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120 BIOGRAPHIE DEÉ M. A. MAILLOUX, G.-V.
‘Ici, nons devons faire connaître|toute 4 la fois sympathiques et nn nouvel acteur dans ce drame|fermes, durent mettre du baume
épistolaire. M. CF. Baiilargeon.
alors curé de Notre-Dame de Québec, contribua certainement beaucoup à la solution de cette dificulté.
‘Il était dans un raphort intime et
journalier avec les deux évêques à
. Québer, où il exerçait son influence
de vive voix; de l’autre côté, M.
Painchaud lui adressait les lettres qu'il écrivait à l’évêque, qui les recevait par l'entremise de M. Billargeon. Ainsi, à son retour de Québec, M. Painchaud dut mettre par ordre ses raisons et ses plans pour mieux en assurer le succès, et c’est à l’occasion de cettre lettre que M.
Baillargeon lui répond, en date du
4er septembre 1834 :
“ Mon cher ami,
“ Lecture faite de votre magni fique lettre à Monseigneur, je la lui ai remise. Il était en belle humeur.
Ïla touché comme en passant les difficultés de maintenir le Collège de St-Anne sur le pied des autres,
uis s’est appuyé sur les raisons de avoriser vos plans. ‘Enfin, dit-il, j'as.
semblerai mon Conseil ces jours ci pour décider cette affaire, ” J’y serai, et je suis l’homme désintéressé.
“ Monseigneur a reçu la réponse de M. Mailloux qui ne se montre pas disposé à céder aux exhortations. ...
“ Ni moi non plus, je n’aimerais pas “à prendre une charge sur des in “ vitations. M. Mailloux serait privé “ d'un mérite, d’une consolation, 4t s'il acceptait la direction du Col- “ \ège de Ste-Anne autrement que “par obéissance.” Monseigneur, cette maison est pour Votre Grandeur une poule-aux œufs d’or....
Je suis presque persuadé que c'est ici la dernière épreuve que vous aurez à subir, et je compte avec assur. ice que vous triompherez...…..
“ Monseigneur est convenu que s’il y avait à Ste-Anne un direcieur tel que M. Mailloux, les ecclésias tiqués n’auraient pas besoin de passer par le.Grand Séminaire. ... ”
Les paroles citées dans cette lettre,
dans le sang de M. Painchaud, et engager l’évêque à prendre un ton plus décidé envers M. Mailloux.
Aussi Monseigneur écrivaitil dès le lendemain, ? septembre, à M.
Mailloux :
“ Monsieur,
Qu'il m’en coûte de revenir à la charge ! Ce n’est que le bien du Diocèse qui m'y engage, car MON cœur est on ne peut plus touché de vos excellentes raisons. Mais comme tout s'élève ici contre vous dans ce moment, si vous résistez à l’.nspiration de votre Supérieur qui, disentils, doit tenir lieu d’un ordre exprès, j'ose me flatter que tout pesé devant Dieu, vous ne pourrez plus tenir à ce nouvel effort de votre Supérieur, pour la décharge de sa conscience.
En réalité, je vous le déclare, je suis de l'opinion de tous ceux qui me pressent, qui me tourmentent de vous commander, puisque ie bien de la religion exige ce commandement...» Si la religion doit tirer avantage de cêt établissement par vous, comment votre conscience pourrait-elle vous permettre de vous y opposer ? Laissez la Providence se manifester dans la volonté de vos supérieurs, et vous serez heureux.
C’est vous seul qui, dans ce moment, pourrez me faire concevoir quelqu'intérêt pour l'établissement de Ste-Anne..s.
‘ La poste d'aujourd'hui va vous abattre ; car tout le clergé de la ville aurait signé la présente et celle de mon Coadjuteur. Quelqu'un vient de me dire que le digne curé de Québec se joiut à moi par la même poste.
‘“ Un Etabl'ssement ecclésiastique qu'il ne dépend que de vous de maintenir exietant! [ln Ytsblissement national, qu’on reprochera À l'évêque catholique de n'avoir pas cherché à maintenir! Toutes ces idées, vous seraientelles indifférentes? Craignez vous d’être là livré au caprice, à la gloriole? Non,
ques et | baume haud, et > un ton Mailloux.
itil dès e, à M.
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tout changera de face, soyez-en sûr ; |ronduit, si on ne tronve pas moyen il se fera un concordat et arrange-|d’y placer quelqu'un qui ait de la ment. et vous serez le représentant | fermeté, de l'expérience, et qui soit
de l'Evêque de qui vous recevrez les ordres et la direction. Je ne consentirai jamais à d'autre arrangement, en prenant intérêt à cette maison.
Car je suis convaincu que je ne puis faire autrement pour remplir les vues que je forme à son égard.
‘“ Courage donc, cher monsieur, qu'un nouveau sacrfice ne vous ar.
rête pas dans la carrière qui s’ouvre devant vous. J'attends votre oui sans délai. Exemptuz-moi de mettre ce mot, j'ordonne ; sachez qu'avec obedientiam, vous avez promis reveren tiam: respectez ma volonté, vous remplirez le premier mot: or ma volonté, Je viens de vous la manifester. Je compte sur les sentiments que vous m'avez témoignés de vous y conformer en tuut, elc. ”
Avec cette lettre si pressante de Mgr Signay, M. M:illoux en recevait une autre de Mgr Turgeon, non moins pressante, et poussant l’af faire à sa dernière limite.
Voici quelques extraits de cette lettre en date du 2 septembre :
“ Cher monsieur,
“ J'ai sous les yeux votre lettre du 17 août, à laquelle je me réserve de répondre une autre fois, en tant
y’elle parie d'autre chose que du
ollège de Ste-Anne. Il faut que j'aille en ce moment au plus pressé
etque je vous dise que dans votre |
dernière à Mgr de Québec, dont j'ai eu communication, je trouve ce que j'avais trouvé dans celle que vous m'avez écrite sur le même sujet, c'est-à-dire les sentiments et les ex-
pressions d’un prêtre qui joint la
défiance de lui-même à bien d’autres vertus. N’en dépiaise à votre humilité, it fant que vous endurioz que je vous parle avec franchite.
Ww Je vous avais promis de ne point faire de démarche pour vous faire nommer directeur de Ste Anne. Mais voici ce qui arrive ou plutôt ce qui va arriver. Cet Etablissement....va réellement tomber, ou être très-mal
en état d'en imposer tant aux ecclésiastiques qu'il faut continuer d'y envoyer, qu'aux écoliers.... Quel sera ce quelqu'un ?Je me crois obligé, en conscients, de retracter ma promesse, pour dire à Mgr de Q ébec que c’est vous, et point d'autre que vous... Soupirez, gémiesez, cher Monsieur, il n'en sera pas moins vrai que c'est là le seul moyen de tirer parti d’un établissement, qu’on ue peut laisser tomber, sans se voir publiquement inculpés. Si on ne place à la tête de cette maison qu’un jJeure prêtre sortant de l'ordination, et sur lequel le Supñrieur actuel aura nécessairement tip d'ascendant, il ne fera rien de bien, et, au contraire, il en résultera bien du mal, M. Proulx, qui laisse la naison, en est convenu comme moi, et vous savez trop ve qui en est pour ne pas en convenir VOUS MÊME...
“Ce que je vous demande présentemeut, c’est que vous preniez pour un ordre ce que Monseigneur va vous écrire aujourd’hui et d'agir en conséquence. Laisser une paroisse où vous êles aimé et cù vous faites le bien, va être quelque chose de bien sensible pour vous; mais rap pelkz vous de suite qu’à Ste Anne, vous ne travaillerez pas seulement pour une paroisse, mais pour tout le Diocèse. ...La gloire du Seigaeur, le bien de son Eglise, voili ce que nous devons avoir en vue, vous et moi, et à quoi nous devons tout sa.
crifier. ”
A ces deux lettres des évêques, M. Mailloux répondit en date du 5 août. Nous n’avons pas sa réponse ; et, pour la connaiire, nous sommes encore obligé de recourir aux ex-
si Mgr de Québec lui répondait en date du 9 août:
‘“ Morsieur,
‘ Ne cherchons plus, ni vous ni moi, à expliquer le promitto. Il faut à Ste-Anne un homme capable de
5 des lettres subséquentes. Ain-
faire de grands sacrifices, et j'ai la satisfaction de trouver dans les expressions de votre dernière du 65 août, que vous êtes cet homme. Je dois ajouter que ce n’est point pour mettre votre obéissance f l'épreuve, ni pour vous contrarier, que je vous place dans cette situation, mais uniquement pour faire un bien que je ne puis fa:re sans vous. C’est sous ce rapport, que ce que vous dites, que vous êtes fait pour aller dans les postes où personne ne peut aller, est vrai.
‘ Regardez aujourd’hui la chose comme finie; mettez au pied de la Croix le sacrifice que vous ajouterez à ceux que personne n’ignore que vous avez déjà fait, pour aller ensuite recueillir “ mercedem copiosam in cœlo. ”
La condition que vous mettez à votre nomination à la Direction du Séminaire de Ste-Anne, sera rem:
plie. Vous serez indépendant du Supérieur actuel de cette maison, en ce qui regarde le réglement des études, et la conduite des ecclésiastiques et des écoliers qui seront con:
fiés à nos soins. Vos rapports à cet égard seront avec moi. J'ai déjà fait connaître mes idées là-dessus à M.
Paincaaud, et je lui signifie encore aujourd'hui mes intentions sur un sujet que je regarde comme de la première importance, D’ailleurs il s'est déjà lui-même expliqué avec moi dans le même sens, et assez pour qu’il ne puisse pas raisonnable.
ment prétendre vous gêner par la suite. Quant à la régie du temporel, il est inévitable qu'il la garde.
‘“ Je vous prie de me croire dans les meilleures dispositions, je ne dirai pas de vous 2ndre heureux, vous n’attendez pas de bonheur ici bas, mais de vous rendre aussi peu mal.
heureux que possible. ...?”
Voici maintenant comment Mgr de Québec annonçait, le même jeur, à M. Painchaud, l’acceptation finale de M. Mailoux :
“ Monsieur,
‘4 J'ai la satisfaction toute particulière de vous annoncer que M. Mail-
BICGRAI HIE DE M. A. MAILLOUX, G.-v.
loux, pressé par mes sollicitations, se rend enfin à mon désir et consent, malgré toutes ses répugnances, à me remettre sa cure, pour aller prendre la direction du Séminaire de Ste-Anne. Vous entendez bien, je suppose, que ce Monsieur, comme ses devanciers dans ce poste, conduira les études comme il l’entendra, et qu’il aura une inspection non contrôlée sur les ecclésiastiques que l’Evêque jugera à propos d'y envoyer comme Régent. Sur cet article, je connais tellement vos dispositions que je n’appréhende nullement de vous mortiñier en vous disant que M. Mailloux s'attend que les choses doivent aller ainsi.
‘“ M.Mailloux fait dans ce moment un sacrifice qu'il fact que vous et moi sachions apprécier. Quant à moi, outre que j'en suis trèsédifié, je m'en réjouis bien sincè:ement, parce qu’il me retise de la cruelle inquiétude où me plongeait l’appréhension de voir dépérir votre établissement, faute d’un directeur capable d’en prendre la conduite.
“ Je crois convenable de vous observer, en finissant, que c’est rendre justice aux dispositions favorabes de mon digne Coadjuteur, pour le Séminaire de Ste-Anne, que de vous faire savoir qu'il a beaucoup contribué à engager M. Mailloux à faire le sacrifice dont je viens de vous donner information.”
A la même date, Mgr Turgeon voulut aussi écrire à M. Mailloux pour le féliciter Ge son nouveau sacrifice, et lui rappeler différents motifs d’encouragements, à peu près dans le sens de la lettre de Mgr de Québec.
Enfin, un peu plus tard, le 21 septembre, M. Baillargeon écrivit, de son côté, à M. Painchaud, use lettre de circonstance qui achève da peindre la situation. Nous ne pouvons résister au plaisir d’en faire quelques extraits :
“ Mon cher Supérieur,
“ Vous avez pleinement triomphé.
Vous avez obtenu pour Directeur de
lations, onsent, nces, à r aller ninaire bien, je comme condui- 1dra, et )n conque l’Envoyer icle, je psitions ent de nt que | choses
1oment vous et tà moi, ifié, je t, parce inquié- 1ension sement, le d'en
ous 0brendre bes de
le Sée vous contrià faire s don-
rgeon hilloux PAU sats moprès {gr de
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votre Collège celui que vous aviez demandé, et celui-ci y va de bon gré.
“ Autre affaire. C’est l’évêque qui l’a pressé de prendre cette direction ; il va donc être l’homme de l’évêque.
Donc l'évêque seratenude l'appnver, de le seconder. Donc ce sera l'aff ire de l’évèque de lui fourni: de bons collaborateurs, de bons régents.
Donc l’évèque sera tenu de mainte nir et de faire marcher les études à l’avenir ; car tout va aller désormais pes ses ordres. Il y va donc de son
onueur qu'elles aillent bien. Donc, enfin, il verra les affaires de Ste- Anne sous un jour plus favorable parce qu'elles seront les siennes; il croira plus facilement le bien. parce qu'il s’y fera en son nom; il aura moins de préjugés à combattre, etc. ; à commencer de cette année, on trouvera les professeurs plus habiles, les écoliers plus forts: on trouvera enfin en tout plus de perfection et moins de défauts. Ste-Anne n: sera plus une maison inutile et méme à charge aux évêques, mais un Col:
lège intéressant aux yeux de la religion ; la seconde ou la troisième pépinière de Lévites…
“ Et le fondateur et le supérieur de ce précieux établissement n’a ra-t-il nulle part aux avantages de son œuvre ? Il va de ce jour blarchir comme un cygne, paraître tout écla taut de mille bonnes qualilés, qu’on n'avait point encore açerçues en lui:
on ne tarira plus sur les sacrifices
ue lui a coûté ce collège; sur son
nergie, son Courage, sa peisé vérance. Qui sait si on n'en fera pas un saint ? Ce que je sais, moi, c’est que je l’appellerai toujours mon ami ; et parce que c’est mon ami, je ‘me réjouis doublement de l’heureuse tournure de cette affaire. Essuyez donc vos sueurs, Goûtez enfin le repos du cœur, le repos et la paix du triomphe.
“ Vous me faites trop d'honneur de me donner la lecture des belles épitres que vous adressez à Monseigneur. ropos de la dernière, je
vous dirai franchement que je n’aime
BIOGRAPIIIE DE M. A. MAILLOUX, G.-V. 123
point les restrictions et conditions que vous y faites au sujet du plan de vos études. Pourquoi vous embarrasser encore de cette affaire ?
N'avez-vous pas dit à Monseigneur que le Collège de Ste-Anne était plus à Lui qu’à vous ? N’agit il pas comme s’il était à lui ? Laissez-le donc faire.
Vous avez fait trop d’avances pour venir parler de ces restrictions.
Et que vous importe les plans d’études? L'un vaut bien l’autre. Et ap'ès tout, si on en adoptait un moins bon, le mauvais succès ns vous en sera point imjuté, puisque vos vous êtes déchargé du soin de surveiller les études, et que vous avez remis ce soin à l’évêque.
‘“ Vous qui écrasiez sous le far deau, qui déclariez à vos amis que vous ne pouviez plus les porter, n’allez donc point vous tourmenter et vous fatiguer à plaisir de ces détails inutiles. Crovez moi, laissez faire l’homme que l'évêqre donne, non à vous, mais à votre Collège. Faites comme M. Raimbault qui n’a connaissance de ce qui se fait dans les classes, que lorsqu'on lui présente ‘1n programme aux examens parlicuners et publics...”
| Enän, en date du 22 septanbre, Monseigneur de Québec nommait fisiellement M. Mailloux Directeur du Séminaire de Ste Anne :
‘ Monsieur,
‘ C’est avec une entière satisfaction que je vous confe la direction du Sémina're de S e-Ance de la Pocaiière que vous voulez bien accepter pour le bien de la religion, malgré la répugnance que vous éprouvez à vous charger d’un tel fardeau. Comptez que j'apprécie à sx juste valeur le sacrifice que vous faites, et que j'en conserverai longtemps le souve- Qirers
Pour compléter cette négociation de l’eutrée de M. Mailloux au Collège de Ste-À nne, il ne nous reste que quelques observations à faire sur toute cette correspondance,
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