‹ Prologue d'un règneChapitre 159 sur 177 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(a) Voici quelques détails sur la mort du comte de Maistre. Les coups de sommeil dont il se plaignait en disant : « Bientôt on écrira au Roi que je suis apoplectique » (1), avaient diminué. Cependant les fatiguesdel'àme, les travaux de l'esprit, les peines

(1) Voir Lettres et opuscules. Introduction.

de cœur, raconte son biographe, avaient peu à peu usé une constitution des plus robustes. Sa démarche devenait incertaine; il continuait néanmoins l'expédition des affaires avec la même assiduité. Une paralysie enfin l'atteignit au commencement de 1821 et réduisit son corps à l'impuissance, tout en laissant à sa tête toutes ses facultés. Ses derniers mots au conseil des ministres furent : « Messieurs, la terre tremble, et vous voulez bâtir... » Le comte de Maistre s'éteignit le 26 février 1821, à l'âge de soixante-sept ans.

(b) Charles de Carail, fils aîné du marquis de Saint-Marsan, alors ministre des affaires étrangères, colonel en second et dragon de la Reine, était aide de camp du roi Victor-Emmanuel. Proscrit à la suite de réchauffourée de 1821, le marquis de Carail ne rentra jamais au Piémont et mourutà Londresen i838.

(c) Hyacinthe Provana di Collegno, né à Turin le 4 juin 1794, était alors major d'artillerie et écuyer du prince de Carignan. Compromis par les événements de 1821, il passa plus de vingt ans en exil. Amnistié en 184IÎ, il fut nommé sénateur du royaume en 1848, puis ministre de la guerre, puis enfin ambassadeur à Paris. Il mourut à Baveno en i856. Après l'abdication de Charles-Albert, le comte de Collegno lui porta, à Oporto, l'adresse du Sénat et recueillit son dernier soupir.

(d) Comte Santorre di Santa Rosa, né le 18 novembre 178'î, fils d'un colonel piémontais, se battait déjà vaillamment à treize ans, sur les Alpes, lors de l'invasion française de 17112. Sa carrière militaire avait été rapide. Il était colonel en 182 1, et l'un des chefs du mouvement insurrectionnel. Pendu en effigie, lors de la répression, il erra d'abord en Suisse, puis en Angleterre, d'où il alla enfin se faire tuer en Grèce devant Navarin.

(e) Lisio, major d'infanterie.

(/) Le drapeau portait les trois couleurs : rouge, bleu et noir. Le noir était l'emblème de la secte des carbonari, comme la fumée en était le symbole, ce qui fit rire irrévérencieusement le marquis Robert d'Azeglio, quand il fut initié. A Alexandrie,

la junte rit flotter les couleurs vertes, blanches et rouges, couleurs du royaume d'Italie. (Informa^ioni, etc., p. 74. — Note.)

(g) «Je ne puis me rappeler sans un frémissement, écrivait plus tard Revel, la position affreuse où je me suis trouvé, responsable de la sûreté du Roi, attaqué par la fraude et par la trahison encore plus que par la force, et enchaîné par la funeste indulgence du Roi, qui s'est perdu et nous a perdus tous, puisque l'honneur est perdu, en voulant épargner tout le monde. » (Revel, Guerre des Alpes, p. 63.)

(h) « Nous avons résolu, telle était la formule de l'acte d'abdication, notre conseil d'Etat entendu, de choisir et nommer régent de nos Etats notre bien-aimé cousin, le prince Charles-Amédée- Albert, prince de Carignan, lui conférant en conséquence toute notre autorité. » Victor-Emmanuel se réservait le titre et le traitement de roi, un million de pension, la liberté de résider où il lui plairait, et le maintien de tous les actes passés par lui en faveur de la Reine et de ses filles.

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