien fâché que la Révolution ne m'ait pas laissé le choix. 11 arrivera donc tout ce qui plaira à Dieu et au roi de Sardaigne. » [Lettres et opuscules, t. I, p. 497.)

Quelques semaines plus tard, le comte de Maistre était nommé chef de la grande chancellerie du royaume, avec le titre de ministre d'Etat.

(b) Le mariage se ht le 28 mai. « La princesse, écrivait M. de Metternich, est merveilleusement belle. Elle a une demi-tête Je

plus que moi, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une jolie tournure. Sa tête a une expression de noblesse remarquable. Elle a des yeux longs et langoureux, le nez petit et finement découpé : la bouche est bien faite et cache les plus jolies dents du monde; et pourtant, malgré toutes ces perfections extérieures, je trouve qu"une aussi grande femme manque de charme... » (Mémoires de Metternich, vol. III, p. 35o.) — « Je viens encore de faire un mariage, écrivait-il ailleurs. L'archiduc Rénier épouse la princesse de Carignan. Il eût épousé un canapé si pareil meuble pouvait lui servir à ce qu'il a entendu dire. Avec ces dispositions et trenteneuf ans, toute femme est charmante. » (Henri Forneron, Histoire générale des émigrés, vol. Il, p. 210, notes.)

(c) A la réception solennelle de la magistrature, le ier janvier 1820, au lieu des souhaits accoutumés, le comte Borgarelli adressa au roi Victor-Emmanuel une sorte de philippique où, oubliant tout respect, il le mit en demeure de « ne pas toucher à l'antique édifice ». Voy. Poggi, Storia d'Italia, vol. Ier, p. 325, à propos de cette scène et de ce discours, qui bouleversèrent Turin.

(d)u ...Tant qu'il me restera de la respiration, écrivait Joseph de Maistre, je répéterai que l'Autriche est l'ennemie naturelle et éternelle de Votre Majesté. Si l'Autriche domine de Venise à Pavie, c'en est fait de la maison de Savoie : vixit! » [Correspondance diplomatique de Joseph de Maistre..., fragment cité par Ch. de Mazade dans Le Comte de Cavour, p. 173.)

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