‹ Promenade autour du monde, 1871Chapitre 28 sur 85 · Voir vol. I, page · texte numérisé non relu

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les artistes d'aujourd'hui ne savent que reproduire, et encore imparfaitement, les vieilles formes dont on commence à se lasser. Ce qui s'est conservé, c'est un don que le ciel seul peut donner : le goût et le comme-il-faut parfait dans les petites choses. Il n'y a au Japon ni ateliers, ni académies, ni marchands de tableaux. Il paraît que l'art se transmet dans les mêmes familles de père en fils. De là son caractère stéréotypé. Ordinairement l'amateur qui fait une commande appelle l'artiste, lui paye trois ou cinq rios (dix-huit à trente francs) par mois, le loge et le nourrit pendant tout le temps de son travail, et en retour attend de lui un certain nombre de tableaux qui, exécutés sur de la soie ou du papier, se conservent roulés, ou bien collés sur des baguettes de bambou et suspendus dans la niche ou»sur la partie immobile de la cloison de l'appartement d'honneur. Ce fut exactement ainsi que Murillo, passant cinq ans dans un monastère de Séville, et dix dans un autre, créa ses chefs-d'œuvre et, péniblement et misérablement, gagna l'auréole de rimmortalilQ.

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