‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme]Chapitre 4 sur 12 · DÉPART POUR UNE PROMENADE AUTOUR DE LISLE AUX COUDES · texte numérisé non relu

DÉPART POUR UNE PROMENADE AUTOUR DE LISLE AUX COUDES

Il est trois heures de l'après-midi.

La marée montante couvre déjà les cornes les plus avancé»s des pointes | de l'Ile, le soleil brille dans son!

éclat, le temps est elair et permet de distinguer tous les objets Uu vent!

léger soufl: du large pour t-mje-| rer la chaleur. Il fait Le plus beiu temps possible pour jouir des agré-| meuts d’une promenade. Notre che!

val n'a pas l’air de prendie Le siors| aux dents. Notre voiture est réelie-| ment du temps pics. Partous saus de!

lai, car il nous faudra bin souvent!

faire prendre à notre cheval le train de lu blanche. ou arrèter noire marche, | sinous voulons avoir + temp. de prendre connaissance de tout ce qui!

Père François Leclerc, que j'ai toujours regardé comina mon père adontif, depuis qu’étant encore bien jeune j'ai passé un assez long temps seul avec lui seul. Je vous donnerai quelques détails sur sa vie au retour de notre promenade.

Nous voilà rendu sur le pont de la célèbre rivière rouge. Vous devex en avoir vu de plus élégants, je pense.

C'est un vrai modèle du genre sans prétention. Les habitants de l'Ile aux Coudres, qui sont de grands amateurs d’antiquité, font Gurer leurs travaux publics, autant qu'il est possible, sans beaucoup s'inquiéter si, dans ces travaux, ils marrhent ou ne marchent pas avec leur siècle.

Je vous déclare ingénument que ja n'ai pas le courage de les en blâmer.

Car, à quoi d'nt servir un pont, si ce n’est pour fournir un moyen de passer sur un cours d’eau ? Des qu’il nous rendra ce ‘ervice, qu'avons-

nous besoin de nous occuper de ce

qu'il est en lui même ?

La grande maison de pierre que vous apercevez sur votre gauche, assez loin du chemin où nous passons, ert le moulin à farine qui ne peut marcher que dans la crue des eaux de l’automne et du printemps et, quelquefois pendant l'été quand

Lil p'aît à Dieu de lui faire la charité

d'envoycr de grands orages. Où a cru bien faire en plaçant ce moulin sur ce cours d'eau, mais on s'est

jirompé, L'opinion de Monsieur De-

ners, procureur du séminaire dans le temps qu'on l'a bâti, était coutre le choix qu’on a {ait de celte rivière.

Il avait raison.

Un souvenir bien douloureux se rattache à l’endroit de l’Ele où nous sonmes, C'est ici, sur le côté sud-

pourra nous intéreseer, cu mériter | ouest de cette rivière, que le 28 de une mention spéciale. linin 1819, Monsieur Pierre ‘Thomas

C'est dans la premiere œaison | Boudieault, alors curé de l'Ile aux que nous renrouirous, à noire |Couires, fut frappé d'une attaque gauche, sur le bord du cü-inin, 4e! d’apgopexie qui l'ab'igea à abandonle 27 jauvier 1876, à l'age ue Jlaus|uer La desserte de cette paroisse et mourait dans la paix du Se.gucur|ie conduisit à la mort arrivée le 25 comme il avait vécu, le bou vieux | mai 1522,

Le matin de ce même jour, il avait chanté le service d’un vieillard du nom de François Ga-

non, âgé de soixante-dir-ans. Ce ut le dernier acte de son ministère.

C'est dans cette maison à notre gauche, sur le bor min qu'est né M. Eli Victo.

torien Dion, aujourd’hui (1870) curé de Sainte Hénédine. Il avait, neuf ans lorsque sa famille laissa l'Ile, On le compte avec raison, au nombre des prêtres que l'Ile aux Coudres a donpés au Clergé Canadien +.

Voici, à votre gauche, la clôture où devait commencer la magni fique terre qui, lors de l’établissement de l'Ile devait appartenir à la fabrique. Elle embrasse tout le nord de la pointe où passe le chemin pour se prolonger ensuite jusqu'au traitcarré qui sépare les terres du Cup à la Branche de celles de la Côte de la Balein:. Voyez vous mème sil y a quelque part ailleurs, une position plus ravissante pour une église.

Quelle charmante place pour ur presbytère ! Quelles délices n'aurait pas eues cette demeure pour un curé de l'Ile aux Coudres, qui séparé de ses confrères, vit dans un isolement, lequel jrolongé pendant des années fatigue l'âme la plus courageuse.

Quel soulagement n'eûtil pas éprouvé dans ses longs ennuis, s’il eut pu jouir des agréments d'une po sition où il aurait eu tant et d'aussi ravissants points de vuel Mais les anciens da l'Ile aux Coudres n’en ont point jugé ainsi. Leurs vaines terreurs des vents du nord leur ont fait placer leur église dans cet enfoncemeut où vous la voyez, comme si elle eût dû être desservie par des curés qui ne devaient jamais avoir besoin de regarder d’autres objets que le petit bassin de l’anse qui se trouve auprès d'elle!

ue voilà, du che-

ma

tM. Eloi Victorien Dion est néle ler de mars 1828. 11 fut baptisé par M. Joseph Asselin.

Nous voilà au bout de cette belle et magnifique Pointe des sapins, que je regretterai toujours de n'avoir pas été choisie pour y bâtir l’église.

Arrêtons-nous, ici, pendant un petit quart d'heure... Portez vas regards sur la rivenord du fleuve.

Vous allez apercevoir les maisons de la Petite Rivière Saint François, comme accolées au pied des hautes montagnes qui bordentle fl:uve : ces maisons semilent s'y appuyer pour trouver un refuge contre l'envahissenient des eaux qui, travaillent incessamment à détruire les riches terres qu’on voyait autrefois s'étendre au loin vers le large Comvblez ces maisons et vous s-rez surpris de leur petit nombre. La plupart de celles q'1e vons voyez aujourd’hui seront envahies par les flots, dans un tenips peu éloigné, et obligées de leur céder la place qu'eiles occupent,

La Pelite Rivière est très-rennmnmée par ses pêches à anguille. d'ar connu un nommé Pierriche (Pierre) Biuteau qui, dans une seule marée en avait pris trois mille. Son fiis, Grégoire B'utean., me disait que, dans l’automue 1868, il en avait pris seize cents, dans une seule marée. On y fait aussi une grande quantité de sucre qui, avec les pêches à anguille est à peu pres le seul moyen de vivre. Si jamais vous mettez le pied à la Petite Rivière, vous ferez bien d’aller visiter l’église paroissiale, et vous verrez avec étonnement qu'eile est suffisamment longue pour recevoir cinq à six bans, l’un devant l’autre, dans l'étendue de sa nef.

Après avoir regardé en pitié ces maisons acculées contre la bâse des énormes montagnes, voulez vous contempler quelque chose quietonne et ravit un mème temps ? Constiéres d'ici, de cette belle Pointe des sapins, où nous sommes celte majestueuse chaîne de mortagües rocheuses, que les habitants de l'Ile aux Coudres appellent les Caps. Regardez-les depuis leurs larges et solides bâses qui viennent se baigner dans les eaux du grand fleuve jusqu’à leurs cimes

si pittoresques, si différentes lesl|et si charmante, qu'on ne peut en

unes des autres par leurs hauteurs, leurs formes et leur étendue. Ne semblent elles pas s'élancer jusqu’à la voûte du ciel! La bâse la plus éloignée que vous apercevez allongeantson cou âans les eaux du fleuve, est celle du Cap rouge qui cache à votre vue celle du célèbre Cap T'ourmente sur la cine duquel a été planté une croix t par d'anciens élèves du Séminaira de Québec. On la voit distinctement du fleuve,

Tournez maintenant vos regards vers le s1d ouest et v. ns ailez apercevoir la crête de plusieurs Iles qui ressemblent à des satellites environnant la belle et féconde Ile d'Orléans, dont la rive sud, depuis surtout l'église Saint-Jean, en remontant le fluve est si pitttoresque

+ Cette croix, que l’on peut apercevoir à deux lieues de distance, a été plantée le 5 août 1869, Sa hauteur est de 25 pieds et sa largeur de 14 pouces, Elle est couverte en fer-blanc : elle est près de 200 pieds plus bas que la cine du Cap Tourmente, qui est à plus de 1550 pieds au-dessus du niveau du fleuve Saint-Laurent, Par nne singulière crincidencs, elle est à 1663 pieds au-dessus du flnve, Cette année représen!e celle de la fondation du Séminaire de Québec. Cette croix a coûté, pour façon et pour transport près de cent piistres. C’est Monsieur le graud Vicaire Taschereau qui a eu l'honneur de Ja bénir, en présence d’un grand nombre de piêtres, d’ecclésiastiques et de laïques.

Cette croix est la troisième qui a été plantée sur le Cap Tourmente. Lapremière fut posée vers l’année 1816 on 1817. On ignore où elle fut placée. Elle n'avait que 12 pieds de haut, La seconde fut plantée en 1844; elle avait 24 pieds de hauteur et 6 pouces de largeuretétait couverte enfer-blanc. Les élèves du Séminaire de Québec qui ont érigé celle de 1*44 et celle de 1869 sont : Messieurs :

F. Fréderic Bai. largé, ingénieur civil ; Ovide Brunet, prêtre, “professeur à l'Université- Laval; Paul de Villers, curé de Sainte-Gertrude ; Bellarmin Godbont, médecin ; Pierre Hnot avocat et membre dun parlement ; Léon Lahay:, curé de St. Jean des Chaillons ; François Langlois, imprimeur de la reine ; Antoine Lemay, notaire de la commission du Häâvre de Québec,

À quelques arpents plus hant que l'endroit où est la croix de 1869 M. Ths, Hamel professeur au Séminaire de Québec, à fait bâtir une petite chapelle dédiée à notre Notre- Dame du Cap Tonrmente, Elle a été bénite le 5 août 1870, On ÿ a célébré la monse.

détacher ses regards quand on les Côtoie de près enpassant sur les eaux de notre Saint-Laurent. Un peu plus au sud, considérez ces gros points noirs que l'eau environne, ce sont les rochers de l’Zle aux Grues et de l'Z le aux Oies, chacune encore plus petite que l'Ile aux Cÿudres.

Un peu plus vers le nord, voilà la Butte à Chatigny, placée sur la partie ouest de la batture aux Loups-marins, très-remarquable endroit de chasse.

Autrefois, les vieux chasseurs de ‘Isle aux Coudres y ont tué beaucoup de gibiers de mer, a'ors que les messieurs du Séminaire de Québec la regardaient comme faisant partie des battures attachées à leur seigneurie de l'Ile.

Le gouvernement canadien ayant contesté les droits du Séminaire à la possession de cette batture, le Séminaire a mieux aimé l'abandonner plutôt que de subir les frais d’un procès pour conserver uue propriété qui était d'aucune valeur pour lui.

Aujourd'hui eile est exclusivement réserv e à une société de chasseurs de Saint Jean Port-Joii, qui l'ont louée du gouvernement pour une rente annuelle excédant de beaucoup les bénéfices de leur chasse.

Il n’y a guère plus de cinquante ans que les eaux des grandes marées, couvrent presqu'entièrement cette batture à l'exception toutefois de la butte à Chatigny. Maintenant les sables apportés par les vaguesde la marée montante, ont tellement soulevé le sol de cette batture et l'ont tellement agrandie, qu’une étendue de plusieurs arpents n'est jamais envahie par les eaux.

Ce que nous venons de contempler serait bien plus que suffisant pour fire chérir cette belle Pointe des Sapins, d’où nos regards ont pu nous faire jouir de tant d'objets pittoresques, Nous n’avons pourtant considéré que la petite partie des beautés qu'elle offre à notre admiration. C'est ainsi que Dieu, dans son immense bonté pour sa créature

privilégiée, a voulu lui offrir, en cer-| à l’est de l’église de l’Islet. On a eu

tains endroits de ce monde, des heautés qui ravissent son cœur, afin de la préparer à contempler d’autres beautés, dont celles de la terre ne sont qu’une ébauche.

Pendant que M. Louis Baby, prêtre doué d’une admirable intelligence, était curé de Beaumont, il taisait atteler sa voiture, dans un beau jour de l'été, et il allait se placer sur la plus haute élévation entre Beaumontet la Pointe Lévis. Il y passait des heures entières à contempler les aspects que sa vue découvrait de tous les côtés. Quand il avait rassa siè son cœur d’admirati n pour l’auieur de toutes les belles choses qu'il avait vues, il revenait à son presbytère plus décidé, chaque fois, à se rendre digne de jouir de la contemplation des merveilles que Dieu a préparées dans le ciel, à ceux qui auront su disposer leurs âmes à y entrer.

Après avoir joui de la vue des Iles que la main de Dieu a semées dars les eaux de notre fl:uve, regardez la rive du sud. Voyez vous celte terre qui semble au niveau des eaux et qu'on dirait menacée d’en être envañie! C'est le Cap Saint Ignace. Diriger votre vue plus à l’est et vous eu verrez une autre qu’on dirait se pen chant vers le fleuve comme pour le conjurer de s'arrêter avaut de l'avoir subimergée? C’est le rivage de la paroisse de l’Islet. Si cet abaisse ment des terres sur les rives de notre beau fleuve était prolongé plus à l'est, il deviendrait fastidieux. surtout vu de notre Pointe des Supins.

Mais Dieu qui voulait rendre ses rivages aussi beaux que ses eaux à su couper celte monotonie comme il a voulu rendre le cours de ce fleuve plus digne d'admiratiou, en semant de nombreuses Iles au sein de ses flots. Voyez maintenant ce rocher qu’on dirait placé là comme une ci tadelle nour servir de refuge aux habitants du rivage qu’un subit accroissement du fleuve menacerait d’engloutir. 1] n'est qu’à quelques arpents

le bon esprit d'en faire le piédestal d'une grande et belle croix, plantée en souvenir de l'établissement de la soci: té de la rroix dans la paroisse.

Puis, à l’est de ce rocher sanctifié, les bords du rivage s’abaissent de nouveau pour continuer ainsi jsqu’à la rivière des Trois Saumons, où vous les voyez changer d'aspect, s'élever de nouveau, puis s’abaisser encore, puis enfin finir par s'élever une dernière fois pour servir de site à l’église de Saint Jean Portdoii, que l’on aperçoit distinctement de l'endroit où nous sommes.

Portez maintenant vosregards plus vers l’est, et vous verrez les rives du fl'uve s'élever graduellement jusqu’à quelques arpents des limites qui séparent la paroisse de Saint Jean Port Joli de celle de Saint- Roch des Aulnets, où ces hauteurs atteignent leur plus grande élévation. Si jamais vous voyagez par le chemin de terre, ariivé à l’endroit que je viens de vous indiquer, donnez-vous le plaisir de vous y arrêter quelques minutes. Puis portez vos regards vers le sud-est, vous verrez les pittoresques montagnes de Ste- Aune; à l'est, la grande anse du mème nom, les côteaux de la Rivière- Ouelle ; au nord-est, le gran f:uve se prolongeant bien au-deià de l’é.

‘endue qu'embrassera votie vue; puis les abrupt-s rivages de ia côte uord du fleuve jusqu'à au-delà de la Malbaie, vers le nord l'immense chaine des montagnes, l’église des Eboulements, l'Île aux Coudres où unus somines. Ds cette élévauon, notre peute Ile vous semblera couchée aux pieds de ces énormes géants comme pour les empêcher de glisser dans le fl:uve. Vous n'oublierez pas de regarder vers le sud oues:, at vous voulez voir, dans toute lenr étendue et daus toute leur beauté, les Îles jetées çà et là au milieu des eaux du fleuve essayant en vain d'arrêter la marche du géant de l’Amérique du uord; puis enfin vous contemplerez ce long rivage qui se

rolonge vers le haut du fleuve, Fete bien au delà de Saint-Thomas. Cette élévation où nous sommes est peut être l'endroit de tout le Ca:nada qui offre aux regards les plus variées et les plus beaux points de vue.

Dirigez maintenant vos regards

vers le fonds de cette grande ause |

de Sainte-Anne, levez les yeux et vous Dors la grosse montagne au sud-ouest du Collége puis, un eu au nord-est, le bean et grand ollége lui-même, dont la longue toiture est environnée par des milliers de sapins toujours verts. Un po à l'est du Collége vous voyez église paroissiale surmontée de son superbe clocher, dont la rouille dé vore la couverture en fer blanc. Por.

tez maintenant vos yeux sur la rive du fleuve etsuivez le rivage jusqu’au fond de cette grande nappe d’eau qui s’avance au loin dans les terres, vous apercevez l'antique églse de la Rivière-Ouelle comme placée dans l'eau qui, d'ici, présente l'aspect d’un vaisseau à la voile longeant la terre, De l’église de la Rivière-Ouelle, dirigez votre vue vers le nord, vous ap®rcevrez distinctement la Pointe sur les battures de laquelle s'étend une pêche à aux marsouins, où une grande quantité de ce précieux poissons se sont rendus pour y trouver la mort. Continuez à suivre, de vos regards, la rive du fleuve toujours vers l'est, vous allez apercevoir le Cap au diable, dont la cime, couverte de sombres sapins, doit offrir une retraite chérie à cet esprit noir et ténébreux.

Je serais assez po:té à croire que ce nom lui a été donné par les premiers habitants chrétiens de ce pays pour rapzçeler les souvenirs qu'avant la découverte du Canada les diables y tenaient lenrs grandes assemblées, ou que l’ombre de sa roire couterture a dû servir de prison spéciale à quelque mauvais démons dont Lu- Cifer ne pouvait doimpier l'insuburdination.

Pius à l’est vous apercevez la crête des pittoresques Îles de Ka.

mouraska, qui s'élèvent au-dessus du flauve et semblent défier la ‘nrenr de ses vagues par la solidité des masses rocheuses qui les ont formées. Au-delà c'est la montagne dela Pointe Sèque qui avance son grand nez dans les eaux, on dirait |toute exprès pour couper l'horizon que, d'ici l'œil pourrait apercevoir | plus loin. C'est ainsi que cette malen- | contreuse PointeSèque dérobe à notre | vue la partie plus à l'est du rivage | de notre beau fleuve. Je vous avoue- ‘rai que chaque fois que, d'ici, j'ai suivi du regard le prolongement vers l'est de la rive sud du fleuve, j'ai |toujours conçu une haine implacable contre cette vilaine Pointe Sèque, javec son grand nez emmanché d'un | long coup, qu'elle étend au loin dans la mer, comme pour me dire :

Halte ici curieux, je ne veux pas que ta vue s'étende plus loin, porte tes regards ailleurs, enfant de l'Ile aux Coudres. Oh ! si j'avais à ma dis.

position toutes les sommesque Monsieur de Lesseps a dépensées pour creuser Je canal de Suez, je n’hésiterais pas un moment à les employer à couper ce vilain nez jusqu’à sa dernière racine, dussé je y ajouter le.vilain cou qui sert à l’allonger davantage !

Mais détournous nos regards de cette malheureuse Pointe Sèque.

Reprenons, en remontant, le coup d'œil de la rive du fleuve jusqu’au point d’où nous sommes parlis, et jugez vous même si les enfoncements, les pointes, les rochers, les abaissements et les élévations du rivage sud du Saint-Laurent, neressemblent pas d’ici aux guirlandes qu'on suspend au frontispice d’un temple. Elevez maintenant vos regards vers les hauteurs en arrière des terres défrichées. Examinez toutes cescôtes, toutes Ces montagnes, tous ces pics, souvent semblables aux flèches des clochers; leurs formes diverses, leurs découpures, l'inégalité de leur hauteur, les vallées qui les séparent, et puis ce long cordon de verdure qui les

te oo

couvre, et vous :.urez une idée des beautés qu'offre a rive méridionale de notre Seint Laurent, telle qu'aperçue de la petite [le aux Coudres quis comme une vierge pudique, s’est

érobée elle-même aux regards des profanes, en se plaçant à l'ombre des montagnes gigantesques de la rive nord du fleuve.

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