‹ Promenade autour du monde, 1871Chapitre 57 sur 85 · CIIIXE · texte numérisé non relu

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vuus avez su et vous saurez vous y maintenir.» l.e prince souriait. L'allusion à la crise si hardiment amenée et si adroitement traversée par lui, au moment de Tavénement de lempereur, semblait le flatter. « Je ne sais que vous répondre, disait-il. D'un côté, je n'ose pas vous contredire; de lautre, je ne puis faire mon propre éloge. Buvons encore un coup ! »

A un certain moment, la causerie sembla prendre une tournure plus sérieuse. Wên-siang me donna occasion de toucher une des questions brûlantes du jour, et fit mine d'entrer en discussion, lorsqu'un regard froid et sévère du prince l'arrêta tout court.

La séance ayant duré plus d'une heure, je crus devoir me lever de table. Le prince me promit de m'envoyer sa photographie dès qu'elle serait faites « Vous avez, lui dis-je, à penser à des choses plus importantes. Tous oublierez. — Non, répondit-il; dailleurs, se tournant vers l'un des ministres et d'un ton d'autorité fort marqué : toi, ajouta-t-il, tu n'oublieras pas. »

Nous fûmes reconduits avec le même cérémonial. En nous quittant, le prince me réitéra ses regrets de me voir partir, « d'autant plus, ajouta-t-il, que nous ne nous verrons plus. « Cette phrase de politesse fut dite avec une grande simplicité et avec une expression de vérité qui restera dans ma mémoire.

Yilî-sin, prince de Kung, a environ quarante ans.

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