‹ Promenade autour du monde, 1871Chapitre 49 sur 85 · Cité plus haut · texte numérisé non relu

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se met en mouvement, traverse lentement le golfe de Pé-clii-li, arrive vers le soir devant la barre de Taku, et s'embourbe bravement dans la vase.

(15 octobre.) La marée montante nous remet à flot. La barre est franchie, et nous sommes entrés dans le Pei-ho. Cette rivière est aujourd'hui une mer, un océan. Tout le pays, des montagnes de Mongolie au golfe de Pé-chi-li, plus de dix mille milles carrés, est inondé, et deux millions d'habitants sont ruinés. Depuis le commencement du siècle*, la province de Chi-li n'avait plus été si cruellement éprouvée. Le Z)rû[^on passe devant de nombreux villages, tous plus ou moins submergés. Des hom= mes accroupis sur le bord de l'eau cherchent leur nourriture à l'aide d'immenses filets qu'ils plongent dans le fleuve avec une sorte de bascule, et qu'ils retirent toujours pleins de petits poissons. Le paysage, le peu du moins qu'on en voit, le ciel clair et sans nuage, l'atmosphère sèche et opaque, les saules, les champs de maïs, les touffes de jonc, me transportent sur le bas Danube. Les maisons même, des huttes de boue, n'ont rien de particulièrement chinois. Les hommes seuls rappellent au voyageur la distance qui le sépare de l'Europe.

Le Pei-ho, si redouté des navigateurs à cause des fréquentes variations de son courant, l'est en ce moment bien davantage. H y a quelques jours, un des steamers, en descendant, s'est échoué sur les

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