‹ Promenade autour de l'Ile-aux-Coudres [microforme]Chapitre 8 sur 12 · GET · texte numérisé non relu

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Comme nous l'anprend le bon La- &

foutaine, la résolution ne fut pas mise à exécution, parce que la dif- | ficuité fut de trouver quelqu'un d’entre eux qui voulut ailer attacher le grelot. Car l’un disait : je ny vais pas, je ne suis pas si sot ; l’autre je ne saurais. Si bien que sans rieu faire on se quitta.

Ce fut même crainte, même appréhension, même hésitation parmi

cette bande de jeunes braves, quand il »

fallut trouver quelqu'un qui consentit à aller chercher le loup-marin. On hésitait; on s’excusait; c'était une insigne folie ; on ne réussirait pas; on se ferait dévorer par ce mauvais gars ; on ferait rire de soi. On allait donc laisser le dormeur continuer son somme, aussi longtemps qu’il lui

plairait, lorsqu'un des grands De:- * meule, il me semble que ce devait # être le nouveau marié, se redressa À

sur ses longues jambes et déclara que puisqu’aucun de ceux qui avaient

pris la résolution ne se présentait pour la mettre à exécution lui, était décidé à aller chercher cet individu et l’amener à la noce. C:tte déclara:

tion soulagea toutes les poitrines, et fit acceptée sans la moindre opposition.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Sans rien changer à sa toilet'e de noce, le grand De neules desrend la rôte, se tr.îne au bord de l’eau, s’y enfonc::

jusqu'au menton, et, sans faire le moindre bruit, il se dirige vers le cailloï, s'en approach: doucement, sansremuer l'eau E.fail est r-ndu tout près de son dormenr qui rarÂ:

de son mieux. Alors, il allonge lente. ment son long bras, il saisit forte ment le pauvre imprudens par les nageoires de derrière. Par un vi goureux tour de bras, il l’arrach= de son lit, le srspend la tête en bas pour n'en être pas mari, et aux acclamitionx, aux cr 8 de 1oie, aux apulaudissements frénétiques fe ceux qui regardaient, 1l se hâte de traîuer sou loup marin hors de l’eau, le fait glisser sur le sable du rivage, l'entroine avec lui dans la cô e, puis eu:f : jusqu'au milieu de ses coinpa gnons qui riaient à s’en tenir les côtés.

Alors le conseil s'assembla de nouveau pour decider ce qu'on all it faire de ce s uguli-r camarade. LA déuberat:on ne l'ut pa: longue Tou:

opinérent qu'il fallait l'emporter à la maison, au milieu de la noce, daus le salon même «à tous les corvives etaient ré: nis. Cette résolution u'eû point d’op,0sant el ce que j:

ne dois pas passer sous silence, tes que pour a meitre à exeçulioli, ti ne se trouva que des bruv s.

lin possible de douiner, ici, une idée des batteu:ents d- mains, des écl te de rite, des invités. à l’arrivée du survenant, au uineu de la noce. La Joie iut grande peuda.t celle noce plus que daus aucuie autie qu'on ait vu de meunvire d'houme,

Pcudaut que Je vous ai ra onté ce fait, duut bieu suuveut J'ai euteudu le récit dans ma jeunesse, je m'’à-

ai

perçois que nous sommes arrivés à l'endroit aÿ le chemin change tout À coup de d'rectiou po 1r gagner vers le sui + Catte montée, dont vous apercevez la fin, nous conduit À une autre équerre qui nous fera reprendre la même direction que celle que naux venons de quitter.

Ce bouquet de bois que vous voy:

ez à votre droite, pas très-#lcigné de nons, me rappella une singulirre aberration de lesprit pubic qui prend si faci'emant, mme chez use poulation a’hommes intelligents.

Dans ce petit bouuat de bois, venaient chajua printemps faire leurs ronvées, une grande -juantité Vagsez gros Oiseaux 2pp lés cousques, Je me rappelle que dans ma j+unesse, ces oiseaux étai-nt souverain ment népris?s. inspiraient un profond dégoût, rendaient la risée de tous les habitants de l’'Ils ceux qui se haz:rdaient à s’en servir pour nourriture.

Pour exprimer le mepris qu'’ou faisait d'eux, on les appelait des mangeurs de couïques. J'ai souvenauce ue Ceux q'u lies tuaieut pour les manger, se Cachaient conne quel.

qu'un qui fait un mauvais coup. Ils en cachaïent Les plumes et les débris avec le plus gran: soiu et n’en man:

geaientque lors qu'ils étaient très-cerins que petsonne ne surviendrait pendaut qu'ils se nourrissatent de la viande du couaque.

Pourquoi Ces anñathè nes, ces mépris, ces wauvais propos Coutre le pauvre oiseau ? N25- nourrissait-il pas du mème posson que les habiauts de l'Ile mauge:ient aussi bien que lui ? Nesavait où pas, dans l'lie, que pendaut la nuit, 11 allait se placer sur uue pierre environnée des eaux du fleuve; que là 11 atiendait avec Ulléë patience admirable Ls

t C’ert près de cet endroit qu'était bAtie La première m. ison qu 1 père Eiie Mal loux avuit habitée aprés a Voir émuigre sur Eee, Cent ais ç: tte in i<ou que se reuri »

satert, par quatre et ci:q families, les ge, 8 de ce: tte jure de l'Ik: pendant tes vuits du fameux trembiemeut de terre de 1791, cumime ou ie voit par Je rcit que la mere Lapointe nous a donné de ce trewsblement.

poissons qui en approcbaient; les

Le récit de l'histoire de mes

saisissait avec son bec; en mettait | couaques, a donné à notre cheval le

dans son estomac autant qu'il en pouvait contenir, et re tournait chargé de sa proie en faire ure part à ses petits et gardait le surplus pour s’en uourrir lui-même en faisint son somme, pendant le jeur ? Quelle rai son avait-on de tant le mepriser et de le regarder comme jidigi e d'êcre servi en nourriture sur la table d’un habitant qui se respectait? Pas autre raison que celle de l'opinion publique qui fait adopter ses lois aux personnes mêmes les plus capables de connaître combien elles sont partois inseusées et ridicules.

Un sage inspiré a dit que l'insensé changeait comm2 la lune Telle fut a l'Ile. le sort de l'opinion contre les couaques A une époque trèsrapproché- de celle dont je viens de parler, l’epinion général:

décida que la chair de ces oiseaux n'etait pas à dédaigrer. Un peu plus tard. on pouvait en manger sans s’attirer le mépris de ceux oui n’en mangeaient pas encore. Un peu plus tard encore, cette viande était boune, tres-honne, délicieuse enfin R-ndue à ce point, l'opinion publique en faveur de ces pauvreoiseaux, fit qu'on les recherchat avec le plus grand empressement C'était à qui s’en procurerait, On eu vint au point de monter dans les arbres pour s'emparer des pet.ts cou ques avant même qu'ils fussent revétus de leur plumage et lorsqu'ils étaient dans jinpuissance absolue de se soustraire aux n'assacres qu’on en faisat. Or, il est arrivé que les pères et les meres de ces jeunes oi seaux, indigués de la barbarie que les babi'ants exerçaient envers leurs progéni:ures. ont jugé exrédient pour la conservation “e leur espèce.

d'aller faire leurs nids ailleurs Et je dis qu’ils ont bien fair. Pepui< ce temps. on en voit presque plus à Pile dout ils semblent a‘o:r pris les häabitauts en horrenr. La conclu.

sion de ce fait serait peut-être celleci: on est puni par où on a péché.

temps qu'il lui fallait pour se rendre au chemin ombragé d'arbres qu’on a appelé : la Route.

Puisque notre vue est harrée par les arbres et que nous voilà bien et dûment emprisonnés dans ce bois, laissez moi vous raconter le fait sui.

vant, arrivé dans l'endroit où nous sommes. Vous vous garderez bien de le mettre en doute, par la raison que je n’invente rien, dans mes récits. Je ne suis que l’écho de ce que m'ont racont- les anciens. Or les auciens de lle aux Coudres n’ont ja nais menti, excepté toutefois quard ils racontaient aux enfants, pour les reudre peur-ux et les empêcher de s’absenter de leurs familles pendant les veillées, des histoires de lutins, de chasse-yalerie. de fi fol'et. de loup-garou, de revenant eutiu t. N'exigez pas de

+ Vo ci ce que me racontait très-sérieusement, dans l’hiver de 134%, un vieux canadien de l'Ile aux Couures, alors âge d’environ 68 ans.

Il était jeune homme alors et c’éta't à l'époque «ù les voyagesentre l'Ile et Québec, se faisaient en cauot de bois,

Ils étaient partis trois on quatre de l’Ile aux Coudres pour monter à Québec. Et arrivèrent sur le soir au bout d’en bus de l'Ile d'Or'éans, dont la pointe portait le nom d'Argentenay. C'était l'endroit des sorciers par ex-ellence, comme le savait bien une des femnies de St-Joachim; appelée, la Blouin, que tous les écolivrs ie mon temps de sémivaire ont très-bien connue.

Nos voyageurs résolurent donc de n'aller pas plus loin et de passer la nuit sur cette pointe, On renversa le can: t la gueule en bas, pour s’y mettre à l'abri et y doruir en paix. Or voici ce oui arriva: Dès que la nuit 8e fut fuite, un être revêtu d’un corps de loupgarou, Intin,revenaut ou sorcier qre‘conque, se mit à sauter par-d ssus le canot renversé, Il saute d'un côté, saute de l’autre, sante toujo rs pendant toute la nuit sans d'scontinuer pour un seul moient. Et nos hommes, tapis les uns contre les autres, passèrent la nuit dans des transes qui les faisaient trembler de tous leurs m: mbres, C« ne fut qu’au jour ouvert que ce bandit les laissa en repos, en s'éloignant deux. Et, pour me prouver que ce n'était pas l'effet de la peur q: i leur avait fait entendre cette duuse, il m'assurait que le lendemain, tout le sabia autour de eur canot était comme criblé par les pieds de ce sauteur. Le bon vieux n’assurait qu’il

moi que je vous fasse connaître le | jeune insulaire qui n'avait: ni la tête.

jour et l'heure où est arrivé ce fait, parce que je vous dirais que vous n'avez pas le droit de vous inscrire en faux contre un récit historique, ou une legende, par la seule raison que celui qui vous le raconte, n’en peul préciser l'époque.

Il arriva donc qu’un soir (Etaitce en hiver? Etait ce en été? je ne m'en rappelle plus) il arriva donc qu'un jeune garçon ayant, comme il convenait, fait sa toilette et mis.

comme Jorsqu’il fallait aller au bal ch z Boulay, sa chemise blanche et son guet barré +t le reste à l'avenant.

Pour ne rien oublier, il fant dire qu'il ne passait pas pour un des plus braves, 11 ailait rendre une visite à sa blonde où à sa brune, qui demeurait dans quelqu’une des maisons

près desquelles nous venons de pas-|

ser. Comme, à l’éprque dont je parle, c'était la mode reç:e dans l'Ile «te se couvrir la tête avec un bonnet de laine, mon Jenne insulaire n’eût garde de manquer de se conforme:

a l’usage. Li tradition nous ayant conservé la couleur de son bonnet, comme narrateur fiièle, je do s dir a était d’un beau rouge couleur de eu

Pour un motif ou pour un antre, il parait qu’il prolongea longuement sa visite, et ne pariit pour ne revenir à son logis que fort tard dans la soirée. Par malheur, le temps était sisombre. la nuit si noire, qu’on ne voyait goûte et qu'il lui fallait taire la plus grande attention pour distin-

C'etait bien réellement une de ces nuits qui semblent faites expres pour favoriser les courses de loups garous et de revenants. Aussi notre

ne passait jamais, depuis, près du bas de l’Ile d'Orléaus, saus éprouver un sentiment de frayeur,

‘Qui, des écoliers de mon temps, n’a pas entendu la Blouin affirmer avoir vu uu gran uomb:e de 1018, des Ji-folettes traveis”r ü’Argentenay à St-Touchin sur des bottesde pailie pour ne pas se mouiller les pattes dans les éaux-du fleuve! phone Dés

d'un Jean-Burt. ni les nerfs d’un Robinson ne pouvait s'empâcher d’é prouver certaines frayeurs qui augmentaient à chaque pas. Il marchait done eraintif, l'oreille tendue pour -ntendre le plus léger bruit, les yeux crands comme des salhières et la poitrine oppressée par l'appréhension de reurantrer quelqu'un de ces êtres malfaisints qui reviennent de temns à autre de l’autre monde, pour ef'aver l-s vivants, ou leur jouer des mauvais tours.

Tantqu'il parconrut le chemin qui se Lronvait aupres des maisons, ses craintes et ses frayeurs ne furent pas de nature à lui troubler la tête.

Mais il lui fallait traverser la route, au milieu du bois, sans espérance de rencontrer une maison où il put se réfugier. La nuit devait y être plus sombre et offrir plus de facilité aux êtres malfaisants de s'y cacher et de le surprendre, Mais il fallait bien eu prendre sou pirti et +ff onter tous ces dangers, braver toutes Ces terreurs, Car il était trop tard pour Chercher un gîte ailleurs que dansla maison paternelle.

Tout en faisant ces réfl:xions peu rassurantes, 1l était arrivé à cette fa.ale route et, come les plus poltrous savent quelquefois retrouver du courage, il y rentra et se mit à ailong r ses pas &fi1 de la parcourir le plus tôt possible. Mais 1l en avait à peine franchi queiques aroents dne tout à coup un cri sinistre,

ff ayant, tel que jamais il n’en avait guer le chemin par Gù 11 passait.

entendu, retentit près de lui sur un des côtés du chemin, comme un “as de mort. À ce bruit lugubre, il fit un sault en poussant un cri veut-être plus eff avant que celui qu'il venait d'entendre Il n'y avait pas moyen de s’y meprendre, c'etait bien ou un loup-garou, ou un lutin, ou uu être maudit qui en voulait à sa vie, Croyant réussir à se soustraire a ses étrelaites, 11 se mit à courir à touts jambes. Mais il mavait pas fait dix euambées, qu’un autre cri retentit à ses orellies et,. en même

temps, il s'aperçoit qu'on lui enlève son bonn:t sans plis de façon et que le voleur qu'il ne peut voir s'en va se mettre dans un arbre en riant et criant comme pour se moquer du pauvre décoifé.

Si, dit un proverhe, on ne doit pas faire le diable plus noir qu'il ne l'est, l'équité exige de moi que je ne fasse pas ronnaître mon insulaire pour 1ius lâche ?t plus poltron qu'il ne l'était er réalité, En conséans nee je dois déclarer qu'en recevant l'irsigr'e : ff-ont d'être décoiffé, sans en.

enterdre dire: excusez il! eût un monent de rourage vraiment héro fque, c'était, quoiqu'il put en résul.

tr. d'aller reprendre son bonnet L'obsruriié de la nuit ne lui permet.

tait, à la vérité, de n'apercevoir que les yeux flarm boyants de l'être infernal qui venait de l’insulter, et la couleur rouge de son tonnet qui transhait avec celle de l1 verdure des arbres; mais ces iadicrs suffi scient pour lui dire où il fallait allkr Il s’aprroche donc du bois, cases la preuiière branche sèche qu s’«.ffre sous sa main, et, ainsi ariné, il approche de l'arbre où devait être le monstre, le frappe avec cette branche sans peut-ître l'atteindre et, poussant le courage plus loin, il sai sit son bonnet de l’autre main. le tire vers lui saus réussir à l’arracher du voleur.

Cette résistance inattendue décon certa le pauvre homme. Son courage l’abandonna de nouveau etdes terreurs indis ibles et beaucoup plus grandes que les premières, vinrent s'emparer de son esprit. 11 ne lu fut plus possible de douter que ce ne pouvait «tre qu'un être extraordi haire, Un reverant e: fi, qui avait

1 résister au Coup qu'il avait cru

ui porter et à l'effort qu'il avai.

teuté pour lui arracher son bonnet Pour comble de maiheur, le voleu:

à qui il avait essayé d'arracher 84 pioie, se prit à puurser des ciis de rage, en fi.ant des regards terribles sur le teméraire qui avait 086 le frapper. C'en était trop pour ne pas

effraver, Outre mesure, un jeune homn.e qui n'avait jamais ni vu ni entendu rien de semblable, Répondant aux cris qu'il entendait par un autre cri de ‘erreur, il reg: gna le chetrin et, prenant ses jambes à son cou, il se mit a courir de toutes ses forre- : fin de s'éloigner an plus vite du fatal endroit où se tenait cet être surhumain. C oyant être poursuivi par le malfsiteur dont il entendaittonijours les cris, ren tus double.

ment effravants par l'écho de la for-tet les ténèbres qui devenaient de élus en plus profondes, il ne se possédait plus, il tombait se relevait, il retombait encore paur se relever de nouveau, Érfir, épui-6, hors d'ha- ‘etne, presque sans Couna ssance, il eût le bonheur d'arriver à la maison et, poussant un dernier cri de terreur, il tomba sir le seuil de la porte, privé de sentiment et à demi mort.

Heureusement pour Ini qu'il avait été entendu par quelqu'un da la famille qui vint à son secours, l’entra fans la n'aison, le mit sur le plancheret alluma la lampe. Apercevant son visage inondé de sueurs, ses yeux fermés, sa respiration

presque |

éteinte, 1] poussa, lui aussi, un cri :

de terreur qui réveilla toute la fa- !

iille Où se leva avec précipitation, :

puis on se réunit autour du nouvel

arrivé, on le poussa, on le question- À na. Mais en vain. Q r'avait1l deuc :

va? Que lui étatil

advenua 7?

Point de réponse, pis même d'autre

sigie de vie qu'une respiration semblable au râle d'un mourant.

Cet état se prolngea peniant un temps qui parut uu siècle à la famille désolée. Enfin, il poussa un

s:upir, ouvrit des yeux égarés, tour- à ua ses regards de tuus côtes pour |:

voir si l’ètre maudit n'etait plus au: ” près de lui, er. fi:, rassure par la vus »

des personnes Go sa famille, il put leur faire part, tant bien que mal, *

de la fatale rencontre faire dans la route.

Je dais faire remarquer, ici, que

qu'il veuait de

cette trisie aventure s’elant pissée à À l’époque dont j'ai parlée plus haut, À

FF Es ss fé ra

CE

les récits du pauvre jeune homme | dant les sons de sa voix p'us déchi revdirent plus crovables toutes l2a | rante, plus rauques, plus caverneux,

histoires de revenants et d'autres être malfaisants que, tant de fois, an avait ent-ndues raconter pendant les veillées

On 8e coucha cependant, mais je n'aurai pas de peine à être cru 8i j'ajonte que des rêves plus -ffayants que jamais vinrent troubler le sommeil des enfants.

Quand le grand jour fut venu, alars que les sorciers. les lours-garous et tous ces êtres ahominabl-s sont rentr 8 dans leurs sombres demeures, une bande de jennes gens se rendit sur le lieu du sinistre. A leur grande jiie, l'être maudit n'v étvit plus. Où trouva le bonnet rouge, par terre, mais brisé et déchiré d'une manière à ne pouvoir douter que celui qui s’en était emparé. avait essavé d'en faire son repas, Où n'apprit que plus tard quel était l’anteur de tontes les t-rreurs du par vre jeune homme ? Ce n'était bélas ! qu'un pauvre hibou qui, allé ché par la vue du bonnet ronge, s'en était emparé, avait essayé d'en faire son repas et que, l'ayant trouvé d’un goût trop peu savoureux il l'avait laissé tonber de s+s griff s et était allé chercher pâture ailleurs.

Pour ne pas faire rire, outre megure de mon Jeune insulaire, j- dois faire remarquer que pour quelqa'ün qui ne l’a jamais entendu, le cri du hibou. dans les grands bois, au mileu des ténèbres d’une nuit orageus:, surtout lorsqu'il aperçoit du feu ou oueique chose res-mbiant à du feu, le cri du hibou, dis-je, à plus qu'il ne faut pour épou vanter par ses rires saCcades, ses sous Lugubires et les éclats de sa voix rauque et stridente. Malgré qu'on l'ait vingt fois entendu, jamais on ne peut l’ouir sans eprouver un ceitin malaise accompagne de terreur et de frissons. Car le cri du hibou est unique. Ii co.nmence ce chaut iugubre à l'aicü ; ensuite ii fait enteudre des sifl:nents, qu ressemblant à des rires m0 juaurs, puis il descend par degrés, eu reu-

+) PARC ÉRRNER PR

jusqu'à ce ou’-nfin il termina sa ainistre chanson par des notes d’une incroyable mélancalie,

Bientôt nos allons sa"tir da la route, Da vastes et Sa, M he paints de vue vont s'offrir à vos regards Nous voilà sortis. Mais regardez done. Voyez en avant, sur la rive nor! et nari ouest du flsuve, cette masse impnsan'e de montagnes nlns hautes lea unes que les autres.

Regard: z sur le sommet, leurs crêtes aigûes, les counes qui les séparent; #t ces arbres de ta tde couleurs diverses dout les longs rameaux ressemblent anr longs cheveux d'une jeune fille. Regardez, à l'entrée onest de la Baie Suint-Paul cette masse effrayante ani s'étève jnsqn'anx nues, c'est le Cap-de la Bonn: femme, sur le sommet dugy'nl p18-e le rhemin des caps et d'où l2 fleuve. l'Ile aux Coudres el les maiss1:8 de ses habi ants semblent placés à une ditance prodisieng». Si jamais vous passez sur celte hauteur, donnezvaus la peine d+ monter sur une espèce d’echafaud de pièces de bois vo<ées les unes sur les autres et, si le temps e-t clair, votre vue s’ét-ndant par-desus les hauteurs des autres imnntagnes et mê:ne de celie du Cap tourmente vous t-ra aperce voir uotre Lonne ville de Québec,

Comme vous pruvez en juger matuitenant, cette snrtie de l4 routa oisée dout la monotonie ennuie un “eu le voyageur devient toujours une surp iss. Quand tout d'un coup, et sans s’y atiendre, on derouvre ces grandes œutres de D.eu et teur incumparable inagn.ficeuce, on pvousæ un cri de joie, et du «œur chrétien sort comme involoutairem: nt cette belle vrière du srophète :

: Vos œuvres sont adiniraples, Sei.

* gneur, plus je les étudie et plus ‘“ suou âme en est ravie |! ”

Le chemin de cette partie de l'Ile suivait le bord de la cô:e jusqu'à ia descente du Cap. Vous voyez qu'oa a jugé à propos de le conduire

46 PROMENADE AUTOUR à travers les champs, en Jui faisant faire plusieurs cCaracoles qui l’al Jongent un pu. Ainsi l’a décidé le cons”il municipal de l'Ile, seul juge compétent en cel'e matière Ce que j'ai toujours cru, c'est que ceux oui sont obligés de parcourir un chemin, plusieurs fois chaque semaine, doivent connaître quelles améliorations il faut y faire, Malheureus:ment pour le bien de Ja paix parmi nos babitants, on ne s'entend pas toujours. Certains qui se croient plus éclairés et plus sages que tous les autres, se mettent en travers.

et de là naissent des divisions et quelquefuis des procès infiniment regretiables sous lous les rapports.

Nous avons eu à déplorer beaucoup de ces faits qui n'ont 4bo ti qu'à semer des haines et à faire des sé paralioñs entre d:s paroissiens qui, devant avoir des intérêts communs, auraient dû s'entendre pour premouvoir Ces mêmes intérêts, Mais eston toujours capable de couprendre que les intérèts particuliers doiveut ceder le pas à l'intérêt gé néral ?

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