Litre bleu. M. Lay à M. Wade, pages
Le feu a couvé sous la cendre; maintenant il éclate. » Il s'étonnait de l'inactivité de M. Fontanier à l'égard des sœurs. On se demandait, en effet, pourquoi on ne les envoyait pas aux concessions. S'il n'était plus possible de les faire sortir du couvent en plein jour et toutes ensemble, ne pouvaiton du moins les en retirer une à une pendant la nuit? Mais M. Fontanier ne fit rien, car il ne croyait pas au danger.
Le jour même des massacres, avant qu'ils fussent connus dans le setllement, M. Lay écrit àM. Wade^ : ce Mon pénible devoir est de vous mander que l'état de choses ici est très-peu satisfaisant. Depuis quelque temps, les Chinois menacent de tuer les étrangers ou de les-chasser de Tieh-tsin. Ces jours derniers, l'agitation a augmenté. Les Chinois ont nianifesté leur intention de brûler l'église catholique et le consulat de France, et de tuer tous les étrangers.... Je ne pense pas qu'il y ait actuellement péril de mort ; mais j'ai des inquiétudes en ce qui concerne la propriété, nos magasins étant remplis de marchandises. Tous les jours on reçoit des rap« ports annonçant que nous serons chassés ou tués... » Il écrivit donc à Che-fu pour hâter le retour de la canonnière. Plus avisé que son collègue de France, qu'une fatalité inexplicable semble aveugler, M. Lay voit le danger ; mais il n'en mesure pas toute la portée. Dans la cité chinoise, le gong appelait déjà les assassins à l'œuvre, pendant qu'il écrivait les lignes qu'on vient de lire.