‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 27 · EE SE EE EE · texte numérisé non relu

EE SE EE EE

ure tendresse filiale. Jamais, non|“* même personne, ils travaillent jamais, ret homme ne disait une |‘ l’un pour l’autre ! Ce que l’un ne

parole contre le respect qu'on doit au curé de sa paroisse et jamais aussi personne ne fut bien reçu d’cser dire, en sa présence, la moindre parole de blâme ou de censure contre les prêtres. On doit encore se rappeler à l'Ile aux Coudres quels soins affectueux il eût pour M. Babiu, pendant sa dernière maladie. Se hâtant de se débarrasser des ouvrages qu'il ne pouvait remettre à un autre temps, il courait avec empressement au presbytère et y passait les jours et une grande partie des nuits. On sait encore, à l'Ile, qu’il se dévoua, même après la mort de M. Babin, pour préparer tout ce qu'il fallait pour sa sépulture.

Le bon et saint père Jean Lapointe est mort, il n’y a que quelques années, environné de ses enfants et de ses petits enfants, agenouillés auprès de son lit funèbre pour recevoir sa bénédiction patriarcale. Il était âgé de quatre-ving!-qualorze ans et mourut de la mort des amis de Dieu, laissant après lui une nombreuse familie, de bons et vertueux enfants, dignes de lui et de ses exemples.

“ Le père Jean Lapointe, m'’écri- “ vait-on dernièrement, a été un “ modèle d’édification, pendant toute “ sa longue vie. Je me suis trouvé “à sa mort. Rien n’était plus édifiant.

‘“ Il avait eu le bonheur de recevoir ‘“ deux fois le Saint Viatique, c'est-à- “ dire, le jour de l’Ascension et le “ dimanche de la Trinité. Ilest ‘“ mort le jour de la Fète-Dieu, à ‘“ neuf heures du matin, en récom-.

‘“ pense, je crois, de la grande dé- ‘“ votion qu'il avait envers le très.

Saint Sacrement. Quelques heures “ seulement avant sa sainte mort il “ disait à sa pieuse épouse : Quand “ je ne pourrai plus me recommander à “Ja Sainte Vierge, tu le feras pour “ moi. Quelle touchante recomman- “ dation! Vc.:à le type d’un mariage ‘ vraiment catholique, ils sont une

oO +

‘ peut plus faire, l’autre le fera pour ‘“ lui, en son nom, à sa place. Après ‘avoir accepté cette mission, les ‘ prières de la bonne mère Lapointe ‘* éta ent au compte de son vieil époux “ mourant! Ilne pourra plus prier ‘ la Sainte Mère de Dieu, sa femme ‘ la priera en son nom! La vie des ‘ Saint at-elle rien de plus beau et “ de plus édifiant que cette scène ? ”

Marie Antoinette Mailloux, la

perle de la famille du vénérable père

Elie Mailloux, en tout digne d’être épouse d’un tel mari, est encore vivante, malgré ses quatre-vingtdouze ans. Elle a conservé entières toutes les excellentes qualités de son intelligence. ‘‘ C’est une femme admirable et digne d’être reine, ” me disait Monseigneur Baillargeon qui, dans une visite pastorale à Saint.

Arsène, avait été voir la famille La.

pointe, pendant que le bon père Jean vivait encore.

Depuis que je suis prêtre j’ai bien souvent visité cette famille de Jean Lapointe, pendant qu’elle demeurait sur l'Île aux Coudres. Avec quelle expansion de joie et de bonheur cette admirable femme me recevait chaque fois! Elle avait toujours une larme de joie à mon arrivée,tovjours une larme de chagrin, quand je partais. Et ces pleurs étaient, chaque fois, accompagnées de si belles et de si douces paroles, que je ne pou.

vais m'éloigner de cette maison, sans me retourner plusieurs fois pour regarder cette bonne mère Lapointe, demeurée eur le seuil de la porte, me faisant de si gracieux sa.

luts, dont les larmes, s'échappant de ses yeux, disaient toute la sincérité |

A son départ de l’Ile aux Coudres, la famille Lapointe y a laissé de vrais et profonds souvenirs. C’était une famille modèle, que tous les habi tants de l’Île regardaient comme une bénédictien pour les autres fa milles de leur paroisse.

A Saint-Arsene, la sainte et admirable mère Lapointe est la reiue

illent an n6 pour Après 1, les pointe époux prier emme ie des eau et ue ? ” x, la > père d’être ancore -vingtntières de son ne ad- , LL me Jn qui, Saint.

lle La.

‘e Jean

ai bien e Jean eurait quelle bnheur bcevait rsulie jours je parhaque iles et e pou:

aison, s fois re Lal de la ux 84:

ant de érité !

udres, b vrais t une habi mme es fa

tt adreiue

de la maison. On ne fait rien sans la consulter, et toutes ses décisions, inspirées par une haute sagesse chrétienne, sont suivies avec le plus profond respect.

Quelqu'un, qui la connaissait bien et qui demeurait voisin de la famille Lapointe, me disait, il y a deux ans: ‘ Nous avons, à Saint-Ar- “ sène, la mère Lapointe qui exerce “ un apostolat très-fructueux auprès ‘“ des jeunes gens de notre paroisse.

“ Apprend-elle que quelqu'un ‘“ d’entre eux ne se comporte pas “bien; elle le fait demander, le ‘“ conduit seul dans sa chambre, et ‘“ il n’en sort jamais, sans en avoir “ les larmes dans les yeux et le re- “ pentir dans le cœur. Une fois qu’il ‘est tombé entre les mains de cette “ sainte femme et qu'il a laissé pé “ nétrer dans son cœur, les paroles “ d’une douceur, d’une charité et ‘“ d’une force toute céleste, il reprend “le chemin de la vertu pour ne le “ plus quitter. ” J’ai cru ce que me disait ce brave homme, parce que je n'ai nuliement été surpris de ce qu'il m'’apprenait. Une femme comme la mère Lapointe, élevée et formée par une autre femme qui savait toute l’histoire sainte par cœur, est un instrument toujours *flicace entre les mains de Dieu, ” ai le di rige pour le salut d’un grand nombre.

Aussi, combien je l’aime, je la respecte et je la vénuère, cette bonne vieille mère Lapointe ! Aujourd’hui privée de la vue, qu’elle est grande et vénérable par sa résignation à la sainte volonté de Dieu ! Elle attend la mort avec hâte, afin d’aller rejoin dre le bon vieux jean Lapointe, son mari, dans cette patrie des Saints où les cœurs s'unissent pour toujours, dans l’éternelle charité de Dieu !

Vous vous souvenez que nous avons coupé la pointe est de l'Ile, nous allons maintenant couper celle de l’ouest. La voilà à notre droite, mais hélas ! dépouillée de ses arbres

que la main de l’homme l’a faite ! Ici sur cette bande étroite, vous n’apercevez plus qu’un sable gris et des graviers qui, sans engrais, deviendra bientôt aride et improductive.

Oh ! qu'autrefois elle était belle, ma petite Ilette, quand couverte de ses épinettes et de ss sapins, toujours verdoyants, elle était chérie par les petits oiseaux du bon Dieu, qui s’y donnaient rendez vous, à chaque printemps, pour y faire leurs nids, y élever leurs petits enfants, et les accoutumer à se percher sur le haut des arbres pour chanter leurs mélodies douces et suaves, au commencement et à la fin de chaque jour ! Où sont-elles, maintenant ces charmantes petites créatures que tant de fois je suis venu entendre chanter, dans les heureux jours de mon enfance ? Quel n’a pas dàù être leur chagrin lorsque, parties l’automne, avec lenrs jeunes familles, pour aller chercher une région du globe plus convenable à la délicatesse de leurs organes, elles sont revenues, le printemps suivant, dans leur petite Zlette, et n’y ont plus trouvé leurs arbres, leurs nids, la verdure et l’ombrage qu'ils aimaient tant

Sans peutêtre trop m’en rendre compte, je vous assure que je déteste à l'égal d’un morstre, sans cœur et sans entrailles, quiconque tue et persécute, de quelque manière que ce soit, les petits oiseaux de notre pays. Ils font de si longs voyages, ils s'exposent à tant de périls, ils souffrent tant de privations pour venir, chaque printemps, nous rendre visite, nous récréer de leurs chansons, nous divertir, par leur gaie'é et leur agilité, réjouir notre vue par l'éclat et la variété de leur plu:

mage. Quel est l’homme asse” dépourvu de raison pour n'être pas touché de la confiance qu'ils nous témoignent en venant fixer leur séjour auprès de nos demeures, dans nos vergers, partout où nous vou-

qui la rendaient si mignonne, cette |lons leur laisser un bocage, quelpetite Lette, La voilà aujourd'hui telle | ques arbres même pour y faire leurs

Page 1