Il vit encore dans les prisons de ïien-tsin
3^H CHÏXE.
missaire commença par dire qiril n'ajoutait pas foi à ces bruits calomnieux. Néanmoins,. pensant qu'il fallait dissiper les soupçons, il le pria de faire connaître dorénavant aux mandarins le nom, la provenance et, le' cas échéant, la qiort des enfants qu'on aurait reçus soit à l'école de la mission, soit à l'orphelinat des sœurs. Le P. Chévrier y consentit de grand cœur et se hâta de retourner chez lui. Cependant la situation s'était aggravée. On lançait de nouveau des pierres contre leglise, on poussait des cris menaçants et on semblait prêt à se porter à de plus grands excès. Des hommes appartenant aux brigades de pompiers s'étaient mêlés au peuple. Leur présence était de mauvais augure. Le P. Chévrier, en rentrant, trouva toutes les vitres de l'église brisées. Néanmoins il se mit à table et feignit de manger, voulant ainsi rassurer les chrétiens et donner l'exemple du courage et de la résignation. Le tumulte augmentant, il se présenta devant la populace et rengagea à entrer dans sa maison pour se convaincre de la fausseté des rumeurs répandues sur les missionnaires. En même temps, il fit ouvrir toutes les portes : il était alors une heure. La foule se précipita dans la cour, et puis, comme saisie d'une panique soudaine, se retira dans la rue ; mais revenant de sa frayeur, elle envahit la maison. Yoyant qu'on allait toucher au moment suprême, et n'espérant aucun secours du consul qu'il juge:Jt perdu comme lui-même, le bon P. Chévrier fit un dernier appel à Chung-hou. Il lui envoya par un domestique sa carte de visite, — les cartes de visite jouent un grand rôle en Chine, — lui fit exposer
le danger de la situation, et demanda des troupes. Ceci fait à la hâte, les deux PP. Chévrier et Ou se réfugièrent dans l'église qu'ils barricadèrent. Quatre chrétiens s^y trouvaient.
Après avoir entendu la confession du P. Ou, 1j P. Chévrier recevait le même service de son confrère, lorsque les portes cédèrent sous les coups. Les deux pères se sauvèrent dans la sacristie. C'est là que nous les laisserons, pour nous occuper du consul de France.
On se rappelle que le consulat et la mission se louchaient et n'étaient séparés que par un mur bas. L'édifice habité joar M. Fontanier donne sur le quai, si on peut nommer ainsi l'espace laissé libre entre le fleuve et les maisons. Comme toutes les habitations européennes en Chine, le consulat était entouré d'une véranda. C'est de là qu'attirés par le bruit, le consul et ses deux hôtes, M. et Mme Thomassin, assistèrent tranquillement aux premières scènes de désordre. Le consul avait envoyé son lettré et M. Simon, son chancelier, auprès de Chung. Eux aussi devaient demander des soldats. Pendant que ces deux employés cherchaient à gagner le yamen du haut commissaire, M. Fontanier, voulant profiter du voyage de M. Thomassin, se mit à écrire à M. de Rochechouart, chargé d'affaires de France à
« Notre petite ville de Tien-tsin , d'ordinaire si tranquille, mande-t-il à son supérieur, vient d'être troublée depuis quelques jours par des cris et des