‹ Promenade autour du monde, 1871Chapitre 48 sur 85 · Novembre · texte numérisé non relu

Novembre

2. Voici en chiffres ronds, puisés à des sources officielles, le tableau de la population indigène et étrangère de la concession angloaméricaine, de la concession française et de Hongkew (rive droite du Hwang-pu).

Concession angîo- américaine. 1862-1863 1865 1869

Chinois 250 000

Étrangers 3 000

Concession française.

Chinois

Étrangers (Français)

Le total des étrangers de 7500 comprend^ avec les résidents, la population flottante des équipages des bâtiments. Depuis 1869, cette population flottante a diminué en raison de la diminution du ton-

banqueroute fut mise à l'ordre du jour. La consternation devint telle, que, pendant un moment, on désespérait de survivre à la crise. Mais si les tempêtes ravagent le sol, elles purifient l'air. Shanghai sortit de cette épreuve , meurtri , temporairement appauvri, mais régénéré, averti par ses fautes mêmes, et comprenant que, pour des raisons diverses dont je parlerai tout à l'heure, l'époque des gains fabuleux, des fortunes princières et soudaines, était close à jamais.

On ne peut comprendre Shanghai sans se rendre compte des mouvements commerciaux de tous les ports chinois ouverts aux étrangers. Et on ne peut se faire une idée exacte de ces mouvements sans connaître Shangai , qui est la reine, la métropole , la régulatrice du commerce européen avec l'empire du Milieu.

Il a déjà été dit que Shanghai doit, en grande partie, sa fortune et les conditions de son existence à sa position géographique. Situé à peu de distance de Suchow, le centre d'approvisionnement de plusieurs provinces; à peu de distance du Yang-tse-

Dage des bâtiments, au far et à mesure que la voile était remplacée par la vapeur. Aujourd'hui, d'après des renseignements que j'ai lieu de croire exacts, la population étrangère des trois concessions ne s'élève guère au delà de 6200, et se décompose ainsi qu'il suit :

Anglais 3200

Américains 1300

Allemands 700

Français 400

Toutes les autres nations 600

Population chinoise 100000

Cité cliinoise et faubourgs, environ . . , 125000

kiang, la grande route qui mène aux cantons producteurs de la soie; à peu de distance de la mer, la route qui mène partout, et qui surtout mène en Angleterre, Shanghai est le plus grand entrepôt des articles anglais consommés par la Chine ; il les envoie dans le centre de l'empire par Suchow; à Pékin et dans toutes les provinces du Nord, par la voie de Tien-tsin, et il concourt forcément avec le commerce européen du Sud, c'est-à-dire avec le commerce de Honkong qu'il commence à éclipser, de Canton qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il était, de Macao, cette ville endormie sous son beau ciel, qui ne vit plus que de ses souvenirs héroïques, de la traite des koulis et de ses maisons de jeu.

Jusque dans ces derniers temps, Shanghai monopolisait le trafic du Yang-tse-kiang. Il en est encore, et il sera toujours, le principal entrepôt. Mais depuis l'ouverture des ports de Hankow, Chinkiang et Kinkiang, on remarque sur l'exportation de l'article du thé une petite diminution, la première de ces trois factoreries, située dans l'intérieur, à sept cents milles de l'embouchure du fleuve, commençant à expédier directement à Londres, à Odessa et à Melbourne. Règle générale, le thé des provinces de Kiangsi et de Hupeh est apporté par les steamers américains du Yang-tse-kiang, vendu ici, et réexporté en Europe et en Amérique. L'ouverture des petits trade-poris sur la côte a aussi, dans une proportion minime, il est vrai, réagi sur le marché de Shanghai. Mais il n'est guère probable que cette concurrence puisse lui apporter un dommage sérieux. Sa force distributrice reste intacte. Pour le

comprendre , il est nécessaire de jeter un regard sur la transformation que le commerce européen en Chine a subie dans les dernières années*.

Le temps des grands coups est déjà loin de nous. Alors des fortunes colossales se faisaient et se défaisaient rapidement. On spéculait ou, pour mieux dire, on jouait avec des éléments inconnus. Les hommes de génie devinaient les besoins du marché chinois, et, fondant leurs calculs sur les suggestions de leur instinct, réalisaient quelquefois des profits énormes. Dautres, moins bien inspirés, mais aussi téméraires, se ruinèrent au début même et disparurent de la scène. De concurrence, il n'y en avait presque pas. Par la puissance de leurs capitaux, un nombre très-restreint de grandes maisons écartaient les petits compétiteurs, et possédaient de fait le monopole du commerce avec la Chine. Entre elles,

I. Je résume ici les informations que j'ai puisées successivement à Shanghai, Che-fu, Taku, Tien-tsin, Pékin, Hongkon,?, Canton et Macao; et je m'abstiens à dessein de donner des chiffres. Ceux de mes lecteurs qui s'intéressent à cette matière les trouveront dans les rapports consulaires publiés par le gouvernement anglais et dans les Reports on Trade annuels, très-minutieux et remplis de détails intéressants, imprimés à Shanghai par ordre de M. Hart. Ce que je désire, c'est de donner au lecteur une idée générale des phases récentes du commerce européen, des causes qui les ont déterminées et des résultats qui probablement en seront la suite. M. Hart, l'inspecteur général, M. Hannen, commissaire des douanes chinoises, MM. les consuls des diverses nations, quelques sommités du haut coaimerce européen dans les différents centres que j'ai visités, enfin M. Charles Winchester, ancien consul à Shanghai^ ont mis une extrême amabilité à me renseigner, et je saisis cette occasion pour les en remercier. Au reste, je n'ai pas besoin de dire que les informations que je donne sont parfaitement connues des personnes engagées dans le commerce avec l'extrême Orient, mais elles pourront offrir de l'intérêt au lecteur.

ces maisons rivalisaient de toutes les façons. On a entendu parler des steamers que deux de ces maisons, Jardine et Russell, envoyaient régulièrement à Singapore, pour y prendre les dernières cotes du marché de Londres, et, grâce à leur vitesse extraordinaire, les apporter à leurs propriétaires en devançant de quelques jours, ou même seulement de quelques heures, l'arrivée de la malle. L'amélioration du service du P. and 0. et des Messageries ma ritirnes, sans parler du télégraphe établi depuis quelques semaines, a mis fin à ce genre de spéculation, qui mérite néanmoins d'être rappelé, parce qu'il donne une idée des allures du commerce de cette époque.

Aujourd'hui, il faut compter avec deux éléments nouveaux : la connaissance parfaite qu'on a acquise des besoins et des goûts du pays, et la concurrence croissante non-seulement d'un grand nombre d'Européens, mais aussi et surtout de négociants indigènes. Il en résulte ceci : d'abord, le don de la divination n'a plus de champ pour s'y exercer. On ne devine plus, on sait. Donc plus de spéculations en l'air, plus de jeu ni de profits fabuleux, plus de fortunes gagnées en un jour. On est devenu plus solide, plus prudent et plus raisonnable. Le commerce en Chine se fait comme il se fait à Londres ou à Liverpool. On peut s'enrichir, mais lentement et à la sueur de son front. Quand à la concurrence, elle est devenue possible depuis que, par l'établissement de plusieurs banques, tout le monde, tous ceux qui donnent des sécurités suffisantes, peuvent se procurer de l'argent. En d'autres termes, les

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banques ont détruit- le monopole des merchantprinces.

Parmi les nouveaux concurrents, les Allemands et les Chinois commencent à compter. Comme au Japon, comme dans les États pacifiques de TAmérique du Nord, comme partout où ils paraissent sur Tarène, les Allemands l'emportent sur les Anglo-Saxons par leur frugalité, la simplicité de leurs mœurs, l'habitude de se contenter de modestes profits. Mais les Chinois possèdent ces mêmes qualités à un plus haut degré. Naguère les marchandises anglaises, apportées par des bâtiments anglais, étaient consignées à des marchands en gros de la même nation ; d'autres négociants anglais, soit à Shanghai, soit dans les petits ports, les débitaient en détail et les vendaient à des négociants indigènes qui les répandaient dans l'intérieur. L'article, avant d'arriver au consommateur, passait donc par trois mains. Aujourd'hui, dans les trade-ports, les Chinois achètent de l'importateur même les marchandises dont ils ont besoin, et les revendent directement au consommateur. De là une réduction notable dans les profits des maisons anglaises établies à Shanghai et à Hongkong, mais indirectement un avantage- pour l'industrie et la navigation anglaises, par la raison que les productions, ne passant plus que par deux mains, se vendent à meilleur compte et par conséquent en plus grande quantité.

On peut attribuer à d'autres causes la diminution de l'importance, non du commerce en général qui au contraire augmente,' mais du rendement de^j opérations individuelles. Ainsi, l'ouverture de':

petits ports et l'établissement de factoreries dans chacun d'eux ont attiré naturellement une partie des transactions concentrées auparavant à Shanghai et à Hongkong. L'ouverture du Yang-tse-kiang à la navigation étrangère tend, comme il a été dit plus haut, à priver Shanghai d'une partie de son importance comme entrepôt du thé, les trois ports situés sur les bords de ce fleuve commençant à l'exporter directement. De plus les thés noirs, recueillis dans le Hunan et le Hupeh et dirigés autrefois sur Canton pour être envoyés de là en Europe, prennent maintenant la voie plus courte de Hankow et du Yang-tse-kiang.

Un regard jeté sur la carte suffît pour comprendre à quel point le contre-coup de l'établissement des diables étrangers sur la circonférence et sur le fleuve Bleu se fait sentir au cœur même de cet immense empire.

En résumé, l'histoire commerciale des Européens en Chine se divise en deux époques séparées l'une de l'autre par les désastres qu'ont amenés les excès de la spéculation en bâtisses et l'exode des Chinois de Shanghai. La première est le règne du hasard, de l'imprévu, de l'audace le plus souvent couronnée de succès, du monopole, des folles espérances, du luxe effréné. La seconde époque, c'est la transformation lente, mais continue, qui n'a pas encore atteint aux limites de son développement ; la concurrence des petits négociants rendue possible par l'établissement de banques; la cessation du monopole jusque-là possédé par les princes înarchands; le concours de plus en plus envahis-

sant des Chinois ; l'abaissement du prix des productions anglaises et en général européennes, et par conséquent Taugmentation de leur débit; enfin, dans les transactions, une plus grande solidité, des profits moindres pour les individus et des bénéfices croissants pour tous, c'est-à-dire pour l'industrie et le commerce anglais et européen. A ce dernier point de vue, qui est le seul auquel des juges impartiaux puissent se placer, la nouvelle phase mérite nos suffrages.

Mais les marchands établis en Chine, et même les chefs des grandes maisons, plus ou moins la totalité des hommes de commerce, les derniers arrivés comme les pionniers des premiers jours, en jugent autrement. Ceux-ci voient leurs profits d'autrefois de plus en plus réduits ; ceux-là, venus avec l'espoir de réaliser, comme leurs prédécesseurs, de grands bénéfices en peu de temps, n'ont pas tardé à être désillusionnés. Ajoutez pour les uns la nécessité de réduire l'état de leurs maisons trop opulentes par le temps qui court, et de modifier, dans les affaires, les allures trop larges, les routines trop libérales des jours meilleurs; pour les autres, les petites privations qu'ils doivent s'imposer afin d'équilibrer leurs dépenses et leurs recettes, et vous comprendrez les plaintes que l'on entend partout sur la stagnation des affaires, sur la décadence du commerce, plaintes motivées au point de vue des individus, mais contraires à la vérité par rapport au développement général de la navigation et du commerce étrangers. 11 s'ensuit un mécontentement universel, senti et exprimé, il est

vrai, à divers degrés, mais réel, profond et important, parce qu'il pourra à un moment donné influer gravement sur les relations politiques des puissances avec la Chine.

Du 8 au 29 octobre.

Ennuis et longueur du voyage à Pékin. — Che-fu. — La barre de Taku. — Le Pei-ho. — Tung-chow. — Arrivée à Pékin. — Aspect général de la ville. — Scènes de la rue. — Le temple du Ciel. — Confucius et Bouddha. — La grande Lamaserie. — Boutiques et chinoiseries. — L'observatoire des Jésuites. — Le dernier mot du bureaucratisme. — Pei-tang. — Le cimetière portugais. — Les tombeaux des Ming. — Nan-Kow. — La chaîne de Mongolie. — La grande muraille. — Le palais d'Été. — Le climat de Pékin. — Les douanes impériales confiées à des étrangers. M. Hart. — Situation du corps diplomatique. — La question des audiences. — Visite chez le prince de Kung. — Départ.

(8 octobre.) Le voyage à Pékin est toujours chose sérieuse. Dans les meilleures conditions, on met dix jours pour y aller de Shanghai et huit pour en revenir. Les steamers des grandes compagnies ne touchent aucun port au nord de l'embouchure du Yang-tse-kiang. Mais les bâtiments employés autrefois par Jardine et par Russell, pour apporter de Singapore les premières nouvelles d'Europe, et aujourd'hui pour faire le trafic des trealy ports, entretiennent de fréquentes communications avec Tien-

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tsin. Les Jardine possèdent huit bâtiments ; les Russell, dix-huit, grâce à des capitaux chinois en gagés dans leurs maisons ! Parmi ces bâtiments, il y en a de magnifiques qui écument toujours la mer avec la rapidité des beaux jours d'autrefois ; il y en a d'autres qui ont subi l'influence des changements survenus dans les dernières années. Le sort veut que, sauf la sécurité, nous soyons tombés aussi mal que possible. Le Dragon des Jardine est une coquille de noix; bon dans la bourrasque, c'est un mauvais marcheur. Nourriture, cabines, service détestables. Mais le capitaine, vieux loup de mer, sait son métier. L'état-major se compose d'un premier officier, d'un second et de l'ingénieur. Sauf ces quatre Anglais , tout l'équipage et les gens du service sont des kouiis, car ici, comme dans les parages américains du Pacifique, les matelots européens sont impossibles ; libres de tout contrôle et de toute discipline, ils s'adonnent à la boisson, au jeu, et désertent à la première occasion. De plus, sur deux ou trois points, les phares font complètement défaut. Heureusement des officiers de la marine de guerre française et anglaise ont fait la reconnaissance hydrographique des côtes que nous allons suivre. Enfin, une courte distance, cent vingt milles à peine du cap Shantung, nous sépare des terres inhospitalières et à peine connues de la Corée. Pour visiter Pékin, octobre est le bon moment. C'est le pire pour la navigation. En cette saison, la mer Jaune est fouettée par des coups de vent du nord qui, s'élevant à l'improviste, soufflent avec une extrême violence pendant douze heures dans le golfe de Liatung, pendant vingt-quatre

dans le golfe de Pé-chi-li, et plus au sud, pendant trois à quatre jours.

Nous avons quitté Shanghai ce matin. Nous arrivons vers midi à l'embouchure du Yang-tse-kiang. Vu le gros temps, le capitaine fait jeter l'ancre près du phare. A côté de nous est mouillé un magnifique: steamer de Russell. Il a quitté Shanghai il y a trois jours. Quelle belle perspective! C'est une tempête en règle. Une pluie glaciale tombe à torrents. Des rideaux noirs cachent les deux rivages. Au-dessous de nous bouillonne le fleuve. Des crêtes écumantes couronnent ses vagues boueuses. Dans la cabine, je passe le temps à faire la chasse aux cancrelats. Le steward sourit avec dédain. Peine perdue, dit-il dans son bigeon anglais*, many piecy beetly. Il en paraît tout fier. « Aucun autre bateau des Jardine, me ditil, n'en possède autant. »

Il n'y a que quatre passagers à bord, et ces quatre passagers, c'est nous-même, un jeune Anglais M. I. M., mon aimable compagnon de voyage à travers le Pacifique, que j'ai retrouvé à Shanghai, son ami un jeune Américain et M. Boyce. M. Boyce est larchitecte en chef et l'inspecteur des édifices du gouvernement anglais en Chine et au Japon. Allant fréquemment à Pékin et sachant un peu la langue chinoise, il veut bien nous servir de guide.

(9 octobre.) A neuf heures du matin, le Dragon quitte son mouillage et prend la mer, qui est af-

1. La langue franque dont se servent les Anglais et les Chinois.

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îreuse. Toujours vent du nord. Les bâtiments en destination pour le golfe de Liatung, au lieu de se diriger vers le nord, sont obligés de naviguer nordnord-est. C'est un grand détour, mais le seul moyen d'éviter les bas-fonds formés par les immenses quantités de limon et d'autres matières que le Yang-tsekiang amène de l'intérieur, du centre, des provinces occidentales et même des montagnes du Thibet!

(12 octobre.) Hier et avant-hier le temps était encore fort mauvais. Aujourd'hui tout est changé. La bourrasque s'est épuisée. Le soleil se plaît à dégourdir nos membres raidis, l'air est élastique et vivifiant. A huit heures du matin, nous sommes près du promontoire de Shantung. Les contours fantastiques des montagnes rappellent les côtes de Provence, mais la mer gris-vert avec des tons jaunes n'offre pas les belles teintes bleues de la Méditerranée. Pendant toute la matinée , nous côtoyons des falaises. A leur pied rampe un liséré vert parsemé de villages et de villes. Cela n'a rien qui surprenne, s'il est vrai que cette province de Shantung compte vingt-huit millions d'habitants.

A onze heures de la nuit, jeté l'ancre à Che-fu.

(13 octobre.) Che-fu est pour ainsi dire une colonie de Shanghai. Des spéculateurs du grand emporium y ont fait construire des maisons occupées aujourd'hui par cent vingt habitants européens et américains. Dans ce chiffre sont compris les inspec-

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teurs et commissaires de la station navale françaiseet les employés cosmopolites des douanes impériales. La concession s'étend au pied d'un petit promontoire couronné par Ihabitalion du consul d'Angleterre et par un phare chinois. La ville, peu considérable^ des indigènes s'appelle Ten-Tai. En face, se développe une chaîne de rochers bas.

Nous touchons le port rempli de djonques construites à Bankok (Siam) pour le compte de négociants chinois. Il y a quelque mouvement sur la rade, et on prédit à cette iactorerîe un avenir brillant. Ce sera, dit-on, le centre du commerce avec la Corée et le littoral russe. En attendant, Che-fu ne peut se vanter que de son climat, le plus tempéré et le plus salubre de toute la côte. Aussi, pendant la saison chaude, la diplomatie et la haute finance se rencontrent ici. Alors cette solitude s'anime un peu. On voit quelques dames élégantes, quelques gentlemen en costume de baigneurs, tous logés tant bien que mal dans deux ou trois bicoques, et fort bien nourris par le signor Pignatelli, Italien entreprenant, qui a eu le courage d'ouvrir un hôtel, le meilleur de la Chine, sur cette plage inhospitalière. Tout est relatif en ce monde. A mes yeux, Che-fu est monotone, triste et laid. Mais pour les travailleurs de Shanghai, pour les exilés de Pékin, c'est un paradis terrrestre.

Nous avons déjeuné chez M. Mayers, le principal auteur d'un Hvre fort recommandable, intitulé: The Treaty Ports of China and JapanK A midi, le Dragon

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