‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 27 · M PROMENADE AUTOUR · texte numérisé non relu

M PROMENADE AUTOUR

privilégiée, a voulu lui offrir, en certains endroits de ce monde, des beautés qui ravissent son cœur, afin de la préparer à contempler d'autres | beautés, dont celles de la terre ne | sont qu'une ébauche.

Pendant que M. Louis Baby, prêtre doué d’une admirable intelligence, fiait curé de Beaumont, il faisait atteler sa voiture, dans un beau jour

‘de l'été, et il allait se placer sur la

plus haute élévation entre Beeumont et la Poiute Lévis. Il y passait des heures entières à contempler les aspects que sa vue dérouvrait de tous les côtés. Quand il avait rassa | sié son cœur d’admirati n pour l'auteur de toutes les belles choses qu'il avait vues, il revenait à son presbytère plus décidé, chaque fois, | a se rendre digne de jouir de la contemplation des merveilles que Dieu a préparées dans le ciel, à ceux qui auront su disposer leurs fimes à y entrer.

Après avoir joui de la vue des Iles que la main de Dieu a semées dans les eaux de notre fleuve, regardez ia

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à l’est de l'église de l'Islet. On a eu le bou esprit d'en faire le prédestal d'une grande et belle croix, plantée en souvenir de l'établissement de la société de la croix dans la pardisse.

Puis, à l'est de ce rocher sanctifé, les bords du rivage s’abaissent de nouveau pour continuer ainsi jisqu’'à la rivière des Trois Saumons, où vous les voyez changer d'aspect, s'élever de nouveau, puis s’abaisser encore, puis enfin finir par s'élever une dernière fois pour servir de site à l’église de Saintzean Port Joli, que l'on aperçoit distinctement de l'endroit où nous sommes.

Portez maintenant vosregards plus vers l’est, et vous verrez les rives du fauve s'élover graduellement jusqu’à quelques arpents des limites qui séparent la paroisse de Saint Jean Port Joli de celle de Saints Roch des Aulnets, où ces hauteurs atteignent leur plus grande élévation. Si jamais vous voyages par le chemin de terre, artivé à l’endroit que je viens de vous indiquer, donnez-vous le plaisir de vous y arrêter

1ive du sud. Voyez vous celle terre [quelques minutes. Puis portez vos qui semble au niveau des eaux et|regards vers le sud-est, vous verrez

u'on dirait menacée d'en être enva-|les pittoresques montagnes de Stehie! C'est le Cap Saint Ignace. Diri-| Anne; à l'est, la grande anse üu ger votre vue plus à l’est et vous en | même noru, les côteaux de la Rivièreverrez une autre qu'on dirait se pen | Ouelle; au nord-est, le gran: fl:uve chant vers le fleuve comme pour le|se prolongeant bien su-delà de l’éconjurer de s'arrêter avant de l'avoir |tendue qu'embrassera votre vue; subimergée? C'est le rivage de la!puis les abruptes rivages de la côte

paroisse de l’Islet. Si cet abaisse ment des terres sur les rives de] notre beau fleuve était prolongé plus| à l’est, il deviendrait fastidieux, surtout vu de notre Pointe des Sapins.

Mais Dieu qui voulait rendre ses rivages aussi beaux que ses eaux a su couper cette monotonie comme il a

nord du flauve jusqu'à au-delà de la Maibaie, vers ie uord l'immense chaine des montagnes, l'église!'des Eboulements, l'Ile aux Coudres où nous somines. De cette élé-auonu, notre petite Ile vous sempiera cou- :

chée aux pieds de ces énormes géants comme pour les empêcher de glis-

voulu rendre le cours de ce fleuve | ser dans le flsuve. Vous n'oublierez plus digne d’admiration, en semant|pas de regarder vers le sud ouest, de nombreuses Iles au sein de ses | si vous voulez voir, dans toute leur flots. Voyez maintenant ce rocher | étendue et daus toute leur beauté, qu'on dirait placé là comme une ci |les Îles jetées çà et là au milieu tadelle pour servir de refuge aux ha-| des eaux du fleuve essayant en vain bitants du rivage qu'un subit accrois- | d'arrêter la marche du géant de l’Asement du fleuve menacerail d’en-| mérique du uord; puis eufin vous gloutir. Il n'est qu'à quelques arpents | coutemplerez ce long rivage qui se

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prolonge vors le haut du fleuve, jusque bien au delà de Saint-Thomas, Cette élévation où nous sommes est peut être l'endroit de tout le Canada qui offre aux regards les plus

variées et les plus beaux points de vue,

Dirigez maintenant vos regards vers le fonds de cette grande anse de Sainte-Anne, levez les yeux et vous apercevrez la grosse montagne au sud-ouest du Collége puis, un peu au nord-est, le bean et grand Collége lui-même, dont la longue toiture est environnée par des miiliers de sapins toujours verts. Un eu à l'est du Collége vous voyez ‘église paroissiale surmoutée de son superbe clocher, dont la rouille dé

mouraska, qui s'élèvent au-dessus du fleuve et semblent défier la ‘ureur de ses vagues par la solidité des masses rocheuses qui les ont | formées. Au-delà c'est la montagne de la Pointe Sèque qui avance son grand nez dans les eaux, on dirait toute exprès pour couper l'horizon que, d'ici l'œil pourrait apercevoir | plus loin. C’est ainsi que cette malencontreuse PointeSèque dérobe à notre | vue la partie plus À l’est du rivage | de notre beau fleuve. Je vous avouerai que chaque fois que, d'ici, j'ai suivi du regard le prolongement vers l’est de la rive sud du flauve, j'ai

[toujours conçu une haine im placable

contre celte vilaine Pointe Sèque, avec son grand nez emmanché d'un

vore la couverture en fer blanc. Por.

tez maintenant vos yeux sur la rive!

du fleuve et suivez le rivage jusqu’au fond de cette grande nappe d’eau qui s’avance au loir dans les terres, vous apercevez l'antique église de la Rivière-Ouelle comme placée dans l'eau qui, d'ici, présente l'aspect d’un vaisseau à la voile longeant la terre.

De l’église de la Rivière-Ouelle, dirigez voire vue vers le nord, vous apercevrez distinctement la Pointe sur les battures de laquelle s'étend une pêche à aux marsouins, où une grande quantité de ce précieux poissons se sont rendus pour y trouver la mort. Continuez à suivre, de vos regards, la rive du fleuve toujours vers l'est, vous allez apercevoir le Cap| au diable, dont la cime, couverte de | sombres sapins, doitoffrir uneretraite chérie à cet esprit noir et ténébreux.

Je serais assez porté à croire que ce nom lui a été donné par les premiers habitants chrétiens de ce pays a rappeler les souvenirs qu'avant la découverte du Canada les diables y tenaient leurs grandes assemblées, ou que l'ombre de sa noire couverture a dû servir de prison spéciale à quelque mauvais démons dont Lucifer ne pouvait dompter l'insubordination.

Pius à l’est vous apercevez la crôte des pittoresques Iles de Ka:

long coup, qu'elle étend au loin dans la mer, comme pour me dire :

Halte ici curieux, je ne veux pas que ta vue s’étende plus loin, porte tes regards ailleurs, enfant de l'Ile aux Coudres. Oh | si j'avais à ma dis.

position toutes les sommesque Monsieur de Lesseps a dépensées pour creuser le canal de Suez, je n'’hésiterais pas un moment à les employer à couper ce vilain nez jusqu’à sa dernière racine, dussé je y ajouter le vilain cou qui sert à l’allonger davantage |

Mais détournous nos regards de cette malheureuse Pointe Sèque.

Reprenons, en remontant, le coup d'œil de la rive du fleuve jusqu’au point d’où nous sommes parlis, et Jugez vous même si les enfoncements, les pointes, les rochers, les abaissements et les élévations du rivage sud du Saint-Laurent, neressemblent pas d'ici aux guirlandes qu’on suspend au frontispice d’un temple. Elevez maintenant vos regards vers les hauteurs en arrière des terres défrichées. Examinez toutes cescôtes, toutes ces montagnes, tous ces pies, souvent semblables aux flèches des clochers; leurs formes diverses, leurs découpures, l'inégalité de leur hauteur, les vallées qui les séparent, et puis ce long cordon de verdure qui les

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16 ‘ PROMENADE AUTOUR rouvre, et "ous âurez une idée des beautés qu'offre la rive méridionale de notre Saint-Laurent, telle qu'’aperçue de la petite Ile aux Coudres qui comme une vierge pudique, s’est

érobée elle-même aux -regards des profanes, en se plaçant à l’ombre des montagnes gigantesques de ia rive nord du fleuve.

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