Livre hleu. M. Lay à M. "SVade; page
TIEN-TSm. 337
Nous voici arrivés au jour néfaste du 21 juin.
Suivant le pieux conseil du P. Chévrier, M. Coutries s'était rendu de grand matin à la cathédrale pour assister à la messe de six heures. L'église était comble. Des chrétiens indigènes, croyant leur dernière heure venue, se pressaient autour des confessionnaux des deux Pères. Dès neuf heures, des attroupements beaucoup plus considérables que ceux de la veille se formaient devant la mission et le consulat. Bf'entôt des projectiles de tout genre volent contre les fenêtres. Un envahissement paraît imminent. Il était dix heures dumatin;letaotai, le chi-fu et le chih-huen arrivent avec une suite nombreuse. Ils amènent Wu-lan-chên ', l'homme dont on a lu la dénonciation contre le malheureux lettré de la mission. Reçus par le P. Chévrier qui avait lui-même demandé l'enquête, ils furent conduits partout, interrogèrent tous les domestiques, et avouèrent eux-mêmes qu'ils n'avaient rien trouvé de suspect. Le misérable Wu-lan-chên, confronté avec les deux missionnaires et les domestiques, se troubla, ne reconnut ni les personnes qu'il avait dénoncées ni les localités désignées dans ses dépositions antérieures. A la fin, les deux magistrats, pleins de dépit et au milieu des rires ironiques de la foule, se retirèrent sans faire le moindre effort pour calmer la populace et pour la faire écouler. Ils montèrent dans leurs chaises en disant qu'ils allaient en référer à Ghung. Ce dernier venait de mander le chef de la mission, et le P. Chévrier s'empressa d'obéir à cet appel. Le haut com-