‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme]Chapitre 10 sur 12 · Considérez la Pointe-à-Antoine · texte numérisé non relu

Considérez la Pointe-à-Antoine

Elle se trouve placée au centre de la partie ouest de l'Ile. Remarquez qu'elle ne présente aucune défense sérieuse par ses «ans unis qui s’étendent jusqu’au rivage où vous n'apercevez que des battures de sable mouvant, Beaucoup plus que la Pointe del’Ilette, où nous sommes, elle a besoin d’avoir ce que j'appelle un contre-fort. Si elle en a un, il doit posséder une force trèsconsidérable parce qu’il sera seul, et que les lois de la nature exigent que la force de résistance soit au centre. Regardez maintenant ce que j'appelle son contre-fort. La première chose que vous remarquerez, C’est qu'il est beaucoup plus avancé vers l’ouest que celui où nous sommes, et vous verrez bientôt qu’il est également plus avancé que celui de la Pointe-des-sapins.

Regardez maintenant sa hauteur, voyez sa largeur, considérez surtout sa solidité et sa longue et large base s'unissant aux remparts qui bordent les deux anses et, par leur moyen, se prolongent autour de l'Ile pour se terminer à son extrémité de l’est.

Ce second contre fort placé au centre de l’Ile, possède donc une force de résistance aussi grande que toute l'Ile entière, qui lui sert de base et d'appui.

30. La Pointe-des-sapins, différente de celle du nord de l'Ile, où nous sonmes, n’a point d’Zlette. Mais elle n’est point complétenent dépourvue de défense comme celle du milieu de l’extrémité-ouest de l'Ile. Son

rivage n'est pas, non plus, comme celui de cette dernière pointe, toutà.fait privée de défense. La Pointe.

des-sapins se compose de crans plus élevés et plus solides que ceux de la Pointe-à-Antoine ; ses rivages sont plus hauts et plus susceptibles de résistance. Elle a aussi un contre-fort, placé sur une ligne parallèle à LA de l’Ilette, et plus 80:

lide que ce dernier, à raison surtout de sa base qui s'appuie, mais peu solidement, sur le rempart qui borde l’anse du sud.

Voilà, ce me semble, ce que je puis regarder comme une singularité particulière à l'Ile aux Coudres.

Je la crois d'autant plus éigne d’attention, que les autres îles de notre Saint-Laurent, n'’offrent rien de semblable dans leur extrémité ouest.

Une autre singularité dans la conformation de l'Ile aux Coudres, comme je vous l'ai dit plus haut, c'est qu’elle a deux Jlettes dont l’une à son extrémité de l’ouest, et l’autre à son extrémité de l’est. Ce n’est pas tout. Celle de l'extrémité ouest se trouve en ligne du rivage nord de l'Ile; celle de l'extrémité est, se trouve en ligne du rivage sud. Elles sont à peu près de mème largeur et de même longueur, couvertes l’une et l'autre d’épinettes et de sapins.

Mais un fait plus singulier encore distingue cette partie de l'Ile aux Coudres : c'est une source d’eau douce. Où pensez-vous qu’elle se trouve ? Non pas sur l'Ile, puisque ce serait la chose la plus commune possible. Non pas même sur la plus haute des côtes; car ce serait une très-petite merveille que d’autres localités pourraient disputer à mon Ile natale. Cette source se trouve à une grande demi-lieue de l'extrémité ouest de cette Jette, sur les battures de sable qui sont à la tête de l’Ile et dans un endroit d’où les eaux salées du fleuve ne se retirent que dans les grandes marées du printemps.

Gette source d’eau douce, qui vient Je ne sais d’où, est très abondante. Ellé sort du sable par gros

bouillons qui s'élèvent à cinq à six pouces au-dessus de la surface de ce sable moins mouvant que celui des battures où est tendue la pêche aux marsouins.

Ce qui a fait découvrir cette merveille c’est qu'on a tendu, pendant plusieurs années, une pêche aux marsouins dans l’endroit où elle est.

Elle se trouvait au-dedans du raccroc. Il est arrivé, un grand nombre de fois que ceux qui avaient soin de cette pêche, et dont plusieurs sont encore vivants, ont bu à cette source qu’ils m'ont assurée être d’une très bonne qualité. Dans l’été de 1870,

|j'ai voulu me procurer de cette eau,

pendant le temps d’une des grandes mers du mois d'août. Deux hommes qui connaissaient l’endroit d’où elle sortait m’y ont conduit dans une petite barge. Mais la marée n’a pas suffisamment baissée, pour nous procurer le plaisir de réaliser le but de notre expédition.

Sur la partie ouest des hautes côtes de l'Ile, il y a une source d’eau salée très-abondante Je me suis procuré de cette eau qui est d’une limpidité admirable. L’ayant conservée pendant l’espace de plus d’un mois, elle n’a rien déposé au fond de la bouteille.

Enfin, un homme très digne de foi m’a assuré qu'on avait trouvé des petits morceaux d’un or très-pur dans le ÆRuisseau-rouge, au bas de l'Ile et queles ayant portés a Québec pour les montrer à des hommes compétents, ils avaient assuré que c’était vraiment de l’or. Qu'on ne dise pas après tout cela que mon île est une terre ordinaire!

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