‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 27 · DB · texte numérisé non relu

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que le père Joseph Lapointe s'effor- | Lapointe ne manquait jamais de faire çait de refuter de son mieux. la prière soir et matin, en union avec Pitre Gagnon n’a pas laissé d'en. |son équipage. Il n'employait que des fants. C'est cher lui qu'a été élevé | hommes d’une parfaite moralité, A M.le Notaire Kane, aujourd'hui éta- | bord de sa goëlette, l’observance de bli au Saguenay. Mais ce n'était pas | l’abstinence prescrite par les lois de assez pour le cœur de Pitre Gagnon | l'Eglise était scrupuleusement gard'avoir fait un heureux. Il prit | dée, Jamais il n’eûtsouffert la moin. comme son enfant, un autre jeune | dre parole incunvenante. Il est mort homme à qui, en mourant il légua la | dans un âge peu avancé, regretté belle propriété qu'il avait, Ce jeune | de tous ceux qui l'avaient connu, Il homme, maintenant assez avancé en | était alors établi à Saint-André. âge, est un dés plus respectables! LD, autres garçons de Joseph La: +44 PI , + N ; 3 8 gargons ue JOSEpPAN LA pabitants delîle aux Goudres. Aa | ojute ont été s'établir à Saint-Anle modè' ; accompli de Lots pers ue dré, comme cultivateurs. [is sont tus d'un parfait chrétien Aimé et | bantres de l'église, et fon) meer respecté de tous ceux qui le con- solation de leur curé, en imitan IR par] semi il passe lala, be: faternit conduite de leur respectable père NU Li one Coe Dnoude vrel dont ils conservent le plus doux ou nien, ainsi que son épouse, VrA | uvenir. Un quatrième garçon de modèle d’une femme sage et chré- 4

tienne.

Athanase Bouchard n’a poiut d'enfants, Se souvenant ce que Pitre Gagnon avait fait pour lui, il a éta-.

bli sur son bien un jeune homme

Joseph Lapointe est auiourd'hui à |Saint Alexandre. Ayant subi des | pertes dans le commerce , 1l est rede- | venu cultivateur, Comme il a conser:

| vé l’honnèêt: té de son bon et vertueux père, j'espère qu'il se relèvera de ses

qui demeure avec lui. Mais le roi et |infortunes et que lui aussi, se soula reine de cette maison sont Atha |viendra toujours que le plus bel nase Bouchard et sa fenime, qui se|éloge qu'un enfant puisse mériter, dévouent de tout cœur au bien-être | c'est celui d’avoir fait honneur à la de ceux qu ils ont adoptés pour leurs | mémoire d’un vertueux père, par eufants. Dans cette maison, Dieu alune conduite irréprochable. Dux de bons et fidèles serviteurs, pour |autres garçons de Joseph Lapointe la raison que ceux qui la dirigent|sont demeurés à l'Ile aux Coudres, font les premiers ce que doivent|sur le bien paternel. Ils étaient ju: faire ceux qui dépendent d'’eux.|meaux et d'une ressemblance si par- Je ne dois pas omettre de rappeler | faite qu’on ne pouvait les distinguer ici, que je dois à Athanase Bouchard |l'uu de l’autre. Au baptême ou leur et à sa femme la plus grande revon. | avait donné les noms de Pierre et de naissance, pour avoir pris soin d’un | Paul, comme pour leur faire souvenir de mes frères pendant plusieurs an-|d'être toujours comme les deux nées, avec une charité et un dévoue | Apôtres qui furent unis et pendant ment sans bornes. Je ne leur don-|leur vie et pendant leur mort. nais qu’une très-modique pension, à peine suflisante pour les récompenser du pain que mon frère mangeait, le bien paternel, afin de les établir Quant à Joseph Japointe il a été|tous deux. C'était une faute qu'ou le père d'une nombreuse famille, Et|ne devrait jamais commettre, surà son égard s’est vérifié à la lettre le | tout à l'Ile aux Coudres. De ce parproverbe qui dit: tel père, tels fils.|tage il est résulté qu’un des deux Un de ses enfants, Grégoire Lapoin-|jumeaux a été obligé de vendre sa te, était navigateur, et jamais homme | terre dont les revenus ne pouvaient

Par le manque d’une sage administration, on avait partagé en deux

n’a mieux su faire respecter la reli-| suffire À élever une nombreuss fagion à bord d’un vaisseau. Grégoire | mille.

.8e succéder de père en fils, pendant

La sagesse exige, ce me semble, que je bien paternel des familles de nos cultivateurs soit conservé dans toute son intégrité, supposé même qu'il soit d'une grande étendue, En conséquence, celui de leurs enfants, que les parents choisissent pour les remplacer, devrait aider à ses frères à s'établir ailleurs pour) autant du moins que cela peut con venir à l'avantage de la famille de-| meurée sur le bien paternel quil deviendrait une ressource, quand | : agile des enfants tomberait|

ans le besoin. Mais à part certaines | exceptions, il ne faudrait jamais imposer sur le bien paternel, des droits élevés pour la dot'des filles. | Un jeune homme qui veut se marier, doit être en moyen de faire vivre une Jemme, sans compter sur la dot de cette femme. Au reste, on sait quel!

sort attend, assez souvent, ces filles | que l’on épouse à cause de leur riches | dots. L'arrangement que je suggère ici serait peut-être le moyen le |

lus efficace de conserver, dans les amilles des cultivateurs, le bien de leurs ancêtres et de voir les enfants |

une longue suite de générations. |

Touten pärlantdechosesetd'autres, je vous prie de ne pas perdre de vue le chemin que nous parcourons. Regardez comme ilesttoujours uni, tout jours beau. Considérez aussi les belles eaux de notre fleuve se tenant près du haut rivage comme pour fous saluer à notre passage. Enfin voyez le rempart qui borde l'Ile s’élevant toujours à mesure que nous descen dons vers la pointe de l’est. Avezvous jamais rien vu d'aussi magni-

* fique que la position de cette longue

file de maisons, bâties sur le bord de cette belle côte! Je ne suis jamais allé dans une de ces demeures sans être enchanté de la beauté des points de vue qu’on y découvre.

Cependant, en considérant la magnifique position qu'occupent ces inaisons, une chose attriste la vue,

Si seulement elles étaient blanchies à la chaux qu'on peut facilement se procurer sur l'Ile, quel beureux contraste elles feraient avec la verdure de la côte et avec celle qui les environne ; Où dirait qu'en embellissant l'extérieur de leurs demeures, les habitants de la Baleine craignent d'y attirer trop fortement l'attention :

des étrangers qui font le tour de leur Ile, et de les empêcher ainsi de considérer les beautés semées à profusion tout le long de leur rivage, Sans rejeter cette opinion, je suis plutôt porté à croire que les habitants de la Baleine en agissent ainsi, parce que, s'orcupant beaucoup à embellir leur demeure céleste par la pureté de leurs mœurs et la pratique des vertus chrétiennes, ils ne s'occupent que d’une manière fort secondaire de la beauté extérieure de leurs demeures terrestres. Et, à cause de ce motif, je n'ose pas trop les blâmer.

De l'endroit du chemin où nous sommes, vous pouvez apercevoir le bord sud de la petite Ilelte, dont on a eu le bon goût de conserver les épinettes etles sapins et dontla verdure un peu sombre contraste merveilleusement bien avec la couleur

| des eaux du fleuve qui viennent se

| reposer quelques moments sous leurs ombres à la fin des hautes marées.

Vous verrez qu'il n’en a pas été ainsi de l’autre Llette, au bout ouest de l'Ile dont on à impitoyablement abattu tous les arbres,

Si la marée ne la couvrait pas, je vous montrercis un gros caillou, près du bas de l'Île, où s’est passé un événement qui a failli plonger tous ses habitants dans le chagrin, Laissez-moi raconter cette singulière aventure.

Vous savez, je penseque le loupmarin, appelé loups-marins-d'esprit, pour.une raison que j'ignore, à l’habitude de monter sur les cailloux, lorsque l’eau les enviroune. Le but ostensible de cette habitude est de s'y reposer, d'y faire ses ébats, d'y

c’est la couleur sombre de leur exté-| prendre son sommeil et peut-être

rieur et surtout de leur couverture.|aussi pour s’y faire tirer, comme un

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